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Commencée il y a une quinzaine d'années, cette généalogie réunit près de 38 000 individus. Plus de 7000 ascendants directs ont été recensés.

Mes recherches relèvent de la tradition généalogique (documents familiaux, Mairies, Archives Départementales) et se sont complétées au fil du temps par les réseaux  que sont les cousinages, les forums, les membres de Geneanet,  les  échanges fructueux avec d'autres passionnés et de façon non négligeable que sont  les sites  privés ou  détenus par les associations.

A l'instant,  la machine à remonter le temps est placée  au niveau de « Berthe Au Grand Pied » et à Pépin Le Bref  non sans avoir cité  Rollon Ier de Normandie qui nous vient du peuple viking.

Cette généalogie est complétée par des apartés thématiques liés au contenu de ma chronique familiale.

Que soient remerciés, ici, celles et ceux qui m'aident dans la réalisation de cet Arbre Généalogique, ils sont cités dans mes sources.

 Chronique familiale



  LA MAISON HANTÉE DE SAINT-MARTIN-D’OLLIÉRES (1956)©




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Saint-Martin-d'Ollières est situé dans les premiers contreforts du Livradois, à la limite des départements du Puy-de-Dôme et de la Haute-Loire.

Ce bourg sans histoire avait fait parler de lui en 1903 . Les « anticléricaux » de l’époque avaient utilisé leur bienveillante presse pour y rapporter que le bedeau de la paroisse s’était fait enterré civilement. Rare était l’ événement de cette nature, la presse nationale s’en était emparé et lui avait donné « l’éclairage » qu’il méritait.

Mais 50 ans plus tard , le village réputé comme des plus calmes devient par une grâce occulte, la capitale du mystère.

Comme elle le fait depuis plusieurs années, Madame Géraud, habitant Drancy , accompagnée de ses trois petits enfants - une fillette de 9 ans et deux garçons respectivement âgés de 7 et 6 ans - s’installe le 6 juillet 1956 dans une maison située près de la mairie avec le ferme espoir de passer d’agréables vacances.

Les trois premières semaines du séjour se déroulent sans encombre jusqu’au vendredi 27 juillet, où toute la population va être mise en émoi par l’apparition d’un fantôme.

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Cette maison a eu le privilège de recevoir la visite du « fantôme » en 1956



Des coups sourds entendus dans la maison

L_esprit_frappe_ou_il_veut.JPGLa nuit est tombée, la grand-mère a mis ses trois petits enfants au lit. Des coups se font entendre, si forts qu’ils émeuvent les voisins.

La grand mère s’assure que les enfants sont bien couchés et qu’ils n’en sont pas les auteurs. Mais les coups continuent de façon irrégulière et espacée. Leur localisation est bien difficile : un moment ils proviennent du grenier si ce n’est pas du sous-sol. Le mystère est entier lorsqu’ils semblent provenir du sommier du lit des enfants. Un habitant du village, plus hardi et plus incrédule que les autres, prend la peine de s'y allonger . Il est forcé d’admettre que le lit est bel et bien secoué.

Le lendemain matin, la nouvelle fait le tour du village et le scepticisme est de rigueur. La bienveillante grand-mère d’un âge respectable ne serait-elle pas victime de problèmes auditifs ?

Mais le soir suivant, l’auteur introuvable et insaisissable assure le même spectacle devant des témoins médusés. La mise en scène est identique, la brave grand-mère ouvre sa porte, les gens cherchent d’où viennent ces bruits, malheureusement rien de bien précis.

Et les faits se répètent tous les soirs devant des curieux de plus en plus nombreux.

Très vite les témoins mettent hors de cause les locataires dans ce qui aurait pu être une supercherie.


Ni sourd, ni aveugle, le zombi sait distinguer les grades militaires !

1956_08_06_presse_l_esprit_frappeur.JPGL’affaire est prise au sérieux. Des témoins plus ou moins au fait des méthodes de certains médiums adeptes des « tables tournantes » se lancent dans le questionnement de l’esprit invisible, le sollicitant de répondre par un, deux ou trois coups selon les cas.

L’auteur de ce chahut déstabilisant est interpellé : « Viens-tu pour faire du mal ? », « Veux-tu que nous sortions ? ». Au grand trouble de l’auditoire, le « malin » se plie à la discipline arithmétique proposée et pour prouver qu’il n’est pas sourd et qu’il sait bien compter, il se fait entendre par un coup et même plus.

Face à cet événement susceptible de devenir un « embrasement médiatique », la maréchaussée ne peut rester indifférente à la situation et vient assister aux séances peu communes.

La présence des représentants de la Loi venus spécialement de Brassac-Les-Mines ne laisse pas le « fantôme » impassible.

