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Commencée il y a une quinzaine d'années, cette généalogie réunit près de 37 000 individus. Plus de 7000 ascendants directs ont été recensés.

Mes recherches relèvent de la tradition généalogique (documents familiaux, Mairies, Archives Départementales) et se sont complétées au fil du temps par les réseaux  que sont les cousinages, les forums, les membres de Geneanet,  les  échanges fructueux avec d'autres passionnés et de façon non négligeable que sont  les sites  privés ou  détenus par les associations.

A l'instant,  la machine à remonter le temps est placée  au niveau de « Berthe Au Grand Pied » et à Pépin Le Bref  non sans avoir cité  Rollon Ier de Normandie qui nous vient du peuple viking.

Cette généalogie est complétée par des apartés thématiques liés au contenu de ma chronique familiale.

Que soient remerciés, ici, celles et ceux qui m'aident dans la réalisation de cet Arbre Généalogique, ils sont cités dans mes sources.

 Chronique familiale



  LES CARNETS DE TANTE ANAÏS : RÉCITS, MYTHES ET TRADITIONS …
Chapitre 2


PLUS DE 300 TEXTES EN LIGNE

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Main.gif Vers le sommaire complet de tous les textes


Sommaire

 1 - AUZON SAUVÉ DES ANGLAIS – LA LÉGENDE DU COCHON



Auzon_sauve_par_un_cochon.JPG« Il habitait au Brugelet, dans le vieux quartier montant, parmi les antiques masures peureusement tapies sous les arcades du château. Une brave femme, veuve et délaissée, lui avait réservé là un logement confortable et des soins qu’il savait reconnaître : il engraissait comme à plaisir.

Chaque soir, la pitance engloutie, il dégustait sur le pas raboteux de la porte basse une blonde poignée de froment droit venu de la plaine. Après quoi, une petite promenade par les ruelles tortueuses lui faisait découvrir dans la boue aux relents délicieux mille choses inattendues, qui craquaient sous la dent.

Puis docile, il regagnait paisiblement son logis, tandis que les oreilles longues et la queue en vrille donnaient tous les signes d’une joie gourmande. Cette vie d’’épicurien eût duré jusqu’à la Chandeleur prochaine, si les Anglais ne l’eussent tragiquement interrompue.

J’ai oublié de vous dire que notre cochon – car c’est bien d’un habillé de soie qu’il est question – vivait pendant la guerre de Cent Ans. Qui me conta son histoire omit de me donner un état-civil plus exact. Les Anglais donc ravageaient le pays. On sait comment Brioude fut sauvée par la sainte d’Alvier1: on sait moins comment notre porc sauva les Auzonnais. Il y laissa son lard, mes amis !

La ville, depuis dix huit jours déjà, avait fermé ses portes. Un beau matin les soudards étaient arrivés par l’Allier et avaient bloqué la ville, après vainement tenté l’assaut. Ramassée au fond de son trou, comme un sanglier au fond de sa bauge, hérissant sur son roc ses tours et ses remparts, la féale bonne ville faisait bravement front aux pillards.

Pourtant les braves gens n’avaient point l’air de vouloir s’en aller : ils semblaient chez eux dans les chaumières du faubourg abandonnées de leurs habitants. De toutes parts aux environ, d’ailleurs, les vilains avaient fui. De Lugeac, d’Azerat, de Vezezoux, hommes, femmes, enfants, tout s’était réfugié derrière les murs de la brave cité.

Il fallait faire vivre tous ces gens là et, pour peu que l’Anglais s’acharnât à ne pas plier bagages, les coffres de chêne laisseraient bientôt voir leur fond : songez qu’on était en juin et que la moisson, là-bas dorait encore la plaine. Quelques exaltés avaient bien parlé d’une sortie et de vous chasser ces suppôts du diable à grands coups de bâton !... Certes, on était brave à Auzon !....

Mais chacun avait acclamé les consuls pour leur courage et leur sang-froid, quand ils avaient décidé de ne pas risquer la bataille. On pouvait tenir encore, et on tiendrait par Saint Laurent jusqu’au bout !...

Tout de même l’inquiétude pesait dans les échoppes et les plus prudents avaient déjà descendu à la cave, avec un gros soupir, leurs belles livres tournois, amoureusement amassées. Oui les temps étaient proches et toutes les prières n’y faisaient rien. Il faudrait livrer la ville et des images effroyables de meurtre, de viol et d’incendie s’évoquaient, le soir, près de la huche vide….

Lorsque notre digne héros de cochon entra en scène. Lui n’avait point souffert du siège et les désastres du lendemain n’atteignaient pas sa belle humeur de sage philosophie. Sa brave femme de patronne, voyant en lui le seul espoir des jours mauvais, continuait à lui prodiguer ses soins, et, chaque soir, en grand mystère, il recevait toujours son dessert succulent. Que si l’on s’étonne de cette folle prodigalité par temps de disette, nous reverrons l’incrédule à l’autorité incontestable de la Renommée aux grandes ailes, qui nous a transmis tous les détails de cette véridique histoire.

Chacun connaît, d’ailleurs, l’amitié de l’homme, et même de sa moitié, pour les boudins et les jambons, arrosés d’un bon petit vin de Pissevis : cela vaut bien quelques sacrifices !... Maître porc, donc, ce soir-là, avalait son froment avec les grognements d’aise, quand soudain …

Auzon_Porte_de_Brugelet.jpg Le cochon, vous le savez, est fantasque. Une subite envie de gambader et voilà notre animal lancé, la queue en trompette, boulant à travers les rues, avec des cris farouches et effarouchés. « Resta le ! Resta le !... » Trop tard !... Comme un bolide la bête a passé !...

