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Commencée il y a une vingtaine d'années, cette généalogie réunit plus de 50 000 individus. Près de 19 000 ascendants directs ont été recensés.

Mes recherches relèvent de la tradition généalogique (documents familiaux, Mairies, Archives Départementales) et se sont complétées au fil du temps par les réseaux  que sont les cousinages, les forums, les membres de Geneanet,  les  échanges fructueux avec d'autres passionnés et de façon non négligeable que sont  les sites  privés ou  détenus par les associations.

A l'instant,  la machine à remonter le temps est placée  au niveau de « Berthe Au Grand Pied » et à Pépin Le Bref  non sans avoir cité  Rollon Ier de Normandie qui nous vient du peuple viking.

Cette généalogie est complétée par des apartés thématiques liés au contenu de ma chronique familiale.

Que soient remerciés, ici, celles et ceux qui m'aident dans la réalisation de cet Arbre Généalogique, ils sont cités dans mes sources.

 Chronique familiale



 LES CARNETS DE TANTE ANAÏS : RÉCITS, MYTHES ET TRADITIONS …
Chapitre 15


PLUS DE 300 TEXTES EN LIGNE

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Chapitre 1fleche._Simple_G.gifChapitre 2 fleche._Simple_G.gifChapitre 3 fleche._Simple_G.gifChapitre 4 fleche._Simple_G.gifChapitre 5 fleche._Simple_G.gifChapitre 6 fleche._Simple_G.gifChapitre 7 fleche._Simple_G.gifChapitre 8 fleche._Simple_G.gifChapitre 9 fleche._Simple_G.gifChapitre 10 fleche._Simple_G.gifChapitre 11 fleche._Simple_G.gifChapitre 12 fleche._Simple_G.gifChapitre 13 fleche._Simple_G.gifChapitre 14 fleche._Simple_G.gifChapitre 15 fleche._simple_Bas.gif



Sommaire

 1 - MAL PEIGNÉ EN PARADIS - MAU PENCHENAT EN PARADIS

2018_06_Pendaison.jpg« Mal Peigné, d’un peu plus haut que les Chazes, était pêcheur de profession, fainéant de naissance et quelque peu voleur. On disait même que de tel mauvais coup fait dans le pays, sans qu’on eût trouvé l’auteur, aurait pu, sans erreur, être porté à son compte …Mais le bougre n’y tenait pas, tellement il était chatte-mitte, doucereux et pleurard… Et dévot ! Il fallait voir ! Son saint était saint Joseph, le pauvre charpentier de Nazareth. Pourquoi celui-ci et non un autre, qui le sait ?

Avant, après la moindre affaire peu avouable, il faisait sa petite prière :
« Grand saint Joseph, vous que j’aime tant, pensez à moi comme je pense à vous. Parlez de moi à Dieu le Père ; qu’il me garde une place dans son Paradis. Je vous ferai une petite chandelle dans votre chapelle. »
A la fin, tant il en fit du bon et du mauvais côté , qu’un jour, les cavaliers du roi lui mirent leurs griffes sur la casaque, juste comme il faisait de travers…

Il en avait tant laissé s’ajouter sur son livre de compte, que les juges dirent :
« Mal Peigné mérite la mort, il sera pendu ! »
« Garse de Claude ! » se dit-il, « c’est le moment de crier : Saint joseph à ton secours ! »
Il fit encore, quand il eut le pied à l’échelle de la pendoire : « C’est moi, mon pauvre saint Joseph ! Si vous ne m’avez pas oublié, attendez-moi de l’autre côté du côté ! »

Le bourreau tira la corde. Mal Peigné tira la langue … L’âme se retira du corps : fut ! fut ! …Et le voilà de l’autre côté des soucis !.. ;
« Hé, bougre ! », dit notre gredin, « saint Joseph n’a pas l’air de s’occuper de toi…Où passes-tu ? »Et l’âme de Mal Peigné prit le chemin large, bien pavé, bordé de fleurs. Il arriva devant une porte, un véritable portail de château-fort. Là , il vit les sept péchés capitaux qui invitaient à passer d’ici, à passer de l’à… Côté de l’orgueil, côté de la colère, et cætera, et cætera…De l’orgueil, Mal Peigné n’en n’avait cure, ainsi que de l’avarice, de la luxure ; mais la gourmandise, ah ! mon joli seigneur ! Il lui aurait bien touché la patte un bon moment.Mais, tout à coup, il te sort un grand bougre de sec qui lui court après :
« Que veux-tu ? Comment t’appelles-tu ? »
« Bougre de vous ! Vous n’avez pas l’air commode ! Je m’appelle Mal Peigné, (natif) d’un peu plus haut Les Chazes. »
« Ah ! bon ! J’ai ouï parler de toi. Tu mériterais d’entrer chez moi, et je te conduirais comme il faut ? je te le certifie. Je t’y remuerais, dans mon feu, avec ma fourche, vieux coquin ! Mais va trouver ton Joseph : il fait une bonne emplette ! Et ouste, mille milliards ! »
Je vous demande si Mal Peigné fit volte-face, un peu vite, tout content de trouver un sentier rocheux, abrupt, montant. Il lui sembla qu’il était toujours aux Chazes, tellement il était pénible. Enfin, il trouve un portillon tout mal façonné, avec quelque chose d’écrit :

« ENTRÉE DU PARIS – FRAPPEZ FORT »

« Bougre ! » dit l’autre, « il ne semble pas qu’il vienne trop de monde, ici ! »
Il sonna, frappa : toc, toc !

Au bout d’un moment, il entendit des clefs qui ferraillaient :
« Qui est-ce ! »
« C’est moi ! »
« Et encore ? »
« Le Jean de Benoît, autrement, Mal Peigné ! »
« Qu’est-ce que j’entends, Mal Peigné, le pendu, le voleur, l’assassin ? Ah ! par exemple ! tu en as, de l’astuce, toi ! Veux-tu f… le camp chez le diable, saloperie, pouilleux, coquin ! »« J’en viens ! » cria Mal Peigné, « et il n’y fait pas bon pour moi, là-dessous ! »
Tout juste, saint Joseph passait tout tranquillement, il entendit ce bruit :
« Et maintenant, qu’y a-t-il saint Pierre ? Quelque archange qui te fait endiabler ? Jette-lui tes clefs par l’échine ! »
« Tu ne deviens pas ? Allons viens voir le camarade qui te demande à l’entrée. »