Tandis que les coups se succèdent, l’entrée des gendarmes dans la maison provoque un silence trompeur. Mieux encore, la présence d’un simple gendarme atténue le rythme, celle du maréchal-des-logis Chef se traduit par de longs silences et celle d’un officier provoque le mutisme.

Le maire, le curé et les gendarmes procèdent à la fouille de la maison, sondent les murs … rien … et leur perplexité empire au fil du temps.

On pense alors à la présence d’un souterrain susceptible de faire résonner des chocs produits à quelque distance de la fameuse maison. Mais il n’ y a pas de souterrain à Saint-Martin d’Ollières !


La science et la technique en renfort !

On fait venir un spécialiste muni de détecteurs précis dont les recherches restent vaines malgré toute sa bonne volonté et ses bonnes intentions.

Le 30 juillet suivant, un ecclésiastique détenteur d’un magnétophone (objet rare pour l’époque - nous sommes en 1956 !) propose ses services aux enquêteurs. Ah ! si on pouvait enregistrer les coups du « frappeur »…

Rien ne s’y oppose à priori sauf …. L’abbé interpelle l'invisible: « Si je te gêne, dis-le en frappant deux coups ». Et aussitôt, à la stupeur générale, deux coups très nets répondent.
- « Si tu préfères que je m'en aille, frappe six coups », continue le prêtre. Et six coups bien détachés lui donnent congé. Le prêtre sort : un témoin rapporte que lorsqu'il a refermé a porte, il a été salué d'une salve d'honneur de coups de grosse caisse….

Tout le monde est déconcerté et on reste pantois …


On afflue de tout le pays...

1956_08_06_Maison_hantee2.jpgSaint-Martin-d’Ollières sort de l’ombre par la grâce de « l’esprit frappeur » dont les manifestations sont vite connues dans toute la région.

Chaque soir les curieux se rassemblent – de plus en plus nombreux - sur la place face à la « maison hantée » . L’affluence est telle que l’on compte jusqu’à cinquante voitures stationnées dans le bourg.

Qu’ils soient d’Auzon , Jumeaux, d’Issoire et d’ailleurs les visiteurs accourent pour observer « la chose ». Comme on ne trouve pas la ou les causes de ces bizarreries, toutes les explications, hypothèses fusent parmi les villageois, vacanciers et tous les curieux venus aux nouvelles. Et chacun apporte son commentaire et sa vision des choses. On assiste à un véritable emballement surchauffé de l’imaginaire fantasmagorique.

La situation que vit Saint-Martin-d’Ollières, relève du surnaturel. L’extravagance des propos trace son chemin. On se retrouve facilement plongé dans les eaux troubles de l’ l'hypnotisme, de la magie blanche, des messes noires sans compter les effets de la télépathie. Rien de tel pour plonger dans l’immatériel et le surréel.

Par son attitude et les réponses évasives qu’elle donne aux journalistes, la brave Madame Géraud entretient l’ambigüité. A la question :- « Vous ne craignez pas, madame, que ces bruits n'effraient vos enfants. Il serait peut-être prudent de les éloigner- »
- « Mes enfants n'ont pas peur du tout ; ils sont parfaitement équilibrés et se trouvent très bien ici. »Et lorsqu’on lui demande à quoi ou à qui elle attribue les bruits insolites, elle fixe son interlocuteur, et répond :- « Mais, monsieur, c'est la science qui fait des expériences.»La science certes, mais quelle science ?

Et de là sortent ou ressortent les légendes dont les campagnes sont toujours autant imprégnées. Les anciens, dont la vie a été nourrie de faits « extraordinaires » admettent bien facilement les événements. Cette forme de détachement s’applique aux habitants des lieux, bien qu’intrigués, ne se sentent pas du tout épouvantés et encore moins angoissés.

Les vacanciers se mêlent à la foule tandis que les journalistes locaux enquêtent de leur côté. Ces derniers plus enclins à l’incrédulité se placent un soir dans la cave. Mais « le fantôme » redoute une publicité excessive et la démonstration de sa présence est plutôt discrète. Les coups sont entendus plus faiblement qu’à l’accoutumée. Ce qui fait dire à aux témoins habituels « Ah, si vous étiez venus hier », comme si « l’invisible » ne recevait que rendez-vous !

C’est ainsi que la « maison hantée » et son locataire un peu bruyant vont faire recette jusqu’au vendredi 3 août .


L'arrivée des parents des enfants et disparition du fantôme

1956_08_07_La_Montagne_PG.JPGPour réunir la famille, les parents des enfants se rendent naturellement à Saint-Martin-d’Ollières où ils arrivent le samedi 4 août. Vraisemblablement dérangé par cette arrivée impromptue, « le fantôme » abandonne les lieux sans laisser d’adresse …

Les occupants de la maison, les voisins et les curieux vont tendre l’oreille une bonne partie de la nuit, hélas pas de bruit mystérieux … le « frappeur » n’est plus là et les plus optimistes pensent qu’il s’est mis en grève !