Le goret, calmé maintenant dévale au petit trot vers Messieurs les Anglais, forts contents de l’aubaine ; le malheur avait voulu que la porte du Brugelet, là, à cinquante pas, fut justement ouverte : allez la voir, elle existe encore !...

Courir après le diable de porc, impossible ! il était déjà entouré, et, une corde à la patte, solidement attaché à laz roue d’un chariot. Force fut donc de laisser le beau cadeau à l’ennemi : colère ni désespoir, plaintes ni larmes ne le ramenèrent au Brugelet.

La mort dans l’âme, pleurant son lard et son froment, l’hôtesse regagna son logis, verrouilla – un peu tard – la porte de son fol pensionnaire … Le lendemain, à midi, Auzon était délivré.

Les Auzonnais, accourus aux remparts, n’en pouvaient croire leurs yeux : le porc était-il donc Satan en personne ? ou un envoyé inattendu de Saint Laurent ?

- Et voici ce que conta le guetteur de la Rue Longue, qui avait tout vu, sinon tout entendu. Au matin, alors que deux ou trois gaillards, s’apprêtaient à vous coucher l’animal sur la planche fatale, leur capitaine un grand diable à barbe rouge, vint à passer, intrigué, il s’arrêta, tourna un moment autour du groupe, tâta d’un doigt connaisseur, le lard superbe et le poil soyeux. Puis, soudain très en colère, le poing tendu vers la ville, il sembla défier les remparts et leurs narquois mâchicoulis : bizarre façon de remercier la cité de son cadeau gratuit !...

Les soldats, cependant, achevaient d’occire notre pauvre goret. Tout d’un coup, devant le chariot où le porc avait passé la nuit, au paroxysme de la fureur, l’escogriffe tombe en arrêt et du doigt montre à ses dignes acolytes en arrêt quelque chose que le guetteur, lui, de son échauguette, n’avait pu distinguer. Ce qu’il y avait de sûr, c’est qu’aussitôt ces Messieurs avaient décampé.

Pour plus de prudence, on attendit le soir. L’Anglais n’ayant pas reparu, tous alors de dévaler la Rue Longue, et de se précipiter à l’endroit miraculeux et de chercher la cause mystérieuse de leur délivrance . E qu’ils trouvèrent ?

Ah ! mes amis, je vous le donne en mille ! Vous savez que tout animal, après avoir bien mangé, éprouve quelque besoin naturel qui, pour n’être pas noble, n’en est pas moins …pressant.

Vous avez aussi que le porc est vorace. Le nôtre avait avalé son froment, et, ma foi, les grains étaient encore tels qu’au jour où, sous la verge sifflante, ils sautent à l’envi sur le sol de la grange. Secoués d’un rire à rendre jaloux les héros d’Homère, nos Auzonnais regagnèrent leur bonne ville, rendant grâce au ciel d’avoir fait l’Anglais sis perspicace.

Du froment à un porc ! Les assiégés en avaient donc pour jusqu’à l’an prochain !... Il avait jugé plus sage de ne pas attendre.

Et c’est ainsi qu’Auzon fut sauvé par un porc ! »

1 Azèrat – Sainte Bonnette d’Alvier

D’après Arsène Bonnefoi « Auzon sauvé des Anglais : La légende du cochon » - Almanach de Brioude et de son arrondissement – Edition de 1925.

Avril 2013



 2 - LE MENU DU BANQUET ANNUEL DES AUVERGNATS DE PARIS (1931)



Joueurs_de_cabrette.jpg

« Soupe au choux de Rignac trempée au pain de tourte cuit par nous autres à Saint Flour,
Lard et jambe de porc de Trignac,
Petit Salé d’Egletons,
Saucisses d’Argentat,
Légumes pris au jardin,
Civet de lièvre aux oreilles dressées qui cabriolait par les vignes des puys d’Onguioles et du Fel,
Petites truffes nouvelles de Chaudes Aigues rôties à la poêle,
Oies du Quercy et dindons d’Issoire farcis de châtaignes de la Canourgue,
Salade de la Planèze,
Fourme d’Aubrac et de Salers,
Bleu d’Auvergne, Saint Nectaire, Roquefort,
Le Puy de Dôme sous la neige avec la fouasse d’Espalion et tout un troupeau de petits pâtés,
Petits paniers de fruits de La limagne,
Crâne vin rouge et blanc,
Bouteilles de derrière les fagots comme on dit à Paris,
Champagne qui gicle,
Café, eau de vie qui électrise. »


D’après le Journal « Le Matin », Edition du 12 mai 1931

Avril 2013



 3 - LA CHATELAINE DU BÉAGE

Tourterelles_1.jpg« Dans la vallée de la Veyradeyre, sous le Béage, à Chamberambeau, il y a deux tourterelles, on les voit rarement, mais on les entend souvent se livrer à leurs ébats. Un même nid, dit-on, les rassemble, et jamais des yeux indiscrets ne les ont obligées à se déplacer.

Ces tourterelles furent autrefois deux amants, un page et une châtelaine du Béage, qui venaient parler d'amour en ce lieu solitaire pendant que le seigneur Géranton du Béage était parti à la première Croisade.

Mais avant de partir, il avait ordonné à un domestique de veiller sur sa femme, et même de la tuer s'il s'apercevait qu'elle lui était infidèle.