Il ouvrit sa porte et tous deux virent la tête de loup de Mal Peigné.
« Eh bien » dit saint Joseph, « saint Labre aura son frère … Tron de Laire, qu’il est laid ! »« Oh ! pourtant, brave saint joseph, ne me reconnaissez-vous pas ? … Mal Peigné … d’un peu plus haut… »
« Boufre ! Mal Peigné ! Vite, vite, saint Pierre, laisse entrer, c’est mon fidèle… Ah ! diantre ! je vous crois qu’il entrera !... Il ne manquerait plus que cela ! ». Mais saint Pierre, point engourdi, donne une poussée au « pelharot » et ferme la porte.
« Tien, voilà comme il entrera ! … Un beau déguenillé, ton dévot ! Si le diable n’en veut pas, il restera entre les deux portes ! »
Mon Joseph en vit tout rouge. Cela allait mal tourner, quand le Père Eternel vint à passer :
« Et à présent, qu’y a-t-il, que vous vous regardez comme deux coqs qui vont se battre pour une poule ? »
« Il y a » dit joseph, « qu’il faut que Mal Peigné entre au Paradis : il l’a gagné par sa vévotion pour moi. »
« Un voleur, un coquin que les juges ont fait prendre ! Tenez, regardez : il traîne encore un bout de corde ! »<
Comment faire ? Le Bon Dieu ne voulait point dédire son porte-clefs : il en était satisfait, et puis, faire entrer Mal Peigné ! Si encore il n’avait pas été un peu trop déluré comme saint Labre ; mais avec sa coquinerie ! »
« Joseph, écoute ici. Il ne faut pas t’obstiner là : l’oiseau n’en vaut pas la peine… »
« Je m’obstine ! Et par l’âne qui nous réchauffa à Nazareth, il entrera ! »
« Ta, ta, ta ! » dit le Père.
« Ta, ta, ta ! » dit le gendre ; « Il y a assez longtemps qu’on me tourne en ridicule, ici ! Il faut que mon homme entre ! Tant pis pour ceux qui ne le trouveront pas de bonne compagnie ! Cependant, toi, Pierrot, tu as, sans doute, entendu parler d’un coq… »
« Allons, allons, fit le Père, « nous ne pouvons prendre un coquin de cette espèce. »
« Ouste ! » dit Joseph, qui fumait de colère, « nous allons voir cela !... Fiut ! Sainte Vierge, écoute ! Nous sommes de trop, ici : appelle tes gens, et ton garçon. Nous irons planter un autre Paradis en un autre lieu : la place ne nous manque pas ! »

Et la Sainte Vierge répondit :
« La femme doit suivre son époux ! Venez, mes enfants ! »
Et, alors, sainte Anne, les saintes Femmes, Madeleine, Salomé, Marie, les Vierges, les martyrs, les saintes vieilles Filles, la Congrégation de Marie, les mères de familles, les veuves de guerre, une procession du diable qui arrivait de loin et qui s’alignait.
« Allons, Enfant Jésus, toi aussi, il te faut suivre ton père et ta mère ! »
L’Enfant Jésus appela les apôtres, le pauvre Pierrot comme les autres, l’apôtre fidèle, puis, le bon Cyrénéen, les disciples, les Evangélistes, les « Pères de l’Eglise », les martyrs, les saints Evêques, et, à la fin, tous les saints de l’almanach… »
« Oh ! garse de Claude ! », dit le Père ; « qu’est-ce qui m’arrive ? Je vais me trouver avec ce pauvre Adam et son Eve, qui, tout le temps, se chamaillent pour une mauvaise pomme ! Et je devrai souffrir de demeurer avec Mathusalem, Noé, Abraham et ces vieilles goitreuses de Sarah, de Rébecca, la femme de Loth, et ces ennuyeux que sont Moïse, David, Salomon, Isaac, Joseph et sa séquelle, sans compter Jérémie … Ah ! je suis bien planté ? »

« Joseph, amis, amis, arrangeons cela ! Tu es, toi, trop jeune : moi, trop vieux. Nous ne ferons rien de bon… Restez mêlés. Tiens, vois ton Mal Peigné qui ne peut aller, tout de même, avec saint Maurice ; eh bien, nous le mettrons dans ce coin, avec les balais. Il sera avec quelques recors, deux ou trois pénitents, une poignée de bigotes, sans compter les fraudeurs de vin : ils s’entendront de reste entre coquins … Cela va-t-il, Joseph ? »
« Oui, si vous voulez. »

Saint Joseph appela son Mal Peigné, et celui-ci entra lestement ».

D’après Gilbert Conche - « Légendes & Diableries de Haute-Loire » – Collection Histoire en France

Juin 2018



 2 - LES CHASSES FANTASTIQUES : LE GRAND VENEUR DU CANTAL



2018_06_Veneur.jpg« Dans les forêts de Siniq, de Malbo et de Vigouroux (arrondissement de Saint-Flour, Cantal) passe certains jours à des intervalles inconnus, le Grand-Veneur et sa chasse infernale.

Quand on l'entend venir il faut se dissimuler derrière des broussailles, faire une oraison à saint Hubert et recommander son âme à Notre-Dame du Rocher de Saint-Martin ; sinon on est enlevé ; on disparait sans laisser aucune trace.

Le Grand-Veneur et sa suite sont vêtus d'écarlate, ils s'ont accompagnés par une meute énorme, et poursuivent une biche aux yeux ensanglantés ; chose curieuse cette chasse ne fait aucun bruit. »

D’après le Baron du Roure de Paulin - Revue des traditions populaires - Auteur : Société des traditions populaires (Paris). Auteur du texte - Éditeur : Société des traditions populaires au Musée d'ethnographie du Trocadéro (Paris) - Date d'édition : décembre 1907 .

Juin 2018



 3 - SUPERSTITIONS DE L’AUVERGNE : LES LUTINS

2018 06 Lutins 2_1.jpg « L'armée fantastique des lutins, êtres malicieux et espiègles, est une autre source de terreurs pour les paysans d'Auvergne.

Le lutin jette de préférence ses sortilèges sur les maisons des laboureurs. Comme le folletot, son cousin-germain dans l'imagination des paysans francs-comtois, il vient la nuit sous diverses formes d'animaux, emmêler la crinière ou la queue des chevaux ; il enchevêtre les crins, les brouille, les noue les uns aux autres, et cela avec une agilité et un artifice tels que le pauvre cultivateur passe le lendemain une bonne partie de sa matinée à détruire l'ouvrage de quelques minutes, pendant que le lutin dans sa haine de l'humanité, jouit secrètement du bon tour qu'il a joué.

Mais c'est là le moindre de ses méfaits ; car le lutin moderne, — dans la croyance des Auvergnats tout au moins, — semble avoir ajouté au caractère malfaisant et néanmoins bon enfant de ses aïeux du moyen âge, un fonds de malice plus raffinée et plus méchante ; il pousse quelquefois la cruauté jusqu'à causer la mort des chevaux. Le paysan s'aperçoit un jour que sa bête maigrit ; il redouble de soins, répand dans l'étable une litière épaisse et toujours fraîchement entretenue, augmente la ration d'avoine, laisse même au repos absolu son fidèle compagnon de labeur, qui jusqu'alors et sans défaillance l'a toujours aidé à élever sa nombreuse famille ; mais c'est en vain : toutes ses précautions seront superflues, car il reconnaît là l'œuvre néfaste du lutin, et il n'ignore pas combien il est inutile d'implorer la pitié d'un esprit qui passe tout le jour à ruminer les maux qu'il pourra causer la nuit. Le malheureux cheval est condamné à mourir de consomption.

Le lutin, d'ailleurs, a un autre moyen d'arriver au même but. Il pénètre la nuit dans l'écurie, détache un cheval, innocente victime de sa haine pour l'homme, et le conduit dans la grange, à même le tas d'avoine ; au bout d'une heure, il le ramène à l'étable pour recommencer un semblable manège les nuits suivantes. Cette fois encore l'animal est condamné à périr, mais il meurt, comme disent les paysans, « de graisse ».

Pour atténuer ces funestes effets des farfadets, le paysan use d'un artifice. Il place bien en vue, dans l'écurie, un tamis aux mailles serrées. La curiosité du lutin, parait-il n'a d'égale que son aptitude pour le mal. Ce tamis jeté sur son chemin, l’intrigue, il en fait le tour, l'examine en tous sens, le soulève, et finalement cherche à en compter les trous. Mais alors, il semble qu'une puissance supérieure le domine à son tour: il s'acharne vainement à nombrer ; le chiffre trois, comme un obstacle insurmontable, l'arrête ; cent fois il recommence, essayant de satisfaire sa curiosité que la difficulté augmente, et cent fois il se heurte au même obstacle. La nuit entière se passe sans que le chiffre fatal ait pu être dépassé, et quand l'aube commence à blanchir le ciel, le lutin, rageur, disparait.

