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Commencée il y a une quinzaine d’années, cette généalogie réunit plus de 35 000 individus. Près de 7000 ascendants directs ont été recensés.

Mes recherches relèvent de la tradition généalogique (documents familiaux, Mairies, Archives Départementales) et se sont complétées au fil du temps par les réseaux  que sont les cousinages, les forums, les membres de Geneanet,  les  échanges fructueux avec d’autres passionnés et de façon non négligeable que sont  les sites  privés ou  détenus par les associations.

A l’instant,  la machine à remonter le temps est placée  au niveau de « Berthe Au Grand Pied » et à Pépin Le Bref  non sans avoir cité  Rollon Ier de Normandie qui nous vient du peuple viking.

Cette généalogie est complétée par des apartés thématiques liés au contenu de ma chronique familiale.

Que soient remerciés, ici, celles et ceux qui m'aident dans la réalisation de cet Arbre Généalogique, ils sont cités dans mes sources.

 Chronique familiale



 LES COMBATS D’ARVANT ET DE BARD (AOÛT 1944) ©


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« Passant va dire à Sparte que nous sommes tous morts ici pour obéir à ses lois fondamentales»
Simonide de Céos (-556 -467 avant J.C)


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En cliquant sur le nom (ou prénom) de certains personnages, vous accédez à leur état civil



Un climat pesant, une situation angoissante


Deux mois après le débarquement de Normandie, l’occupant se lance dans son dernier combat. Les troupes allemandes reçoivent comme consigne de « détruire les détachements terroristes de la manière la plus rapide et la plus expéditive ».

La Résistance crée un climat insurrectionnel autour des déplacements des troupes ennemies.

En ce début d’août 1944, une colonne allemande est prise en embuscade le 8 août près de Blesle, un train saute dans le tunnel de La Roche près de La Combelle, la voie ferrée est coupée en plusieurs endroits entre Brassac et Langogne, 6 kilomètres de voie sont endommagés entre Brioude et Langeac.

A Arvant un officier allemand de liaison est abattu par les F.F.I place de la Gare.

Dans le secteur d'Arvant
  • Le 9 juin : sabotage d’un pont de chemin de fer à Laroche. (Groupe Chevalier)
  • Le 10 juin : sabotage des aiguillages du Poste 1 de la gare bloquant pendant près de 30 heures les locomotives stationnées au dépôt (Groupe Chevalier),
  • Le 12 juin : nouveau sabotage du pont de Laroche provoquant l’interruption de la circulation des trains (Groupe Chevalier),
  • Le 19 juillet : sabotage du transformateur de l’usine Bendix de Mégecoste (Corps Franc de Vergongheon),
  • Le 1er août : l’embranchement ferroviaire des mines du Grosménil entre Brassac et Arvant est mis hors d’usage. (Corps France 32e Compagnie),
  • Le 2 août : incendie en gare d’Arvant de quatre wagons chargés de matières premières destinés à l’Allemagne. (Corps franc d’Arvant),
  • Le 10 août : sabotage des lignes téléphoniques (Groupes Chevalier et Pédro),
  • Le 11 août : mise hors d’usage des aiguillages au poste 1 de la gare d’Arvant (Groupe Chevalier),
  • Le 12 août : le pont de chemin de fer près du village des Routisses est en partie détruit interrompant la circulation des trains. (Groupe Chevalier).

