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J'ai personnellement recueilli (ou vérifié) les données concernant le XIXème siècle grâce aux Archives du Haut-Rhin en ligne et celles des autres départements quand elles sont disponibles. (Si vous voulez retrouver un acte, pour ne pas surcharger l'arbre, j'indique uniquement la page : il vous faudra recopier le nom de la commune et la date de l'acte dans la page d'accueil des Archives).

En mémoire de Maria Studer, qui m'a donné le goût de la généalogie

 

 Chronique familiale



Sommaire

 1 - Charles Arnitz


Charles Arnitz est né à Guewenheim (Haut-Rhin) le 21 novembre 1879. Son père décède alors qu'il n'a que 5 ans.

Il se tourne vers la peinture et le dessin, plus spécialement des motifs floraux qu'il va étudier in situ.
On dit que c'est lors d'une de ses promenades d'étude qu'il rencontre à Sewen x x. Il l'épouse le 21 septembre 1907 à Sewen.
De ce mariage sont nées deux filles : Marie-Anne en 1908 et Germaine en 1909.

Il ouvre un atelier de cours de dessin à Mulhouse (Lehr-Institut für Imitation der Seidenstickerei und Applikationsarbeit Charles Arnitz), et travaille aussi pour l'industrie textile.
Dans l'impression sur étoffe, dont l'industrie prospère en Alsace dès le XIX ° siècle, le dessinateur a un rôle fondamental. Son dessin est gravé sur rouleau de cuivre ou plaque de bois. De son côté, un chimiste élabore, par un savant mélange de pigments, les encres colorées qui enduisent ces matrices, lesquelles imprimeront le motif sur le tissu.

En dehors de quelques travaux sur étoffe conservés au musée de Mulhouse, les oeuvres de Charles Arnitz parvenues jusqu'à nous sont principalement des esquisses de fleurs, quelques paysages et portraits.
Ses oeuvres principales restent ses représentations d'oiseaux sur fond doré, d'inspiration japonaise, d'une grande beauté.

Charles Arnitz est décédé le 10 novembre 1918 à Mulhouse, de la grippe espagnole.
Il est enterré à Dornach aux côtés de son épouse qui lui survécut de nombreuses années à Sewen.



 2 - Petit aperçu des ancêtres Arnitz


Les Arnitz

Le premier Arnitz arrivé en Alsace, Joseph, est originaire du canton de Lucerne, en Suisse.
Il arrive avant 1685 dans la région de Reiningue (Haut-Rhin) et exerce la profession de tuilier à l'abbaye de l'Oelenberg.
D'après les renseignements que nous possédons, 3 de ses enfants sont arrivés à l'âge adulte : Anna, Jacob l'aîné, et Barbara, et peut-être aussi Jean et Ursula.

Je suis en train de retracer le parcours de tous les descendants de Joseph Arnitz, sur l'arbre arnitzbis https://gw.geneanet.org/arnitzbis?lang=frs

L'ancêtre de Charles Arnitz, x x (1689- après 1749), exerce lui aussi le métier de tuilier et vit à Lauw.

Ses fils sont aussi tuiliers.

Son petit-fils Jacques (vers 1745-1824), exerce lui aussi le métier de tuilier, mais dans des tuileries différentes au cours de sa vie : Eglingen, Hagenbach, et se fixe à Michelbach.


A cette époque, les tuileries sont le plus souvent communales. Les tuiliers les occupent par un bail de trois ans, en général. Ils se déplacent donc souvent.

Les tuileries sont petites, mais très nombreuses (on en a recensé plus de 200 dans le seul Haut-Rhin au XIXème siècle).
La production est une tuile d'argile, plate, à bout arrondi : « à queue de castor » (Biwerschwanz). Elle est largement utilisée en Alsace, de préférence au toit de chaume.
Le tuilier remplit un moule d'un mélange d'argile (très facile à trouver dans cette région) et d'eau.
Après avoir dessiné des sillons sur l'argile avec ses doigts, il démoule la tuile, la laisse sécher puis la cuit.
L'ultime étape consiste à faire « sonner » les tuiles ; c'est-à-dire vérifier qu'elles n'émettent pas un son creux, signe d'un défaut de fabrication.
Il faut beaucoup de tuiles pour couvrir un toit (60 tuiles pour 1m²).

(L'emblème du tuilier comporte un ou plusieurs gabarits à modeler les tuiles. Quand ils ne savaient pas écrire, les Arnitz se servaient de cet emblème pour signer.)


Un des fils de Jacques, Michel (1783-1855), reprend lui aussi le métier de tuilier, mais de façon différente.
Il n'était pas rare à l'époque que cette activité soit saisonnière (l'hiver principalement).
C'est certainement pourquoi il est aussi souvent décrit comme « cultivateur » sur les actes d'état civil.


