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Commencée il y a une quinzaine d’années, cette généalogie réunit plus de 30 000 individus.

Mes recherches relèvent de la tradition généalogique (documents familiaux, Mairies, Archives Départementales) et se sont complétées au fil du temps par les réseaux  que sont les cousinages, les forums, les membres de Geneanet,  les  échanges fructueux avec d’autres passionnés et de façon non négligeable que sont  les sites  privés ou  détenus par les associations.

A l’instant,  la machine à remonter le temps est placée  au niveau de « Berthe Au Grand Pied » et à Pépin Le Bref  non sans avoir cité  Rollon Ier de Normandie qui nous vient du peuple viking.

Cette généalogie est complétée par des apartés thématiques liés au contenu de ma chronique familiale.

Que soient remerciés, ici, celles et ceux qui m'aident dans la réalisation de cet Arbre Généalogique, ils sont cités dans mes sources.

 Chronique familiale



 LES CARNETS DE TANTE ANAÏS : RÉCITS, MYTHES ET TRADITIONS …
Chapitre 1


PLUS DE 300 TEXTES EN LIGNE

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Chapitre 1 fleche._simple_Bas.gif Chapitre 2 fleche._simple_D.gif Chapitre 3 fleche._simple_D.gif Chapitre 4 fleche._simple_D.gif Chapitre 5 fleche._simple_D.gif Chapitre 6 fleche._simple_D.gif Chapitre 7 fleche._simple_D.gif Chapitre 8 fleche._simple_D.gif Chapitre 9 fleche._simple_D.gif Chapitre 10 fleche._simple_D.gif Chapitre 11 fleche._simple_D.gif Chapitre 12 fleche._simple_D.gif Chapitre 13 fleche._simple_D.gif Chapitre 14 fleche._simple_D.gif Chapitre 15 fleche._simple_D.gif



Main.gif Vers le sommaire complet de tous les textes




Sommaire

 1 - LA MORT d’YVES III MARQUIS D’ALLÈGRE



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«Sa femme, Jacqueline d'Aumont, dame vertueuse et prudente, estant maltraitée par lui, se retira chez ses parens ; ce que voyant, le sieur d'Alègre rechercha en mariage une autre grande dame, laquelle, sachant qu'il estoit marié, se moqua de lui, ce qui l'indisposa si fort qu'il tint des propos, avec beaucoup de jactance, contre l'honneur de cette dame, ce qui excita celle-ci à en tirer vengeance.

Voici comme elle s'y prit.
Quelque temps après, le sieur…. remit une lettre au sieur d'Alègre, sous le nom de cette dame, par laquelle elle lui disoit que, si elle n'avoit pas, dans le principe, reçu agréablement ses recherches amoureuses, c'estoit pour éprouver sa constance et non pour dédaigner son amitié ; qu'elle ne désiroit rien tant que de lui témoigner son affection; que, à cet effect, il estoit prié de laisser la fausse porte de son chasteau ouverte, certain jour qu'elle lui désigna, qu'elle viendroit le trouver, vers les neuf heures du soir, accompagnée d'un homme et de deux filles de chambre, et qu'elle désirait entrer par la porte indiquée pour n'estre vue de personne.

Le sieur d'Alègre, ravi de cette lettre, lui manda qu'elle seroit très bien reçue. L'heure assignée arrivée, il ordonna à ses domestiques de se retirer dans leur chambre, et de n'en point sortir qu'il ne les appellast, et lui mesme se mit au lit, où il n'eut guère demeuré que trois hommes, habillés en femmes, entrèrent dans sa chambre. L'une d'elles feignit d'estre sa maistresse et s'approchant de luy pour l'accoler, et tenant une courte dague sous sa robe, lui en donna plusieurs coups dans le corps. Les autres fausses demoiselles se jetèrent également, et au mesme instant, sur lui et le blessèrent si fort qu'il en mourut, ayant reçu trente-sept coups.

L'exécution terminée, les trois individus se retirèrent sans que jamais, depuis, on ait pu découvrir les assassins »

C’était le 13 juillet 1577.


D’après « Une famille : les d'Alègre » par Pierre de Vaissière (Collection Geneanet)

Décembre 2012



 2 - LA LÉGENDE DES BŒUFS D’AURIOL



TOUR_D_AURIOL.jpg« Près de la vieille tour d’Auriol était, dit-on, un ermitage où vécut et mourut Saint-Simon, qui fut enterré au pied de la tour.

La possession du corps du Saint excita la convoitise des habitants d’Aurec, bourg des bords de la Loire, qu’une montagne sépare d’Auriol. Le seigneur d’Aurec voulut enlever le corps du Saint et le faire transporter dans son église. Il envoya des hommes et un char attelé à de forts bœufs. Les hommes ouvrirent la fosse, en retirèrent le corps et le fixèrent sur le char.

