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Commencée il y a une quinzaine d’années, cette généalogie réunit plus de 30 000 individus.

Mes recherches relèvent de la tradition généalogique (documents familiaux, Mairies, Archives Départementales) et se sont complétées au fil du temps par les réseaux  que sont les cousinages, les forums, les membres de Geneanet,  les  échanges fructueux avec d’autres passionnés et de façon non négligeable que sont  les sites  privés ou  détenus par les associations.

A l’instant,  la machine à remonter le temps est placée  au niveau de « Berthe Au Grand Pied » et à Pépin Le Bref  non sans avoir cité  Rollon Ier de Normandie qui nous vient du peuple viking.

Cette généalogie est complétée par des apartés thématiques liés au contenu de ma chronique familiale.

Que soient remerciés, ici, celles et ceux qui m'aident dans la réalisation de cet Arbre Généalogique, ils sont cités dans mes sources.

 Chronique familiale



 ARVANT - DES ORIGINES AUX ANNÉES 1920 ©






Familles, Cheminots, Commerçants et tous les autres métiers à Arvant, CLIQUEZ !




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Sommaire

 1 - ARVANT

Situé sur le territoire de la commune de Bournoncle Saint Pierre dans le nord-ouest département de la Haute-Loire, Arvant est un bourg de 600 âmes qui est situé en bordure de la R.N 102 qui relie Lempdes sur Alagnon à Brioude.
Ses origines sont dues au développement du chemin de fer dans le Massif Central, sa gare de correspondance entre les réseaux du Paris-Orléans (P.O) et du Paris-Lyon à Marseille (P.L.M) a joué manifestement un rôle prépondérant dans l’activité économique à partir de la deuxième partie du 19e siècle.

L’activité ferroviaire a d’abord baissé d’activité en 1938 lors de la création de la S. N.C.F, suivi de la fermeture du dépôt du P.O, puis en 1958 lors de la cessation de l’activité « triage des wagons » qui était liée à l’exploitation des différents puits de mines de charbon du Bassin de Brassac.


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. . . Vue aérienne du bourg d'Arvant dans les années 1950 . . . . . moins de 100 ans auparavant le lieu d'Arvant n'existe pas . . .



Emplacement prévu initialement au Saut du Loup (près d’Auzat dans le Puy de Dôme) mais jugé trop exigu pour une gare préjugée importante, Arvant n’est même pas un hameau lorsque le rail l’atteint le 8 mai 1856.

C’est un simple lieu dit en bordure de la Route n°102 (qui relie Lempdes à Brioude) près du pont où cette route franchit le ruisseau de La Leuge.

La délimitation des emprises du chemin de fer a été telle que les installations de la gare sont placées, non seulement sur le territoire de la commune de Bournoncle, mais aussi sur celui des communes de Vergongheon et de Lempdes.
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 1.1 - L’ORIGINE DU MOT « ARVANT »

Selon l’archéologue Grasset d’Orcet né à Aurillac le 6 juin 1828 et décédé le 2 décembre 1900 à Cusset, ce qui deviendra Arvant appartenait à l’ancien pays de « Helves » dont une frontière se trouvait à « Helve » ou « Arvan » qui veut dire « rouge » ou « couleur de renard ».
Sur le lieu d’Arvant se trouve des collines d’argile rouge sur lesquelles s’installeront briqueteries et tuileries dont les produits seront utilisés pour la construction des maisons du lieu.

 2 - LES HOMMES

 2.1 - LES 40 PIONNIERS RECENSÉS EN 1856 (Section de Bournoncle)



40 habitants - 3 maisons d'habitation - 7 familles - 8 personnes vivant seules


Logement du Chef de Gare
Florentin Augustin Chef de Gare 33 ans
Barbois Denise Germaine Épouse Florentin 27 ans
Florentin Georges Fils du couple 9 ans

Auberge - Restaurant - Logement du personnel de la Compagnie
Chouzy Henri Chef du Café Restaurant
Charpentier
23 ans
Touchebeuf Marguerite Aubergiste
Épouse Chouzi
25 ans
Chouzy Marie Fille du couple 2 ans
Touchebeuf Jacques Père de Marguerite 50 ans
Chaussat Marie Épouse Touchebeuf Jacques 46 ans
Touchebeuf Antoine Garçon de Café 24 ans
Baume Jean Philippe Aubergiste 40 ans
Charrier Louise Épouse Baume 40 ans
Baume Elisabeth Fille du couple 17 ans
Baume Delphine Fille du couple 12 ans
Baume Durand Fils du couple 6 ans
Baume Antoine Fils du couple Un an
Bougarel Eugène Employé du télégraphe 23 ans
Bard Jean Homme d'Equipe 29 ans
Sasy N.. Épouse Bard 20 ans
Maugue Henri Facteur aux marchandises 28 ans
Albanel Pierre Dizain Sous-Chef de Gare 36 ans
Ogier Jean Employé Principal aux marchandises 37 ans
Gauthier Joseph Conducteur-Chef 30 ans
Le Comte de Saint Priest Garde-frein 30 ans
Eclache N.. Chef de Train 30 ans
Croissard N.. Serre-frein 26 ans
Vivard-Sanvoisin Conducteur-Chef 32 ans

Autre bâtiment d'habitation
Velay Jean Terrassier 36 ans
Thomazet N... Épouse Velay 36 ans
Velay Léon Fils du couple 8 ans
Velay Benoît Fils du couple 5 ans
Velay Amélie Fille du couple 3 ans
Fouquet Renay Chef d'Equipe 41 ans
Gaillard Jeanne Épouse Fouquet 41 ans
Fouquet Marie Fille du couple 20 ans
Fouquet Antoine Fils du couple 18 ans
Pascal Charles (fils) « Premier » des messageries 45 ans
Maricot Marie Épouse Pascal (fils) 50 ans
Pascal Charles (Père) Père de Pascal Charles (fils) 68 ans
Pascal Adeline Epouse de Pascal Charles (père) 70 ans
Mezet Claudine Domestique famille Pascal 20 ans


(Source : Recensement de Bournoncle en 1856)


SOMMAIRE DE LA CHRONIQUE


 2.2 - LES PREMIÈRES NAISSANCES:

- 29 janvier 1856 : Marie AMOUROUX fille d’un forgeron (Section de Vergongheon).
- 22 février 1856 : Marie MAINGONNAT fille d’un maçon. (Section de Vergongheon).
- 18 août 1856 : Mélina MARTIN fille d’un mécanicien. (Section de Vergongheon).
- 28 septembre 1856 : Florentine PRADON fille d’un employé de la gare. (Section de Vergongheon).
- 6 octobre 1856 : Antoine CHOUZY fils d’un charpentier et d’une mère aubergiste. (Section de Vergongheon).
- 11 octobre 1856 : Louis COSSE fils d’un Chef d’Equipe (Section de Bournoncle).
- 19 novembre 1856 : Charles GEOFFROY fils d'un mécanicien (Section de Bournoncle).
- 4 janvier 1857 : Antoine DEMAS fils d’un tailleur de pierre et d’une mère aubergiste. (Section de Bournoncle).
- 25 janvier 1857 : Jeanne RYNY fille d’un Chef d’Equipe. (Section de Bournoncle).
- 12 avril 1857 : Jean Léon JERKENS fils d’un Chef d’Equipe. (Section de Bournoncle).
- 19 janvier 1858 : Léon Louis AUGIER fils du Chef de Gare. (section de Vergongheon).
- 3 mars 1858 : Jules LETHUAIRE fils d’un aubergiste, cultivateur et cordonnier. (Section de Bournoncle).
- 26 mars 1858 : Antoine CHOUZY fils d’un charpentier et d’une mère aubergiste. (Section de Vergongheon).

Les premières naissances sur la section de Lempdes n’auront lieu qu’après 1891, lors l’extension du Bourg d’Arvant sur le territoire cette commune.


(Sources : Registres d’état civil de Bournoncle Saint Pierre, Vergongheon et Lempdes - Le Chemin de Fer dans le Massif Central par H. Caralp-Landon.)


SOMMAIRE DE LA CHRONIQUE


 2.3 - LA POPULATION D’ARVANT EN 1861

On recense 48 habitants cette année là répartis dans 8 maisons et limités aux employés du chemin de fer et deux aubergistes.
Cinq ans après la situation démographique n’a pas évoluée puisque la voie ferrée prévue jusqu’à Aurillac n’est toujours pas ouverte.
Les commerçants ne sont pas pressés de s’installer dans cette cuvette particulièrement malsaine par la présence d’une sablière exploitée lors de la construction de la ligne, remplie d’eau et dans laquelle on fait rouir le chanvre.

(Source: Un problème de population dans le Massif Central : les agglomérations ferroviaires par R. Caralp Revue de géographie de Lyon, Année 1959, Volume 34, Numéro 3, P 244)


SOMMAIRE DE LA CHRONIQUE


 2.4 - ACHILLE MONTELHET, CHEF DE GARE ET NUMISMATE DE TALENT

Achille MONTELHET est né en 1854 à Olliergues dans le Puy de Dôme. En 1879, il épouse en mairie de Bournoncle Catherine CELLIER fille de Victoire BRUGIERE (Veuve de Jean Antoine CELLIER) qui tient hôtel à Arvant. Au cours de sa carrière à la Compagnie du P.L.M (Paris Lyon à la Méditerranée ) il occupe des postes importants dont celui de Chef de Gare à Arvant. Il termine sa carrière à Clermont-Ferrand en qualité d’Inspecteur Principal des Chemins de Fer.
Passionné de monnaies rares et antiques, il constitue pendant 50 ans une collection de pièces aussi rares que diverses et bien souvent difficiles à trouver.
Posséder ne lui suffisait pas, il désirait connaître et faire connaître. Chaque pièce entrant chez lui fait l'objet d'une étude savante et quand elle prenait place sur ses tablettes ou dans ses vitrines, elle était déterminée, située, cataloguée.
Reconnu par les grands numismates de l’époque, il était devenu l’ami de Ernest BABELON (1854-1924) alors Directeur au Cabinet des Médailles de La Bibliothèque Nationale.
Cette passion remplit la vie modeste mais utile de ce collectionneur qui fait paraître à ses frais deux volumes du Catalogue général du Médaillier du Musée Crozatier. (1912 et 1913 – Editions Ernest LEROUX à Paris)
A l’âge de la retraite, il se retire à Arvant et devient Conservateur de Numismatique et Sigillographie (1) au Musée Crozatier du Puy.
Conscient du trésor scientifique qu’il avait amassé, Achille MONTELHET fait don de sa collection de Monnaies au Musée Crozatier.

(1) Sigillographie : Science auxiliaire de l'histoire, qui a pour objet l'étude des sceaux. (Elle concerne principalement les sceaux du Moyen Âge.)

UN DON CONSIDÉRABLE, 20 000 PIECES DE MONNAIE ANCIENNE

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Sceau de Raimond VII de Toulouse (1243) - Le Musée Crozatier au Puy en Velay - Monnaie romaine à l'effigie de Brutus



Sources :

  • Bulletin historique, scientifique, littéraire, artistique et agricole illustré publié par la Société scientifique et agricole de la Haute-Loire-1929 (T14). Société académique du Puy-en-Velay et de la Haute-Loire - 1911-1995, P.66 et P67
  • Bibliothèque Nationale de France: Journal des Débats Politiques et Littéraires n° 85 du 27 mars 1907
  • Crédit photos: Archives Départementales de Haute-Garonne - Les Naufragés du Net.

 2.5 - JEAN NOTHON ÉTUDIANT MÉRITANT (1879)



Marie Benézit, aubergiste à Arvant et son deuxième époux Léon Chaix, sollicitent auprès du Conseil Général de la Haute Loire l’attribution d’ un quart de bourse pour l'Ecole d'Arts et métiers d'Aix, en faveur de l'élève Jean Nothon, issu d'un premier mariage, et déjà titulaire de 3/4 de bourse à cette école.

Le Préfet régulièrement informé par le Directeur de l’Ecole met en exergue la conduite, l'application et les progrès de cet élève, dûment constatés par les bulletins semestriels.