Dans les années 1860, les tuiliers se confrontent à une nouveauté technologique : la tuile industrielle, inventée en 1841 par les frères Gilardoni.
Plus légère, plus rapide à faire, et surtout beaucoup plus pratique à utiliser, elle va peu à peu remplacer la tuile artisanale.
Peu de tuiliers artisanaux alsaciens ont pu se reconvertir à la fabrication industrielle, car l'investissement demandé était très important.
Des 200 tuileries artisanales encore en activité à la fin du XIXème siècle, seules deux subsistent aujourd'hui.

C'est donc surtout son fils Michel (1816-1898) qui sera le plus impacté par cette révolution industrielle.
Après avoir commencé comme garçon tuilier à Sentheim puis à Guewenheim où il se fixe, il exerce conjointement les métiers de tuilier et de tisserand dès 1854, suivant les années ou les époques de l'année.


L'industrie textile étant alors en plein essor, le tisserand exercait alors de moins en moins à domicile et surtout en usine, dans des conditions difficiles.


Ses enfants, François-Antoine, Marie-Rose, François-Charles et Agathe sont tous tisserands.
x x (1851-1884) est maître tisserand à la date de son décès.
Il décède très jeune, laissant sa femme, Catherine, avec ses trois jeunes enfants :
Charles, Joseph et Mathilde.

Charles (1879-1918) choisit la carrière artistique tandis que Joseph, "fuyant" l'apprentissage en usine, part aux Etats-Unis retrouver son oncle et sa tante. Il s'est fixé comme fermier en Pennsylvanie. Il y a épousé une émigrée polonaise et a eu une nombreuse descendance.



Leurs épouses

La femme de Michel, x x, était fille d'un berger de la grande bergerie d'Erbenheim, disparue aujourd'hui, qui se trouvait entre Aspach et Michelbach. Philippe Koenig était originaire du nord de Cernay.

La femme de Michel « le jeune », Elisabeth Schmitt, était fille du boucher de Guewenheim.

Quant à Catherine Kuenemann, elle était fille de cultivateurs de Guewenheim.

Sa mère, Walburga née Durain, était elle originaire de Strueth, dans la vallée de la Largue, vers Belfort, d'une famille de cultivateurs.
Orpheline très jeune, elle a semble-t-il été élevée par sa soeur.
Après son mariage à Guewenheim, de nombreux frères, cousins, cousines, vinrent travailler dans la région puis s'y marier.

Notez : j'ai mis en ligne sur mon site une frise chronologique répertoriant les tuiliers Arnitz connus à ce jour : http://mon-atelier-de-genealogie.com/joseph-arnitz-tuilier/

 3 - Si vous ancêtres habitaient Guewenheim au XIXème siècle...


ils ont été probablement mis au monde avec l'assistance des sage-femmes :

avant 1820, Catherine Christ, de Guewenheim, née vers 1747, décédée le 30 mars 1820.

en 1821 et 1822 et 1828 et 1829, Walburge Jost, de Sentheim. Elle est aussi rappelée ensuite lors des indisponibilités de la sage-femme de Guewenheim.

de 1823 à janvier 1828, Catherine Kachler, de Guewenheim, née vers 1798. Fille de Jean Thiébaud Kachler et Barbe Himbéri.Une sage-femme atypique puisque mère d'une fille naturelle (Anne Marie) née en 1826, décédée en 1827 (dans la maison de Joseph Wittinger, archives p274). Elle-même est décédée le 30 janvier 1828 (arch.p279) « dans la maison de la veuve d'Antoine Schnoebele ».

de 1830 à 1849, Marie Anne Kauffman. Née à Baschwiller en 1802, elle y est déjà sage-femme. Son frère Jacques est berger à Guewenheim. Elle y épouse le 1er février 1831 Nicolas Mosser.Elle est décédée à Guewenheim le 7 juin 1849 (arch.p408).

ensuite Barbe Ringenbach, domiciliée à Sentheim.

et à partir de 1866, Catherine Flohr, née vers 1828, épouse de Maurice Freymann.

ils ont appris à lire, écrire et compter grâce aux instituteurs :

François Sester jusqu'à sa retraite en 1856.

Simon Häffelé de 1856 à 1862.

François Girardin de 1862 à 1868.

après 1868, Antoine Welker, de Kruth, né vers 1832, époux de Philomène Ganzer.

Ce sont souvent eux aussi qui écrivaient les actes d'état civil.

Vous trouverez dans Patrimoine Doller 1998, p47 et suivantes, la description du travail de ces instituteurs.On y apprend par ailleurs qu'une institutrice pour filles fait son apparition en 1841 : la première est Soeur Madeleine Nuss, religieuse de la Congrégation des Soeurs de la Divine Providence de Ribeauvillé.


et enfin vous trouverez des détails sur les maires de cette époque au lien suivant :[http://www.francegenweb.org/mairesgenweb/resultcommune.php?id=6561]
(avec une mention spéciale à Joseph Kuenemann, adjoint au maire de 1837 à 1862.)