Quand tout fut prêt, les bœufs se mirent en marche. Ils allèrent sans difficulté tant qu’ils aperçurent la tour d’Auriol, mais dès qu’ils la perdirent de vue, ils s’arrêtèrent. On les excita de la voix, de l’aiguillon, on les frappa. Peine inutile ! Les bœufs restèrent immobiles. Ils semblaient pétrifiés. On comprit qu’ils refusaient de transporter le corps en dehors du domaine qu’embrassait la tour d’Auriol, au pied de laquelle le Saint avait été inhumé.

Ils obéissaient à l’inspiration du Saint qui ne voulait pas quitter le lieu où il avait jusque-là reposé. Le char revint sur ses pas et les hommes du seigneur d’Aurec remirent le corps où ils l’avaient pris… »


D’après « Littérature Orale de l’Auvergne » par Paul Sébillot.


Décembre 2012





 3 - AUZON - LA LÉGENDE DE VOREILHES



Vaureilles_Psse_Azerat.JPG « Non loin du bourg d’Azérat, sur la rive gauche de l’Allier, on voit encore des ruines informes désignées sous le nom de « Vieux Voreilhes » tandis que le Voreilhes1 actuel est haut perché sur une colline de la rive droite et fait partie de la commune d’Auzon.

Il existe, au sujet du transfert de ce village de la plaine à la montagne, une légende que les vieux racontent encore à leurs petits enfants par les soirs brumeaux de novembre, devant l’âtre égayé par une flambée de sarments.

En peu de temps, le lieu de Voreilhes avait vu par quatre fois, ses murs d’écrouler sous la poussée furieuses des eaux de l’Allier.

Lors, le maître maçon découragé devant l’inutilité de ses efforts, jeta, loin de lui, son marteau et sa truelle et, à sa grande surprise, les deux outils, voltigeant avec la légèreté d’une blanche colombe allèrent se poser au sommet d’une colline dominant la rivière. C’est là que le village de Voreilhes fut reconstruit narguant désormais l’Allier et ses brusques incursions. »

1 aujourd’hui Vaureilles situé sur la commune d’Auzon.


D’après P. Ferrier , Azérat avant la Révolution – Almanach de Brioude, Édition de 1926.

Septembre 2012

 4 - AZÉRAT - LA FÊTE DE SAINTE RADEGONDE



Radegonde.jpg« On raconte qu’autrefois, toutes les années, à la fête de Sainte Radegonde, arrivait à Azérat une biche accompagnée de son faon. On s’emparait de cette biche qui n’opposait aucune résistance, on l’égorgeait près de la Fontaine Saint Jean, et on en distribuait la chaire à toutes les familles du village, proportionnellement au nombre de personnes qui les composaient, réservant la tête pour les moines. On laissait ensuite la faon s’enfuir par le même chemin par lequel il était venu.

L’année suivante, une nouvelle biche, accompagnée de son nourrisson, suivant le même chemin, venait à son tour se faire égorger et ainsi en était-il chaque année. Or, il arriva, qu’au bout d’un certain temps, les moines, on ne dit point pour quel motif, ayant voulu s’approprier la biche toute entière, elle ne revint plus les années suivantes, et les habitants d ’Azérat se trouvèrent frustrés d’une ressource qui leur permettait de fêter Sainte Radegonde en famille.

Les moines reconnaissant leur faute s’écrièrent :
« Nous avons pêché ! »
et, pour réparer, ils s’engagèrent à donner, chaque année, trois septiers1 de froment aux gens du village, ce qu’ils firent pendant longtemps. »

1Ancienne mesure de grains de la contenance d'environ 156 litres.


D’après P. Ferrier , Azérat avant la Révolution – Almanach de Brioude, Édition de 1926.

Septembre 2012

 5 - AZÉRAT – SAINTE BONNETTE D’ALVIER





  • Bonnette gardeuse d’oies :

    ALLEVIER_1.jpg« Etant donné leur situation précaire, les parents de Bonnette ne pouvait laisser leur enfant désœuvrée ; il lui avait confié la garde des oies ; mais la jeune fille, attirée irrésistiblement vers l’église par sa piété envers Saint Julien de Brioude, abandonnait souvent son petit troupeau, pour accomplir son pèlerinage.

    Avant de partir, Bonnette plantait sa quenouille à l’endroit où elle gardait ses oies ; celles-ci ne s’en écartaient point ; et, à son retour, elle constatait qu’il n’en manquait pas une seule. »

  • La traversée des eaux :

    « Un jour, Bonnette voulut se rendre, comme de coutume, à l’église de Saint Julien ; mais des pluies torrentielles avaient enflé l’Allier à tel point qu’il était impossible de la franchir, même en bateau. Désolée de ne pouvoir accomplir son voyage habituel, la bergère se jette à genoux et implore l’assistance divine.

    Tout à coup, le miracle, opéré jadis en faveur des Hébreux lorsqu’ils franchirent la Mer Rouge, se reproduit à Alvier : un ange apparaît , prend Bonnette par la main et l’entraîne vers le fleuve ; les eaux s’ouvrent, s’arrêtent en amont, tandis qu’elles continuent de couler en aval, laissant ainsi le passage libre à la jeune fille et à son céleste guide.