Le Préfet sollicite l’accord du Conseil Général pour que celui-ci émette un vœu destiné M. le Ministre de l'agriculture et du commerce pour accorder au jeune Nothon le complément de bourse demandé pour l’exercice courant.

Né à Brioude en 1861 quelques mois après le décès de son père, Jean Nothon intègre à 18 ans l’Ecole d’Arts et Métiers d’Aix. Il deviendra Ingénieur Principal des Forges à Fourchambault (Nièvre).

En 1894, sa famille est toujours présente à Arvant. Il est d’ailleurs témoin au mariage de son demi-frère Pierre Léon CHAIX qui épouse en mairie de Vergongheon Louise ASTIER.

(Source : Bibliothèque Nationale de France : Département de la Haute-loire - Conseil général Première session de 1879 - Rapport du préfet, Procès-verbaux des Séances de la commission départementale - Procès-verbaux des délibérations du conseil Editeur : Typographie de Marchessou fils, imprimeurs du département – 1879 )


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SOMMAIRE DE LA CHRONIQUE


 2.6 - PAUL COULET, HOMME D’ÉGLISE ÉRUDIT

Fils d’un cheminot né à Arvant en 1881, Paul COULET fait ses études secondaires au Petit Séminaire du Puy et entre dans la Compagnie de Jésus en 1901 à Rodez.
Il poursuit sa formation hors de France : Belgique, Jersey, Hollande, Cantorbéry. En 1909 et 1910, il étudie à Kalksbourg (Autriche) l’organisation du mouvement social chrétien ce qui le conduit à collaborer aux publications de l’Action populaire.
Nommé Père spirituel au collège de Bordeaux, l’évêché lui confie dès 1920 et jusqu’en 1953 les conférences de carême. Ces mêmes conférences sont répétées dans plus de 20 villes.
Moraliste bien au fait de la doctrine de l’Eglise, il est à l’écoute des problèmes de son temps en développant des thèmes d’ordre social, politique, économique et surtout familial.
Sa clarté, son classicisme et son ouverture associés à ses talents de composition et de diction lui valent une influence dans les "milieux indépendants » de l’entre-deux guerres.

(Source : Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine: Les Jésuites par J.M Mayeur, P. Duclos, Y.M Hilaire P78)

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Rue de l'église et des écoles - Vue générale - La Grand Rue




SOMMAIRE DE LA CHRONIQUE


 2.7 - LOUIS REDON, COMMISSAIRE SPÉCIAL (1900)

Louis REDON, Commissaire spécial à la résidence à Brioude, demeurait à Arvant, sur la partie de territoire appartenant à la commune de Lempdes et située face à la Villa Mézire
Marié en 1900 avec Jeanne Laurence BARSE il eut une fille prénommée Anne Marguerite née en 1901 qu’on appelait familièrement « Mimi » ou parfois « La commissaire ».

Tireur d’élite, il était le Président de « La Patriote » société adhérente à l’Union des Sociétés de Tir en France dont les Présidents d’Honneur ne sont que MM Raymond Poincaré Président de La République et Armand FALLIERES Ancien Président de la République. (1)

« La Patriote », Société de tir et préparation militaire est reconnue par le J.O du 7 septembre 1909.

Ses activités professionnelles le conduisent à diriger à plusieurs opérations de police dont celle qui se déroula à Cubelles en 1906 dans un contexte bien difficile.

La loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l'État prescrivait de faire l'inventaire des objets du culte et du mobilier des églises, avant de les transmettre aux associations cultuelles.
Dans de nombreux endroits (notamment en Bretagne, dans le Massif central et en Flandre), les catholiques, encouragés par leurs prêtres, leurs évêques condamnant la loi, se barricadent dans les églises pour empêcher les agents du fisc de procéder à l'inventaire. Fréquemment, il faut envoyer la troupe pour forcer l'entrée et c’est le cas à Cubelles (2).

La Haute Loire n’échappe pas à ce mouvement où les populations refusent la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et les Préfets sont sommés de procéder à l’inventaire des biens du Clergé. Louis REDON, commissaire spécial, accompagne le Préfet de la Haute-Loire qui veut procéder à l’inventaire des biens de l’église de Champels (Commune de Cubelles).
Malgré le refus du curé et des villageois, dragons, fantassins et gendarmes à pied et à cheval menacent de leurs armes les opposants à cette expédition.
La troupe tente sans succès d’enfoncer les portes de l’église fortifiées de blocs de pierre, de madriers et de herses.
On brise une vitre et Préfet, agent du fisc et Redon pénètrent dans l’église. Cette dernière est remplie de pièges. Le Commissaire s’aventure sur une passerelle par laquelle il veut atteindre le clocher. A peine a-t-il posé pied sur la passerelle qu’un craquement se fait entendre suivi d’un cri de douleur. La planche sciée au milieu et simplement fixée par deux petits clous cède entraînant le Commissaire dans une chute de 4 mètres.
Atteint gravement à la tête, il est soigné par un médecin major puis transporté à la voiture d’ambulance. (2)

Ce fait sera cité en première page du journal La Croix du 24 novembre 1906.

Chroniques associées:

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(Sources :
(1) Bibliothèque Nationale de France : « Le Tir National » du 5 avril 1913 Organe Officiel de l’Union des Sociétés de Tir de France
(2) Bibliothèque Nationale de France : Journal « La Croix » du 24 novembre 1906 n°7255 Les inventaires de 1906 :www.estaires.com/histoire/1905)

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La Villa Mézire à Arvant - Illustration du Journal La Croix du 24 novembre 1906




SOMMAIRE DE LA CHRONIQUE


 3 - L'ACTIVITE FERROVIAIRE, LE BUFFET, LE TELEGRAPHE...

 3.1 - LES PROJETS DE NOUVELLES LIGNES DE CHEMIN DE FER AU DÉPART D’ARVANT



1856 - Trois départs d'Arvant vers Paris
Un train-poste et deux trains mixtes quittent Arvant chaque jour pour Paris. Le voyage s'effectue en une trentaine d'heures.

1874 – Arvant à Pont de Mongon (Ruines dans le département du Cantal) :


La Loi du 23 mars 1874 concède, à titre éventuel, à la Compagnie des Chemins de fer du midi, un ligne qui se détache de celle de Marvejols à Neussargues à Pont de Mongon (situé 7 km avant Saint Flour) pour aboutir à Arvant par Montchamp, Labastide, Beauzire et Saint Géron.
Cette ligne permet à la Compagnie du Midi de bénéficier la plus courte distance entre Paris et la frontière espagnole.
Le 31 décembre 1884, le Journal Officiel promulgue la loi qui proroge la loi du 28 décembre 1882 pour rendre définitive la concession de la ligne à la Compagnie du Midi.
Dans leur séance du 8 juin 1885, les députés adoptent la déclaration d’utilité publique de la ligne.
Malgré les interventions répétées des Conseils Généraux du Cantal, de l'Aveyron, de La Loire, de La Lozère, des députés de la Chambre et des Sénateurs, le service des études du chemin de fer de Mongon à Arvant est supprimé le 16 mai 1887 sur décision du Ministre des Travaux Publics.


1878 - Arvant à Saint Bonnet Le Château:

C’est vœu présenté par le Conseil Général de La Loire qui souhaite intégrer la ligne Arvant à Saint Bonnet le Château dans le projet du chemin de fer de Bordeaux à Lyon par Arvant.
Le dossier ouvert en 1879, et en 1880 porte sur un tracé qui de Brioude, passe par La Chaise-Dieu et Craponne pour rejoindre soit la ligne du Puy à Saint Etienne en gare de Bas-Monistrol, soit la ligne de Montbrison à Saint Just au niveau du Pertuiset.


1880 – Arvant à Montbrison :

Les industriels de Frugères les Mines (Mines du Grosménil), de Mégecoste (Mine et verreries) et de La Combelle (Mines) présentent, pour écouler leur production, la création d’une ligne qui part d’Arvant, dessert Sainte Florine, Le Vernet, Saint Germain l’Herm , Doranges, Dore l’Eglise, Viverols, Saint Anthème et Verrières pour atteindre Montbrison.
Défendu par les Conseils Généraux du Puy de Dôme et de La Loire, ce projet est définitivement rejeté par le Ministère des Travaux Publics en 1882.

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La verrerie de Mégecoste - La mine de Bouxhors




1886 – Arvant à Sembadel :

Le rapport de M. GAUTHIE Ingénieur en Chef propose la réalisation d’une ligne desservant Auzon, Saint Vert pour rejoindre Saint Alyre situé sur la ligne d’Ambert à Darsac, et permettre la jonction avec Sembadel.
Cette ligne est une alternative beaucoup plus économique à la création soit d’une ligne de Brioude à Sembadel par Saint Alyre , soit d’une ligne de Brioude à Sembadel à construire de bout en bout.
Elle écarte aussi un projet de ligne de Massiac à Brioude présenté par le Conseil Général du Cantal en 1882.
En 1911, le Docteur GIGANTE, Conseiller Général d'Auzon, relance à nouveau le projet de ligne d'Arvant à Sembadel par Auzon, tandis que le Docteur DEVINS sollicite la réouverture du projet de ligne Massiac à Sembadel par Brioude.


1901 – Contournement ferroviaire d'Arvant ARVANT CONTOURNEMENT_1.jpg


Après l’achèvement de la ligne de Marvejols à Neussargues, les vins remis par la Compagnie du Midi font l’objet d’un accord de répartition du trafic entre la Compagnie du Paris à Orléans (P.O) et la Compagnie du Paris Lyon à la Méditerranée (P.L.M).

Dès 1893, le P.O demande et obtient la concession de la ligne de Neussargues à Bort pour remettre en cause le partage et augmenter ainsi ses recettes au détriment de son concurrent le P.L.M.

En 1901, le P.L.M , toujours à la recherche de l’itinéraire le plus cours entre Béziers et Paris, relève le défi. Il projette la réalisation d’une ligne qui part de Lempdes en suivant le cours de l’Alagnon et rejoindre la ligne Langeac - Clermont-Ferrand au Saut du Loup.


En 1902, les études ne sont pas concluantes et le projet est abandonné.

En 1906, le P.L.M reçoit la concession de la ligne Brioude-Saint Flour, avec une voie de raccordement destinée à éviter Brioude pour rejoindre Arvant.

Les conditions financières d’obtention de la concession sont défavorables à la Compagnie.
En effet, en 1887, la Compagnie du Midi n’a pas obtenu l’ouverture de la ligne d’Arvant à Pont de Mongon qui lui avait été concédée en 1874. La Compagnie du Midi renonce à cette concession. A ce titre, elle obtient des droits sur les bénéfices de l’exploitation de la ligne Brioude-Saint Flour.





1906 – Arvant à Saint Flour :
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La ligne de Brioude à Saint Flour a été concédée à la Compagnie de Paris à Lyon et à la Méditerranée par la loi du 26 avril 1906. Cette ligne prévoit en particulier un raccordement sur Arvant que la compagnie va provisoirement, puis définitivement renoncer.
Commencé en septembre 1907, la ligne est terminée en mai 1911 pour être livrée à la circulation le 1er juin suivant.
Pour rejoindre la ligne de Brioude à Saint Flour, la ligne de raccordement longe depuis Arvant la ligne d’Arvant à Nîmes, se détache au niveau de Laroche (Station de Laroche-Faugère), passe sous le Pouget et atteind la ligne principale en dessous de Saint Beauzire.
Cette ligne a été construite avec sa plate forme complète, ses ponts, ses maisons de garde des passages à niveau, mais la pose de la voie ferrée n’a jamais aboutie.