Comme pour les invocations diaboliques, le paysan d'Auvergne, quand il raconte quelque exploit de lutin, parait accorder foule créance à son récit. Il cite des faits irrécusables, des exemples probants de personnes qui ont cherché à se rendre compte, et qui ont parfaitement vu le lutin.

L'une d'elles croit entendre dans l'obscurité un bruit insolite ; elle lance vers un mur de l'écurie un bâton qui fait ricochet et vient retomber à ses pieds, en même temps qu'un chat effrayé par le choc, s'enfuit en escaladant la porte. Cette personne est toujours demeurée persuadée qu'elle avait vu un lutin qui, en se sauvant, lui avait rejeté le bâton qu'elle avait d'abord lancé dans sa direction. »

D’après Edmond Desombres - La Tradition : revue générale des contes, légendes, chants, usages, traditions et arts populaires sous les directions d’ Emile Blémont et Henry Carnoy -Éditeur : Emile Lechevalier (Paris) - Éditeur : Librairie générale et internationale Gustave Ficker (Paris) - Date d'édition : 15 décembre 1889.

Juin 2018



 4 - LE LOUP DE COURLANDE

2018_06_Roc_de_Courlande.jpg « Mystérieuses, sinistres, des forêts touffues et sauvages s’étendaient aussi loin que portait la vue sur les monts d’Auvergne. Chassés depuis toujours par les envahisseurs, Sarrazins, Normands, les hommes de ce temps là vivaient de l’élevage d’une poignée de chèvres et de moutons. La vie était rude, à l’image du climat. Personne jamais ne se risquait dans les sous-bois obscurs. Peuplés d’animaux sauvages, ces futaies impénétrables étaient le domaine des loups.

Le conte se déroule dans un hameau sous le Roc de Courlande, oublié au fil des siècles, recouvert par la végétation. Fiché dans le sol comme une grosse dent dans la gencive, ce mont est le mont élevé des Dores ; il se dresse un peu en contrebas de la chaîne de montagnes. Il n’y avait là que quelques chaumières. L’une des maisons était celle de Raoul, le père de la petite Tiennette la plus jeune de ces enfants mais la plus rusée et audacieuse.

L’hiver arrivait vite pendant cinq mois jusqu’en avril parfois, les rafales de neiges balayaient tout. Mais le pire l’hiver, tout au long de l’hiver, c’étaient les loups. Lorsque, dans les tourbillons de neige, leurs hurlements tous proches déchiraient la nuit, les cœurs se glaçaient d’épouvante. Barricadées dans leur appentis, les brebis bêlaient d’effroi. La meute de loup féroce était menée par un loup hors du commun. Bête colossale, au poitrail large et bien fourré, aux pattes énormes et velues, à la queue touffue comme d’un renard, au mufle puissant, aux yeux jaunes flamboyants et pleins de ruse cruelle. Un soir d’été un paysan avait aperçu une bête tapie dans le sous-bois fourrure luisante d’une couleur si singulière : un loup couleur d’or ! Un loup de cette taille, et tout doré ! Sûr, c’est là quelque diablerie !

Un matin, vers la fin de l’automne, Tiennette partit comme chaque jour avec ses brebis et sa quenouille. Elle gagna la pâture et commença à filer. Pour mieux surveiller ces bêtes, Tiennette s’était installée tout près des arbres de bordure. Soudain, les brebis s’enfuyaient en tous sens avec des bêlements affolés. La fillette couru derrière son troupeau éparpillé. Elle sentit une présence et se retourna, debout à l’orée du bois, énorme et splendide se trouvait le loup au pelage d’or. Le monstre voulu faire qu’une bouchée de la fillette au goût sûrement délicat de la viande d’un faon nouveau né. La fillette rapidement rompait le fil qui attachait le fuseau et pris dans ses mains la belle pelote déjà réalisée et en enroula une partie autour de son bras.

- Eh bien, cria t'elle d’une voix qui ne tremblait pas, qu’est-ce-que tu attends, Loup, pour me dévorer ? Allons, approche, je n’ai pas peur de toi, Tu n’es qu’un grand chien jaune !

Sûr de lui, il se rapprocha et ouvrit sa gueule immense et bondit sur la fillette, celle-ci lança de toutes ses forces la pelote de laine dans la gueule du loup d’où dépassait un peu la pointe du fuseau qui se coinça dans le gosier de la bête.

Le loup se secoua se démena comme un diable, il tentait de se racler la gorge, et tentait d’arracher la pelote’ diabolique qui l’étouffait. La jeune fille suivait les secousses du loup par le fil attaché à son poignet. Le loup épuisé s’allongea dans l’herbe, il se voyait déjà mort succombant aux fourches des fermiers alertés par les cris de la fillette.

Tiennette n’alerta personne elle dit au loup :- Loup de Courlande, je te laisserai la vie sauve si tu me jures que ta meute et toi, été comme hiver, ne sortirez plus des forêts. Le loup vaincu inclina la tête pour dire oui.
- Si tu t’en dédis, ajouta Tiennette, la prochaine pelote avalée signera ton arrêt de mort, préviens tes frères, tu ne te sauveras pas deux fois.
Elle s’approcha du fauve, plongea la lame d’un couteau dans la pelote et la retira d’un coup sec. La bête s’éloigna tête basse.

Depuis lors, les loups restèrent en forêt, Tiennette admirée de tous vécue longtemps au pied de ses montagnes et l’herbe d’automne sur l’échine du Roc de Courlande prit des reflets d’or, il raconte encore l’histoire de la fillette triomphante du monstre... »

D’après Traditions, légendes, contes mystérieux d'Auvergne>

Juin 2018



 5 - LE SEIGNEUR LOUP-GAROU

2018_06_Loup_Garou.jpg« La tradition a conservé le souvenir des seigneurs de Montsuc, des atrocités qu'ils commettaient, de leur dureté pour les pauvres gens, et quand les paysans regardent ces ruines, ils ne peuvent s'empêcher de frémir aux souvenirs des seigneurs qui se sont succédés et surtout à ceux du dernier d'entr'eux qui en punition de ses crimes, aurait été transformé en une bête monstrueuse.

Voici du reste ce que racontaient les vieilles femmes le soir à la veillée pendant bien longtemps, et aussi loin que les grands-pères des grands-pères l'avaient raconté à ceux-ci.Ce seigneur, à ce qu'on disait, rançonnait les voyageurs, et les marchands, battait les paysans , les faisait pendre sans motif, pour l'exemple, disait-il, et s'amusait parfois même à prendre comme cible des femmes ou des enfants, faisait placer dans le feu les pieds des individus auxquels il supposait de l'argent, enlevait les jeunes filles et les martyrisait. Son audace et sa brutalité ne s'arrêtaient même pas devant la noblesse plus faible que lui. On dit qu'ayant enlevé une belle jeune fille d'une famille noble des environs (la famille habite encore le pays), il la fit pendre par les cheveux et la laissa mourir dans une lente agonie pour la punir de sa résistance.