Il faut se rendre à l’évidence « l’esprit frappeur » a bel et bien disparu. Et se pose alors la question sur la présence d’un médium qui aurait attiré volontairement ou non « l’esprit » dans la maison. Cet « esprit » avait-il élu domicile dans une des pièces ?

La question reste sans réponse. Mais ces faits que l’on peut qualifiés de paranormaux n’inquiètent pas outre mesure parents, grand’mère et enfants qui sont tout étonnés de voir une telle publicité faite autour des concerts nocturnes donnés dans leur maison de campagne. Ils prétendent d’ailleurs que l'explication doit être toute simple.


Retour au calme apparent

Les parents prennent leurs quartiers dans la maison et tout semble bien se passé. Si pendant près de deux semaines, on comptait, chaque jour, une bonne centaine de visiteurs attirés par l'espoir d'entendre les bruits nocturnes de « l'au-delà », le village a retrouvé son calme et sa sérénité.

Les gendarmes ont d’ailleurs renoncé à gâcher leurs nuits en de vaines recherches de l' « invisible perturbateur ».

Le silence s’est fait … et un journaliste présent sur les lieux durant cette période ose s’aventurer en annonçant pompeusement que «l’esprit de Saint-Martin-d'Ollières avait déclaré forfait depuis que le chef de famille était arrivé ».

La funambulesque histoire aurait donc trouvé officiellement sa fin mais n’avait pas toujours pas livré son secret.

Mais les gens parlent et les journalistes poursuivent leurs investigations. Dans le journal « La Liberté » datée du 5 septembre 1956, on peut lire : « Contrairement à ce qui a été dit les bruits ont continué lorsque le père était là, mais si le père remarquait que la fillette avait l'air préoccupée, absente quand les bruits se produisaient, il ordonnait « aux bruits » de cesser et les bruits cessaient.

Durant cette période les coups résonnent à n'importe quel moment de la journée, tandis qu'avant l'arrivée de M. Géreau les coups n’étaient perceptibles que la nuit et lorsque la pièce où se trouvaient les enfants était plongée dans l'obscurité »


Réapparition du fantôme à Saint-Martin-d'Ollières et à Drancy !

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La fin des vacances approche et la famille Géreau prend la direction de Drancy le dimanche 26 août au matin. La grand-mère décide de rester quelques jours de plus à Saint-Martin-d’Ollières et se retrouve seule dans la maison.

Dans la nuit du dimanche au lundi, l’aïeule est réveillée en sursaut par un vacarme en provenance du grenier. On dirait que l’on déplace des malles dans tous les sens … Cette fois, elle a peur !

Parallèlement à son irruption dans la maison de Saint-Martin-d’Ollières, le fantôme fait simultanément une escapade jusqu’à Drancy. Dans la nuit qui suit le retour en région parisienne , la maison familiale des Géraud subit le même sort …

Etait-ce un sympathique signe d’adieu ?

Depuis cette nuit là, le « fantôme » s’est éclipsé et ne s’est plus manifesté.

Ce n’était pas un génie du mal et certains même commençaient à regretter son silence. L’esprit frappait certes mais discrètement. Après ses exhibitions, tout le monde pouvait remarquer qu’il n’ y avait pas de traces de dégâts , pas de vaisselle brisée ni de vitres cassées. De simples coups ne faisaient de mal à personne et de plus le « spectacle » attirait les curieux pour le plus grand bienfait du commerce local.

Après avoir tenu en haleine le village de Saint-Martin-d’Ollières, le « gentil fantôme » avait décidé de mettre terme à ses prestations et de baisser le rideau.

Les vacanciers de l’année 1956 qui avaient choisi de passer leurs vacances d’août dans ces lieux jouxtant les départements de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme ont eu le double privilège celui de goûter aux joies du plein air et de voisiner avec un « esprit frappeur » .

L’attraction n’avait pas été prévue, « Sons et ténèbres » fut le curieux et déconcertant supplément au programme …

Main.gifBournoncle-Saint-Julien :Un enfant agressé par un ours (1906) <<< ∞∞∞∞∞>>> Les rues de Bournoncle-Saint-Pierre à côté de la plaque !

SOURCES & BIBLIOGRAPHIE

  • Bibliothèque Nationale de France – Gallica
    • Le XIXe siècle : journal quotidien politique et littéraire - Edition du 2 août 1903
  • Bibliothèques et Médiathèques – Clermont Communauté
    • Journal « La Montagne » - édition du 7 août 1956
    • Journal « La Liberté » – éditions des 3 août 1956 , 6 août 1956 et 9 septembre 1956 .
  • Site Internet


Novembre 2016




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