Un jour, il surprit les deux amoureux et son poignard était levé pour les tuer, quand le génie de ces lieux écarta sa main et changea les amants en tourterelles.

On prétend que chaque nuit, leur forme primitive leur est rendue, et qu'ils se promènent sans crainte le long des rochers, sur les deux rives du torrent, des ruines de la ferme de Duny jusqu'à Chamberambeau et même jusqu'à la grange de Mazaboulet. »

D’après Blog Contes & Légendes

Avril 2013



 4 - LAFARRE – PESSADE DES SAUVAGES



Diablotin.jpg« Pessade vivait aux environs des Sauvages, du côté de la Fare. C’était un orgueilleux et un besogneux que ses créanciers menaçaient de jeter hors de chez lui.Un soir qu’il se trouvait au lieu de la Besseyre, il rencontra un inconnu à la barbiche et au regard aigu qui lui parut être le diable.C’était lui, en effet. Lucifer proposa à Pessade de le débarrasser s’il prenait l’engagement d’être rentré chez lui tous les jours avant le coucher du soleil.
- Si je te rencontre dehors après, tu m’appartiendras.Pessade accepta et devint riche.

Or un soir qu’il s’était rendu à la Chapelle-Grailhouze, il s’attarda et ne put rejoindre sa maison avant le crépuscule. Le diable fut soudain devant lui.
- Enfin, je te tiens et je vais t’emmener.Ce qui fut dit fut fait.Satan chargea Pessade sur son épaule et se dirigea vers le gouffre de Becelier. Au bois de la Farelle, le diable, portant toujours son homme, fit un bond formidable et passa entre les deux branches d’un gros arbre fourchu. Pessade essaya de s’accrocher à une branche et y entortilla ses cheveux, mais Satan tira plus fort et les cheveux restèrent attachés, mais non son possesseur.A Becelier, Satan demanda à Pessade pourquoi il résistait . L’homme lui assura qu’il portait un scapulaire1.
- Si tu quittes le scapulaire et si tu le jettes loin de toi, je renonce à notre pacte et je te rends la liberté.
>Pessade acquiesça, mais le diable se mit à rire méchamment et cette fois il noya sa victime.



1Partie du vêtement de certains religieux, composée de deux lés de drap partant des épaules et descendant bas sur la poitrine et le dos, qui se porte par-dessus la robe.

D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947)Lire la biographie de l’auteur

Avril 2013



 5 - LA MAIN DE DIEU

Main_de_Dieu.jpg« Le vendredi 20 janvier 1888, jour de foire à C. (Haute-Loire), un violateur de l’abstinence mangeait de la viande à la table de l’auberge, traitant de dévote et narguant une femme, placée près de lui qui lui adressait des reproches :

« Voici, disait-il, longtemps que je mange de la viande le vendredi, et jamais elle ne m’a fait plus de mal qu’un autre jour. »

La nuit venue, ce malheureux, veut quitter l’auberge, il était au premier étage et non au rez de chaussée, tombait dans le vide. On le relève mourant, et expirait le lendemain matin, ayant à peine de se reconnaître.

La miséricorde divine lui a fait la grâce immense des derniers sacrements. »

D’après le Journal « La Croix » , édition du 2 février 1888.

Avril 2013



 6 - LE BOUCHET SAINT NICOLAS - LA CROIX DE LA CHÈVRE :

Croix_de_La_Chevre.jpg« Sodome et Gomorrhe n’ont pas été les seules villes qui aient attiré sur elles les vengeances du ciel ; d’autres cités et d’autres villages subirent le même sort.

A cette époque, la bourgade du Bouchet, alors très importante, se laissa conduire au péché. Les crimes des habitants augmentaient sans cesse ; ils s’étaient tellement rendus abominables aux yeux du !seigneur pour leurs iniquités que Dieu, lassé, mit le doigt sur le Livre de Vie pour savoir combien il y avait de justes dans la bourgade ; il n’en trouva qu’un seul et c’était une femme, vieille et pauvre, qui ne possédait pour tout bien qu’une chèvre.

Un ange vint avertir la sainte paysanne, lui disant de sortir de ce lieu maudit, désormais livré à la réprobation, et lui ordonnant de s’éloigner promptement sans regarder derrière elle.

« Votre demeure et un chemin pour vous y conduire resteront debout au milieu des eaux qui vont surgir en cet endroit, vous avez vécu sans reproche au milieu de ce peuple corrompu, vous méritez d’être préservée du malheur qui va leur arriver. »

C’était pendant une nuit obscure.

La femme quitte avec précipitation sa mauvaise cabane, faisant maintes fois le signe de croix. Elle traverse à tâtons les rues du Bouchet et se dirige vers une montagne qui le couronne.

A peine est elle arrivée à mi-côte qu’elle se retourne au fracas qui se produit derrière elle. Elle tombe à genoux et voit la bourgade consumée par une pluie de feu et de soufre : tout périt et une vaste nappe d’eau occupe instantanément la place.

En raison de sa désobéissance, la maison qui devait être épargnée subit le sort commun.

Quand la vieille se releva, elle aperçut la chèvre qui broutait tranquillement autour d’une croix de pierre.