La ligne de Brioude à Saint Flour est ouverte au service des voyageurs jusqu' à la veille du deuxième conflit mondial. Par cette ligne transitent les trains express Paris – Béziers via Saint Flour.
Les gares desservies sont:

  • Beaumont-Lauriat
  • Saint Beauzire - La Chomette
  • Talairat
  • Cournil
  • La Chapelle Laurent
  • Saint Poncy
  • Vieillespesse - Lastic
  • Chabrillac
  • Coren les Eaux

Les jours de foires et marchés à Saint Flour, l’express Paris - Saint Flour - Béziers avait un arrêt à Talairat et Chabrillac.
Les jours de foires et marchés à Brioude, un train omnibus était mis en marche au départ de Brioude.

A l'ouverture de la ligne, les élus départementaux demandent la construction d'un Buffet en gare de Brioude et renouvellent le voeu de 1909 à savoir le doublement de la voie entre Arvant et Brioude.

Mais en 1941, la partie comprise entre Saint Flour et La Chapelle Laurent est déferrée. Les rails sont expédiés en Afrique du Nord et servent à la constuction du chemin de fer de Bou-Arfa à Colomb Béchar et Khénifa.
La partie comprise entre La Chapelle-Laurent et Brioude est maintenue ouverte au service des marchandises, et plus particulièrement pour le trafic du bois, jusqu’en 1953.
De La Chapelle- Laurent , sont expédiés des bois à brûler vers l’Italie, des bois de mines à destination de Brassac, de Saint Etienne et même de Neunkirchen en Allemagne.
A partir de 1953, les acheminements se font par route jusqu’à la gare de Brioude. C’est l’ entreprise Nicolas de Brioude qui affecte son second camion à cette activité qui va perdurer jusque dans les années 1960.

Train d'essais du frein automatique sur la ligne Brioude - Saint-Flour
Crédit photo : L’Auvergne vue par Papou Poustache

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Retenue par son profil difficile avec des déclivités dépassant 30 mm par mètre, c’est sur cette ligne, qu’en 1925, la compagnie Westinghouse procède aux essais du frein automatique des trains de marchandises. Au cours des essais, une rame de 72 wagons est freinée à l’aide du frein automatique sur une pente de 33 mm par mètre.
La validité de ces essais entraîne l’équipement en frein continu, pendant la période de 1928 à 1935, de tous les wagons des différents réseaux. Ainsi disparaissent les personnels affectés au freinage des trains. Plus ou moins nombreux selon l’importance des pentes et des rampes, les métiers de « conducteur » et de « wagonnier » appelés parfois « serre-frein » passent au rang de souvenirs.
En 1926, la section de Clermont-Ferrand compte 532 agents de trains pour ses lignes de montagne répartis dans 11 résidences dont Arvant, Brioude, Langeac (avec 98 agents) et Saint Flour.
Après la modernisation du parc de wagons, la même section compte 167 agents répartis en seulement 6 résidences dont Arvant et Langeac (54 agents).

Source: Les Chemins de fer dans le Massif Central - Études des voies ferrées régionales par R. CARALP-LANDON - 1959 - Librairie Armand Colin- pages: 89, 97, 98, 388,389



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1909 - Construction d’une deuxième voie entre Arvant et Brioude - Construction d’un chemin de fer de Dunières à Arvant.

Dans sa séance du 21 avril 1909, par la voix des Docteurs DEVINS et GUIGNABERT Conseillers Généraux, le Conseil Général de la Haute- Loire émet le vœu que soit construite une deuxième voie entre les gares d’Arvant et de Brioude.
Cette demande, qui restera sans suite, est transmise à M. Le Ministre des Travaux Publics.

Lors de la même séance, le Conseil Général souhaite la construction d’une ligne qui partant de Dunières rejoindrait tout d’abord Usson, puis Beauzac et Saint Pal en Chalencon et qui se prolongerait jusqu’à Arvant ou Brioude




Documention:
- Bibliothèque Nationale de France: Département de la Haute-Loire – Conseil Général – Première session de 1909 – Rapport du Préfet – Procès verbaux des séances de la commission départementale et procès verbaux des délibérations du conseil – Le Puy Imprimerie Peyriller et Gamon Imprimeur du Département 23, Boulevard Carnot 1909
- Les Chemins de Fer dans le Massif Central – Etude des voies ferrées régionales – R. Caralp-Landon 1959 – Librairie Armand Colin - Pages 291 et 293.
- Les Chemins de Fer dans le Massif Central – Etude des voies ferrées régionales – R. Caralp-Landon 1959 – Librairie Armand Colin - Pages 43 à 45.

 3.2 - DE LOURDS INVESTISSEMENTS DÉCIDÉS AU NIVEAU DE L’ÉTAT

  • 10 mai 1869 : Projet d’agrandissement de la gare d’Arvant – devis 295 000 francs (équivalent 1 million d’euros)

  • 25 août 1871 : Projet d’une nouvelle voie et de plaques tournantes – devis 28 000 francs (équivalent 100 000 euros)
    (Sources : Bulletin annoté des lois et décrets publié par Société anonyme des publications périodiques de l'imprimerie Paul Dupont (Paris) – Années 1870 et 1872

 3.3 - LE BUFFET DE LA GARE (1870)

Il est vraisemblable que la mise en service de la ligne d’Arvant à Aurillac en 1869 est suivie de l'ouverture du Buffet de la Gare.
Construit sur le territoire des communes de Vergongheon (Canton d’Auzon) et de Bournoncle (Canton de Brioude), cette structure paye un huitième de ses impôts à la Perception de Brioude pour la portion de terrain occupée sur cette dernière commune.

Se sont succédés à la tête du Buffet :

  • François BIGORGNE devient buffetier jusqu’à son décès en 1880. .
  • Alphonse BROS, chef de cuisine en 1898 et son épouse Eugénie DESCOURANT leur succèdent . En 1912, candidat malheureux aux élections municipales, Alphonse BROS dirige le buffet. .
  • En 1921, le buffet est dirigé par Emmanuel Desneut né en 1877 à Saint Germain des Fossés et de son épouse Adélaïde.
    Parmi le personnel , on relève Emma Mazelet originaire de Lamontgie, Louise Raoul d’Espinchal , Antoinette Fournier d’Alleyras serveuses . Auguste Raoul est cuisinier tandis d’Edmond Pressat occupe la fonction de garçon de café.





Les Alsaciens et les Lorrains à Arvant à partir de 1870

La famille BIGORGNE est originaire de Void dans la Meuse où l’on retrouve des ancêtres jusqu’au début du 18e siècle. Il ne s’agit pas d’un cas isolé. A la suite de la guerre de 1870 où l’Alsace-Lorraine devient province allemande, parmi le personnel de la gare on relève, en 1872, 6 cheminots originaires de cette région sur un effectif de 49 agents.



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Personnel de la gare et du buffet

Sources :

  • Registres d’état civil de Bournoncle Saint Pierre et Vergongheon.
  • Monographie Paroissiale de Bournoncle Saint Pierre et La Roche (1908) établie par le Antonin Lavialle Ancien curé de Bournoncle Saint Pierre,
  • Les Chemins de fer dans le Massif Central – Etudes des Voies ferrées régionales – par R. Caralp- Landon – 1959 – Librairie Armand Collin – page 396.
  • Archives Départementales de la Haute-Loire – Vergongheon – Recensement 1921 – Cote du document 6M296.


    SOMMAIRE DE LA CHRONIQUE

 3.4 - DEMANDE DE CRÉATION D’UNE STATION DE CHEMIN DE FER À LAROCHE (1872)

LAROCHE.jpgVoeu de M. de Saint-Ferréol, Conseiller Général de Brioude, relatif à la création d’une station à Laroche, commune de Bournoncle, arrondissement de Brioude.

Ce voeu est conçu dans les termes suivants :

« Nous avons l'honneur de demander au Conseil général d'émettre un voeu pour la création d'une station à Laroche, commune de Bournoncle, arrondissement de Brioude, entre Arvant et Brioude.

Le Grand-Central avait promis une station à Laroche. Les propriétaires, par cette considération, ont cédé lés terrains nécessaires à des prix inférieurs à leur valeur.

Sur ce point, il y a déjà un garde-barrière ; la voie n'offre aucune pente sensible; les arrêts sont faciles ; la station est à moitié chemin entre Arvant et Brioude, (à 5 kilomètres ou 6 de ces stations). Elle servirait au transport des chaux de la commune de Bournoncle, et des céréales des communes voisines, et se trouverait au débouché de la route de grande communication de Brioude à Ardes.

Comme à Arvant, les trains s'arrêtent longtemps à cause du passage des trains du Cantal et de la Haute-Loire qui échangent leurs voyageurs et marchandises, une halte de quelques minutes à la station de Laroche n'amènerait aucun dérangement dans les heures du passage des trains. Le conseil d'arrondissement a demandé aussi cette station. »


Déception en 1874, où le Conseil Général exprime le regret que la compagnie du P.L.M se dégage des promesses de la compagnie du Grand Central.

En 1880, la demande est réitérée pour que les trains s’arrêtent à Laroche les jours de foires et marchés à Brioude.

Finalement la station de Laroche-Faugère est ouverte au service des voyageurs sans bagage et au transport des chiens avec billets à partir 20 juillet 1896. (J.O du 17 juillet 1896)

Dès 1913 puis 1914, le Docteur DEVINS Conseiller Général demande la construction de deux chemins pour desservir la station de Laroche-Faugères , un depuis Bard et l’autre depuis Le Pouget situé sur la commune de Beaumont.

En 1911, la gare est dirigée par un Chef de Station. A contrario des gares qui sont ouvertes dans de larges amplitudes, la station n’est ouverte au service que pendant les périodes de temps indiquées par affichage.
La gare est
« ouverte seulement au service des voyageurs, bagages, chiens et articles de messagerie, y compris les denrées, finances et valeurs dont le poids n’excède pas 100 kilogrammes par expédition, les expéditeurs et destinataires étant tenus d’aider à la manutention des colis ».
Le service des marchandises complet de la petite vitesse est assuré , « à l'exclusion des chevaux chargés dans des wagons-écuries ouvrant en bout, et dos voitures à 4 roues à 2 fonds et à 2 banquettes dans l'intérieur, omnibus, diligences, etc ».



Horaires des trains à Laroche-Faugères au 15 avril 1915
Ces services pourront être modifiés et même suspendus si les nécessités militaires viennent à l’exiger.



  • Entre Arvant et Brioude :
    • 10h05 par le train Clermont Ferrand – Nîmes, ce train relève à Clermont Ferrand la correspondance de l’Express de Paris,
    • 14h44 par le train Clermont-Ferrand – Langeac
    • 23h35 par le train Arvant- Alès. Ce train relève à Arvant la correspondance d’un train en provenance de Clermont-Ferrand (Paris).
  • Entre Brioude et Arvant :
    • 13h09 par le train Alès- Clermont Ferrand (Arrivée 17h01). Après avoir stationné à Arvant de 13h17 à 14h58, ce train assure à Clermont Ferrand, la correspondance de l’Express sur Paris.
    • 20h09 par le train Alès – Clermont Ferrand
    • 1h06 par le train Nîmes – Clermont Ferrand (Arrivée : 5h01) Ce train stationne à Arvant de 1h14 à 2h58.