 4 - Ils ont tenté leur chance à l'étranger


Certains, à cause de la pauvreté et des maladies, ou par esprit d'aventure, sont partis voir ailleurs s'ils pourraient y trouver des conditions de vie meilleures.

Ainsi en 1891, Thiebaud Kuenemann, part aux Etats-Unis. Il s'installe à New York. De passage à Guewenheim en 1896, il semblerait qu'il se soit rapproché d'Anna Joos. Elle débarque à New York en mai 1897 et ils se marient en août de la même année. Ils sont par la suite rentrés en France où vivent leurs descendants.
Entre temps (1893), Walburga Kuenemann était partie rejoindre son frère. Une de ses compagnes de Guewenheim, Elisa Krée, l'accompagnait sur le bateau en 1893. Walburga épousera Julius Briegel, alsacien lui aussi. Elle s'installera ensuite dans le New Jersey.
Ensuite (septembre 1900) est arrivé Joseph Arnitz, leur neveu. Après des débuts à New York, il s'installe comme fermier dans le New Jersey. Ses petits-enfants et arrière petits-enfants sont installés dans le New Jersey, en Pensylvannie, dans le Kentucky.
Il retourne cependant régulièrement voir sa famille. Lors du mariage de son frère Charles, il rencontre Léonard Ringenbach, un des frères de sa belle-soeur Louise. Celui-ci le rejoindra dans le New Jersey en 1914.
De cette famille, je suis en contact avec Andrea et June O'Hea, petites-filles de Joseph Arnitz.

Mais déjà des grandes tantes leur avaient ouvert la route : Anne Marie et Anne Durain, soeurs de leur grand-père Meinrad, de Strueth, étaient parties en 1827 et s'étaient installées avec leurs conjoints (frères eux aussi) et leurs enfants comme fermiers dans l'Ohio. Le nom de leurs enfants, Bourgeois, s'est alors transformé en « Bushu ».
Plus tard est venu aussi Xavier Bourgeois, leur fils et neveu.
Je dois ces renseignements à Mary Rivers, descendante de Anne Marie Durain et Michel Bourgeois.

De Guewenheim est encore parti pour les USA André Herbst. Après un premier séjour avec sa famille en Algérie vers 1845, il rentre à Guewenheim puis repart pour les Etats-Unis probablement en 1848. Il s'installe dans l'Iowa, puis au Nebraska.
Il a eu une nombreuse descendance, dont Eugene Downes, qui m'a contacté pour l'aider à retrouver ses ancêtres, et finalement, nous avons découvert que nous sommes cousins (lointains).
De cette fratrie Herbst, seul Joseph est resté à Guewenheim. Son frère Antoine et sa soeur Madeleine sont eux aussi partis pour l'Algérie où ils ont élévé leur famille dans la région d'Oran.

De Guewenheim toujours, Ignace Arnitz est parti avec sa femme Barbe Koegler pour le Canada aux alentours de 1853. Ils se sont installés dans le comté de Waterloo, Ontario, où se trouvait déjà Pierre Kuenemann, de Mortzwiller. Il y a repris son métier de briquetier-tuilier. Il y a eu une nombreuse descendance, dont certains ont ensuite émigré aux Etats-Unis, dans le Michigan voisin.
La tante de Barbe, Marguerite Koegler, épouse Gatschene, était déjà installée en Ontario avec sa famille depuis 1832 environ.
Un neveu d'Ignace, Iréné, rejoint lui aussi les Etats-Unis en 1874 avec sa femme et sa fille Emilie. Ils s'établissent dans le Massachussets et reprennent le métier de tisserand, en usine cette fois (l'endroit était un grand centre industriel de tissage... et d'immigration). Leur descendants vivent encore majoritairement dans cette région, dont Eileen avec qui je suis en contact.



Pour en savoir plus :
j'ai ulilisé en 2012: http://www.calixo.net/~knarf/tuilerie/tuilerie.htm pour l'historique de la tuilerie de Wintzenheim, qui malheureusement n'est plus en accès libre en 2017. On peut alors consulter par exemple le site des tuileries de Pagny sur Saulx : http://www.patrimoineindustriel-apic.com/parcours/pargny%20sur%20saulx/tuileries.htm
Alsace, encyclopédie Bonneton
Petits bulletins des amis du CDHF, n°38, 39, 44, articles de Monsieur Ganter (http://www.cdhf.net/fr/)
Mairie de Guewenheim : http://guewenheim.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=55&Itemid=116
(nb : chronique écrite en 2012, revue en 2020)


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