On l’appelle depuis la Croix de la Chèvre et domine le lac du Bouchet. »

D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947)Lire la biographie de l’auteur

Mars 2013



 7 - LA FONTAINE DE SAINT LÉGER A LAVAL



LAVAL.jpg « Cette fontaine, dont les eaux surgissent au bord d'un petit ruisseau qui coule à l'aspect nord de l'église de Laval n'est recouverte d'aucun édicule. Il y a seulement quelques années, on y trempait les enfants débiles pour leur donner de la force, usage maintenant abandonné.

La source était sous le vocable de Saint Léger, évêque d'Autun, martyr en 685, titulaire d'une ancienne église paroissiale dite de Saint-Légier près Sembadel ; on conservait, dans ce sanctuaire, ses reliques devant lesquelles se produisaient des miracles ».

D’après l’ Almanach de Brioude – Edition de 1920

Mars 2013



 8 - LA PAUVRE VACHE DE LA VIEILLE



Vaches_a_Lafarre.jpgAux seigneurs de Lafarre se rattache un fait ou légende étrange dont il est fait mention dans les Bollandistes, et qui mérite d'être raconté. C'est intitulé : « Légende de Saint-Philibert ». En voici le récit.

« Le seigneur de Lafarre était parti en expédition, à la tête d'une troupe de soldats. Au retour, il vint à passer près du village de Florac. Comme les soldats de son escorte avaient épuisé leurs provisions, il fait saisir la vache d'une pauvre veuve et commanda de la tuer.

La femme, qui n'avait que cette vache pour toutes ressources, supplia le seigneur de lui rendre sa bête ou de la lui payer. Rien n'y fit, l'homme se contenta de rire. Alors elle tomba à genoux, et lui demanda grâce par l'intercession de saint Philibert, en qui elle avait grande confiance. Mais l'autre ricana plus fort, et la vache fut abattue.

La nuit suivante, le seigneur de Lafarre mourait subitement. Ses compagnons le transportèrent à l'église de Goudet où existait alors une abbaye célèbre.

La femme, propriétaire de la vache, les suivit, réclamant le prix de sa bête. Les soldats furieux la repoussèrent brutalement. Elle se rendit alors à l'église où était le corps du seigneur, et là, à genoux, elle invoqua Saint Philibert. Elle était toujours à genoux lorsque les soldats vinrent pour enlever le corps de leur chef.

Dès qu'ils saisirent le cercueil, un beuglement comme celui d'une vache se fit entendre, sortant du cercueil même. Les hommes de l'escorte restaient interdits et épouvantés, et les beuglements continuaient.

La femme, elle, se réjouissait, comprenant que Saint Philibert l'avait exaucée. Pour faire cesser les mugissements, les compagnons du mort durent donner à la veuve un prix double de celui que valait la vache.

La femme de ce seigneur avait une triste réputation et était détestée de tous. Lorsqu'elle apprit la mort de son mari, elle tomba dans un violent désespoir. Elle resta plusieurs jours enfermée dans ses appartements, puis, un matin, elle sortit du château, et alla au sommet de la butte de Faradet, là où aujourd'hui se trouve un petit arbre qui domine sur l'abîme, et se lança dans le vide en poussant un grand cri.

On ne retrouva son corps qui dut rouler dans la Loire.

Elle revient, paraît-il, une fois tous les cent ans, rôder dans les parages de la tour de Mariac. Elle se revêt alors de beaux habits et a l'air d'une grande dame. Malheur à celui qui la rencontre et qui l'écoute, on ne le revoit plus nulle part.

Plusieurs jeunes gens ont ainsi disparu au cours des âges.

Au siècle dernier, un jeune homme l'aperçut lui aussi. Elle lui fit signe de la suivre vers les ruines du vieux château.
Mais il comprit et fit un signe de croix, aussitôt elle disparut. »

D’après le Blog Contes & Légendes

Mars 2013



 9 - BRIOUDE – LES PÊCHEURS DE LUNE



Les Pêcheurs de Lune_1.jpg « Voici bien des siècles, chaque soir, les villageois de Brioude s'assemblaient le long de l'Allier au bord des saules, pour assister au lever de la lune.

Chacun emportait, sous sa blouse, un grand panier muni d'une longue corde ; et tous suivaient anxieusement l'ascension dans le ciel de l'astre des nuits.

Quand la lune en passant sur la rivière se mirait dans ses eaux transparentes, les pêcheurs jetaient leur panier dans l'eau sur cette proie brillante ; puis ils le retiraient lentement, doucement, et ils s'étonnaient et ils s'attristaient que le panier fût vide et que la lune reposât encore au fond de la rivière.

Ces pêcheurs malheureux ont été nos ancêtres : parfois encore on nous appelle les « pêche-lune de Brioude », permettez-moi de vous le dire en patois : li tapa liuna de vé Bride. »



D’après Revue des traditions populaires – Auteurs Société des traditions populaires (Paris) et Musée de l'homme (Paris) – Edition de 1912

Mars 2013



 10 - LE PUY - EXORCISATION D’UNE DÉMONIAQUE



Exorcisme.jpg« D'une famme nommé Elix, du lieu d'Espally, laquelle est démoniacle et a esté exortée par le pere Perier, prieur des Carmes de ceste ville.

Ladicte année 1 635, et sur la fin du mois de janvier, et en plusieurs jours, ladicte famme a esté exortée par ledict pere Perier, prieur des Carmes de ceste ville, et interrogée diverses foix, de laquelle s'est declerée un diable nommé Judas, et icelly a dict et déclaré ce que s'ansuit premièrement, qu'ilz estoient dans ledict corptz de ladicte famme en nombre de vingt-trois diables, le capitaine d'iceulz se nommet Horzol, et n'a que vollu nommer Barabanc, Pylacte et Capiphe, et les nonbz des autres n'a vollu nommer.