Indépendant de Brioude n° 15 du 3 avril 1869
Rubrique « QUESTIONS LOCALES »


« Le voyageur qui monte en wagon à la gare de Brioude, en prenant la direction de Clermont-Ferrand, ne manque jamais de remarquer que le convoi chemine pendant environ une demi-heure avec une lenteur désespérante.
Durant ce long trajet, on ne trouve aucune station, c’est à croire que le pays que l’on traverse est complètement pauvre et inhabité. Cependant on rencontre à chaque pas des villages qui, par la blancheur de leurs maisons neuves, pour la plus part, témoignent l’aisance de leurs habitants, Paulhac, Beaumont, Bournoncle Saint Julien, Bournoncle Saint Pierre, Laroche, Bard, Saint Girons, etc.
Comment, ce pays si riche par la production agricole et même industrielle n’a-t-il pas une station, et est-il obligé de transporter à Brioude ou à Arvant ses grains, ses vins, ses chaux, dont on exporte une grande quantité à Saint Flour et dans tout le Cantal ? Cet état de choses est d’autant plus surprenant, qu’au pied de la vieille tour démantelée du château de Laroche, on remarque une assez vaste étendue de terrains, comprise dans l’enceinte de la voie.
La Compagnie du Grand-Central avait acheté ses terrains pour y établir une gare. Depuis quinze ans les terrains sont achetés et la gare n’est pas encore ouverte. La Compagnie de Lyon a repoussé toutes les demandes qui lui ont été adressées, et cependant l’emplacement de la gare de Laroche avait été bien choisi au point de jonction de la route de Brioude à Ardes et des chemins qui conduisent à la Montagne.
Pourquoi la gare de Laroche n’a-t-elle pas été faite ?
Parce qu’il fallait créer à Arvant un centre industriel important, - on rêvait pour ce lieu désert les brillantes destinées de Creil, cette petite ville devenue, grâce à la bifurcation de deux lignes du Nord, un vaste marché, - parce que de hautes influences faisaient dépenser des sommes considérables à créer une gare, où nul voyageur ne monte aujourd’hui, où nul ne descend ! Parce qu’il y avait autour un puits de recherches, dont les actions jouissent, aujourd’hui, sur les rives de l’Allier d’une célébrité égale à celle des actions de la banque de Law !
Cela se passait en 1854, trois ans après ce que l’on était convenu d’appeler le rétablissement de l’ordre. Cela a duré quinze ans.
Croit-on que maintenant le moment ne serait pas venu d’établir une gare à Laroche ? Cette partie du département est une des parties les plus riches, une de celles qui ont le plus grand avenir. Nous demandons que l’on étudie le projet, et nous aurons l’occasion d’y revenir »





Sources :

  • L'Indépendant de Brioude : Collection privée E. Chanteloube
  • Bibliothèque Nationale de France:
    • Département de La Haute-Loire - Conseil Général - Deuxième Session de 1872 - Rapport du Préfet et Annexes - Rapport de La Commission Départementale - Procès-Verbaux des délibérations - LE PUY - Typographie M.P. Marchessou, Imprimeur de la Préfecture -19 août 1872
    • Livret CHAIX , Chemins de Fer de Paris-Lyon à la Méditerranée – Librairie Chaix - 20 , rue Bergère Paris IXe
    • Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée – Nomenclature des gares, stations et haltes - 1911



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 3.5 - EXTENSION ET MODERNISATION DES INSTALLATIONS FERROVIAIRES (1877)

  • Alors que la Compagnie du Paris Orléans (P.O) dispose de son dépôt de locomotives depuis 1869, la Compagnie du Paris Lyon à la Méditerranée (P.L.M) termine la construction de son propre dépôt. Cette nouvelle installation comprend rotonde desservie par un pont tournant, un quai à charbon ainsi qu’un château d’eau. Cette structure ainsi que le personnel sont alors rattachés administrativement au dépôt de Langeac.
  • La même année, la Compagnie du P.L.M procède à l’agrandissement de la halle à marchandises.
  • Entre les gares d’Arvant et Langeac, lorsque la ligne a été construite, on a utilisé des rails en fer. Cette technique étant révolue, au cours de l’année 1877, les rails sont remplacés par des rails en acier.
  • En cette même année, la gare de Paulhaguet dispose d’une grue de chargement, tandis qu’à Frugières Le Pin sont disponibles quais et voies de service destinés au déchargement des grands bois.
    Source :
    Bibliothèque Nationale de France : Département de la Haute-Loire – Conseil Général – deuxième session de 1877 – Rapport du Préfet – Rapports et Procès Verbaux des séances et Rapport de la Commission Départementale – Procès Verbaux des Délibérations du Conseil – Typographie de J.M Freydier – Imprimeur du Département – Août 1877.

 3.6 - ECLAIRAGE DE LA GARE

En 1900, la gare d'Arvant bénéficie de l'éclairage au gaz d' acétylène. A cet effet, 111 becs de gaz y sont installés.
Source: Bibliothèque Nationale de France: Le Journal de l'acétylène et le Petit photographe réunis : revue hebdomadaire / rédacteur en chef : Albert Reyner - Date d'édition : 1896-1904


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 3.7 - LE POSTE D'AIGUILLAGE

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Ce poste d’aiguillage situé à proximité du passage à niveau sur la R.N 102 est désigné « Poste 2 » », à contrario du « Poste 1 » qui commande entre autres l’entrée et la sortie de la gare côté Brassac.

Dotée d’une technologie mise au point vers 1850 par Pierre Auguste Vignier (1811-1891) , ce poste d’aiguillage va faire partie de l’environnement pendant plusieurs décennies et du quotidien de plusieurs générations de cheminots.
Entièrement mécanique, doté d’une vingtaine de leviers, il permet la commande, en toute sécurité, des aiguillages et des signaux de sa zone d’action située côté sud de la gare d’Arvant dont la bifurcation de la ligne de Nîmes et d’Aurillac.

Ainsi, l’aiguilleur assure la responsabilité des installations de sécurité dont il a la charge dans le cadre d’une réglementation stricte garantissant la sécurité des trains et des manœuvres. Pour améliorer le niveau de sécurité, au fil du temps et de la mise au point de nouvelles techniques, les installations mécaniques sont complétées par des dispositifs électriques qui agiront directement sur les leviers du poste.

Après la cessation de l’ « activité triage » en 1958, la garde du passage à niveau est confiée à l’aiguilleur.

Remplacé par un poste plus moderne en 1969 commandé depuis la gare, le poste est démoli, mettant ainsi un terme au métier d’ «aiguilleur».



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Le Poste 2 en 1964

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Le Poste 1 avant sa démolition en 1969




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 3.8 - LES CHARIOTS TRANSBORDEURS

D’une technologie datant du début du chemin de fer, le chariot transbordeur permet de faire passer un wagon d’une voie à une autre.
Ce chariot qui se déplace sur une voie perpendiculaire aux autres voies se compose d’une plate-forme comportant deux rails sur lesquels est placé le wagon.
Le wagon chargé sur la plate-forme est ensuite déplacé jusqu’à la voie de destination puis déchargé.
Utilisé surtout pour garer des wagons sur des voies dites « de remise », le chariot transbordeur se déplace sur deux voies de roulement placées de façon à ce que les rails de la plate-forme se situent au même niveau que les voies de circulation.
La gare d’Arvant était équipé de ces installations en bout des quais à voyageurs, tant du côté nord (direction de Brassac Les Mines) que du côté sud (direction Brioude et Lempdes). Le chariot permet de déplacer les wagons et voitures voyageurs à essieux depuis les voies de circulation jusqu’aux voies de remise.
Par une plaque tournante située sur une voie de remise, les véhicules pouvaient accéder à un atelier de réparation.
Cette technologie était répandue sur tous les réseaux de Chemin de Fer et devait être parfaitement connue des candidats à l’emploi de Commissaire de Surveillance Administrative des Chemins de Fer.

Le chariot transbordeur côté Nord

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Le chariot transbordeur côté Sud

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Source : Bibliothèque Nationale de France : Manuel des candidats à l’emploi de Commissaire de Surveillance Administrative des Chemins de Fer - Solutions des questions posées depuis 1878 – par A. Laplaiche – Editeur : Berger-Levrault (Paris ) – 1887/1898




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 3.9 - BIBLIOTHÈQUE DE LA GARE - AUTORISATION DE VENTE DE TIMBRES-POSTES ET DE CARTES POSTALES (1888)

Suite à décision du Ministre des Finances en date du 7 juillet 1888, la bibliothèque de la gare d’Arvant est autorisée à la vente des timbres-poste, cartes-lettres, cartes postales, enveloppes et bandes timbrées de toutes catégories.
Pour cette vacation, le gérant reçoit une remise de 1% en numéraire.
Les instructions du Ministère précisent que l’approvisionnement en timbres-poste, cartes postales a lieu exclusivement au bureau de poste qui les dessert, directement ou par l’intermédiaire des facteurs ruraux.
Sont également concernées par cette mesure, les bibliothèques des gares d’Issoire, Brioude, Langeac et Le Puy.

(Source : Bibliothèque Nationale de France : Bulletin Mensuel des Postes et Télégraphes n°8 - 1888)

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La bibliothèque de la gare d'Arvant en 1962




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 3.10 - SERVICE DE LA POSTE DU TÉLÉGRAPHE ET DU TÉLÉPHONE

La Poste dans les années 1920
ARVANT_LA_POSTE.jpg



Cet ensemble d’immeubles fut la propriété du couple Chabassière - Fauveau . Lui est maçon , elle est aubergiste mais aussi pianiste de talent. En ces lieux, on danse et on s'amuse. Pour assurer le succès de son bal populaire, la maîtresse de maison dont les talents musicaux sont reconnus acquiert un piano mécanique de fort belle facture. Aux sons des flonflons diffusés par ce bel instrument, les danseurs s’en donnent à cœur joie dans cet établissement dont la réputation va grandissante.
Parmi les descendants du couple Chabassière - Fauveau, on relève les frères Georges et Marcel Girardet fondateurs des Pépinières du même nom à Veyre-Monton.
Au décès de Blaise Chabassière, Marie Eugénie Fauveau épouse Auguste Blat employé à la compagnie du Paris-Orléans.
Ce quartier aujourd’hui disparu est appelé pendant de nombreuses années « Le Quartier Blat ».
Constitué en grande partie de logements, ce quartier abrite successivement le bureau de poste, une charcuterie et une cordonnerie.

- Création d’une Recette simple :

Dès 1863, le service télègraphique de la Compagnie du P.L.M est accessible au public
En 1870, la localité d’Arvant dispose un bureau de Poste (non ouvert à la distribution du courrier) et d’un bureau de télégraphe desservi uniquement par le chemin de fer.
Le 7 décembre 1880, il est décidé de la création d’une recette simple qui « doit être établie à Vergongheon-Arvant ».
En 1886, le bureau est dirigé par Mademoiselle GARINOT.
En 1891, Madame RIBEYRE Receveur fait l’objet d’une promotion au grade de Receveur de Bureau simple de 3ème classe et son traitement passe de 1 000 à 1 200 francs. .

- Distinction :

Par Arrêté Ministériel du 30 juillet 1898, la Médaille de Bronze des Postes et Télégraphes est décernée à M. Louis GIRARD courrier auxiliaire à Arvant pour ses 30 ans et demi de services administratifs et 5 ans et demi de service militaire .

- Création de réseaux téléphoniques :

Le 10 janvier 1905 le circuit téléphonique Arvant, Vergongheon, Brioude est ouvert à l’exploitation.

- Acte de probité :

En novembre 1911, M. BOUCHET, courrier auxiliaire à Arvant, a trouvé dans la salle des pas perdus de Murat, une boîte contenant des timbres-poste représentant une valeur de 65 francs, et en a fait la déclaration au chef de gare.

- Reclassement au niveau supérieur :

Par arrêté du 20 octobre 1922, le poste de la direction du bureau d’Arvant est classé au rang de Facteur Receveur de 1ere classe. Antoine ROUSSEL et son épouse Marie Amélie JOURDAN sont alors les Receveurs de l'époque.

(Source :Bibliothèque Nationale de France – Annexes aux Bulletins Mensuels des Postes et Télécommunications de décembre 1880, décembre 1886, d’août 1888, de septembre 1898, de Février 1905, de novembre 1911 et de 1922 - Agenda et annuaire de la magistrature, du barreau et des officiers publics de la France et des colonies – Edition de 1870)


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 3.11 - L’ÉLECTRIFICATION DE LA LIGNE DES CÉVENNES

Après la fin du premier conflit mondial, les grands réseaux de chemin de fer se lancent dans des projets d’électrification de leurs lignes du Massif Central.

La Compagnie du Paris-Orléans (P.O) obtient l’aménagement hydroélectrique de la Haute-Dordogne et se lance dans l’électrification de Béziers-Neussargues qui aboutit en 1932.

De son côté la Compagnie du Paris Lyon à La Méditerranée (P.L.M) a pour projet d’électrifier la ligne des Cévennes dont le parcours est imprécis. Dans un premier temps le tronçon Alès-Langogne fait partie des favoris.