    Cette merveille, accomplie en présence des habitants du village, attribua désormais à la petite bergère une réputation de sainteté qui lui valu aussitôt le respect et la vénération de ses compatriotes. »

  • Bonnette sauve la ville de Brioude des Normands:

    Allevier_Ste_Bonnette0.jpg« Un matin, en traversant l’Allier pour aller à Brioude, elle eut la surprise de voir des barques nombreuses arrêtées à la rive gauche du fleuve : des soldats qui en étaient descendus, se dissimulaient dans les vigeries1.

    A leur manière d’agir, la bergère d’Alvier comprend qu’elle est en présence des « hommes du Nord » qui, sous la conduite de leurs chefs « les rois de la mer », avaient déjà semé la terreur et la dévastation dans une partie de la France ; ils se préparaient à mettre le siège devant Brioude.
    Que faire ? Revenir sur ses pas lui semble une trahison ; avancer, la perspective de pires outrages, de la mort même ; quelle défense la frêle enfant opposerait-elle à ces farouches guerriers ? Elle se recueille, invoque Saint Julien, le soldat- martyr, s’arme de courage et s’élance.

    Mais les Barbares l'ont aperçue ; ils l’entourent, l’interrogent sur ses intentions, sur le lieu où elle de se dirige. Bonnette avoue qu’elle se rend à Brioude, au tombeau de Saint julien pour y faire ses dévotions journalières.

    Persuadés qu’ils n’auraient rien à redouter de cette chétive créature, les Normands la laissent partir ; toutefois, pour plus de sûreté, ils lui font jurer de ne révéler à personne leur débarquement en ce lieu. Bonnette prête serment de ne rien dire à « âme qui vive » ; mais son plan est arrêté : elle trouvera un artifice pour donner l’alarme sans être pour cela parjure.
    Elle part le cœur anxieux, craignant de ne pas arriver assez tôt. En approchant de la ville, elle se met à interpeller les pierres qui se trouvent sur son passage en criant à pleins poumons : « Peïra, peïra, y te dize que l’ennemi z’y dien la vidzeïra ! » (Pierre, pierre, je te dis que l'ennemi est dans la vigerie !).

    Les brivadois, pensent d’abord que la bergère d’Alvier a perdu l’esprit et que son cerveau est le jouet de quelque hallucination ; mais en constatant son acharnement à répéter avec effroi aussi insolite, les habitants finissent par comprendre l’avertissement ; ils ferment aussitôt les portes de la ville et se préparent à soutenir le siège.

    Bonnette réussissait dans son projet ; elle ne manquait pas à son serment : elle n’avait rien dit « à âme qui vive », mais seulement parlé à des êtres inanimés, aux pierres.

    Les Normands ne tardent pas à arriver, croyant surprendre la cité pour s’en emparer plus facilement, c’est en vain, leur présence à été dévoilée ; ils trouvent la ville en état de défense et échouent dans leur tentative.

    Bien plus, ils sont repoussés dans la plaine et jusqu’à « la vallée de Montclard » où la milice de Saint-Julien les mit en pièces à la suite d’une grande bataille dont parlent les anciens manuscrits2 ».

  • La légende de la chapelle d’Alvier :

    « La chapelle d’Alvier commençait à s’édifier ; mais par un hasard extraordinaire, le travail du jour était mystérieusement détruit pendant la nuit. Le maçon déclara qu’il renonçait à la construction.

    Sur le conseil des vieillards de l’endroit, il consentit à jeter son marteau en l’air ; le lieu où il tomberait serait l’emplacement désigné par la sainte pour l’érection de son oratoire.

    L’outil vint choisir au milieu du village, dans le tènement, occupé jadis par les parents de Bonnette, et dénommé « Les Roustides » ; c’est là que la chapelle fut définitivement construite ».

    1Les vigeries sont des saussaies ou plantations de saules qui bordent l’Allier.
    2 Lire : Montclard : Le pèlerinage de la Trinité

D’après l’Abbé Julien Espinasse – Sainte Bonnette , bergère d’Alvier – Almanach de Brioude - 1926

Octobre 2012

 6 - CHAMALIERES SUR LOIRE – L’ORIGINE DES PUCES


« On raconte ainsi dans le Velay comment le bon Dieu créa les puces.

Un jour, il se promenait, avec saint Pierre, dans les gorges de la Loire ; ils devisaient tout en marchant, du ménage, du monde et des difficultés de le bien diriger. Tout à coup, à un détour de l’eau, saint Pierre montra au bon Dieu une femme en haillons couchée sur le sable, au soleil ; elle était jeune encore, mais ses traits reflétaient l’ennui le plus profond.