Un beau jour, les habitants de la région apprirent que le baron de Montsuc avait disparu, mais en même temps on commença à parler vaguement dans la contrée d'un animal fantastique qui s'était jeté sur des voyageurs attardés, qui s'était précipité sur des troupeaux et les avait décimés, bientôt des quantités de personnes affirmèrent l'avoir vu. C'était un animal plus gros qu'un loup dont les yeux lançaient des éclairs et la gueule des flammes et de la fumée ; il parcourait les distances avec la vitesse du vent et avait été aperçu au même moment par des individus éloignés de plusieurs lieues. Bientôt cette bête, un loup-garou, disait-on, ravagea le pays, tuant et dévorant les hommes et les animaux s'acharnant surtout après les femmes et les enfants, enlevant les jeunes filles qui gardaient leurs troupeaux.Dans le pays on eut recours aux neuvaines et aux prières pour débarrasser le pays de ce fléau. Aucun chasseur n'eût osé affronter le monstre, sachant bien que ses balles n'auraient pu atteindre un être surnaturel, et pendant bien des années l'horrible bête désola le pays. Son endroit de prédilection était un carrefour au milieu d'un bois appelé le bois de la Vroussotte, traversé par deux grandes routes que l'on appelle encore dans le pays La crou dé Runa, c'est là qu'il attendait les voyageurs et les paysans attardés.

Les bûcherons assez hardis pour aller dans la forêt trouvaient des membres d'enfants disséminés sous les arbres. Et la légende est encore assez vive dans le souvenir des habitants du pays pour qu'on cite telle clairière, tel carrefour, dans lesquels on a trouvé soit des lambeaux de chair, soit des têtes, un bras ou des vêtements ou une jambe d'enfant et l'on dit encore le nom des familles éprouvées par le monstre.

Cependant un vieux bûcheron un soir rentrant de son travail entendit des cris désespérés qui partaient de la direction de la hutte dans laquelle il habitait ; il se précipite et trouve sa fille saisie par le monstre qui essayait de l'emporter ; il s'élance et d'un coup de cognée brise les reins de l'animal et lui fait une large blessure. Or la légende rapprochant les dégâts commis par ce monstre des atrocités du baron de Montsuc, dit que lorsque la bête qui n'était qu'un loup-garou fut blessée elle se changea tout à coup en la personne du baron et qu'il dit alors au bûcheron d'une voix expirante : « Je te remercie de m'avoir frappé, car en punition de mes crimes, j'étais condamné à errer sous cette forme pour l'éternité. Il fallait pour me délivrer que la main d'un chrétien fit couler mon sang. » Et en disant ces mots il expira.

Mais les incrédules, les esprits forts, les « higanauds » (les huguenots) prétendent simplement que le loup-garou frappé par le bûcheron n'était qu'un vieux loup remarquable par sa force et son audace, et dont la hardiesse était excitée par la famine qui précéda la Révolution ».

D’après Antoinette - Revue des traditions populaires - Auteur du texteMusée de l'homme (Paris) Éditeur : Société des traditions populaires au Musée d'ethnographie du Trocadéro (Paris) - Date d'édition : 15 avril 1890.

Juin 2018



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 6 - LA BÊTE DES TOURBIÈRES

2018_05_Drosera_rotundifolia_.jpg « Il était une fois une fille de seigneur, Aurore, plus belle que le matin naissant, elle avait des boucles d’or pâle, blondes, des yeux du plus bel azur. Son père, baron de La Tour fut très désappointé, sa mère hélas mourut alors que la petite était encore au berceau. Le baron terrassé par la douleur, feignit d’ignorer l’existence de sa fille et refusa de prendre femme, il perdait ainsi toute chance de donner un jour un héritier mâle à la baronnie. Aurore fut élevée par une nourrice, Bertille qui la considérait comme sa propre fille. Bertille lui enseigna la science des « simples », la médecine des plantes. La nourrice savait guérir quantité de maux et personne, dans la baronnie, ne manquait de faire appel à ses bons services un jour ou l’autre.

Aurore apprit à distinguer les plantes bénéfiques et vénéneuses. Elle sut que :

  • L’arbre de judas, le sureau apportait avec lui le Malheur ;
  • La verveine, liait d’amitié celui qui le recevait en bouquet ;
  • La capillaire éloignait les enfants du loup-garou ;
  • L’angélique préservait de tous les maux ;
  • Le noisetier, était le meilleur arbuste comptait de nombreuses vertus bienfaisantes : fleurs, feuilles, fruits vous protégeaient de tout : des serpents et des voleurs, des jeteurs de sort et des sorciers et même oui, même du diable !
  • La pulmonaire, la véronique la primevère le bouillon blanc et le serpolet des bergères : pour guérir toux et maux de gorge ;
  • L’arnica et la joubarbe : pour soigner les blessures ;
  • Le cumin des prés et la gentianelle : pour les ballonnements ;
  • La potentille et la grande chélidoine : pour les maux d’estomac ;
  • La rue arrêtait les saignements de nez ;
  • La colchique et le mouron des oiseaux guérissaient goutte et rhumatismes ;
  • La mauve contre l’inflammation du gosier ;
  • L’armoise l’oseille sauvage contre les diarrhées.

Bertille, lorsque Aurore fut âgée de 16 ans, sentant sa mort proche lui révéla un grand secret. Une potion miraculeuse capable de si bien transformer celui qui la boit que c’est merveille à voir. Les composants ont été oubliés à ce jour, il faillait 3 jours pour la réaliser et aller chercher une plante extraordinaire très loin dans les montagnes là où sont les tourbières. Les tourbières étaient pareilles à un marécage hérissé d’ajoncs où dit-on un attelage de bœufs et sa charrette de bois ont été jadis ensevelis. Elles sont très dangereuses mais c’est là où pousse la drosera, plante carnivore dont les petites feuilles charnues, couvertes de poils rouges et gluants, attirent les insectes, les emprisonnent et les digèrent !

Parvenue aux tourbières, Aurore vit avec horreur sortir de la terre visqueuse une énorme bête de corps d’âne, de pattes d’un loup, d’une queue de dragon. Cependant, la bête ne bougeait pas, elle n’était pas menaçante et son regard avec quelque chose de douloureux.

Soudain, la bête parla :- Ne craignez rien mademoiselle, je ne vous veux aucun mal. Est-ce bien vous qui cherchez le drosera ? Est-ce que vous venez du château des barons pour la cueillir ? Ma laideur est repoussante, mais ne vous fiez pas à mon aspect. Mon corps voyez-vous, si monstrueux, si horrible à voir, n’est que fausse apparence. Un mauvais sort m’a fait ce que je suis, mais si vous le voulez, belle Aurore, vous pouvez me sauvez, vous seule.
La jeune fille accepta de lui venir en aide pour se faire, il chercha avec elle la drosera. La bête lui indiqua que ces jours étaient comptés. A ces mots la jeune fille compris les paroles de sa nourrice et s’enfuit préparer la potion miraculeuse pendant 3 jours pour revenir le quatrième jour la donner à boire à la bête.

Le quatrième jour Aurore repartit pour les tourbières se perdit dans le bouillard et n’atteint le lieu de rencontre que le soir. La bête mourante était allongée disant :
- Il est trop tard, voyez le soleil se couche. a grande fatigue ne lui permettait pas de boire la potion préparée alors, Aurore avec douceur pris la tête de la bête dans le creux de son bras pour l’aider à boire. Sitôt la fiole vidée, la bête se transforme en jeune homme si beau et de si bonne tenue, si bien vêtu et de mine si avenante que la jeune fille sent son cœur palpiter. Il prend ses mains, il lui dit tout :
2018_05_Monstre.jpg-Une mauvaise fée, par jalousie, m’a changé en monstre depuis bien longtemps déjà. De ce malheur mon père et ma mère en sont morts, hélas, en leur château du comté de Toulouse. Comme vous voyez je viens de loin. J’ai erré des jours et des nuits à la recherche de celle qui saurait rompre le charme.Pour lever le sort en effet, il fallait qu’une fille de seigneur connût la formule secrète. La Demoiselle devait fabriquer elle-même la merveilleuse potion. Enfin, surmontant son horreur et sa répulsion, elle seule pouvait la donner à la bête monstrueuse. Alors seulement, le charme serait conjuré.
- Vous êtes venue, Aurore, et vous n’avez pas craint de soulever ma tête dans vos mains pour m’abreuver du liquide magique : soyez-en mille fois remerciée. M’aimerez-vous?