Une partie des terrains est acquise pour la construction d’un réservoir de captation des eaux du Mont Lozère, avec pour projet final la mise en eau de trois barrages.

Le projet est abandonné par le P.L.M réservant le trafic du midi vers Paris par ses voies de la vallée du Rhône.

Cette idée reste dans les mémoires pendant plusieurs décennies; c'est ainsi que les travaux du renouvellement de voies de 1956, entre Brioude et Paulhaguet, sont réalisés au gabarit dit « électrique »


Source : Les Chemins de fer dans le Massif Central – Études des voies ferrées régionales – R. Caralp-Landon – 1959 – Librairie Armand Collin


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 3.12 - LES EFFECTIFS CHEMINOTS

L’effectif ferroviaire a toujours varié en fonction de l’ouverture des lignes, des fluctuations de trafic et du progrès social mais surtout dans le souci d’une meilleure productivité.

A partir de 1922, la mise en place de la journée de 8 heures et l’augmentation du trafic ont favorisé les créations d’emplois dont a bénéficié le bourg d’Arvant. Au P.L.M, rien qu’au « Service de l’Exploitation » sur la zone de Clermont-Ferrand (dont dépend la gare d’Arvant), les effectifs ont augmenté de 48% entre 1914 et 1925 !.

Compte tenu des découpages administratifs des différentes activités il est bien difficile de donner un nombre exact de cheminots travaillant sur le site d’Arvant. De source syndicale, dans les années 1930 et avant la création de la S.N.C.F, les compagnies P.L.M et P.O généraient environ 230 emplois directs sur le site d' Arvant.
  • Service de l’Exploitation :
    Sont rattachés à ce service tous les personnels affectés uniquement au fonctionnement de la gare ; depuis le Chef de Gare, les sous-chefs de gare, et tous les cheminots travaillant sous leurs ordres : aiguilleurs, agents de manœuvre, agents de manutention , télégraphistes, agents des guichets voyageurs et marchandises. Les effectifs de la gare passent de 85 en 1922 à 32 unités en 1952. En 1959, ce nombre tombe à 19 après la fermeture du triage.

  • Service des trains :
    Affectés à la « résidence » d’Arvant, ces personnels (wagonnier ou serre-freins, chef de train) chargés d’accompagner les trains de marchandises ou de desserte des mines, sont rattachés administrativement à de la section de Clermont-Ferrand. L’effectif est en baisse à partir de 1935, après généralisation du frein automatique sur tous les wagons et des assouplissements des règles de freinage des trains. En 1926, la section de Clermont-Ferrand compte 532 agents répartis en 11 résidences1, en 1952 il ne reste que 167 agents répartis en 6 résidences2 dont celle d’Arvant qui échappe à cette compression.

  • Service de la traction :
    Cette activité est répartie sur deux compagnies à savoir
    • La compagnie du Paris-Orléans (P.O) : des mécaniciens et chauffeurs, des personnels sédentaires sont affectés au dépôt P.O3 dont les effectifs croissent régulièrement à partir de 1869.
    • La compagnie du Paris Lyon à la Méditerrané (P.L.M) : ce personnel qui comprend mécaniciens et chauffeurs est rattaché administrativement au dépôt de Langeac. Important centre de la traction vapeur sur la ligne de Clermont-Ferrand à Nîmes, Langeac regroupe également les annexes de Brioude, Sembadel et Le Puy. Dès 1915, un centre d'apprentissage y est créé.
      En 1922, l’effectif total est de 462 agents. En 1952, l’effectif tombe à 261 et aucun personnel de traction n’est affecté à Arvant.

  • Service de la voie :
    Là aussi, les deux compagnies disposent de personnel d’entretien des voies et des gardes barrières.
    Les effectifs de la Compagnie du P.L.M sont administrativement regroupés à la « Section de Langeac » dont le territoire s’étend du Breuil sur Couze jusqu’à Langogne et de Saint Georges d’Aurac au Puy.

1 Clermont-Ferrand, Noirétable, Arvant, Brioude, Saint-Flour, Langeac, Langogne, Pont de Dore, Arlanc, Thiers et Boën.
2 Clermont-Ferrand, Arvant, Langeac, Langogne, Pont de Dore et Ambert.
3 la démolition du site a lieu en 1956.

Sources :

  • Les Chemins de fer dans le Massif Central – Études des voies ferrées régionales – R. Caralp-Landon – 1959 – Librairie Armand Collin
  • Bibliothèque Nationale de France: Le journal des Transport - Edition du 22 avril 1916

Gare et dépôt de Langeac

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 4 - LA VIE LOCALE

 4.1 - INQUIÉTUDE SANITAIRE EN 1865 et 1866

En 1865/1866, Arvant est encore un chantier, en plusieurs endroits on a extrait de la terre pour réaliser les travaux de terrassement nécessaires à la création de la plate-forme utile à l’exploitation ferroviaire (voies de garage et de triage).
Les trous d’extraction, appelés « chambres d’emprunt » n’ont pas été nivelés et l’eau y stagne. On les utilise pour faire rouir le chanvre, ce qui rend encore les lieux plus malsains.
Une épidémie de « fièvre intermittente » s’y déclare et les autorités préfectorales s’en inquiètent. Médicalement, il s’agit d’une fièvre se caractérisant par la survenue d'accès espacés régulièrement et séparés par des intervalles de température corporelle normale. Ce terme est généralement employé pour désigner le paludisme.
Auteur de plusieurs Mémoires, le Docteur Jean Andrieux (1816-1871) est mandaté pour enrayer la maladie et accompagne son action d’une intervention auprès de la Compagnie du P.L.M pour faire cesser le phénomène.
Maire de Brioude de 1851 à 1857, le docteur Andrieux dirige une Maison de Santé qu’il a créée dans la localité. Spécialiste des maladies chroniques, ses travaux et résultats obtenus sont notoirement reconnus par la communauté scientifique.
Dans son rapport au Conseillers Généraux le Préfet en rend compte lors de la session de 1866 en précisant que cette situation sanitaire « peut être attribuée en partie aux chambres d'emprunt ouvertes pour l'établissement de la gare et de la voie ».

(Bibliothèque Nationale de France : Département de la Haute-Loire – Conseil Général – Session de 1866 – Rapport du Préfet – Typographie Marchessou, Imprimeur de la Préfecture – 27 août 1866 – Le Puy.
Vulgaris Médical


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 4.2 - PROJET DE PONT SUR LA LEUGE (1866)

VERGONGHEON_ECOLE.jpg


En 1866, la commune de Vergongheon souhaite construire un pont en bois sur la Leuge pour se rendre à la Gare d’Arvant.
La dépense est de 2 279, 20 francs, le département de la Haute-Loire accorde 1 800 francs .

Source : Bibliothèque Nationale de France - Département de La Haute Loire – Conseil Général Première session de 1866 – Rapport du Préfet – Procès Verbaux des Séances de la Commission Départementale – Procès Verbaux des délibérations du Conseil – Typographie de Marchessou , Imprimeur de la Préfecture – 27 août 1866.






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 4.3 - PREMIÈRE ÉCOLE (1868)

ARVANT_quartier_ecoles.jpg Comme dans les grands centres ferroviaires de l’époque que sont Villeneuve Saint Georges et Laroche-Migennes, une école fonctionne à Arvant dès 1868. C’est une des premières réalisations sociales de la Compagnie du P.L.M , dirigée par des religieuses et destinée aux enfants de cheminots.
Tandis que les plus grands des enfants sont scolarisés à l’école de Bournoncle, une école maternelle est créée toujours sous l’égide de la Compagnie du P.L.M.
En 1897, une école communale est ouverte et un bâtiment flambant neuf est mis en service en 1903/1904.
Parmi les premières élèves, Angèle Devin de Gizaguet qui décède prématurément en 1904 dans sa treizième année.
En son souvenir ses parents Denis Devin et Marie Pialoux offrent une pendule qui sera présente dans la salle de classe pendant une soixantaine d’années.

(Sources :
- Les Chemins de Fer dans le Massif Central – Etude des voies ferrées régionales – R. Caralp-Landon 1959 – Librairie Armand Colin - Page 414
- Hommes et Choses de chemin de fer - Gustave Noblemaire, Directeur de la Compagnie des Chemins de Fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée 1903 – Imprimerie Paul Dupont 144, rue de Montmartre Paris – Page 77)




Denis Devin
(1861-1931)
Angèle Devin
(1890 - 1904)
Marie Pialoux
(1868 - 1929)
DEVIN_Denis.jpg DEVIN_Angele.jpg DEVIN_Marie_Pialoux.jpg



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 4.4 - LA FÊTE D'ARVANT EN 1869

Indépendant de Brioude n° 33 du 10 Juillet 1869

« Nous donnons ci-après le programme de la fête patronale d’Arvant, qui aura lieu le dimanche 18 juillet.

Nous apprenons que les employés des compagnies de Lyon et d’Orléans doivent donner à cette fête un éclat tout particulier, et l’on sait que les employés du chemin de fer excellent dans l’organisation des réjouissances publiques.

FETE PATRONALE D’ARVANT
13e anniversaire

Le public est prévenu que la Fête d’Arvant aura lieu le DIMANCHE 18 JUILLET 1869.

Grand Bal,

Mât de Cocagne, Courses en Sac,

Jeux divers variés.

SURPRISE ! ! !

Orchestres nombreux et choisis

ILLUMINATIONS --- FEU D’ARTIFICE

VOITURES A VOLONTE D’ARVANT À BRIOUDE à 75 centimes la place


Ajoutons qu’une messe solennelle sera célébrée dans la cour de la gare et que de nombreux instrumentistes se feront entendre durant la durée du service divin. »

Indépendant de Brioude n° 35 du 24 Juillet 1869

« On nous écrit d’Arvant :

Mille remerciements au Journal l’Indépendant de Brioude pour le bon concours qu’il a bien voulu nous prêter, en insérant le programme de la fête de la gare d’Arvant !
Mille remerciements aux principaux artistes de l’Harmonie des Enfants de Brioude pour la bonne volonté qu’ils ont montré en répondant à notre appel, et principalement pour la manière dont ils ont exécuté les différents morceaux qu’ils ont bien voulu nous faire entendre pendant la messe, à la bénédiction du dépôt d’Orléans, l’après-midi, et toute la soirée au bal.
Nous remercions également MM. Les curés de Bournoncle- La – Roche et Saint Giron du bienveillant concours qu’il nous ont prêté pour la cérémonie religieuse.
La fête s’est bien passée avec une entente des plus parfaites ; programme rempli au-delà de ce qui avait été promis.
La grand’messe, sur la place de la gare, morceau de musique religieuse exécuté à l’offertoire avec un talent au-dessus de tout éloge ; bénédiction du dépôt ; une ouverture jouée également avec talent et applaudie chaleureusement ; jeux, mat de cocagne, feu d’artifice, bal jusqu’à 2 heures du matin.
La bénédiction du dépôt s’est effectuée de la manière suivante : une machine pavoisée remorquant un wagon découvert dans lequel se trouvaient la musique, le maire de la commune et le personnel de la gare, est parti du bâtiment des voyageurs pour se rendre au dépôt, où une foule nombreuse attendait.
Pendant le parcours, des signaux détonants placés sur les rails éclataient au passage de ce train, qui cheminait lentement et produisait un effet qui surprenait la foule.
La musique exécutait des marches et pas redoublés dont le bon goût venait ajouter au charme de cette charmante promenade.
Les deux prêtres, qui avaient eu la bonne idée de cette bénédiction inattendue, étaient montés sur la locomotive. Le retour du dépôt à la gare s’est effectué avec la même pompe".

(Sources: L'indépendant de Brioude. Collection privée Elise Chanteloube.)




