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Commencée il y a une quinzaine d’années, cette généalogie réunit plus de 35 000 individus. Près de 7000 ascendants directs ont été recensés.

Mes recherches relèvent de la tradition généalogique (documents familiaux, Mairies, Archives Départementales) et se sont complétées au fil du temps par les réseaux  que sont les cousinages, les forums, les membres de Geneanet,  les  échanges fructueux avec d’autres passionnés et de façon non négligeable que sont  les sites  privés ou  détenus par les associations.

A l’instant,  la machine à remonter le temps est placée  au niveau de « Berthe Au Grand Pied » et à Pépin Le Bref  non sans avoir cité  Rollon Ier de Normandie qui nous vient du peuple viking.

Cette généalogie est complétée par des apartés thématiques liés au contenu de ma chronique familiale.

Que soient remerciés, ici, celles et ceux qui m'aident dans la réalisation de cet Arbre Généalogique, ils sont cités dans mes sources.

 Chronique familiale



 QUAND LE FUTUR BARON HAUSSMANN ÉTAIT SOUS-PRÉFET D’YSSINGEAUX (1832) ©





Le_baron_Haussmann_Portrait.png Petit-fils d’un député qui ne siège pas lors du procès de Louis XVI, fils d’un intendant militaire de Napoléon 1er, Haussmann naît à Paris le 27 mars 1809 dans une maison située dans le quartier Beaujon qu’il fera démolir sans le moindre état d’âme. Sa carrière administrative le conduit de la sous-préfecture d’Yssingeaux à la tête de la préfecture de la Seine le 24 juin 1853.

Haussmann préside pendant dix-sept ans de 1853 à 1870 aux énormes changements urbains de la capitale grâce au soutien inconditionnel de Napoléon III.

Cette charge lui permet d'accéder à la fonction de sénateur en 1857 qui lui donne le titre de Baron , de membre de l'Académie des Beaux-arts en 1867 et de chevalier de la Légion d'honneur en 1847, puis grand officier en 1856 et enfin grand-croix en 1862.

Député de la Corse de 1877 à 1881, Haussmann demeurera bonapartiste sous la troisième République. Il décède à Paris le 11 janvier 1891.


Reçu Docteur en Droit vers 1830, il entre dans l’Administration après la Révolution de Juillet.En 1832, alors qu’il n’a que 23 ans le jeune Georges Eugène Haussmann est Secrétaire Général de la Préfecture de Poitiers. La France d’alors est dirigée par Louis Philippe qui est contraint pour des raisons budgétaires à supprimer dès 1833 le traitement des secrétaires généraux de préfecture.

Pour éviter la concurrence des autres secrétaires généraux qui vont se trouver sans emploi dès le 1er janvier 1833, Haussmann accepte une nomination dans la première sous préfecture venue.

Celle d’Yssingeaux étant disponible, Haussmann en devient le Sous-Préfet le 14 juin 1832.

Sans tarder, il prend la direction du Puy pour aller prêter serment auprès du Préfet et prendre ses nouvelles fonctions.



De Poitiers au Puy, six jours de voyage laborieux

Malle_poste_1902_Col.jpgA cette époque, il n’est pas facile de traverser la France et aucun moyen de transport régulier n’existe entre Poitiers et Limoges.

Le voyage commence en prenant à Poitiers la diligence de Paris à Bordeaux, avec pour première étape la ville d’Angoulême.

Parvenu à Angoulême, notre homme loue les services d’un voiturin1 qui assure également un service de la Poste entre cette ville et Limoges.

En fait de voiture, le trajet s’effectue dans une vieille guimbarde peu confortable . Après un itinéraire passant par La Rochefoucauld, Chabanais et Saint Junien, Haussmann arrive enfin à Limoges.

Dans la capitale de la porcelaine notre voyageur trouve une patache qui assure un départ journalier vers Clermont Ferrand et dont le trajet dure près de deux jours. Puis cahin-caha, on passe à Saint Léonard de Noblat suivi d’un arrêt pour la nuit à Sauviat sur Vige

Le lendemain, se succèdent Bourganeuf , Aubusson jusqu’à ce notre Sous-Préfet aperçoive la chaîne des Puys.Mais Clermont est encore loin. Pontaumur, Pontgibaud, le Col des Goulles sont franchis et c’est la découverte de la plaine de la Limagne au soleil couchant.