Le bon Dieu à qui rien n’est caché, vit bien tout de suite que cette femme s’ennuyait de son oisiveté. Comme il est souverainement bon, il tira de sa grande poche une poignée de puces, qu’il jeta sur la jeune femme en lui disant : « Femme, l’oisiveté est la mère de tous les vices ; voilà de quoi t’occuper. »
Et depuis ce jour, les femmes ont des puces et lorsqu’elles n’ont rien de mieux à faire, elles se divertissent à les chercher. »


D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947)
Lire la biographie de l’auteur

Octobre 2012



 7 - ESPALEM – LA FONTAINE SAINT-BLAISE



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« Espalem est une paroisse du doyenné de Blesle qui reçut, en 1601, la visite de Charles de Valois1, comte d'Auvergne, allant assiéger Saint-Flour il passa, dans cette localité, une « montre » (revue) de ses troupes.

Dans le bourg d'Espalem se trouvait autrefois une chapelle, sous le vocable de saint Blaise, saint dont le culte était très répandu en France . On l'invoquait pour la guérison des maux de gorge, on lui demandait aussi sa protection pour le bétail, ce qui explique l'expansion de son culte dans nos contrées, où les paysans sont très attachés au soin et à la conservation de leurs animaux domestiques.

La chapelle de Saint Blaise à Espalem, citée dès le XVe siècle, comme étant à la nomination de l'abbesse de Blesle , est maintenant en ruines, mais sur son emplacement subsiste encore la fontaine dite de Saint Blaise. »


1 Demi-frère d' Henriette de Balsac

Lire : Balsac, berceau des histoires de France

D’après l’Abbé Julien Espinasse – Almanach de Brioude (1924)

Décembre 2012

 8 - FONTANNES - FÂCHEUSE COÏNCIDENCE



« Le 11 du courant, vers 5heures après-midi, la foudre est tombée sur l’église de Fontannes, arrondissement de Brioude, au moment où six personnes sonnaient les cloches, dans le but d’éloigner l’orage.

Une femme a été tuée1 ; une autre femme et deux ou trois hommes ont été grièvement blessés. Toutes ces personnes étaient dans l’église de Fontannes »

1 Marguerite Lagrange âgée de 50 ans, épouse de Louis Cavard


D’après « La Presse » , édition du 26 juillet 1837.

Octobre 2012

 9 - FRUGIÈRES LE PIN – LA SŒUR DE FOURNAT



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« Il était une sœur de Fournat qui, chaque dimanche, s’en allait, à Frugières, entendre la messe. Or, un de ces dimanches, le curé, dans son prêche, avait déclaré, avec émotion, à ses ouailles assemblées :
« Mes frères, il faut avoir confiance en Dieu ! Il envoie à tous les malheureux la manne. »

La pauvre fille, dont la pitance quotidienne était maigre, reprit confiance et s’en retournait chez Fournat, à travers champs, les yeux au ciel et la bouche ouverte, entonnant des prières en l’honneur du Créateur.

Voici qu’une alouette, qui planait dans l’air, prise d’une colique, envoya le produit de sa digestion dans l’espace, qui vint tomber dans la bouche, grande ouverte, de la sœur de Fournat. La chose était amère. Mais la bonne sœur n’en tint pas rigueur au ciel et, joint ses mains, s’écria : « M’en avoir jeté si peu et que ce soit si mauvais. Merci, mon Dieu, tout de même. »


D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947)
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Octobre 2012

 10 - MONTCLARD - LE LOUP GAROU DE LA TRINITÉ



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« Vers l’an 1350, à la suite d’une émeute, les villages de Moissac-Haut et de Lugeastre furent distraits de la paroisse de Sainte Agathe de Cusse-La Trinité1 et rattachés à celle de Saint Didier sur Doulon qui relevait pour la dîme de l’abbaye des filles nobles de Lavaudieu.

Pour se venger des dissidents, les moines de la Trinité leur envoyaient le loup- garou qui, sous des formes diverses, terrorisait la population.

Pendant les nuits d’orage, lorsque le vent souffle en rafales sur le plateau de Lugeastre, ébranle les portes et s’engouffre dans les cheminées, les vieilles femmes se signent en se serrant vers la pierre du foyer. - Hou, hou ! entendez-le, murmurent-elles avec angoisse, voici le loup … c’est le loup-garou de la Trinité qui passe ! »

1Commune de Montclard

D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947)
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Septembre 2012





 11 - PRADES - COUP DE BÂTON OU ACCIDENT

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« Il s’agit de M. Tourrette Baptiste, propriétaire à Prades, et de M. Farigoule Louis, cultivateur au même endroit.

Voici l’histoire (côté Tourrette) : ce dernier accuse le sieur Farigoule de lui avoir asséné sur la tête un formidable coup de gourdin, au moment où il passait près de lui, monté sur son âne, sur la route de Bains. Le sieur Tourrette porte à la tête une forte blessure par où le sang a coulé abondamment. Tombé à terre il appela au secours et fut relevé 20 minutes plus tard.

Voici maintenant l’histoire (côté Farigoule) : Le sieur Tourrette, sur son âne, dépassa sur la route le sieur Farigoule qui allait dans la même direction. Les paniers de l’âne frôlèrent Farigoule qui protesta. Tourrette traita Farigoule de mendiant et de voleur. Mais ce dernier ne riposta pas. Si Tourrette a une blessure à la tête, c’est, prétend-il, parce qu’il est tombé de son âne, la tête première, et s’il ne l’a pas secouru, c’est parce qu’il venait d’être insulté par lui.