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 4.5 - CRUE DE LA LEUGE EN 1875

Une importante crue de La Leuge entraîne le déraillement de la locomotive du train n°1584 entre Arvant et Brassac.
Le chauffeur BOY bien que blessé lors du choc se porte immédiatement secours au conducteur chef LASSERRE et du mécanicien FAURIE.
Après les avoir mis hors de danger, il va au secours des frères PORTE restés coincés dans le fourgon qu'il sauve d'une mort certaine.
Pour lui témoigner sa satisfaction, le Conseil d’Administration de la Compagnie du P.L.M lui accorde une gratification de 200 francs ainsi qu' une promotion.

(Source: Bibliothèque National de France : Journal « La Presse » du 21 octobre 1875)


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 4.6 - L’ÉDUCATION RELIGIEUSE VERS 1880

Les béates ont été créées vers 1670 au Puy par Anne Marie Martel.
Très répandues dans l’ancienne province du Velay et autour du Puy, elles vivent dans les villages dépourvues d’église et de prêtre.
La béate n’appartient à aucune congrégation religieuse et ne porte pas de costume particulier.
Dépendante du Clergé, la béate joue un rôle important dans l’éducation religieuse des enfants mais par sa proximité avec la population locale elle donne de son temps pour exercer des activités que l’on peut qualifier de « sociales ».
Dans les villages la communauté des habitants lui assure de façon très modeste logement et subsistance.
Dans le dernier quart du 19e siècle, bâti sur les territoires de trois communes et paroisses différentes, Arvant dont la population approche les 400 habitants ne dispose pas de lieu de culte et encore moins de prêtre attitré. Les cérémonies religeuses ont lieu, selon la commune de résidence, soit à Bournoncle, soit à Vergongheon, soit à Lempdes.
Ces absences sont en partie comblées par la présence d’une béate, qui contrairement aux us et coutumes est rémunérée par les Compagnies du P.L.M et du P.O.

Présentation du livre d’Auguste Rivet et des ses co-auteurs - VOYAGE AU PAYS DES BEATES'

L'histoire des béates, " filles dévotes " formées à s'établir dans les campagnes au milieu des petites gens et à les éduquer, a commencé au Puy-en-Velay en 1670. Autour de leur vie de dévouement se créèrent des légendes noires et dorées... En concurrence avec l'école laïque naissante, elles firent souvent l'objet de cinglants reproches (... incapables d'enseigner convenablement, disposées à favoriser le cléricalisme et l'obscurantisme...). Les catholiques s'opposèrent vivement à ces critiques, décrivant les béates comme les bienfaitrices des populations rurales : " Leur rôle était entier au service d'autrui ; elles aidaient les femmes en couches, habillaient les morts, étaient confidentes des secrets des familles, enseignaient lecture et travail de la dentelle. " Ces positions peuvent aujourd'hui être nuancées et laisser place à un passionnante histoire humaine enracinée en milieu rural autour de la " maison d'assemblée ", lieu de vie des béates. Suivons les traces laissées par ces femmes en coiffe blanche dans leur terroir, leur village. De nombreuses illustrations nous font découvrir cet univers, entre logement spartiate et pièce d'assemblée dédiée au culte où rutilent statuettes, bougeoirs, bois polychromes, bouquets et images pieuses. A la fois modestes et solides, simples et décidées, les béates ont marqué leur temps d'une empreinte encore parfois vivace, originale, toujours touchante.


(Source : « Voyage au pays de béates » par Auguste Rivet, Philippe Moret , André Crémailleux et Pierre Burger. Edition Gérard Tisserand – Octobre 2003)

Maison de la Béate à Moissac-Bas, village de la commune de Saint Didier Sur Doulon

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 4.7 - UN CHIEN ENRAGÉ JETTE L’ÉPOUVANTE PRÈS DE LA GARE (1880)

Le 26 septembre 1880, un chien enragé de forte taille attaque tous les animaux rencontrés et jette l’épouvante parmi les habitants. Ceux-ci n’osent plus sortir de chez eux pour vaquer à leurs travaux dans la campagne ou pour aller garder leurs troupeaux.
Il faut l’intervention des gendarmes pour mettre terme à la furie de l’animal.
Le Maréchal des Logis Lainé de la brigade de Sainte-Florine abat la bête de cinq coups de revolver. Pour cet acte il est cité à l’Ordre de la Gendarmerie le 13 octobre suivant.

(Sources : Bibliothèque Nationale de France - Journal de la Gendarmerie de France – Edition du 28 avril 1882. )


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 4.8 - LE VIGNOBLE BOURNONCLOIS S’EXPORTE DANS LA CAPITALE (1887)

En 1883, le phylloxéra apparaît dans la région du Languedoc et envahit en quelques années tout le vignoble. Traditionnels fournisseurs de Paris, les vignerons ne sont plus en mesure d’assurer la livraison de leur produit.
C’est une catastrophe économique pour la région languedocienne qui profite aux vignobles de La Limagne.
Les communes de Bournoncle, de Beaumont, de Lorlanges et de Saint Géron demandent en 1887 la création d’une gare à Laroche pour expédier la production viticole.
La gare d’Arvant éprouve des difficultés pour absorber la production locale dont les expéditions « ont doublé depuis quelques années, non seulement vers Paris, mais vers le Cantal, La Lozère et la Haute-Loire ».
En 1897, le tonnage de vin expédié atteint 17 000 tonnes, pour sa part le seul village de Bournoncle expédie 3 100 hectolitres.
En 1901, commence la récession du trafic, le tonnage expédié par la gare d’Arvant chute à 10 000 tonnes.
Alors que la station de « Laroche-Faugère » a été ouverte comme une halte-voyageurs, il est demandé en 1908 de ne plus faire figurer l’estimation du trafic viticole dans l’étude menée en vue de l’ouverture de ce point d’arrêt au service des marchandises.
En 1910, il n’ y a plus de vin à expédier, c’est la fin de l’aventure.

(Source :Les Chemins de Fer dans le Massif Central – Etude des voies ferrées régionales – R. Caralp-Landon 1959 – Librairie Armand Colin - Page 255.)


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 4.9 - DRAME DE LA JALOUSIE (1895)

Le Journal « L’Impartial » daté du 15 septembre 1895, révèle qu’en début de mois, un dénommé CROZE âgé de 28 ans, dans un accès de jalousie, a tiré deux coups de revolver sur sa jeune épouse.

Il avait au préalable reçu des lettres anonymes l’informant d’une éventuelle infortune. La victime n’a pas survécu à ses blessures et l’auteur des coups de feu s’est ensuite donné la mort par pendaison.

Le journal précise que les responsabilités de ce drame « incombent à des individus jaloux de la prospérité du ménage CROZE ».

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Extrait du Journal Le Temps du 6 septembre 1895

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La même affaire vue par l'Abeille Brivadoise du 7 septembre 1895



Source :
Bibliothèque Nationale de France :
- Journal L’Impartial – Edition du 15 septembre 1895

- Journal Le Temps - Edition du 6 septembre 1895.
-Journal L'Abeille Brivadoise - Edition du 7 septembre 1895


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 4.10 - ACCIDENT DU TRAVAIL (1895)

Extrait du Journal Le Temps du 23 septembre 1895
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Source :
Bibliothèque Nationale de France :
- Journal Le Temps - Edition du 23 septembre 1895.


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 4.11 - RETOUR DE LA FÊTE D’ARVANT – 21 & 22 JUILLET 1906

Le programme:

  • Samedi soir : Retraite aux flambeaux par la jeunesse d’Arvant,
  • Dimanche :
    • Réveil en fanfare,
    • A 3 heures du soir ; Course vélocipédique internationale sur le parcours Arvant – Lempdes – Arvant,
    • A 4 heures : Jeu des Cruches, jeu de la Poële etc...
    • A 8 heures :
    • Illumination générale,
    • Ascension du Ballon Arvant - Saint-Flour
    • Brillant feu d’artifice,
    • Tour de Ville et bal public.

      Source : AD 43 – Abeille brivadoise du 21 juillet 1906

 4.12 - ARRIVÉE DE ELECTRICITÉ A ARVANT (1908)

Dans son édition du 5 juillet 1908, Le Moniteur de Brioude nous apprend que la Compagnie du P.L.M a signé un protocole avec M. Gryois, électricien à Lempdes pour qu’il installe l’électricité en gare d’Arvant et dans toutes ses dépendances.

Des travaux vont être entrepris au niveau du barrage sur l’Allagnon pour mettre en place une seconde turbine qui permettra d’électrifier les bourgs d’Arvant et de Vergongheon.

Dans le même article, les habitants d’Arvant réclament à corps et à cris l’installation de fontaines toujours refusée par les trois communes (Bournoncle, Vergongheon et Lempdes) sur le territoire desquelles la localité a été batie.

Source: AD 43 – Le Moniteur de Brioude – Edition du 5 juillet 1907.

 4.13 - GRAVE ACCIDENT EN GARE - 20 FEVRIER 1908

Dans son édition du 22 février 1908, le Journal des Débats Politiques et Littéraires relate un accident survenu l’avant-veille en gare :

« Avant-hier soir à six heures et demi, au moment où l’express, venant de Clermont, s’arrêtait en gare d’Arvant, un employé nommé Baumel, âgé de vingt cinq ans, traversait la voie voisine de celle où l’express était arrivé, lorsqu’une locomotive en manœuvre le renversa sur les rails et lui passa sur le corps.
Quand on releva le malheureux, on s’aperçut qu’il avait la jambe gauche écrasée en haut de la cuisse et le bras gauche entièrement coupé près de l’épaule ; quelques lambeaux de chair rattachaient seuls les membres au corps.
M.Vallier , pharmacien accouru aussitôt, donna les premiers soins à la victime, qui n’avait pas perdu connaissance et supportait courageusement ses souffrances.
Cependant M. Curzen, chef de gare, avait télégraphié d’urgence au Docteur Chouvet à Brassac ; mais celui-ci ne pouvait venir et il fallut transporter le blessé sur une civière dans le fourgon de l’express qui partit à six heures et demi qui l’emporta à Brioude
. »

Source :
Bibliothèque Nationale de France : Journal des Débats Politiques et Littéraires – Edition du 22 février 1908.


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 4.14 - CRÉATION D'UN SYNDICAT D'INITIATIVES A ARVANT (OCTOBRE 1908)

Lassés par les contraintes administratives et empêchements divers imposés par les municipalités de Bournoncle, Vergongheon et Lempdes, les habitants d’Arvant créent un Syndicat d’Initiatives.
Depuis plusieurs années, ils réclament des fontaines d’eau potable et l’instauration de foires.
C'est grâce au dynamisme de ses adhérents, qu'Arvant bénéficiera plus tard de l'éclairage public, d'un début de réseau d'assainissement, de l'établissement de foires et de l'installation d'un poids public.

Source : Le Moniteur de Brioude du 18 octobre 1908

 4.15 - LA LOI Ç’EST LA LOI (1908)

Le 3 juin 1908, dame Marguerite Montpied de Brassac, fait du porte à porte dans le bourg pour écouler la pêche de son mari Marc Boyer. Ce petit commerce qui lui rapporte de quoi mettre un peu de beurre dans les épinards pour nourrir cette famille de trois enfants.
Ainsi le Buffet de la Gare, l’Hôtel du Midi, l’Hôtel de la Terrasse et l’Hôtel Moderne peuvent présenter sur leurs tables et en toute discrétion des poissons fraîchement pêchés.

Mais le Commissaire Redon 1 veille au grain car ce genre de négoce n’est pas autorisé en cette période de prohibition de pêche et de surcroît certains poissons n’ont pas la taille réglementaire.
Sur le champ, il dresse procès verbal à la charge de notre poissonnière d’occasion. Bien entendu, l’affaire arrive le 3 novembre suivant à l’audience publique du Tribunal de première instance de Brioude.

Bien que convoquée, la prévenue prend soin de ne pas se présenter à la barre. A quoi bon mettre de l’argent dans un billet de train qui va alourdir amende et frais du procès.

Seul Marc Boyer son époux est présent dans la salle ainsi que l’Inspecteur des Eaux et Forêts représentant son administration qui a déposé plainte pour « délit de pêche ».