Dans ses souvenirs Haussmann écrit :
« La ville de Clermont était à mes pieds, au bout d’un lacet interminable, que ma patache mit près d’une heure à descendre.»

Haussmann s’assure d’une place dans la voiture assurant le service du Puy du lendemain après l’arrivée de la malle-poste de Paris.

Après une nuit réconfortante dans un hôtel de la place de Jaude, notre homme commence sa cinquième journée de voyage.

Il prend la route pour le Puy en fin de matinée. Après plusieurs haltes dans les relais de poste disséminés tout le long du parcours (Veyre, Coudes, Issoire, Lempdes, La Chomette ) l’attelage atteint le col de Fix alors que la nuit est là. Un dernier relais s’effectue à Limandre et c’est l’arrivée place du Breuil au petit matin.

Un sommeil réparateur de quelques heures et Haussmann se rend à la préfecture après avoir déjeuner.

1Voiturin : Homme qui loue à des voyageurs une voiture attelée qu'il conduit lui-même, s'occupant en outre du logement et de la nourriture.

2 Patache : Mauvaise diligence à deux roues, mal suspendue, et dans laquelle on voyageait à peu de frais




L'accueil du Préfet altiligérien

Prefecture_Le_Puy_col.jpgCoïncidence particulière le préfet s’appelle Du Puy, ancien Colonel de Cavalerie devenu Préfet on ne sait comment, l’homme est affable. Bien que plein de bon vouloir, il n’entend rien à l’administration d’un département, ce qui ne peut que convenir à Haussmann.

Le Sous-Préfet d’Yssingeaux retrace l’évènement :
« Le Préfet me reçut on ne peut mieux. Il m’invita, pour le jour même à diner.
Ma prestation de serment accomplie, j’aillai présenter mes hommage à la Préfète ; puis me rendre ma visite officielle au Général Commandant de la Subdivision Militaire et à l’Évêque ; enfin, déposer des cartes chez les Conseillers de Préfecture, le Receveur Général et les Directeurs des principaux services ».

Retenu par le Préfet jusqu’au lendemain, Haussmann déjeune en compagnie de sa famille où il reluque la fille de la Préfète qu’il qualifie de « ni petite, ni belle ni laide mais d’un caractère aimable ».

Enfin, c’est le départ pour Yssingeaux , dernière étape du voyage, dans un berlingot de louage.



Yssingeaux : le Sous-Préfet aux champs !

Yssingeaux_Pref_col.jpgBien que la distance à parcourir ne soit que de 28 kilomètres, le conducteur prend soin de ses chevaux en les faisant reposer pendant près d’une heure à Saint Hostien.

Il fait nuit quand l’attelage parvient à Yssingeaux. Nous sommes jour de marché et un grand chahut règne autour de la Sous-Préfecture. Une bataille rangée entre des fêtards se termine à coups de couteau.

« Mon premier acte d’administration - rapporte Haussmann - fut de faire porter un des combattants, qui gisait blessé devant ma porte, en laissant le soin à la Justice l’appréciation des faits ».

Pas de loisirs à prendre dans son organisation personnelle, dès le lendemain, Haussmann est dans l’obligation d’entreprendre la tournée du Tirage au sort de la classe 1831. Cette pratique consiste à rassembler les jeunes en âge de servir dans les armées et à leur faire tirer au hasard un numéro qui décide, ou non , de leur incorporation.

A la première heure, le Lieutenant de Gendarmerie vient le prendre avec une escorte et des chevaux de selle.« Je partis en uniforme – dit Haussmann - accompagné par le Chef de Bureau de la Sous-Préfecture, porteur du rouleau contenant les tableaux de recensement et les autres papiers nécessaires, et du « sac à malice » où se trouvaient les étuis dans lesquels se placent les numéros ».

Ainsi en quelques jours, le nouveau Sous-Préfet s’installe sur son nouveau territoire en se rendant successivement à Bas en Basset, Retournac, Monistrol, Saint Didier La Séauve, Montfaucon et Tence, en terminant le jour du marché par le canton d’Yssingeaux.

Logé sommairement dans les appartements de la Sous-Préfecture, Haussmann prend pension dans le principal restaurant de la localité et les moments de repas sont propices aux rencontres.

Il fait connaissance de M. Dumoulin, un avocat d’Yssingeaux, « plein d’esprit et de savoir, raconte Haussmann » avec lequel il éprouve une certaine sympathie.