La réponse fut celle qu’il attendait : - Je vous aime déjà ! Aurore et Florian vécurent longtemps dans leur château de La Tour...


D’après Traditions, légendes, contes mystérieux d'Auvergne

Mai 2018



 7 - LE ROCHER DES FADES

2018_05_Les_Fades.gif « Le rocher des Fades près de Bourg-Lastic a été apporté par les fées dans leurs tabliers, en une nuit, il y a fort longtemps, bien résolues qu’elles y étaient. Quand le seigneur descendit de son château de Préchonnet, et qu’il vit cette masse au beau milieu de son blé, il se mit en colère et commanda à tout son monde d’enlever cette gerbe-là. Autant aurait-il voulu déplacer le Puy-de-Dôme ! Le seigneur s’entêta ; il fit jouer le canon, il fit creuser la mine ; mais tout ce qu’il put obtenir, à force de temps et d’efforts, fut d’entailler un des carreaux de la surface. Les Fades revinrent, sourirent et laissèrent subsister l’entaille comme une preuve de l’impuissance du seigneur.»

D’après Madame Bayle-Mouillard - Texte publié dans les Tablettes historiques de l’Auvergne), rapporté par Paul Sébillot - Littérature orale de l'Auvergne - Éditeur : G.P. Maisonneuve et Larose (Paris) - Date d'édition : 1898

Main.gifLire par ailleurs : La Punition des fées



Mai 2018



 8 - LES OIES DE LEINHAC

2018_05_Les_oies.jpg « Jadis le village de Leihhac (Cantal), payait à son seigneur une redevance annuelle de deux oies et les habitants auraient voulu s'en affranchir.Une année, tout en remettant leur tribut, placé suivant la coutume dans un panier découvert, ils renouvelèrent leurs doléances.
— Soit, dit le seigneur, mais comme les oies sont intéressées à la décision, consultons-les. Voulez-vous revenir ici l'an prochain? leur demanda-t-il en leur serrant adroitement le cou, sous prétexte de les caresser.Les oies, dont la respiration était coupée, restèrent naturellement muettes.— Vous voyez, dit le seigneur, qui ne dit rien consent, donc le contrat doit tenir.

Sur ce, les manants s'en allèrent. L'année suivante., ils vinrent exposer au seigneur qu'ils n'apportaient pas les auques, car ils n'avaient pu s'en procurer. « C'est quelque mensonge » pensa le rusé gentilhomme, et il monta au village. Voilà qu'en passant devant les maisons, il éleva la voix et se mit à crier : Jean, Jean ! comme s'il appelait son domestique. Les deux oies, qu'on avait enfermées dans le four banal, entendant une rumeur, crièrent à leur tour, et le châtelain, riant aux éclat, les fit prendre et emporter.

Est-ce de là qu'était venue dans tous nos environs, l'usage de se défier des oies, qui au dire des paysans, se taisent quand il faudrait parler et parlent quand il faut se taire. Aussi d'après l'usage ancien, personne n'eût jamais terminé devant elles un marché, ni dit aucun secret, par la croyance naïve où l'on était que ces animaux, vivant dans l’air et dans l’eau, sont de mauvaise foi et infidèles à l'air et à l'eau… »

D’après La Revue des traditions populaires - Auteur : Musée de l'homme (Paris) - Éditeur : Société des traditions populaires au Musée d'ethnographie du Trocadéro (Paris) - Date d'édition : avril 1898

Mai 2018



 9 - LE MONDE FANTASTIQUE DU PUY-DE-DÔME

  • LE LUTIN 2018 05 Lutin_1.jpg
    • On dit à Vinzelles que le lutin habitait jadis dans le colombier du château de la Pria. La nuit il se fouettait violemment et frappait les pierres du ruisseau avec une massue. Lorsque le vent avait soufflé avec violence, on disait : « Le lutin a bien « massolé »1 toute la nuit. »
    • Autrefois, il y avait une remonte à Parentignat : un jour les chevaux s'échappèrent, et, poussés par le lutin qui les fouettait avec rage, coururent à travers les vignes dans un galop furibond.
    • Un fermier de Vinzelles constatait tous les matins la disparition de sacs d'avoine qu'il mettait le soir dans un coffre fermé à clef. « C'est le lutin, lui dit-on, qui vous les dérobe, il faut le guetter. » La nuit, plusieurs hommes se postèrent dans la pièce près du coffre. Soudain on vit entrer une forme humaine — toutes les portes étant fermées — qui ouvrit le coffre sans peine et se mit en devoir d'emporter des sacs d'avoine. Les paysans crièrent et essayèrent de saisir le spectre, mais celui-ci se dégagea, sortit prestement et enfourcha son âne qui l'attendait devant la porte, en lui criant :
      « U ! u ! Ricalon : bûhin pienta tsê Bon-Viûche »2
      Et l'âne monta au grand galop la côte de la Tenée.

      On ne revit plus le lutin.

      1C'est-à-dire » donné des coups de massue. »
      2« Hue ! hue ! Ricalon : nous boirons pinte chez Bon-Vivre.
      »


  • LE NOYÉ DE PARENTIGNAT
    • Autrefois un nommé Barbéta, de Gevillat (commune de Parentignat), se noya dans l'Allier. Et l'on ajoute, en racontant ce fait :
      « C'était bien aisé à prévoir. Plusieurs jours auparavant les chats le suivaient et miaulaient après lui ; ils le poursuivirent jusqu'à ce qu'ils l'eurent jeté dans la rivière. C'était le mauvais esprit qui s'était tourné (changé) en chat. »

      D’après La Revue des traditions populaires - Auteur : Société des traditions populaires (Paris) - Éditeur : Société des traditions populaires (Paris) - Date d'édition : mars 1899


      Mai 2018



 10 - LE CHIEN NOIR DE PONTGIBAUD

2018_05_Pontgibaud.jpg « Vers 1470, le père Imbert, charpentier à Pontgibaud, accusé de sorcellerie, fut brûlé vif.

Deux années plus tard, ce fut le procès du fils qui déclara qu'un soir à la brune, venant de son pré, il avait été abordé par un chien noir.
« N'aie crainte, je suis Allonzo et je protégeais ton père... » Du tort fait à son père, le chien noir l'avait poussé à se venger.

« Va dans le cimetière de Volvic, demain avant le lever du soleil. Tu y trouveras à main gauche en entrant un tas d'ossements... »

Les dits os mis au feu feraient de la cendre de mort.

De cette cendre, le fils Imbert fit mourir deux personnes. Le chien noir lui avait aussi donné un bâton : les gens et les bêtes qu'il en frappait s'en trouvaient estropiés. Le chien le conduisit, une certaine nuit, au lieu appelé La Garde. Au milieu d'un feu et monté sur un âne, il y vit un géant qui avait la figure large comme un quarton 1. Une foule de fachineis, fachineires, l'entourait. Imbert en reconnut plusieurs pour être de Banières et de Chambois. Le géant lui fit donner un grand cierge noir, lui ordonna de l'allumer et de faire le tour de la compagnie.