Après avoir entendu les parties, présidé par Monsieur Berger et ses assesseurs O’Farrell et Robert, le Tribunal présente ses attendus :

« Attendu que quoique régulièrement citée la prévenue fait défaut, Attendu qu’il résulte du procès verbal rapporté la preuve que le 3 juin 1908 à Arvant, Commune de Bournoncle, la prévenue a :
- 1 colporté des poissons en temps prohibé,
- 2 colporté des poissons n’ayant pas les dimensions réglementaires ;

Attendu que ces faits constituent les délits prévus et punis par les articles 27, 30 et 77 de la loi du 15 avril 1829 ;

Attendu qu’il y a lieu de faire application de l’article 74 de la même loi et de déclarer Boyer Marc, civilement responsable des délits commis pas sa femme ;

Par ces motifs le Tribunal condamne la prévenue à 50 francs d’amende et aux dépens et son époux civilement responsable ».

De plus la poissonnière est condamnée au remboursement des frais s’élevant à 14 francs et 88 centimes.

La note est salée, mais rien ne dit si l’amende a été payée, ce qui n’a certainement pas empêcher notre poissonnière de continuer son activité en période autorisée cette fois ci.

Chronique associée: LOUIS REDON, COMMISSAIRE SPÉCIAL (1900)

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 4.16 - DU LARCIN A LA COUR D’ASSISES (1908)

En ce début du 20e siècle, les commerces d’Arvant prospèrent et deviennent florissants. Jean Marie Dufayet , hôtelier restaurateur, embauche une jeune commis d’hotel en la personne de Jean Léon Courneyre, originaire de Vieille Brioude.

Mais notre commis d’hôtel a un gros défaut. Peu volontaire au travail, il préfère se servir dans les poches de son employeur au grand profit des siennes.
Le_meutrier.jpgCongédié par son patron, l’individu fréquente les lieux de débauche et mal famés de Clermont et de Brioude.

Malgré un passage par le service miliaire au 5e Régiment d’Infanterie de Ligne avec l’obtention du grade de caporal, l’homme ne se range pas. Sa réputation en est altérée. Présentant bien, l’homme de plus d’un mètre quatre vingt fait chavirer le cœur des jeunes filles et, dans le pays, on prie pour ne pas l’avoir comme gendre.

Après plusieurs péripéties à Paris, Courneyre rentre très discrètement à Vieille Brioude. A court d’argent, il tente d’en obtenir, en vain, auprès de son père.

Pour assouvir ses besoins, l’individu est accusé de vouloir perpétrer un cambriolage chez un habitant du village et pour agir en toute quiétude, il aurait mis le feu à la maison du boulanger Bonnet.

Un imprévu lui interdit de passer à l’acte.

Le surlendemain, le 6 novembre 1907, le corps mutilé de Jean Brihat l’instituteur est retrouvé sans vie. On se précipité chez lui. Son épouse Marguerite Gay baigne dans une mare de sang, tandis que sa petite fille de 7 ans gît à ses côtés.

Malgré son obstination à se déclarer innocent, Jean Léon Courneyre est traduit devant la Cour Assises de la Haute-Loire les 12, 13 et 14 décembre 1908 qui le condamne à la peine capitale. Le Président de la République, Armand Fallières, lui accorde sa grâce et commue sa peine en travaux forcés à perpétuité.

Le 7 avril 1909, le condamné, enchaîné et placé en fourgon cellulaire, rejoint par le train La Rochelle. Transféré à la Citadelle de l’île de Ré, il attend le prochain bateau qui va le conduire au bagne de la Guyane française.

Emporté par fièvre, il y meurt le 9 février 1910.
Fleche_D.gif Son Registre Matricule

Les victimes

M._BRIAT.jpgM_Besseyre.jpg Mme_Briat.jpg



Le journal « Le Petit Parisien » du 8 novembre 1907 publie en pages 1 et 2 un long article sur cette douloureuse affaire … à lire …

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(Bibliothèque Nationale de France)



Source : Les Grandes Affaires Criminelles de Haute-Loire – Auteurs : Christophe Bouet et Jean Christophe Belz - Editions de Borée . - 2008


LECTURE RECOMMANDÉE
LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES DE HAUTE-LOIRE
Christophe Bouyer et Jean Christophe Belz vous incitent à ouvrir un grand livre empli de fureur.
Suivez-les en prenant un aller simple pour un voyage jusqu'au bout de l'angoisse...






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 4.17 - DEMANDE DE SUPPRESSION DE LA MAISON DU GARDE-BARRIÈRE EN 1910


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Garde-barrière avec agrès réglementaires (drapeau rouge et trompette) - Le passage à niveau au début des années 1900 - Consignes aux piétons





A la sortie du passage à niveau situé sur la route de Lempdes à Brioude se trouve sur le côté gauche, la maison du garde barrière.
Lors de la séance du 11 mai 1910 du Conseil Général de Haute Loire, le Docteur Gigante, Conseiller Général d’Auzon, demande la suppression de la maison du garde barrière.
Il argumente sa demande en indiquant que cette maison, située à l’angle de deux routes très fréquentées, cachant la vue au conducteurs de voitures ou d’automobiles, a déjà causé de nombreux accidents.

(Source:Bibliothèque Nationale de France : Département de la Haute Loire – Conseil Général – Première session de 1910 – Rapport du Préfet – Procès Verbaux des séances de la commission départementale - Procès Verbaux et délibérations du Conseil – Imprimerie C. Marguier Imprimeur du Département 8, rue des Capucins Le Puy.)


SOMMAIRE DE LA CHRONIQUE


 4.18 - REVENDICATION DES HABITANTS EN 1910 POUR CREER UNE COMMUNE A ARVANT

  • UNE PREMIERE TENTATIVE AVORTÉE DE COMMUNE INDEPENDANTE (1888 -1893) : Dans sa séance du 21 août 1890, le Conseil Général de Haue-Loire émet un avis défavorable considérant que la commune projetée n’est pas suffisamment peuplée (409 habitants). Le recensement de 1891 donnant une population de 534 habitants dont 403 sur le territoire de Bournoncle, 29 sur celle de Lempdes et 102 sur celle de Vergongheon, une pétition est lancée. N’obtenant pas l’unanimité, malgré une enquête complète, le Conseil Général de La Haute-Loire rejette la demande dans sa séance du 23 août 1893.
  • LA PÉTITION DE 1910 : En 1909, les habitants d’Arvant mécontents de payer des impôts à des communes qui ne faisaient rien pour leur localité, créent un syndicat d’initiatives des intérêts locaux (déclaration 30 janvier 1909 - J.O du 12 février 1909) qui réalise avec les cotisations de ses membres des travaux d’assainissement, d’éclairage public etc…
  • LES ARGUMENTS :
    • Un marché hebdomadaire,
    • Deux foires annuelles,
    • Le siège d’une fabrique de papier à cigarettes,
    • L’entrepôt des Eaux Minérales de Saint Géron,
    • Plusieurs tuileries,
    • Une pharmacie,
    • Un bureau de Poste qui réalise un chiffre d’affaires de 400 000 francs par an,
    • Une église ,
  • LES OPPOSANTS :
    • 6 conseillers municipaux de Bournoncle sur 9,
    • Les conseils municipaux à l’unanimité de Lempdes et Vergongheon,
    • Le Docteur Gigante, Conseiller Général d’Auzon.

      Malgré l'avis favorable du Conseil Général de Haute-Loire, le 22 juin 1912 une décision ministérielle met terme aux espérances des habitants d’Arvant.



Le nombre d'habitants d'Arvant est bien supérieur à l'ensemble des autres villages de la commune de Bournoncle.
Lassés par les contraintes administratives imposées par l'implantation du bourg sur le territoire de trois communes, les habitants revendiquent la création d'une commune dont le chef-lieu sera Arvant.


Rapport du Préfet de la Haute Loire sur l’érection de la section d'Arvant en commune - (Séance du 29 septembre 1910)

« Des habitants d'Arvant et de Peyssanges sollicitent l'érection de leur section en commune distincte, ayant pour chef-lieu le village d'Arvant, et le rattachement de cette commune au canton de Brioude.
La future commune devant emprunter son territoire aux communes de Lempdes et de Vergongheon (canton d'Auzon), et de Bournoncle (canton de Brioude), sa création ne peut être prononcée que par une loi (§ 2 de l'art. 6 de la loi du 5 avril 1884).
Les nouvelles pétitions ne faisaient d'ailleurs que réitérer des demandes semblables faites ou renouvelées depuis 1889.
Les mêmes plans ont donc été fournis pour les bases des délimitations nouvelles.
Par arrêté du 5 mars dernier, j'avais prescrit des enquêtes dans les trois communes intéressées.. Ces enquêtes ont eu lieu les 15 mai, 5 juin et 3 juillet, successivement à Bournoncle, Lempdes et Vergongheon.
Elles ont soulevé d'assez nombreuses protestations.
Les Conseils municipaux desdites communes ont donné des avis fortement motivés contre le projet, — les 22 mai, 15 juin et 7 juillet, — celui de Bournoncle à la majorité, les deux autres, à l'unanimité.
Enfin, dans sa séance du 6 août, le Conseil d'arrondissement de Brioude s'est prononcé en faveur de la création par 4 voix contre 3.
C'est en cet état qu'il m'est possible de vous communiquer le dossier de cette affaire, sur laquelle vous avez à émettre un avis.

Toutefois, il ne m'a pas été possible de joindre au dossier les rapports et états statistiques du service des contributions directes sur les conditions du projet, sur les délimitations nouvelles proposées, sur les forces contributives des communes intéressées, avant et après la création projetée. M. le Directeur de ce service m'a fait connaître que l'état des travaux incombant à M. l'Inspecteur, chargé de cette étude, ne lui permettra pas de s'en occuper avant le courant du mois d'octobre. Ce travail délicat demandera d'ailleurs certainement un temps assez long. Vous examinerez si, dans ces conditions, il ne serait pas préférable de ne formuler qu'à la session d'avril 1911 votre avis sur une question qui ne présente pas d'urgence. »

(Source : Bibliothèque Nationale de France : Département de la Haute Loire Conseil général – 2e session de 1910 - Rapport du Préfet – Procès verbaux des Séances de la commission départementale et Procès-verbaux des Délibérations du conseil Imprimerie C. Marguier - Imprimeur du département - 8, rue des Capucins)

Un an plus tard . . . les discussions sont âpres - (Séance du 20 septembre 1911)

ARVANT_Poids_public.jpg Dans son argumentaire M. Antier, Rapporteur du projet, rappelle que les nouvelles pétitions ne font que réitérer les demandes et pétitions semblables présentées depuis 1889.
Si les Conseils Municipaux des communes de Bournoncle, Lempdes et Vergongheon sont farouchement opposées au projet, les Commissions Syndicales qui représentent directement les sections intéressées ont émis des avis longuement favorables et motivés en faveur de la création d’une commune à Arvant.
Dans son rapport le Directeur des Contributions Directes rejette la pétition. Si le Conseil d’arrondissement de Brioude donne un avis favorable en 1892, confirmé dans sa séance du 6 août 1910 par 4 voix contre 3, à la surprise générale le 31 juillet 1911 il émet un avis contraire par 6 voix contre 1.
Le Docteur Gigante , Conseiller Général d’Auzon soutient les opposants tandis que les pétitionnaires font preuve d’une belle constance.
Cette situation qui ne fait qu’accentuer les divergences qui deviennent de plus en plus irritantes dans un bourg situé sur 3 communes et 2 cantons.
Un client du buffet de la gare ne raconte-t-il pas « qu’il avait son verre sur le territoire d’une commune, son assiette dans une autre et sa chaise dans une troisième. »
Cette complication administrative, source d’atermoiements, est préjudiciable à toute la collectivité du bourg ne serait-ce que pour régler les problèmes de tous les jours et dans les prises de décisions.