Une fois installé, le Sous-Préfet achète une pouliche de quatre ans dont il va se servir, non seulement pour ses tournées, mais aussi pour des excursions en tous sens dont il ne se privera guère.

Tour à tour, il visite les mines de charbon de Saint Etienne ainsi que les fabriques de papier d’Annonay sans négliger de longues promenades dans le massif du Mézenc.

Mais il ne désintéresse pas des nombreuses randonnées dans l’arrondissement d’Yssingeaux dont il va connaître en peu de temps de nombreux recoins.

« Dans sa tournée de Révision, le Préfet - raconte Haussmann – se montra fort étonné des explications qu’après si peu de temps, je me trouvais en état de lui donner sur une foule de sujets ».

Cette première étape lui permet de se familiariser avec l’exercice de l’autorité et de s’obliger à une tenue constante imposée par le rang qu’il occupe dans la ville d’Yssingeaux.

Le séjour de quelques mois dans la cité Yssingelaise s’achève. Haussmann est nommé le 9 octobre 1832 à la Sous Préfecture de Nérac dans le département du Lot et Garonne.

Haussmann termine le récit de son épopée altiligérienne :
« Après avoir fait mes adieux à mon Préfet et à sa famille ; après avoir serré la main de mes nombreux amis d’Yssingeaux , et chargé l’un d’eux, M. Bonnet le Maire, de tirer le meilleur parti possible de mon mobilier, j’expédiai sur Nérac, à petites journées, ma jument que je tenais à garder … ».



Obligé de passer la nuit à Peyrebeille ?


Une affaire appelant M. Dumoulin dans la ville d’Aubenas , ce dernier lui propose de l’accompagner pour ce déplacement. Belle occasion pour le commis de l’Etat de découvrir d’autres horizons.

Sans encombre, par Tence, les deux hommes se dirigent vers Saint Agrève où une halte est prévue pour la nuit. Le lendemain l’attelage parvient à Aubenas.

La visite de la ville terminée pour Haussmann tandis que M. Dumoulin en a fini avec son affaire, il est temps de prendre le chemin du retour.

Haussmann témoigne :
« Pour éviter de revenir monotonement par le même chemin, nous résolûmes de remonter le cours de l'Ardèche, en suivant la route de Clermont; qui franchit le petit massif de montagnes où cette rivière prend sa source, avant le village de Lanarce, et de rentrer dans la Haute-Loire par Pradelles, afin de pousser jusqu'au Puy, pour y coucher tout au moins.

Mais nous ne partîmes d'Aubenas qu'après déjeuner, et le temps nous manqua pour atteindre, avant la nuit, Pradelles, où nous comptions dîner. D'ailleurs la route est montueuse et nos coursiers n'en pouvaient plus du tout.

Il était six heures du soir: nous primes, bien qu'à regret, le parti de nous arrêter n'importe où pour dîner et faire reposer nos chevaux. Ce fut dans une auberge isolée, sise au croisement de deux routes, sur un plateau nu des plus mélancoliques.

La nuit vint, une nuit noire, où les étoiles ne suffisaient pas à faire bien voir le chemin. On nous décida, non sans peine, à coucher là. Mais on étouffait dans la cuisine, qui servait aussi de salle à manger et de salon, et, pour prendre l'air sur la route, nous nous fîmes ouvrir la porte déjà barricadée.

Une lueur apparaissait entre deux montagnes et nous reconnûmes bientôt avec joie, celle de !a lune, à son lever. La pensée d'échapper aux lits, d'une propreté douteuse, déjà préparés pour nous, et d'aller en chercher ailleurs de moins suspects, si tard que ce fût, nous vint en même temps à tous deux. Vite, nous commandâmes de seller et brider nos chevaux, malgré toutes les sollicitations intéressées des hôtes, dont nous avions hâte de régler le compte.

Minuit sonnait quand nous arrivâmes exténués, comme nos montures, au Puy »

Aussi banal soit-il, l’évènement pouvait en rester là.

Quelques mois après avoir pris son poste à Nérac, l’ex Sous-Préfet altiligérien découvre dans la presse le résumé d’un procès qui se déroule à la Cour d’Assises de l’Ardèche.

Des aubergistes profitaient de l’isolement de leur établissement pour assassiner les voyageurs à dépouiller puis les faisaient disparaître.Le nom de Peyrebeille rapporté par le journaliste et la description des lieux lui frappent assurément l’esprit . N’est-ce pas le lieu de son étape au retour d’Aubenas en compagnie de l’avocat Dumoulin ?