    «Un sabotage efficace en gare d'Arvant

    Le 3 août au matin, on me fait savoir que des wagons partent pour l'Allemagne, en provenance de l'Espagne. Ils ont dû arriver par la ligne de Béziers, car la ligne Paris-Nîmes est interdite au trafic marchandises en raison des coupures, le trafic voyageurs s'effectuant par transbordements successifs aux coupures. Je décide d'accompagner l'équipe de sabotage, la protection étant assurée par le Corps Francs d'Arvant.
    Comme pour les sabotages des voies, les gardes-voies se laissent facilement neutraliser, pour la forme. Il y a sur une voie de garage quatre wagons destinés à l'économie allemande : deux wagons de spath fluor, un wagon de peaux de moutons non tannées et de grosses balles pressées de poil de chameau ou autres ; le quatrième wagon contient des plantes médicinales, des capsules de liège, de gros fagots de racines de réglisse. Cette marchandise ne doit pas arriver à destination. Les sacs de spath sont éventrés et partiellement déversés sur le ballast, les deux autres wagons sont incendiés. Avant d'y mettre le feu, je demande à deux gars de porter deux bottes de réglisse sur le talus de la gare qui borde la route de Vergongheon, ce «bois doux» fera le bonheur des gosses et permettra même de parfumer l'eau de boisson sur les tables privées de vin (quatre litres par mois).

    Je ne pensais pas que ça ferait aussi le bonheur des fumeurs privés de tabac, et l'un de ceux-ci, fumeur enragé, chargea un de mes camarades de me remercier. Par contre, les habitants du coin furent empuantis pendant plusieurs jours par l'odeur des peaux et des poils brûlés.»

    MAURIN, Jean (Capitaine Cobra). - Résistance en val d'Allier : petites histoires de la grande histoire. - Brioude, 1992.



Le témoignage d’André Lethuaire

Fils d’Henri Lethuaire ,boucher à Arvant, André Lethuaire 4 réquisitionné pour partir en Allemagne dans le cadre du S.T.O (Service du Travail Obligatoire) quitte sans prévenir le camp français où il est retenu. Après une planque sage et judicieuse à Vergongheon de plus d’un mois, il entre dans la Résistance sous la coupe de Jean Maurin1(alias Cobra) et deLéon Chevalier 2 3 4 5« qui s’occupait des parachutages et qui ne payait pas de mine ».

Après une tentative avortée de rejoindre le Mont Mouchet, André Lethuaire rentre sur Arvant et Vergongheon et reprend ses « activités ».

« …Avec Léon Chevalier, nous allions à 10 /15 le soir à minuit pour couper les fils téléphoniques et faire sauter le pont des Routisses à 200 mètres du cimetière de Vergongheon. La première fois Léon avait mal mis le détonateur et avec Joseph Granet, j’ai été le remettre, puis il y eut d’autres bricoles. Je me rappelle qu’il y avait un train blindé allemand qui est resté un mois ou deux en réserve… »

« … Quand ils (les allemands) ont fouillé dans Arvant, ils ont visité les maisons de la route nationale dont celle de Léon Chevalier qui était sur la route de Brioude à mi-côte, ils ont tout fouillé, sauf que dans sa cour il y avait un grand parterre de fleurs et pour clore son jardin, il avait mis des boisseaux de cheminée qui étaient bourrés de plastic, de mitraillette, grenade, radio etc. mais personne ne le savait. Parfois j’allais entendre les messages de Londres. Et c’est lui qui m’a fait tirer avec une mitraillette pour la première fois … »

1Instituteur à Bournoncle.
2DAC ET LA PÉDALE QUI GRINCE
3BOURNONCLE SAINT PIERRE : LES ÉLECTIONS MUNICIPALES DE 1945
4 Membre des F.F.I.
5 Membre des FFC (Forces françaises combattantes : elles sont constituées des agents des réseaux de renseignement, d’action et d’évasion)


Les combats d’Arvant – 13 août 1944


Un barrage à Mézire


Des éléments ennemis sont en délicatesse dans le Cantal et une opération est lancée par l’occupant pour récupérer soldats allemands et miliciens en difficulté. Pour éviter l’itinéraire peu sûr de la vallée de l’Alagnon, le dimanche 13 août, au matin, la colonne Jesser venant d’Issoire pour se rendre dans le Cantal se présente devant le barrage d’arbres établi sur la R.N 102 près de la Villa Mézire.
Retarder l’ennemi et l’obliger à l’emprunter les routes secondaires sont les objectifs des Résistants.