Où est la vérité ? On le saura peut-être au tribunal »


D’après l’Abeille Brivadoise, édition du 21 novembre 1908.

Octobre 2012





 12 - L’ŒUF DE POULAIN DE PRADES



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« Un habitant de Prades, revendeur, était venu à la foire du Puy pour y faire des emplettes. Ayant aperçu au Plot une grosse citrouille, il demanda au marchand ce que s’était. Celui-ci lui répondit que c’était un œuf de poulain. Il l’emporta et l’attacha à l’arçon de la selle de son cheval .

En retournant à Prades, la citrouille, mal attachée, roule dans un ravin, se brise en plusieurs morceaux et tombe à proximité d’un lièvre que la frayeur fit partir.

A la vue de cet animal qui détalait au plus vite, l’habitant de Prades crue que c’était un poulain qui s’enfuyait et il l’appelait : petit, petit, viens ici. Il se mit à dire : à quel paure homme m’aviot pas trompa, aco éra bé un ieu de pouli »


D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947)
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Décembre 2012



 13 - LA LÉGENDE DE SAINT ARCONS



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« Saint Arcons, qui a donné son nom à la localité située sur la rive droite de l’Allier, entre Chanteuges et Langeac, était un des ouvriers qui travaillaient à l’édification de l’église du Puy. Chaque jour, il faisait le trajet aller et retour, mais non sans miracle en raison de la distance, pour se tenir près de ses parents infirmes. Les autres ouvriers en conçurent l’étonnement et le suivirent. Ayant constaté que leur compagnon assistait son père et sa mère, ils lui demandèrent pardon des soupçons dont ils avaient été atteints et voyagèrent avec lui.

En cours de route vers Le Puy, ils se sentirent bientôt fatigués et altérés. Au moment où ils arrivaient au sommet de la montagne de la Cohade1, voisine de La Limagne, Arcons frappa la terre de son marteau et il en jaillit une source de vin. Les ouvriers burent et furent réconfortés.

Le saint, redoutant des excès, obtient par des prières que la source fût transformée en fontaine d’eau claire qui, depuis, n’a cessé de couler. »


D’après Branche, Vie des Saints et Saintes d’Auvergne et du Velay .

1La Cohade, localité détruite située sur la commune de Siaugues Saint Romain (aujourd’hui Siaugues Sainte Marie)

Décembre 2012





 14 - SAINT DIDIER SUR DOULON - LE DIABLE DU BOUCHY



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C'est entre les villages de Moissac-Bas et du Viallard que le malin surveillait les jeunes filles ...



« Dans le chaos du volcan de Moissac-Bas et du Viallard1, au lieu dit Le Bouchy, une large dalle introuvable, surmontée d’un anneau invisible, donne accès à une galerie souterraine qui aboutit, disent les gens du pays, aux défilés de l’enfer.

Le jour des rameaux, à l’évangile, la pierre se soulève et livre passage à l’âme d’un réprouvé.

En temps ordinaire, elle est légèrement entrebâillée. Caché derrière cette sorte de trappe, le diable surveille d’un œil jaloux les allées et venues des jeunes filles qui s’égarent dans les sentiers ombreux de la montagne, et il happe au passage toute robe qui le frôle.

« J’ai, comme, quelques unes de mes compagnes, laissé un peu de ma jupe à la fameuse trappe, m’a avoué la bonne vieille qui me faisait ce récit, et comme elles aussi, je n’ai pu retrouver le morceau arraché… ».

On va pourtant au Bouchy.

Aller au Bouchy signifie d’ailleurs, dans la contrée, accepter un rendez-vous amoureux. »

1 Commune de Saint Didier sur Doulon


D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947)
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Septembre 2012



 15 - SAINT-FRONT – LES FILLES DU DIABLE



Les faits se sont déroulés un après-midi de novembre 1902, à Saint-Front en Haute-Loire...

Maison_hantee0.jpg« Alors que trois agriculteurs rentrent du marché de Laussonne (village voisin), ils sont soudain interpellés par des pleurs et des cris de terreur provenant du moulin d'Etienne Joubert. ...

Inquiets, ils se rendent sur place et trouvent Marie, la femme du meunier, complètement affolée, sur le seuil de sa porte. Elle appelle au secours en hurlant à tue-tête. ...

Derrière elle, dans la cuisine, se produit un spectacle effrayant. Les deux filles du meunier, âgées de 12 et 14 ans, hurlent au milieu d'une terrible agitation, les yeux révulsés : elles semblent projetées et traînées au sol par une force invisible...

Autour d'elles, la vaisselle vole en éclats, les meubles se renversent tous seuls. Dans l'étable voisine, les vaches meuglent et se débattent, étrangement recouvertes par des draps blancs. ...

Masson, l'un des agriculteurs, a toutes les peines à maîtriser l'une des filles, qui lui échappe des bras. Un sabot de l'adolescente est projeté contre une fenêtre et brise un carreau. ...