Les habitants d’Arvant ont même créé en 1910 un Syndicat d’Initiative des Intérêts Locaux. Présidé par Achille Montelhet Inspecteur Principal au P.L.M, assisté de Louis Redon Commissaire Spécial, par les cotisations de ses adhérents, le Syndicat réalise des aménagements : pont-bascule, bascule à bestiaux, assainissement, éclairage électrique public et privé etc.…
Arvant possède de nombreux commerces (hôtels, restaurants, bouchers, boulangers, épiciers..), une gare importante de correspondance entre les réseaux du P.L.M et du P.O citée en permanence dans les grands quotidiens nationaux, un bureau de poste qui affiche une belle activité, une école, une chapelle …
Bien entendu les conseils municipaux concernés ont un positionnement bien compréhensible, puisque la création d’une telle commune diminue leur territoire mais surtout leurs facultés financières qu’elles tiennent à conserver par la situation d’Arvant et les ressources qu’elles en tirent.
Dans son intervention le Docteur Gigante n’y va pas par quatre chemins en protestant « énergiquement contre l’érection d’Arvant en commune, et contre toute mutilation des communes de Vergongheon, de Bournoncle et de Lempdes, et par la suite, du canton d’Auzon ».
La courtoisie des discussions entre les habitants d’Arvant et les opposants au projet prend un caractère d’acuité prêt à s’enflammer.

Les tenants de la situation ne fléchissent pas, c’est une bataille politique qui dépasse les intérêts des habitants d’Arvant….

(Source : Bibliothèque Nationale de France : Département de la Haute Loire Conseil général – 2e session de 1911 - Rapport du Préfet – Procès verbaux des Séances de la commission départementale et Procès-verbaux des Délibérations du conseil Imprimerie C. Marguier - Imprimeur du département - 8, rue des Capucins)



La réaction des électeurs d’Arvant sur le positionnement des Conseillers Municipaux de Bournoncle opposés au projet et celle des électeurs des autres bourgs à l'égard des candidats d'Arvant. (Les élections municipales de 1912)
Il convient également de noter que les habitants de Peyssanges votent à Bournoncle.'

On comprend mieux les résultats du 1er tour des élections municipales suivantes qui se sont déroulées en 1912 dont la participation a été importante 72% à Bournoncle et 70% à Arvant.
Le Maire sortant s’en sort bien, puisqu’il est le seul à être réélu dès le 1er tour, avec seulement 3 votes en sa faveur à Arvant.
Les électeurs du bureau de Bournoncle plébiscitent les opposants à la création d'une commune à Arvant !.
Il faut attendre 1929 pour trouver, non sans mal, une solution administrative satisfaisante.

LES RESULTATS DE CHAQUE BUREAU DE VOTE

Candidats Qualité Bureau de Bournoncle Bureau d’Arvant Total des voix Observations
PORTE Antoine Maire sortant 125 3 128 Elu 1er tour
VIGIER François Conseiller Sortant 104 5 109 Ballotage
SERVY Antoine Conseiller Sortant 105 3 108 Ballotage
SOULALIOUX Antoine Conseiller Sortant 104 3 107 Ballotage
MARTEL Mathieu - 105 2 107 Ballotage
PIALOUX Auguste Epouse de Peyssanges 28 79 99 Ballotage
BESSON Jean Louis Conseiller Sortant d’Arvant 18 81 99 Ballotage
ALEZAIS Jean Baptiste Conseiller sortant 18 78 96 Ballotage
USTACHON Jean Boucher à Arvant 12 83 95 Ballotage
VALLIER Paul Pharmacien à Arvant 12 83 95 Ballotage
CHANEL Pierre époux LACOSTE Conseiller Sortant d’Arvant 14 80 94 Ballotage
ASTIER Ambroise de Peyssanges 12 81 93 Ballotage
BOREL époux MASSEBEUF - 89 1 90 Ballotage
CURABET Jean Jules Conseiller Sortant 79 10 89 Ballotage
MEILHAT Jean Employé au P.L.M à Arvant 8 80 88 Ballotage
BROS Alphonse Buffetier à Arvant 9 79 88 Ballotage
BENIT époux GAGNE - 81 1 82 Ballotage
GRENIER époux BOYER Conseiller sortant 15 0 15 Ballotage
BIFFE époux PRADON Conseiller sortant 16 0 16 Ballotage
DELAROCHE Employé au P.L.M à Arvant 5 82 85 Ballotage
FREYDEFONT Hôtelier à Arvant 7 76 83 Ballotage




Sources:

  • Archives Départementales de Haute-Loire - Procès verbal des résultats de l'élection municipale - 1er tour - 1912,
  • Almanach de Brioude - 1996 - Evolution territoriale de la commune de Bournoncle Saint Pierre - G. HERAUD

ARVANT_PLACE_DU_MARCHE.jpgARVANT_HOTEL_DUFAYET.jpg

Place du marché - Hôtel Dufayet




SOMMAIRE DE LA CHRONIQUE


 4.19 - ÉLAN DE SOLIDARITÉ POUR LES SOLDATS DE LA GRANDE GUERRE (1914 -1918)

Madame Eugénie Liandier qui habite près de la gare s’est aperçue que dès les premières semaines du conflit que des militaires isolés occupent les salles d’attente pendant de longues heures, voir parfois la nuit avant de prendre les trains en correspondance. Il s’agit de soldats blessés ou convalescents qui se rendent dans leur résidence d’affectation pour y être soigné. Aidée par plusieurs autres bénévoles, elle trouve un local et ouvre d’abord cinq lits qui bientôt sont portés seize.

Pour assurer la subsistance, ces dames font appel à la générosité des habitants dont certaines familles ont des hommes mobilisés au front.
Chaque jour et à tour de rôle, les ménagères préparent pot au feu et les plus aisées y ajoutent un plat de viande.
Par ces divers concours et dons, une trentaine de repas sont servis chaque jour , une bonne cinquantaine de bols de bouillon, de café, de lait sont servis journellement tandis que les seize lits du dortoir sont toujours au complet.
D’une scrupuleuse propreté, tandis que la blanchissage des draps est assuré par des personnes de bonne volonté, le service du dortoir et du réfectoire est assuré gratuitement par des bénévoles.

Depuis le 15 novembre 1915, la Société de Secours aux blessés militaires a créé une infirmerie de gare administrée par Monsieur Liandier et dirigée par le Docteur Guyot Médecin aide major assisté de Mademoiselle Caille, infirmière. Cette structure ne s’occupe que des blessés.
Pendant toute la durée de la guerre, cantine, dortoir et infirmerie ont apporté leur aide à la foule des voyageurs militaires qui, le temps d’un changement de train, passaient plusieurs heures en gare d’Arvant.
Indépendamment de l’activité spontanée et volontaire des riverains, grâce au concours du Journal Le Figaro, de nombreux donateurs ont apporté leur obole au « dortoir-réfectoire » d’Arvant.

Parmi eux citons :
  • MM Dupont et Furlaud : 200 francs en septembre 1916
  • J.F.M (anonyme) : 150 francs en octobre 1916, 200 francs en février 1917, 200 francs en mai 1917, 100 francs en août 1917, 300 francs en octobre 1918, 100 francs en novembre 1918
  • Mme Boursin : 300 francs en octobre 1916, 300 francs en février 1917
  • Association « La Française du Cœur » : 250 francs en mai 1917.

    (1 franc de 1914 = 3,13 € - 1 kg de pain est payé 42 centimes de franc - 1 kg de pommes de terre coûte 17 centimes de franc !)

Voici ce qu’écrit le Journal Le Figaro dans son édition du 21 août 1916 :

« Le Dortoir-réfectoire d’Arvant, dans la Haute Loire, est situé sur la grande bifurcation de l’Orléans et du P.L.M. Dans la gare d’Arvant passent de nombreux trains plein de soldats.
Nous avons pu adresser quelques subsides à cette œuvre modeste, mais extrêmement utile.
Elle répond à notre dernier envoi par un document dont nous la remercions ; le relevé des militaires « réconfortés à leur passage » depuis le 15 septembre 1914 jusqu’en juillet dernier.
En moins de deux années le Dortoir d’Arvant a reçu plus de 7 500 hommes. Le réfectoire a distribué 35 474 repas !.
Ce qu’il faut ajouter que cette œuvre de « réconfort » ouverte à de pauvres soldats qui passent n’est honoré d’aucun patronage.
Arvant est un hameau, réparti sur trois communes et qui n’emprunte d’importance qu’à la gare qui le traverse. Ce sont les habitants de ce hameau et de ces communes qui ont créé le dortoir-réfectoire et qui l’entretiennent : c’est eux qui, à tour de rôle, apportent au passage des trains de quoi faire la soupe, la font cuire et la servent eux-mêmes aux soldats. »

Alors que la guerre en est à son 1 031e jour, le même journal dans son édition du 30 mai 1917 annonce que l’œuvre « Française de cœur » a alloué un don de 1 000 francs à répartir entre les « cantines » de l’Est, du Nord, de Lyon Perrache et Arvant.

ARVANT_Dortoir_Refectoire_pour_les_militaires.jpgArvant_Dortoir_et_Refectoire.jpg
Arvant - Dortoir - réfectoire pour les militaires


A la fin des hostilités, Madame Liandier reçoit la Médaille de la Reconnaissance Française attribuée par Ministère de la Justice (JO du 7 mai 1920)

« Mme Liandier , née Marie Joséphine Martin , à Arvant (Haute-Loire) : directrice fondatrice de l’Abri du soldat, a, en collaboration avec les employés de la gare, contribué pour une large part, à l’aide de ses propres deniers, au fonctionnement de cette œuvre qui fournissait aux militaires blessés et aux permissionnaires de passage tout ce qui était nécessaire à leur subsistance. A organisé une cantine pour subvenir aux demandes d’alimentation et jusqu’au 28 février 1919, a ravitaillé et couché plus de 55 000 militaires. Est signalée comme l’âme de cette œuvre d’assistance ».



(Sources: Biblitohèque Nationale de France - Journal Le Figaro - Editions des 28 février 1915, 21 août 1916 , 4 septembre 1916, 8 et 19 octobre 1916, 9 et 24 février 1917, 12 et 30 mai 1917, 5 août 1917, 12 octobre 1918 et 9 novembre 1918)


SOMMAIRE DE LA CHRONIQUE




 4.20 - ARVANT DANS LE PETIT LAROUSSE (1922)

Dans son édition de 1922, Arvant est cité dans le célèbre dictionnaire.

ARVANT LAROUSSE 1922_1.jpg

(Source: Biblitohèque Nationale de France - Dictionnaire Larousse - Edition de 1922)


SOMMAIRE DE LA CHRONIQUE


 4.21 - LE FISC NE VEUT RIEN PERDRE (1929)

C’est sous titre que le « Journal des débats politiques et littéraires » nous raconte les mésaventures de Madame Faucher qui habite à Arvant dans la partie attenante à la commune de Lempdes.
Qui dit commune de Lempdes, dit également Percepteur d’Auzon.
Alors qu’elle n’est propriétaire d’aucune parcelle de terrain, le contrôleur des contributions directes d’Auzon a découvert que sur un revenu de 0 franc et 3 centimes, la contribuable est redevable de 0 franc,1 centime.
L’enregistrement de cet impôt de 1 centime de franc est complété de 1 centime pour le département, la commune, les chambres de commerce et d’agriculture auquel on ajoute les frais d’avertissement de 20 centimes soit un total de 0 franc et 22 centimes.
Auzon est distant de 10 kilomètres d’Arvant, la contribuable devra donc parcourir la distance de 20 kilomètres pour s’acquitter d’un impôt de 1 centime dont elle n’est pas redevable. Si elle utilise les services de la Poste, il lui en coûtera 75 centimes de frais d’envoi.

Le centime de franc de l’époque aura ainsi coûté une « feuille de papier spécial » sans oublier le temps des recherches et des calculs du vigilant contrôleur.


Source :

  • Bibliothèque Nationale de France : Journal des débats politiques et littéraires n° 232 du 22 août 1930


 4.22 - L'ACTIVITE ECONOMIQUE


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Publicité parue dans le Bulletin du Comité Olympique (1906)

SOMMAIRE DE LA CHRONIQUE


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INDEX THÉMATIQUE


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