Et ont dict qu'ilz estoient dans ce corptz par une famme qu'il le luy avoit donné par une pomme, laquelle ledict diable maudisset et l'arbre qui l'avoit portée, à l'interroguation que luy feysoit ledict pere, et plusieurs autres malleditions que ledict Judas jectet. Le lundy 5 febvrier 1635, n'an nomma un nommé …… et le 6 febvrier i635 n'an nomma deux nommés un Cousine et l'autre Pallafrenier, et le mercredy, 7° dudict mois, en nomma trois, sçavoir le Bollanger et Lance et ………...

Notta que après l'avoir exorcisée l'espace d'un an, l'on a esté constrainct de la quicter sans luy rien fère ny en fère sortir aulcun. »

D’après Les Mémoires d'Antoine Jacmon, bourgeois du Puy publiés par la Société d'agriculture, sciences, arts et commerce du Puy par Augustin Chassaing,... (1885)

Mars 2013



 11 - LA LÉGENDE DE MARGUERITE DE MAUBOURG



Tour_Maubourg.jpg« Dans le vieux castel de Maubourg vivait le baron Jaques de Mallet et son unique enfant, Marguerite.Souvent le seigneur accablé d’ans, couvert de glorieuses blessures rapportées d’Italie, songeant à ses deux fils morts à ses côtés sur le champ de bataille de Marignan, inquiet de l’avenir de sa race, reportait ses regards sur sa fille et la sollicitait de prendre un mari.

Marguerite finit par se rendre aux vœux de son père mourant et elle épousa en 1527 Christophe de Fay, seigneur de l’Herm et de Saint Quentin.Elle fit alors de sa vie deux parts, celle de ses devoirs de femme et celle de la charité.Sa bonté était si grande, son cœur si généreux, que son mari voulu y mettre un frein, mais la châtelaine ne suivait que l’élan de sa nature.


Les observations, les réprimandes n’étaient point écoutées ; les ordres mêmes étaient enfreints et mille ruses employées pour s’y soustraire.


Un matin que le baron était parti au point du jour la chasse avec les sires de Thourenc et de Rochebonne, elle se leva immédiatement après lui, et, malgré les rigueurs de la saison, - on était en hiver- elle enveloppa en hâte dans les plis de son manteau des provisions et des vêtements pour une pauvre famille de bûcherons qui habitait à une assez longue distance du château.

Elle cheminait depuis quelques temps lorsqu’au détour d’une allée, dans la forêt, elle se trouvait tout à coup en présence de son mari.

Tremblante, elle voulait fuir mais déjà la baron l’avait retenue et d’un ton rude il lui demandait où elle allait à pareille heure et ce qu’elle portait dans son manteau.


- Ce sont des fleurs ! répondit-elle, dans sont trouble, espérant par un pieux mensonge sauvegarder son aumône.
- Des fleurs ! dit l’incrédule Christophe. Voyons ? et ce disant, d’un revers de main, il entrouvrit les plis du manteau.

Aussitôt une quantité de marguerites et de roses se répandaient sur le sol, embaumant l’air d’un parfum délicieux.

Confondu par ce miracle éclatant, le fier seigneur n’eut garde dès lors de s’opposer aux bienfaits de sa pieuse épouse et ne cessa de la seconder dans son œuvre de bienfaisance.

Lorsque Marguerite de Maubourg mourut en 1556, elle voulut être ensevelie au lieu même où le miracle s’était accompli et où fut élevée une chapelle commémorative. Cette chapelle existe encore au sortir du village de Saint Maurice, à gauche quand on descend vers le Pont de Lignon. »

D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947) Lire la biographie de l’auteur

Février 2013



 12 - LE TAILLEUR ET LE LOUP



Loup_hurlant.jpg« C’est l’aventure d’un tailleur de campagne.

Le tailleur ayant terminé sa journée, chez un client, gagnait un soir son logis en traversant le bois de Figoux, près de La Chaise-Dieu. La neige tombait en tourbillons serrés et le vent s’engouffrant dans les sapins faisait entendre des mugissements sinistres, tandis que la nuit descendait brumeuse et glacée. Notre homme aveuglé par la neige cherchait en vain son chemin lorsqu’il se sentit tout à coup disparaître dans le vide. Patatras ! le malheureux tailleur était tombé dans la fosse à loups.

A l’approche de l’hiver, dans certaines éclaircies de bois, on creuse un trou assez large et profond de cinq mêtres que l’on couvre de branches légères sur lesquelles on place un gros morceau de viande, afin d’attirer les bêtes fauves. Celles-ci arrivent, flairent et tombent brusquement dans le trou dont elles ne peuvent plus sortir.

Le tailleur par mégarde ayant perdu son chemin, s’était laissé choir dans une de ces fosses où se trouvait déjà un loup d’une énorme taille. Drôle de compagnon n’est-ce pas ? Pensez quelle grimace fit notre tailleur lorsqu’il aperçut dans l’obscurité deux yeux brillants comme deux tisons ardents et qui commençaient à l’effrayer.

Il fallait rester là toute la nuit près de cet animal qui pouvait le dévorer, et qui se tenait apis dans un coin.

Que faire ?

Une idée ingénieuse traversa la cervelle du tailleur. Il sortit de sa poche ses longs et terribles ciseaux affilés comme un rasoir, se mit à les faire jouer ; et par le grincement de cet outil il tint en respect la bête fauve qui se son côté faisait claquer les dents.