C'était la façon celtique, antique, de se vouer aux Dieux.

Après quoi le géant dit la pacte conclu et admit le garçon au rang de ses serviteurs. Ces aveux faits, s'attendant à être brûlé comme son père, le malheureux essaya de se fracasser la tête en se lançant contre les murs de son cachot. Il fut aussitôt enchaîné.

Il s'enfonça alors dans le nez des pailles extraites de sa paillasse et laissa saigner jusqu'à la mort.

On accusa le seigneur de Pontgibaud, M. de la Fayette, de s'être prêté à ce suicide pour éviter les frais d'un bûcher.

1 Mesure de superficie qui varie de 6 à 10 ares selon les régions.

D’après Traditions, légendes, contes mystérieux d'Auvergne

Mai 2018



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 11 - LE CIMETIÈRE DES AVIONS

2018_04_Burle.jpg« Depuis 1945, le Triangle de la Burle a vu plus d'une soixantaine de crashs aériens.Les théories les plus folles circulent pour expliquer cette effrayante litanie d’accidents. Une zone, quelque part entre le Mont Mézenc, Le Puy-en-Velay et le massif du Pilat.

Que s’y passe -t-il ?

Le plus souvent, ces catastrophes s’accompagnent d’événements étranges, dont les plus remarquables restent du domaine des objets volants inexpliqués. Certaines personnes rapportent même avoir aperçu des boules de feu! .

Le premier accident s’est produit le 3 novembre 1943, à Peire-Vole. Les résistants locaux attendent le ravitaillement qu’un Halifax doit leur apporter d’une minute à l’autre, quand un bruit inhabituel se fait entendre. L’avion vient de percuter le sol. Le seul survivant racontera alors cette sensation de chaleur intense, puis de froid glacial à l’intérieur, juste avant que les instruments de bord ne lâchent brusquement, et que l’appareil n’amorce sa chute fatale.

Au sol, les deux seuls témoins qui parleront alors de points lumineux entourant l’avion avant l’impact, ignorent qu’ils viennent de vivre le premier crash d’une série qui vaut aujourd’hui son surnom de Pot-au-noir. Près d’une quarantaine d’accidents aériens, depuis celui-ci, se succéderont sur ce périmètre.

Tantôt ce sont de petits appareils de tourisme dont on doutera de la puissance, de la précision des instruments de vol, de l’expérience des pilotes peu habitués aux changeantes conditions météorologiques locales…

Comme s’il fallait donner des raisons lénifiantes à ces catastrophes !

Mais que dire de la technique des puissants appareils militaires à réaction pilotés par des pilotes chevronnés? Tels les deux Javelins anglais, en 1963, qui s’écrasent inexplicablement, l’un sur Jaujac, l’autre un peu plus loin et dont on ne retrouvera pas le pilote pourtant éjecté avec son siège.

En 1965, deux F104 s’abattent sur le Mont Mézenc poursuivis, rapporteront les témoins, par six petites sphères rosâtres qui ne disparaîtront qu’avec l’arrivée des secours. Idem pour le Fougas-Magister percutant le sol près d’Orcival survolé par « deux soucoupes ».

Face aux mystérieux pouvoirs de la Table d’Or, les druides auraient voulu protéger le secret, en l’enfouissant dans les ruines du « Chastelas »…
D’après Stéphane Marcelot – Journal « Le Renouveau de la Haute-Loire » - Edition du 20 juillet 2012

Main.gif Lire par ailleurs : Le Trésor des Druides

Avril 2018



 12 - LE PENAILLOU

2018_04_Penaillou.jpg« Le penaillou... c'est ainsi que nos paysans de la Basse-Auvergne dénomment un instrument utilisé d'ailleurs par tous les boulangers de France et de Navarre, qui s'en servent pour nettoyer leur four avant d'y introduire les michons de pâte.

Par une nuit de juillet sans lune vers les minuit, alors que tous les habitants de Saint- Bonnet cherchaient dans un sommeil profond un repos réparateur des dures fatigues de la journée, deux jeunes gars, Damien Ravel et Mathias Berthy , suivaient à pas feutrés la grande rue du village, et, rasant les murs comme des ombres, s'approchaient sans bruit d’une maison située sur la grande place.

Là, habitait le père Chapy, vieux paysan riche, avare à couper un sou en quatre, et qui, quinze jours avant, avait refusé de donner le fagot habituel pour le feu de la Saint-Jean.

« C'est du reste, pour se venger de cet affront que les conscrits organisateurs du feu avaient décidé une expédition punitive contre ce vieux grippe-sous, peu aimé, en déléguant Damien et Mathias.

Mais je reviens à ceux-ci que nous avons vus, mués en fantômes.

Pendant que Damien restait à une certaine distance de l'immeuble visé, Mathias, armé d’un penaillou bien garni, allait au contraire s'embusquer et s'immobiliser tout contre le mur de la maison.

Soudain, rompant le silence de la nuit, la voix de Damien se fit entendre et par deux fois, jeta le sinistre cri tant redouté des paysans : « Ou fiâ ! Ou fià ! » (Au feu ! Au feu !).

L'écho avait à peine répercuté l'appel, que déjà des têtes inquiètes se montraient çà et là.

Le père Chapy qui avait le sommeil léger des avares, ne fut pas le dernier à sortir de son lit, et bientôt sa tête ornée d’un monumental bonnet de coton apparut à la fenêtre.

Tapi dans l'ombre, Mathias guettait le moment, alors, rapide comme l'éclair, il éleva prestement son penaillou et le promena vigoureusement sur la face ridée et peu sympathique du bonhomme qui s'était penché pour mieux voir.

Et hardi ! Va que je te frotte et que je te débarbouille !

Avant que le père Chapy ait eu le temps de se retirer, son visage fut copieusement mâchuré de cendres charbonneuses mélangées, en la circonstance, à d'autres choses encore plus malpropres.

Aux exclamations du vieux, entremêlées de jurons, les voisins comprirent ce qui se passait et de tous côtés ce fut une hilarité d'autant plus grande que la victime était de choix. Bien entendu les deux coupables s'évanouirent dans la nuit après leur méfait, et l'on ne sut jamais qui avait bien pu...

Comme le père Chapy est depuis longtemps en purgatoire, pour ne pas dire en enfer et que ses foudres ne sont plus à redouter, j'espère que ses mystificateurs, devenus gens graves et sérieux, ne m'en voudront pas trop d'avoir conté ici cette aventure de leur jeunesse. »

D’après Emile Desforges - Journal « La Montagne » Bibliothèque du Patrimoine de Clermont Auvergne Métropole – Collection d’Henri Pourrat - Cote HP 112-5

Avril 2018



 13 - L’ENFANT DU DIABLE


2018_04_Enfant_du_diable.jpgUne nourrice cherchait en vain un nourrisson. Après s'être vouée à tous les saints inutilement, elle le demanda au Diable. Sur son chemin elle rencontra quelqu'un qui lui indiqua une maison où se trouvait une femme récemment accouchée. Elle s'y rendit, convint du prix avec la mère et emporta le nouveau-né.

L'enfant grandit et se développa avec rapidité. Après quelques jours, les dents lui poussèrent ; il était si méchant qu'il mordait et coupait les seins de sa nourrice. Au bout de quelques mois, il se mit à parler, à marcher comme un homme. Il grandissait à vue d'oeil et était d'une force effrayante. La nourrice, épouvantée de ce prodige, en parla au curé de la paroisse. Il se fit raconter toute l'histoire du nourrisson, et reconnut le Diable en celte créature extraordinaire.