Les allemands entrent dans Arvant

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Vers les 13 heures, franchissant le barrage, un blindé de reconnaissance et un camion s’engagent dans la rue principale du bourg.
Se dirigeant sur la route de Brassac, les deux véhicules sont pris à partie depuis le château d’eau situé en bordure la route.
Autour de 14 heures, à Mézire, ont lieu les premiers échanges. Appuyés par des tirs de mitrailleuse lourde cachée dans les bois de Mézire , éparpillés dans les champs et les vignes , les hommes font le coup de feu avec l’ennemi tout en tentant de s’écarter un coup à droite, un coup à gauche pour ne pas être repéré.
Ambroise Astier, un ancien combattant de 1914/1918 armé son vieux « Lebel » conseille utilement les recrues les moins aguerries.
Alors que l’accrochage perdure à Mézire, les allemands quittent leurs véhicules. Informés de la supériorité des forces présentes, les Résistants se replient sous le feu des adversaires.
L’allemand précautionneux progresse lentement et investi Arvant.Sur la route de Vergongheon, les allemands abattentGérard Vryens, coiffeur à Arvant et résistant de la première heure. Son filsRobert, âgé de 17 ans est fait prisonnier ainsi qu’un autre résistant André Jumontier.

Face aux difficultés rencontrées, l’ennemi renonce à poursuivre sa route par la R.N 102. Une patrouille motorisée s’engage sur la route de Bournoncle, mais le pont sur La Leuge, préalablement miné, saute à son tour.

Avant de quitter la localité , Robert Vryens, André Jumontier etVincent Kosmac ,âgé de 18 ans, fait prisonnier le matin du côté de Saint Germain Lembron, sont « exécutés » sur la place de la gare dans de tristes circonstances. Libérés par leurs geôliers qu’ils leur ont affirmé qu’ils étaient libres, tous les trois sont tués par des balles tirées dans leur dos.

La nuit tombe quand la colonne s’engage en direction de Balsac, passe par Laroche et Saint Beauzire, pour se rendre à Saint Flour où l’arrivée a lieu le lendemain.

C’est Emile Ollier, retraité du P.L.M, ancien Combattant de 1914/1918 qui se charge de déclarer les décès en mairie…

Les obsèques des victimes se déroulent dans l’après midi du 15 août. La foule nombreuse qui les accompagne vers le cimetière d’Arvant est alors survolée par un avion hostile….

Pour rappeler son souvenir et son sacrifice, le portrait de Robert Vryens est apposé dans la salle de classe de Monsieur Benoît puis celle de son successeur. Ce portrait était toujours présent en 1957.

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Au cimetière d'Arvant
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Les nazis marquent leur passage dans le village de Laroche

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Stèle à la mémoire d'Armand Bourgeois dont le corps est trouvé criblé de plusieurs balles

Armand Bourgeois avait été fait prisonnier le jour même à Vergongheon, près de l'usine Pomel. Que s'est-il passé à Laroche ?. Les gens du village ont entendu cinq déflagrations . On sait, aujourd'hui, que dans la colonne allemande se trouvaient des miliciens français. Armand Bourgeois s'était-il aperçu de cette présence dont il devenait le témoin génant ? .
Dans son livre, Jean Maurin ( Capitaine Cobra) nous dit que cet assassinat est l'oeuvre de miliciens français


Les combats de Bard - 16 août 1944


Présente à Brioude vers midi, la colonne allemande en provenance de Saint Flour décide de partir sur Clermont vers les 14/15 heures.
La section « Pierre Louis » est volontaire pour lui tendre une embuscade aux environs du village de Bard. Sur ces entre faits un groupe appartenant au 8e Dragons est présent dans le secteur. Commandé par le Lieutenant de Grossouvre les hommes se mettent à la disposition de la section « Pierre Louis » pour participer aux opérations engagées.

Les éléments de la section « Pierre Louis » sous les ordres du Lieutenant Cornayre progressent discrètement en direction de la R.N 102 sur laquelle est engagée la tête de la colonne ennemie.
Malheureusement, à l’arrière, une camionnette de liaison se dirige à tort en direction de la R.N 102. Vite repéré, le véhicule est pris sous le feu ennemi.