Que les heures lui parurent longues ! A mesure que le loup voulait changer de place, il donnait un coup de ciseau et pendant toute la nuit il ne cessa de faire grincer son outil professionnel.

Enfin le jour parut avec son cortège de brouillards et de givre.

Le tailleur transi, apeuré, cria de toutes ses forces à l’aide. Bientôt des hommes armés de fourches, de fusils, de bâtons, vinrent voir qi quelques loup n’était pas tombé dans la fosse.


- Sortez-moi vite, leur cria le tailleur ; je suis mort de peur !

Les sauveteurs, au moyen d’une corde, tirèrent le pauvre tailleur qui leur raconta en tremblant sa mauvaise nuit.

Ce fut ensuite le tour du loup ; on le cribla d’abord de balles au fond du trou, et lorsqu’on le remonta et qu’il fut étendu sur le sol :

- Cré nom, dit le tailleur, cette fois en riant, quelle belle bête ! elle m’en a fait passer une ! comme souvenir je veux emporter le bout de sa queue.

Et prenant ses grands ciseaux, il coupa un morceau de l’appendice final de son compagnon de nuit. »

D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947) Lire la biographie de l’auteur

Février 2013



 13 - O VIEUX ET FAROUCHE SATYRE !



satyre_2.jpg« …. le sieur Boudon qui vient de comparaître devant la cour d'assises de la Haute-Loire. Ce Boudon est un vrai phénomène, il a 78 ans, et jamais vous n'avez vu ni ne verrez probablement vieillard plus impétueux que ce vieillard-là.

Boudon en remontrerait à des jeunes gens de 25 ans. II était la terreur des filles du pays qui craignaient de le rencontrer. Pourtant, Boudon était marié. Il avait fini par épouser une ancienne maîtresse qui lui payait en reconnaissance et dévouement cet acte de réparation.

En définitive, Boudon pouvait être heureux !

Quelle mouche l'a piqué, quelle fantaisie saugrenue s'est emparée de son esprit, un jour qu'il contemplait sa femme en train de laver son linge? Nous laissons aux physiologistes le soin d'expliquer cet acte de férocité bestiale.

Boudon voulait que sa femme revînt au logis, la femme ne voulait pas et résistait en souriant à ce caprice du vieillard. Il n'y avait pas là, comme on dit vulgairement « de quoi fouetter un chat » . Boudon trouva qu'il y avait de quoi mériter la mort. Il était armé d'un pistolet et il tira sur sa femme qui reçut la balle dans la tète et qui tomba raide morte...

Ce vieillard trop jeune a été condamné à la réclusion perpétuelle. Après ce que nous venons de révéler sur son compte, cette peine a été le plus terrible châtiment qui pût lui être infligé.

Les voilà bien passés, Boudon, ces jours heureux, où tu poursuivais dans les blés et dans les bois, les villageoises effarouchées!

O vieux et farouche satyre ! Comme te voilà puni et justement ! ».

D’après « L’Univers Illustré » - Le Courrier du Palais, Édition du 6 juillet 1878

Février 2013



 14 - RAUCOULES : LA CORRUPTION SOUS SCELLÉS



Raucoules.jpg1.jpg
« La France Libre de Lyon conte cette histoire qui s’est passée, fin octobre dans la Haute-Loire.

Le maire de Raucoules recevait du ministère de l’Instruction Publique, vers la Toussaint, une caisse de livres destinés à former un fond de bibliothèque populaire et à circuler dans la commune.

Estimant, comme honnête homme et bon catholique, devoir, avant de livrer ces ouvrages à la publicité, s’assurer s’ils ne contenaient rien de contraire à la religion et à la morale, il en trouva un certain nombre manifestement appeler à jeter dans les âmes le premier germe de la corruption.

Fort de sa conscience, le maire mit les livres sous scellés et l’annonça au Conseil Municipal qui l’approuva à l’unanimité.

L’affaire transpira, et une pétition, inspirée, dit-on par un monsieur bien connu au chef-lieu de canton, pria le maire de mettre en circulation la bibliothèque populaire, selon les instructions reçues.

Refus du maire…. Le Préfet insiste à son tout, le maire répond que sa conscience lui interdit de démoraliser sa commune par de mauvais livres. Seconde lettre du préfet, nouvelle réponse du maire déclarant que, tant qu’il sera là, il s’opposera à la diffusion de ces ouvrages, dût-il les brûler sur la place publique de Raucoules.

L’affaire en là.Nos meilleures félicitations à l’honorable et vaillant magistrat qui s’est souvenu que la littérature immorale était l’arme favorite de la franc-maçonnerie »

D’après le journal « La Croix » édition du 1er janvier 1896

Février 2013



 15 - LE ROCHER D’AIGUILHE ET LES YSSINGELAIS



Rocher_d_Aiguilhe.JPG« Les gens d’Yssingeaux étaient jaloux de ceux du Puy parce que près de la ville se trouvait le rocher d’Aiguilhe et que ce rocher leur plaisait davantage que leur sucs qu’ils apercevaient chaque jour.Ils voulurent emmener chez eux le rocher. Pour cela, ils virent en nombre une nuit et, tandis que tout dormait aux alentours, ils entourèrent le rocher de fils de laine.

Quand le rocher fut ainsi ceinturé, les hommes, se mirent à tirer de toutes leurs forces. Le rocher ne broncha pas, mais la laine dédait petit à petit et les Yssingelais croyaient entraîner la masse et ils redoublaient d’efforts.