L'instant d'après, une autre vitre se fracasse, touchée par une pierre qui vient cette fois de l'extérieur. Masson ramasse le projectile et est pris de stupeur, car l'objet est brulant. ...

La femme du meunier est persuadée que c'est Marie Exbrayat, la vraie mère des deux filles, morte huit ans plus tôt, qui serait à l'origine de ces phénomènes paranormaux. L'une des adolescentes a d'ailleurs affirmé qu'elle aurai vu son fantôme, la veille... ...

Le moulin, hanté ? L'affaire fait le tour de la région. Les jours suivants, on compte une centaine de badauds qui osent dormir à côté de la bâtisse, afin d'assister à ces phénomènes. Mais ils doivent s'enfuir sous la pluie d'objets qui leur tombent dessus pendant trois jours : pierres, sabots, savon... ...

En décembre, on appelle à l'aide un prêtre exorciste mais rien n'y fait. Au réveillon, les fillettes sont de nouveau tirées par des forces invisibles. Les bougies s'éteignent toutes seules. On croit entendre des bruits de pas dans le grenier qui, demeure pourtant vide chaque fois qu'on ouvre sa porte. ...

Les choses se calment en 1903. Précisément, lorsque les deux fillettes quittent la région, sous les regards accusateurs des gens du village. On les appelle alors... les « filles du diable »! Elles rejoignent Paris où elles finiront leur vie. ...

La réputation du moulin demeure encore ancrée dans la mémoire collective. Même s'il n'en reste que des ruines aujourd'hui. Il n'y a même plus de chemin pour s'y rendre. ...Peut-être, alors, le moulin diabolique n'était-il qu'un endroit où deux enfants souffraient avec fracas et fureur parce qu'elles avaient perdu leur mère ? Le mystère reste entier...»


D’après Normal – Paranormal - 4 novembre 2011

Dossier Presse

Octobre 2012





 16 - SAINT PREJET-ARMANDON - LE PARADIS EST PLEIN !!!



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« On nous écrit de Saint Préjet Armandon :

Le paradis est plein !!! on refuse du monde.

La semaine dernière un habitant de notre commune, le jeune Martin François mourait à l’âge de 30 ans, non muni des sacrements de l’Église, et sa famille priait M. le curé de vouloir l’accompagner au cimetière en chantant ses oremus et en l’aspergeant d’eau.
-Le Paradis est plein ! répondit le curé ; allez voir à Bartolle1 !...
M. le maire de Saint Préjet intervient à son tout, offrant à M. le curé de l’indemniser de ses propres deniers, afin que cette pauvre âme ne partit pas dans l’autre monde sans une prière chrétienne.
- Le paradis est plein ! allez voir à Bartolle si vous trouvez des curés civils ! répondit à nouveau monsieur le curé.
Des amis du défunt furent donc à Bartolle et Martin fut enterré civilement, tandis que M. le curé très en colère, la clef du Paradis dans sa poche, s’en allait à Vals, boire chopine.
-Le paradis est plein, c’est une affaire entendue ;
On refuse du monde depuis que la séparation a converti tant de cocottes, hommes d’affaires véreux et sacripants pendus aux souquenouilles de notre saint mère l’Église ; mais on refuse surtout de recevoir les pauvres bougres, bouviers ou garçons de ferme, gens de rien qui n’eurent durant leur vie qu’une bourse légère et peu de foi ; ignorant que pour aller au paradis il faut savoir prélever même les plus maigres ressources la dîme de M. le curé.
Martin, garçon de ferme, ne donna jamais à M. le curé de Saint Préjet l’aumône que sollicitent partout à l’heure actuelle les robes noires.

Martin en sera puni : Le paradis est plein les portes lui en sont fermées.

Cependant, cette histoire aura pour conséquence d’envoyer chez Satan des âmes qui jusque là avait espéré voir le Créateur dans le vis-à-vis du face à face.

Depuis le 10 octobre, un groupe de quinze habitants de la commune de Saint-Préjet est venu se joindre aux mécréants de Bartolle et dans cette région Lucifer battra bientôt Jésus-Christ.

On ferme le paradis à Saint-Préjet, mais à Bartolle on ouvre les portes de l’enfer et la bourse de M. le curé ne s’en portera pas mieux.

Signé : Le Diable de Saint-Préjet»

1Barthol ou Bartolle : lieu-dit de la commune de Saint Préjet Armandon.


D’après l’Abeille Brivadoise, édition du 21 novembre 1908.

Septembre 2012

 17 - SALZUIT – LA CHAPELLE DE NOTRE DAME DES GRÂCES



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  • Les trois fées :

    « A une époque très reculée, trois fées puissantes se concertèrent pour délivrer la contrée d’un dragon. Le monstre terrassé et mis à mort, les fées disparurent sans qu’on sût ce qu’elles étaient devenues. Mais un beau jour, on trouva une vierge dans un noyer, à Chassagnes, une autre à Paulhaguet dans un chêne, et une troisième près de Salzuit, dans le ravin du Clos, au sommet d’un peuplier.