En entendant les premières détonations, de Gossouvre, croit que le combat est engagé et lance ses hommes à l’attaque, la section « Pierre Louis » fait de même.
La colonne stoppe et déploie un dispositif « en tenaille » et les résistants sont pris de court par la riposte.
Les combattants survivants décrochent en direction du village de Bard qui va vivre deux longues heures d’angoisse.

Des heures d’angoisse à Bard

Le village est cerné par l’occupant ivre de rage et de fureur qui tire sur les chiens.Il découvre Edmond Calvet qui a réussi à se replier. Devant des témoins il est abattu par une rafale tirée dans le dos. Onze hommes du village sont arrêtés et alignés le long d’un mur.

Intrigué par un des prisonniers, un officier allemand l’interroge. Avec son air très britannique et muni d’une trousse médicale, l’homme n’est certainement pas un paysan du village. Il s’agit du Docteur Philippe O’Reilly , réfugié du Havre, dont la présence à Bard à cet instant est motivée par une séance de vaccination contre la diphtérie.

Que se disent les deux hommes ? A l’issue de l’interrogatoire les allemands quittent le village pour rejoindre leur convoi.

Le bilan de la bataille est lourd

Roger Chabrillat, ( DCD.JPG 2011) fait prisonnier, est déporté à Dachau et Ravensbruck.. Ses autres compagnons d’infortune, André Momège, Guy Weil et Guy Stéphan ne reviendront pas des camps nazis.

Au petit matin du 17 août un des rescapés du 8e dragons, Rémi Constant, blessé et hébété se présente à l’entrée du village. Soigné par le Docteur Philippe O’Reilly, il est évacué chez Monsieur Pouget de Combadines.

Les blessés ont été manifestement achevés. Dans la matinée les volontaires Marcel et Raymond Faure, Ambroise Astier de Peyssanges, Paul Merle de Bournoncle, Léon Chevalier d’Arvant, Louis Delmas des Combes trouvent dix sept cadavres affreusement mutilés dans un champ, tandis que cinq autres sont disséminés jusqu’à l’entrée du village de Bard.

Pour ces vingt deux morts, une chapelle ardente est dressée dans l’école de Bournoncle. Mesdames O’Brien (mère de Madame O’Reilly), Françoise O’Reilly , et André se chargent donner un aspect convenable aux victimes. Les corps des soldats du 8e Dragon sont évacués par des responsables du groupe.



Le 18 août, les membres du groupe « Pierre Louis » sont inhumés au cimetière de Bournoncle en présence de plusieurs milliers de personnes … et toujours sous les regards de l’avion allemand qui tourne dans le ciel du mois d'août…
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« MORTS POUR LA FRANCE »

Ceux du Groupe « Pierre Louis »





Main.gif Les membres des F.F.I (Forces Françaises de l'Intérieur)
Main.gif Les Déportés et Internés de la Résistance
Main.gif Les commémorations


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Main.gif Bournoncle Saint Pierre : Les Anciens Combattants Prisonniers de Guerre 1939-1945 <<<∞∞∞∞∞>>> Lavaudieu : Charles Antoine de Guérin , alias « Le Beau Lugeac »


SOURCES & BIBLIOGRAPHIE

  • Résistance en Val d’Allier – Petites histoires de la grande Histoire par Jean Maurin (Capitaine Cobra) – Imprimeur Robert à Brioude (1992)
  • A Nous l'Auvergne par Jules Lévy et Francis Cordet - Presses de la Cité,
  • Geneanet : Arbre en Ligne d'Olivier Payenneville
  • Les souvenirs d'André Lethuaire m' ont été communiqués gracieusement par son cousin Raoul .
  • Registres d'état civil de Bournoncle Saint Pierre
  • Crédit photo : collection personnelle de F.B

    'Novembre 2010.


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