C’est au matin seulement qu’ils reconnurent leur erreur et regagnèrent honteux Brives et les hauteurs de Saint Hostien et du Pertuis . »

D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947) Lire la biographie de l’auteur

Février 2013



 16 - LA FONTAINE SAINT-EUTROPE À FONTANNES

Fontannes_Fontaine_Saint_Eutrope.JPG« Cette fontaine se trouve à 2 kilomètres environ du bourg de Fontannes, à l'orée d'un bois de pins, sur la limite des anciens domaines de la Léproserie de la Bajasse, dans la propriété de M. Pralong. Elle est recouverte d'une voûte en maçonnerie ordinaire, dans le type des vieilles fontaines publiques d'Auvergne la seule particularité qu'elle présente est une petite cavité en forme d'écuelle, taillée sur le rebord supérieur de la margelle, formée elle-même par une longue pierre plaie en granit brut cette cavité sert de bénitier. La fontaine est placée sous le vocable de Saint Eutrope1 .

Tous les ans, le jour du 30 avril, fête du saint, après les cérémonies célébrées solennellement dans l'église de Fontannes, la population se rend en procession à cette fontaine sacrée, où l'on venait autrefois pour obtenir la guérison des fièvres. II y a seulement quelques années, au retour de la procession, avaient lieu les « romanies »2 le curé versait dans le creux de la main des fidèles quelques gouttes de vin bénit et recevait en échange une modeste offrande.

Nous avons sous les yeux la copie d'un procès-verbal de prise de possession de la cure de Fontannes par Messire Jean-François Croze, le 30 avril 1604, il y est dit que, à l'issue de la cérémonie, le nouveau curé « a pris en mains le reliquaire d'argent où sont enfermées aucunes reliques dudict sainct Eutrope et commencé en chant les Litanies des Saincts et faict la procession suivant la coustume du lieu jusques à la fontaine de Sainct Eutrope, où estant, après les oraizons et bénédictions des dictes reliques et de l'image dudict sainct faicles sur le peuple et sur les fruicts de la terre, ledit sieur Croze a béni une grande croix de bois qu'il avait fait planter le jour d'hyver proche et au-dessus de la fontaine. »

La croix en question a disparu depuis longtemps, mais le culte de Saint Eutrope est toujours très populaire à Fontannes le jour du 30 avril est chômé par l'unanimité des habitants qui restent fidèles à l'antique coutume du « reinage»3 et à leur traditionnelle procession.


1 Saint Eutrope, premier évêque de Saintes, fut martyrise dans cette ville au IIIe siècle. Il était invoqué contre l'enflure et l'hydropisie.»

2Romanies, du mot romagne, pièce d'une valeur de cinq liards, ou du mot rounneux, nom anciennement donné aux pèlerine.

3Proclamation des rois et des reines de la fête La coutume du « reinage » est très ancienne et répandue dans nos régions.


D’après l’Abbé Julien Espinasse – Les Fontaines Saintes de l’arrondissement de Brioude -Almanach de Brioude (1924)

Janvier 2013





 17 - CHADRON - JEANNETTE BRÛLÉE VIVE



« Jeannette dite de Ravergade, fut installée à Chadron en Velay, dans les domaines et appartenances de l’abbaye de Saint Chaffre, afin d’y administrer philtres et brevet, d’y vendre des enchantements, sortilèges et breuvages.

Jeannette fut appréhendée en août 1390, assignée en la cour du Monastier et condamnée à « être livrée aux flammes pour y être consumée vivante » sous l’inculpation d’avoir prétendu guérir les gens de la « lueta esbadat », du « chat esbadat », des douleurs de tête et de ventre, et aussi parce qu’elle avait fourni au seigneur de Burzat, qui était en difficulté avec sa femme, des poisons violents « potiones mortiferas » précise le jugement qui fixait l’exécution de la sorcière « imbuta spiritu maligno et arte diabolica inflammata », sur un échafaud portant les panonceaux royaux, en présence de la population convoquée par le bourreau ».

D’après Ulysse Rouchon « Quelques procès de magie et de sorcellerie » article paru dans le Journal des débats politiques et littéraires – Edition du 10 février 1943.Lire la biographie de l’auteur

Ce texte est complété par LE PROCÈS DE JEANNETTE REVERGEADE (1389-1390)présenté en mai 2015.

Janvier 2013



 18 - GRÈZES – LES GRENOUILLES DE LA CLAUSE



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« Un pauvre paysan vivant avec sa femme dans une misérable chaumière au sommet du village de la Clauze, près de Grèzes, avait perdu ses deux enfants, morts sans baptêmes, peut-être par sa faute, et il avait enfoui les deux petits cadavres dans un terrain vague à l’extrémité d’un monticule qui s’élève au sud du hameau. Le sol y est âpre, nu , maigre, roussi par les chaleurs et brûlé par les fortes gelées d’hiver. Pourtant, il y pousse assez d’herbe pour qu’on puisse y faire paître une ou deux vaches.

Notre paysan, un jour, envoya l’une de ses filles mener paître l’unique vache de la maison. L’enfant, arrivée sur le plateau, s’étend sur le gazon et laisse l’animal errer et brouter à son gré dans le pâturage. Tout à coup elle éprouve au talon une atroce douleur et pousse des cris d’épouvante en voyant surgir à ses côtés deux énormes grenouilles au regard étrange qui la suivent et la mordent sans cesse au talon d’où coule un ruisseau de sang. On l’emporte à la Clause et, le lendemain, son père muni d’un lourd bâton, vient pour exterminer les monstres et en délivrer le plateau. Mais ils restent invisibles et sa fille qui la suivie est encore mordue sans qu’on puisse lui-même apercevoir les deux grenouilles.