Le prêtre l'exorcisa, et l'enfant disparut soudain dans les airs emporté par le vent follet1.

1 On appelle ainsi les vents de grande tempête, que l'on croyait autrefois causés par des sorcières ou follets.

D’après le Docteur Pommerol (Conté par sa grand' mère, Gabrielle Gay, du village de Châteaugay) - Revue des traditions populaires - Auteur : Musée de l'homme (Paris) -Éditeur : Société des traditions populaires au Musée d'ethnographie du Trocadéro (Paris) -Date d'édition : Décembre 1900

Avril 2018



 14 - LA LÉGENDE DES CENT PIERRES

2018_04_Millevaches.jpgA peu de distance des Oussines et du côté de la plaine du Longeyroux, est un lieu qu'on désigne sous le nom de Cent-Pierres, où gisent encore de nombreux rochers dispersés et recouverts d'ajoncs sauvages ; ils sont l’objet d'une vieille légende que nous tâcherons de reproduire aussi fidèlement que possible, dans ses termes et dans son esprit...

Jadis, c’était au plus vieux temps, vivait dans un château peu distant des Cent- Pierres, tout près du Longeyroux, un très puissant seigneur, dont les immenses possessions faisaient l'envie des autres.

Nul plus que lui n’avait d’orgueil !

Il aimait la richesse, il refusait l'aumône, sans souci de son âme, et n'avait qu'un désir : étendre au loin la limite de ses domaines, et, du regard, contempler ses trésors.

Traités par lui comme bêtes de somme, serviteurs et vassaux fuyaient ses terres, préférant la vie errante aux douleurs qu'il fallait supporter en vivant de son pain : Il était redouté, et partout on disait à voix basse que sa demeure était un lieu maudit où, durant ses loisirs, Satan venait se reposer.

Le fait, d'ailleurs, était plausible, car tous les soirs, quand le soleil tombait, un peu avant la nuit, le château, les grands arbres, noyés dans la lumière, se couvraient d'une teinte de feu. Des vitraux s'échappaient mille éclairs. La clôture des cours, en pierres dentelées, prenait un ton fauve et rougeâtre, et les eaux de l'étang du Diable, source immonde et impure, ve2018 04 Champ de pierres_1.jpgnaient seules jaillir en face du manoir.

En ce lieu, tout était mystère. Un jour, deux mendiants étrangers, et qu'au pays personne n’avait vus, s'approchèrent de cette demeure en demandant un gîte, un abri dans l'établie pour reposer leur pauvre corps. « Qu'ils s'éloignent, qu'ils marchent, répondit le vieux châtelain, le jour est haut, et le ciel bleu, l'étoile sera belle ! »

Bientôt le soleil disparaît et l'on voit de sombres nuages envelopper la plaine où paissent les vaches du seigneur.

Un valet empressé vient lui dire :
« Maître, l'orage approche, il mugit sans éclats de tonnerre, voulez-vous qu'on ramène à l’étable vos immenses troupeaux que la tempête peut disperser ?
« Que m'importe l'orage, répond l'orgueilleux insensé, je suis le maître ici ! Laisse vaguer mes veaux et mes génisses sans souci des voisins, la nuée passera. »

Soudain de longs serpents de feu se déroulent dans l'air et déchirent le ciel, le vent courbe les arbres, c'est la tempête sèche sans l'ondée bienfaisante, comme serait un lièvre sans sueur.

Elle brise, elle gronde, elle court jusqu’au fond des vallées, pour rebondir sur la croupe des monts, et les mugissements des vaches du seigneur dominent seuls le bruit de la tempête.

Quand vint le calme, de nombreux serviteurs parcoururent la plaine, en quête du troupeau, mais au lieu de cent vaches, ils trouvèrent cent pierres. »

D’après Treich-Laplene - Bibliothèque du Patrimoine de Clermont Auvergne Métropole – Collection d’Henri Pourrat - Cote HP 86 13 2

Avril 2018



 15 - L’ORIGINE DES TAUPES

2018_04_Taupe.jpg « Aux environs d’Ambert, on raconte que quand Dieu
eut créé l’homme, il fut si content de son œuvre qu’il se tourna vers le diable en lui disant :
« Fais-en autant ».Le diable se mit à l’œuvre, et il travailla longtemps ; il ne put réussir qu’à faire une taupe et à lui donner des pattes qui ressemblent à de petites mains.

C’est parce que les taupes sont l’œuvre du diable qu’on les tue volontiers »

Conté par le Docteur Paulin -Littérature orale de l'Auvergne par Paul Sébillot - Éditeur : G.P. Maisonneuve et Larose (Paris) - Date d'édition : 1898

Avril 2018



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 16 - LES OBSÈQUES DE GASPARD II, SEIGNEUR DE POINSAC

2018 03 De Poinsac_1.jpg
« Gaspard II, seigneur de Poinsac, mourut le 21 janvier 1636, et fut inhumé au Puy dans l'église de Saint-Pierre-le-Monastier, dans un caveau placé au-devant du maître-autel et qu'il avait fait faire.

Ses obsèques eurent lieu en grande pompe : outre ses parents, serviteurs, amis et officiers de sa maison, tous les prêtres de la ville du Puy; ceux des paroisses de Coubon, Saint-Germain et Lantriac ; les chanoines de la cathédrale, les religieux des couvents des Carmes, des Jacobins et des Cordeliers avaient été convoqués, ainsi que tous les emphytéotes et hommes justiciables des seigneuries de Poinsac, Servissas, Saint-Germain, etc.

Quarante-huit pauvres, vêtus d'une robe et d'un bonnet aux frais de l'héritier universel du défunt, et portant chacun à la main une torché ardente, accompagnaient aussi le funèbre cortège.

Cette cérémonie, dont le développement ne manquait pas de grandeur, fut renouvelée, dans le même ordre, le lendemain.

D’après F. Fertiault - Revue des traditions populaires - Auteur : Musée de l'homme (Paris) - Éditeur : Société des traditions populaires au Musée d'ethnographie du Trocadéro (Paris) - Date d'édition : août 1893

Mars 2018



 17 - LA MAISON HANTÉE DE FOURNOLS

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« Depuis quelques temps, quatre à cinq semaines environ, le bureau de poste de Fournols est le théâtre de phénomènes étranges qui ont fini par provoquer la panique dans le personnel des postes et parmi les habitants du quartier.

Il y a cinq semaines environ, Mademoiselle la Receveuse entendit dans son bureau et dans les appartements voisins une espèce de ronflement qui rappelait vaguement le bruit lointain d’un avion.

Tout d’abord, elle n’y attacha pas d’importance. Mais avec le temps, le bruit augmenta en durée et en intensité et atteignit, certaines nuits, un diapason inquiétant. C’était la nuit du Mardi-Gras : le bruit devint si intense qu’il lui sembla qu’un moteur électrique ou à pétrole marchait dans l’appartement situé à l’étage inférieur.

Prise d’une panique folle, elle alla demander du secours chez les voisins.

Ses appels furent écoutés par quelques citoyens de bonne volonté qui se rendirent dans le bureau et là furent témoins d’un charivari colossal qui n’avait rien d’extraordinaire un jour de Mardi-Gras. Mais les auteurs du concert restaient dans la coulisse : ils étaient invisibles.