Haussmann avoue avoir frémit de peur à la pensée de ce passage dans ce lieu sauvage !

Avec bonheur, il ne passa pas la nuit dans ce que l’histoire désignera plus tard « L’Auberge Rouge ».

Tant de légendes suscitées par cette affaire rapporteront même l’assassinat d'un préfet et de toute sa famille, femme et enfants compris. Pourtant, dans les archives de cette époque, on ne relève aucune disparition de préfet ou même d'agression de haut fonctionnaire dans la région.

Dans cette circonstance, on peut retrouver l’origine de ce tumulte. Un Préfet a bien fait étape à Peyrebeille. Et quel préfet : Haussmann en personne. Mais il est bien reparti, libre et bien vivant, sans aucun incident … et fort heureusement pour la ville de Paris ! .




L’AUBERGE DE PEYREBEILLE

AUBERGE_PEYREBEILLE_col.jpgSituée sur le territoire de la commune de Lanarce aux confins de la Haute-Loire et de Ardèche ,en bordure de la RN 102, l’auberge de Peyrebeille aurait été le théâtre d’assassinats de riches voyageurs par les tenanciers des lieux. Mais cette affaire est entourée par mille et une rumeurs. Elles ont tellement pollué cette histoire que, désormais, on ne sait plus trop distinguer ce qui est rumeur de ce qui est fait réel.A l’issue de l’audience de la Cour d’Assises de Privas au cours de laquelle un seul forfait fut retenu, les trois accusés Pierre Martin dit « de Blanc », son épouse Marie Breysse et leur complice Jean Rochette ont été condamnés à mort le 25 juin 1833 .

Le 1er octobre 1833 à 3 heures du matin, les condamnés quittent leur cachot de Privas pour être conduits à l’échafaud dressé sur le lieu de leurs forfaits. Encadré par des huit brigades de gendarmerie et d’un peloton du 60e de Ligne , le convoi s’engage en direction de Peyrebeille où la foule s’agglutine tout le long du parcours.

A l’arrivée à Mayres les condamnés sont enfermés dans la maison commune pour y passer la nuit.Le lendemain, dès 5 heures du matin la charrette fatale s’ébranle devant une foule qui grossit au fur et à mesure de sa progression.

A 11 heures, devant un public impatient les condamnés aperçoivent l’échafaud installé en face de l’auberge, ainsi que les trois cercueils prêts à recevoir leur corps.

A midi, heure fixée pour l’exécution, un silence se fait dans la foule. Le greffier donne lecture de l’arrêt de la Cour d’Assises.

Marie Breysse est exécutée la première, puis son époux et Jean Rochette .

La justice humaine, tout humaine, rien qu’humaine avec son flot d’incertitudes était comblée.



En supplément
>>>Les routes de Haute-Loire
L'itinéraire de Lempdes au Puy en 1822


Octobre 2012



Main.gif Qu'est devenue la dépouille mortelle de Duguesclin ? <<<∞∞∞∞∞>>> Quand le futur baron Haussmann était Sous-Préfet d'Yssingeaux (1832)



SOURCES & BIBLIOGRAPHIE :

  • Bibliothèque Nationale de France - Gallica</fo,t>
    • Mémoires du Baron Haussmann - Auteur : Haussmann, Georges Eugène (1809-1891) - Éditeur : V. Havard (Paris) - Date d'édition : 1890-1893,
    • Le Coupe-Gorge : histoire de l'auberge de Peyrabeille (Ardèche)... d'après des documents inédits et authentiques et les souvenirs des contemporains - Auteur : Albigny, Paul d' (1831-1912) - Éditeur : imprimerie . du "Patriote" (Privas) - Date d'édition : 1886,
    • Journal des Débats Politiques et Littéraires : édition du 7 janvier 1927.
  • Sites Internet :
  • Galerie historique et critique du dix-neuvième siècle par Henry Lauzac,
  • Etat Général des routes de poste de l’Empire du Royaume d’Italie et de la confédération du Rhin (1811) dressé par ordre du Conseil d’Administration des Postes Impériales.
  • Itinéraire complet du royaume de France, divisé en cinq régions. MIDI / . Troisième édition, entièrement refaite d'après un nouveau plan... Orné d'une grande carte routière - Auteur : Langlois, Hyacinthe (1771-1835) - Éditeur : H. Langlois (Paris) - Date d'édition : 1822.


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