Une foule de curieux accourt pour assister à ce spectacle émouvant et cherche en vain à découvrir ces mystérieuses ennemies, quoique la pauvre enfant, à leurs yeux, incessamment mordue, fende l’air de ses plaintes déchirantes et montrer à tout venant son talon ensanglanté.

En présence d’un fait aussi extraordinaire, on accourt au presbytère de Grèzes et l’on amena sur les lieux le vénérable curé de cette paroisse. Il était suivi de son clerc, portant un bénitier. Devant le peuple assemblé, le terrain fut béni, une croix y fut plantée et, depuis les monstres n’ont plus reparu.

Les deux grenouilles retenaient, sans doute captives, les âmes des deux enfants enterrés en ce lieu. »


D’après Adrien Lascombe - Mémoires et procès-verbaux - Société agricole et scientifique de la Haute-Loire – 1879-1880.

Janvier 2013



 19 - LE PUY - PROCÈS CRIMINEL FAIT AU CADAVRE D’UNE FEMME QUI S’ÉTAIT PENDUE (1630)



« Audict an 1630, et ce vandredy 8e jour de mards, l'on trouva une famme de basse condission pandue à la barre de la cheminée au lieu de Courmailh1, estant à la maison de la rue des Tables appellée ladicte maison du Parlayre, estant ladicte famme veufve et sans enfans.

Donc les officiers [de] la Court commune de la ville du Puy la firent prandre et la condamnarent à estre trainiée par la ville par le bourreau, et puis la firent pandre par les piedz à une poutance que l'on avoit ediffié au dehors la porte Sainct-Gilles, appellée une « Estrappade ».

Llà où l'on la fist demeurer deux heures; puis ledict bourreau l'antreignia au gravier de la rivière de Dollezon pour la laiser là manger aux bestes, mais néanlgmoingtz l'on la fist enterrer audict gravier parce que l'on avoit peur que la puanteur de ce corpts inffectace la ville, et ladicte famme estoit estrangere. »

1 Cormail, commune d'Espaly-Saint-Marcel.

D’après Les Mémoires d'Antoine Jacmon, bourgeois du Puy publiés par la Société d'agriculture, sciences, arts et commerce du Puy par Augustin Chassaing,... (1885)

Janvier 2013



 20 - LE LOUP-GAROU DE CHATURANGES



Loup_Garou_1.jpg« Il y a bien des années, un cultivateur de Chaturanges1, homme très âgé, car il était grand père, dont la conduite n’avait pas été durant sa vie fort exemplaire et qui avait de nombreux méfaits sur la conscience, avait amassé une fortune assez considérable et possédait de nombreux domaines.

Le bruit courait dans le village qu’il avait fait pacte avec le diable : il se passait chez lui des choses extraordinaires et abominables. Toutes les jeunes servantes qu’il prenait dans maison disparaissaient au bout de peu de temps et ne laissaient d’autres traces de leur personne que des vêtements ensanglantés.

Ces malheureuses étaient la proie d’une bête inconnue (loup-garou) qui les dévorait. Le propriétaire chaque année prenait à son service de nouvelles domestiques et toutes disparaissaient comme les précédentes. La terreur semblait régner dans cette maison et, dans les derniers temps, son propriétaire trouvait difficilement à remplacer ses jeunes bonnes, gardeuses de vaches.

La dernière que nous appellerons Jeannette, jeune fille pleine de courage et de finesse, voulut malgré les observations que lui firent les gens du voisinage, se louer dans la maison maudite, prétendant être plus intelligente et plus rusée que ses compagnes elle éviterait leur funeste sort.

Un jour, suivant son habitude, Jeannette avait conduit au pâturage les vaches confiées à sa garde, elle se tenait en garde contre la bête qui viendrait la manger, lorsqu’elle vit apparaître le propriétaire. En la voyant, il commença par quitter ses vêtements. Jeannette le voyait, mais lui ne la voyait pas encore ; tout à coup elle le vit s’avancer vers un arbre calciné et en tirer une grande peau dont il s’enveloppa. Il se mit alors ainsi affublé à courir dans le pré pour y trouver la gardienne de son bétail. Celle-ci, saisie de frayeur, monta sur un arbre pour échapper à ses regards. Ne la trouvant point le propriétaire remit la peau où il l’avait prise.

Alors Jeannette rentra à la maison raconta ce qu’elle avait vu et déclara que celui qui mangeait les servantes était le propriétaire lui-même ; alors on lui demanda des détails et elle raconta ce qui venait de se passer au pré. En même temps elle les conduisit audit pré et dans l’arbre calciné ils découvrir la peau. Pour s’en emparer on se servit d’une fourche en fer et on la fit chauffer au four.

Quand le four fut chaud on y mis la peau . Le propriétaire voyant sa peau dans le four voulait la retirer et demandait pour toute paie de la lui laisser toucher. On refusa et on la fit brûler. On en fait autant à lui. On le jeta dans le four et depuis cette époque il n’y eu plus de loup-garou. »

1Lieu-dit de la Commune de Saint Pal de Chalencon.

D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947)Lire la biographie de l’auteur

Janvier 2013






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