    Les trois fées furent alors l’objet d’un culte.

    On transporta à Salzuit la statue du peuplier, mais le lendemain elle avait disparu. Après bien des recherches, on la découvrait dans le peuplier. On la rapporta à sa place de la veille. En vain, car on dut constater une nouvelle fois sa disparition. On choisit alors un autre emplacement et pour que la vierge n’eût pas à regretter son peuplier du ravin, on coupa la niche naturelle que lui formait l’arbre et on plaça le tout sur le bord d’un chemin à l’endroit où est la chapelle actuelle. »


    D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947)
    Lire la biographie de l’auteur

  • La construction de la chapelle :

    « De jeunes enfants fesant paitre leurs brebis, trouvèrent il v a de cela bien longtemps, une statue enfouie aux pieds d'un énorme buisson d'aubépine en fleurs. Ils dégagèrent la sainte image des terres et des herbes qui la couvraient, car ils avaient reconnu qu'elle représentai tla Mère de Dieu, qui, touchée des soins que ces pauvres enfants rendaient à sa pourtraicture les remercia en laissant échapper une larme des yeux de la statue. Aussitôt grande rumeur dans tout le pays. Le curé et ses ouailles, le baron de Salzuit, lequel était alors messire Gédéon de Cugnac, et tous les habitants des paroisses voisines, s'empressèrent d'aller en procession chercher la Madone pour la transporter dans l'église du lieu.

    Le lendemain la statue absente fut retrouvée aux pieds de son aubépine chérie. Trois fois de suite la population la reporta avec respect à l'église paroissiale; et trois fois la sainte Vierge manifesta par son miraculeux retour son désir de rester sous son abri parfumé. Si bien que les paysans d'alentour lui taillèrent un nid au milieu des fleurs blanches du buisson; et voulant obéir à son ordre la placèrent dans cette rustique mais charmante châsse où les vœux et les prières de tous la poursuivaient chaque jour.

    Or, il arriva quelque temps après qu'un saint homme, messire Jehan Laurent, doyen du chapitre épiscopal de Notre-Dame-du-Puy et protonotaire du Saint Siége revenant par une nuit noire de visiter le noble Prévôt du chapitre de Saint Julien de Brioude, fut attaqué par des voleurs, non loin du buisson vénéré. Le pays était désert, le chemin peu fréquenté, perdu dans les haies. Ces malandrins le dépouillèrent de sa mule et de son viatique : et sans doute trompés et irrités par la médiocrité du butin, le menacèrent de mâle mort. Le doyen vain les supplia et, alors, eut son recours à la sainte Vierge de l'aubépine lui promettant en retour de son salut de lui bâtir une chapelle au lieu qui tant lui plaisait.

    Le vœu de messire Jehan fut exaucé; et fidèle, il fit construire une chapelle à la sainte Vierge qui conserva néanmoins son trône rustique, car le maître-autel fut bâti sous le buisson qui verdit encore longtemps et que nos aïeux assurent avoir vu.

    C'est cette chapelle bâtie de 1619 à 1622 sur le bord de ce chemin infréquenté remplacé depuis par la grand route no102, qui a pris et porte le nom de Notre-Dame-de-. Grâce. »


    D’après la Société française d'archéologie - Bulletin monumental - 1849

    Octobre 2012



 18 - SAUGUES – CROYANCES, SUPERSTITIONS ET PRÉJUGÉS DANS LE CANTON



  • « Réciter une prière en appuyant la main sur une peau de mouton appendue à la muraille de l’étable constitue un moyen simple et infaillible pour préserver les troupeaux de l’épizootie. »
  • »Celui qui se laisse voir par le coucou, avant d’avoir aperçu lui-même l’oiseau, doit mourir dans l’année. »
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  • « Les cendres du feu de la Saint- Jean piétinées par les animaux ont la propriété de les préserver de la maladie des pieds, vulgairement appelée pezaine. »
  • « La rosée de la Saint-Jean et l’eau des rivières employées ce même jour guérissent la gale. »
  • « On doit tuer son porc à date fixe ; s’il en est autrement, la chair de l’animal est moins ferme et rancit avec facilité. »
  • « On obtient de merveilleux effet des œufs pondus le vendredi saint. Ils se conservent toute l’année et amènent la guérison de quantités de maladie. Mangés le jour de Pâques, ils préservent de la fièvre durant l’année. Donnés à des animaux malades, notamment au village de la Clause, commune de Grèzes, ils opèrent leur guérison totale. »
  • « Le beurre de la Saint-Jean a des propriétés curatives analogues à celles des œufs pondus le vendredi saint. »
  • « Les corbeaux et les pies viennent frapper l’aile les vitres de la maison dont l’habitant va mourir. »
  • « Au cri de la caille se prévoit le prix du grain. »
  • « On se base sur le cours de la lune pour récolter le chanvre et le navet. »
  • « Une mort inévitable atteint tout malade qui, transporté d’un lieu à un autre, est obligé de franchir une rivière ou de passer un pont. »
  • « Tout animal né le premier jour de la nouvelle lune meurt de bonne heure. »
  • « L’astre des nuits exerce une grande influence sur les semailles. Faites à certaines périodes de la lune, les semailles réussissent moins qu’à d’autres. »
  • « Le bois coupé en pleine lune au printemps et vers le milieu de l’automne ne brûle pas. »

D’après Adrien Lascombe - Mémoires et procès-verbaux - Société agricole et scientifique de la Haute-Loire – 1879-1880.