Pour la compréhension de ce récit, je dois donner quelques détails sur la disposition des lieux.
L’hôtel des postes est situé au centre du bourg, à quarante mètres de l’église.Cette maison appartenait à M. le docteur Pourtier, de Manzat, qui l’a vendue il y a un an au boucher de Fournols. Le rez-de-chaussée est inhabité.
L’étage occupé par la poste est au premier du côté du midi et au rez-de-chaussée côté nord.
En présence de cet état de choses les citoyens qui étaient intervenus allèrent quérir le propriétaire de l'immeuble et le sommèrent de venir ouvrir les portes de ses appartements pour connaître la cause de ce vacarme.

Celui-ci s'exécuta sur le champ, il se rendit au bureau, où il entendit comme les autres le concert carnavalesque laïc et gratuit dont profilaient ses auditeurs.

Les appartements du rez-de-chaussée furent ouverts et fouillés avec soin : on n'y découvrit aucun personnage suspect, on n'y trouva pas davantage de moteur mécanique, de scie mécanique , ni de perforateur, enfin aucun instrument de musique, orgue de barbarie, vielle moyenâgeuse pouvant rendre compte de l'infernal concert qui continuait toujours. Enfin, malgré l’étrangeté des faits, tous ceux qui en étaient témoins furent d'avis qu'il n'y avait pas lieu d'incriminer dans cette affaire l'intervention du suppôt de messire Satanas , qui est connu dans la mythologie Fournolaise sous le nom de « Letien ».

Toujours est-il que les citoyens de bonne volonté qui consentirent à monter la garde furent tenus en éveil par cette musique jusqu'à cinq heures du matin, où tout rentra dans le silence comme par enchantement.

Maintenant, quelle est la cause de ce phénomène étrange ? Je n'ai pas besoin de vous dire que les hypothèses les plus étranges et les plus burlesques ont été émises à ce sujet. Certains ont voulu voir une relation entre ce concert et les pérégrinations de certains noctambules qui se reproduisaient régulièrement à une certaine heure de la nuit. Mais ces promenades ont cessé avec la neige et l'abaissement de la température.D'autres ont attribué tout ce tapage à la traction exercée par le froid sur les fils télégraphiques et téléphoniques. Mais les bureaux du voisinage, dont l'altitude et le climat sont les mêmes qu’'à Fournols ont été alertés et rien de semblable n'v a été signalé II me semble qu’il ne reste plus d'hypothèse plausible que celle de phénomènes électriques occasionnés par induction dans les appareils télégraphiques, phénomènes qui se produisent en temps d'orages ou tels que ceux qui occasionnent les aurores boréales. Il serait à souhaiter que des ingénieurs télégraphistes soient désignés pour venir étudier les faits sur place et donner la clé de cette énigme. »

D’après L’Avenir du Plateau Central - Edition du 18 avril 1929 .

Mars 2018



 18 - CROYANCES ET SUPERSTITIONS DE BASSE AUVERGNE

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  • Jambe : On met la main sur l'épaule de la jeune fille, et avec le genou, on lui presse le jarret; si elle cède, elle n'est pas encore bonne à marier.

  • Joue : La fossette est le trou du rire, le nid à baisers.

  • Oreilles :
    • Pour savoir si une femme a bon caractère, on lui tâte le lobe de l'oreille; s'il est gras et mou, elle sera pacifique; s'il est dur, on croit qu'elle sera de mauvaise humeur. Le trou de la pendeloque, même s'il fend par la pesanteur de la boucle, passe pour indiquer un défaut.
    • Oreilles grandes et écartées et la stupidité ; si l'oreille droite tinte, le signe est bon ; si c'est la gauche, il est mauvais.

  • Dents : Celles qui tombent doivent être enterrées dans le cimetière.

  • Cou : Le petit creux près du cou s'appelle bénitier; c'est lui qui suivant la même image, s'appelle : salière.

  • Doigts : Si le même doigt craque deux fois, votre amoureux vous jouera un mauvais tour.

  • Nez : Si le nez démange on aura des nouvelles. Si le nez démange, on recevra de l'argent ou de bonnes nouvelles.

  • Yeux :
    • Les yeux à reflets marquent la fausseté.
    • Les yeux gris, ou yeux de chat, sont regardés comme indiquant un penchant à la tromperie.
    • Si un enfant a les yeux ouverts en naissant, il deviendra un homme remarquable.
    • Ceux qui ont les yeux d'un bleu verdâtre prédisent le temps : la couleur change suivant qu'il fera beau ou vilain.

  • Sourcils : Se rejoignant, signe de méchanceté.

  • Ombre :
    • Il ne faut pas marcher sur l'ombre de quelqu'un.
    • D'une personne qui n'a pas de chance, on dit qu'il a couru après son ombre.
    • Si on se regarde dans une fontaine ou dans un ruisseau, le diable est derrière.
    • Lorsqu'au moment où l'on regarde son image dans l'eau, un poisson saute, si l'eau est ridée par une cause quelconque, c'est un présage de malheur.

  • Cheveux :
    • Lorsqu'une femme communie, elle doit se peigner la veille avant minuit.
    • Si un cheveu arraché se frise malgré tout, son propriétaire est méchant.

  • Pied : Il y a des gens qui, en posant le pied sur le seuil, portent malheur à la maison.

  • Croissance :
    • Enjamber le berceau d'un enfant lui porte malheur.
    • Si on pèse un enfant, il ne grandit plus.

  • Borgne : Mauvais présage, surtout si l'on passe du côté où l'oeil est atrophié.

    D’après le Docteur Pommerol - Revue des traditions populaires - Auteur : Société des traditions populaires (Paris)- Éditeur : Société des traditions populaires au Musée d'ethnographie du Trocadéro (Paris) - Date d'édition : janvier 1904.

    Mars 2018



 19 - LA REINE MANGEUSE D'ENFANTS

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La reine Margot passait pour manger les enfants. Un jour qu'elle parcourait en carrosse la route de Besse en-Chandesse, où elle a un hôtel, à Murol, elle entendit une vache qui mugissait plaintivement, et elle s'informa auprès des dames de sa suite de ce qui causait la douleur de cette bête. On lui répondit :
« On vient d'enlever à la vache son veau... »

La reine interrogea sa conscience, réfléchit, puis ordonna de prendre soin de la vache. Arrivée au château de Murol, elle choisit au pied du mur d'enceinte un endroit pierreux et y fit planter un sapin en disant : « Si l'arbre croît, Dieu me pardonnera mes crimes ; s'il dépérit, je serai damnée ! » Le sapin est resté tel quel.

D’après La Revue des traditions populaires - Éditeur : Société des traditions populaires (Paris) - Date d'édition : octobre 1906.

Mars 2018>



 20 - LA LĖGENDE DE SAINT DOMINIQUE À MURAT

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« Sur la route de Saint Jacques de Compostelle, Saint Dominique, injustement accusé de vol, fut pendu à La Calzada.

Or, son père averti en songe, reçut ordre d'aller le chercher alors que Dominique était encore vivant.

Le malheureux se mit en route et arriva à La Calzada un jour où les autorités étaient en banquet. On se gaussa de lui car son fils était pendu depuis plus d'un mois. Le vieillard insista :
« Dominique était vivant comme le coq rôti qui était sur la table ».
Le coq rôti, aussitôt s'envola. Émus par ce prodige, les convives se levèrent de table. En hâte, on courut au gibet. Dominique était bien là, vivant et bien portant.

Dans l'Église de Murat, un tableau de l'École espagnole du XVIIème siècle retrace cet épisode.

Dans ce tableau offert sans doute par un émigrant, on retrouve les grands faits de cette légende : l'arrestation de saint Dominique, le banquet et la résurrection du coq, les fourches et le pendu réconforté par un ange... »

D’après Traditions, légendes, contes mystérieux d'Auvergne

Mars 2018



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