Octobre 2012



 19 - SAUGUES – LE GOUFFRE DE L’ENFER



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« Au nord et à 1500 mètres environ de la ville de Saugues, sous le moulin Rodier et dans les prairies qui bordent la rive droite de la Seuge, existe, creusé par la nature, une espèce de puits dont la profondeur, aux dires des habitants du pays, est inconnue et que la tradition locale affirme être en communication avec l’enfer. Aussi est-il désigné sous le nom de Gour d’enfer.

En réalité, cet abîme, de forme ovale, mesure 25 mètres de longueur. Ses eaux, constamment au même niveau, hiver comme été, sont froides, limpides et d’une singulière transparence. Elles sont peuplées de petits poissons et surtout de grenouilles. Un habile plongeur descendit dans le gouffre, il y a quelques années, et constata que la masse aqueuse reposait sur le granit. Des joncs et d’autres plantes aquatiques garnissent le pourtour de ce lac en miniature. Un champ au sol maigre et pierreux le domine à l’est et s’avance en forme de promontoire sur ses bords.

Par un beau soir d’automne, un robuste paysan excitait de l’aiguillon deux grands bœufs noirs attelés à une charrue dont le soc déchirait à peine l’épiderme de ce champ rocailleux. Il entonnait un de ces airs rustiques aux notes graves et lentes, mélopée plaintive des classes courbées sur le sillon. Arrivé à l’extrémité abrupte du plateau, l’attelage, comme sais d’une frayeur soudaine et mystérieuse, s’emporte et roule au fond du gouffre, entrainant avec lui l’araire et le laboureur dont la main n’avait pu se détacher du manche de la charrue. Les tentatives faites pour retirer les victimes furent vaines, et ces tristes dépouilles sont depuis demeurées dans le funèbre abîme. Mais quand le soleil brille d’un vif éclat et qu’aucun souffle ne ride la surface de l’eau, l’œil peut apercevoir, dit-on, au travers du flot limpide, un objet poli qui semble refléter la lumière, c’est l’araire ; on distingue aussi deux masses noires et une blanche, l’homme et les bœufs. »


D’après Adrien Lascombe - Mémoires et procès-verbaux - Société agricole et scientifique de la Haute-Loire – 1879-1880.

Octobre 2012

 20 - VERGONGHEON - LE VOLEUR DE RAVES



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« Un soir, à la tombée de la nuit, un homme de Vergongheon était allé voler des raves. Il avait pris sa brouette, mais il avait oublier de la graisser. Comme il marchait doucement, sa brouette disait : « L’on te verra, l’on te verra, l’on te verra ».

Lui ne voulu pas croire et comme il arrachait les raves, il entendit venir quelqu’un. Il se sauva bien vite et sa brouette lui disait « Je te l’avais bien dit, Je te l’avais bien dit » »


D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947)
Lire la biographie de l’auteur

Septembre 2012



 21 - VIEILLE-BRIOUDE : LE PONT VIEUX ET LE DIABLE



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La pile du vieux pont

« Le vieux pont de Vieille-Brioude était attribué au diable. Voici pourquoi chaque année une pierre se détachait de la voûte qu’il fallait remplacer. On en disait rien, mais la chose se chuchotait.

C’était le diable qui, connaissant parfaitement le Code afin d’empêcher que l’on prescrivit la chose, faisait chaque année, acte de propriétaire en s’emparant d’une pierre. Le diable, d’ailleurs, ne manquait pas de complices.

C’étaient les amoureux. Les noces notamment avaient coutume, le lendemain des épousailles, de se promener sous son ombre.

Par un phénomène acoustique semblable à celui que l’on constate encore à la salle de l’Echo, dépendance de l’ancienne abbaye de La Chaise-Dieu, les mots chuchotés, sur une rive contre un des côtés de l’arche étaient nettement perçus de l’autre . Et l’on échangeait, ainsi de tendres serments.

Les amants qui, avant et en marge du mariage, goûtait au fruit défendu de l’amour en usait fréquemment. Chaperonnés par les parents, ils les amenaient, Elle sur une rive, Lui sur l’autre, Elle et Lui se disaient ainsi des choses folles… à leur barbe. Le diable était également sans pitié pour les maris cornards.

Et puis crac, le vieux pont s’effondra, le 27 mai 1822, avec un terrible bruit. Il fit un vacarme …du diable . Le nouveau pont n’eut plus d’écho. »


D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947)
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Octobre 2012






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