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Commencée il y a une quinzaine d'années, cette généalogie réunit près de 37 000 individus. Plus de 7000 ascendants directs ont été recensés.

Mes recherches relèvent de la tradition généalogique (documents familiaux, Mairies, Archives Départementales) et se sont complétées au fil du temps par les réseaux  que sont les cousinages, les forums, les membres de Geneanet,  les  échanges fructueux avec d'autres passionnés et de façon non négligeable que sont  les sites  privés ou  détenus par les associations.

A l'instant,  la machine à remonter le temps est placée  au niveau de « Berthe Au Grand Pied » et à Pépin Le Bref  non sans avoir cité  Rollon Ier de Normandie qui nous vient du peuple viking.

Cette généalogie est complétée par des apartés thématiques liés au contenu de ma chronique familiale.

Que soient remerciés, ici, celles et ceux qui m'aident dans la réalisation de cet Arbre Généalogique, ils sont cités dans mes sources.

 Chronique familiale



 LES CARNETS DE TANTE ANAÏS : RÉCITS, MYTHES ET TRADITIONS …
Chapitre 3


PLUS DE 300 TEXTES EN LIGNE

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Chapitre 1fleche._Simple_G.gifChapitre 2 fleche._Simple_G.gifChapitre 3 fleche._simple_Bas.gifChapitre 4 fleche._simple_D.gifChapitre 5 fleche._simple_D.gifChapitre 6 fleche._simple_D.gifChapitre 7 fleche._simple_D.gifChapitre 8 fleche._simple_D.gifChapitre 9 fleche._simple_D.gifChapitre 10 fleche._simple_D.gifChapitre 11 fleche._simple_D.gifChapitre 12 fleche._simple_D.gifChapitre 14 fleche._simple_D.gif

Chapitre 15 fleche._simple_D.gif


Main.gif Vers le sommaire complet de tous les textes





Sommaire

 1 - LE MEURTRE DU TAILLEUR


tailleur_d_habit.jpg« Un homme, voulant éprouver la discrétion de sa femme, lui dit un jour : J’ai tué un tailleur : je l’ai enterré dans tel bois à tel endroit ; mais ne le dis à personne de peur qu’on vienne m’arrêter.

Celle-ci jura qu’elle n’en dirait rien ; mais elle ne put s’empêcher de confier le secret à une commère, qui le répéta à une autre, si bien que de proche en proche tout le village le suit, et qu’un beau matin des gendarmes virent arrêter notre homme. Celui-ci dit à sa femme :
- Tu m’as trahi.
- Non, répondit-elle, c’est toi qui l’auras dit à quelqu’un ; quant à moi, je n’ai pas divulgué ton secret.
Tailleur.jpgL’homme suivit les gendarmes dans le bois qu’il avait désigné, il écarta les feuilles, et sortit le cadavre d’un tailleur, c'est-à-dire de l’insecte qui porte ce nom1 , et il dit aux gendarmes fort amusés du quipropo :
- J’ai voulu savoir si ma femme était discrète. »

1 Le carabe doré

D’après Albert Dauzat « Littérature orale de la Basse-Auvergne, L’Auvergne Littéraire » - 1938

Octobre 2013



 2 - LES FIANCÉS DE LA CHAISE-DIEU


Lavaudieu.JPG« A Lavaudieu, vieux village d'aspect médiéval, à quelques kilomètres à peine au sud-est de Brioude, se trouve le plus beau cloître roman auvergnat, le seul qui soit resté intact en dépit d'un long abandon. Il y a peu de temps, on s'en servait encore de hangar et de grange; mais il fut nettoyé et restauré avec tact. On aime ses proportions, son équilibre, la variété et la finesse de ses colonnettes, la diversité des chapiteaux (certains furent refaits par Philippe Kaeppelin).

Une galerie de bois, conservée par miracle jusqu'à nos jours, surmonte le cloître donnant à l'ensemble un air rustique de bon aloi. Dans l'ancien réfectoire, baptisé à tort «Salle capitulaire», on a récemment restauré une fresque monumentale aux tons chauds, représentant un Christ en gloire, la Vierge et les apôtres.

C'est du cloître que l'on voit le mieux la curieuse silhouette du clocher octogonal, en grés rouge, surmonté d'une flèche tronquée. Depuis quelques années, d'autres fresques (XVe siècle) ont été mises à jour dans l'église (scènes de l'Évangile).

Lavaudieu était une abbaye de Bénédictines venues, dit-on, de La Chaise-Dieu. Une légende rapporte les raisons pour laquelle les religieuses s'établirent ici, vers la fin du XIe siècle : lorsque Saint Robert eut fondé l'abbaye de La Chaise-Dieu, il dut bientôt prévoir, à côté des bâtiments conventionnels, un monastère pour les femmes.

Peu après la création de cette maison, Judith, la fille du comte d'Auvergne Robert, demanda à y être admise.

Elle suivait l'exemple de son fiancé, Simon, comte de Bar-sur-Aube, qui, touché par la grâce, était entré dans les ordres. Or, peu de temps après, Simon se présenta à l'abbaye voisine : il y fut admis.

Saint Robert, craignant que le proche voisinage ne rallumât l'amour des anciens fiancés, décida de transporter plus loin le monastère des religieuses. C'est ainsi que vers la fin du XIe siècle les Bénédictines de La Chaise-Dieu s'installèrent dans ce village qui portait alors le nom de Comps. A la fin du XVe siècle, le roi Charles VIII accédant à une demande de l'abbé de La Chaise-Dieu, décida de changer le nom "vide et déshonnête" du prieuré : on l'appellerait désormais celui de la «Vallée de Dieu».

Au XVIe siècle on s'y écarta des règles données par Saint Benoît. Les religieuses devinrent des chanoinesses prébendées; ayant chacune logis indépendant et serviteurs particuliers, elles recevaient leur famille et savaient organiser en leur couvent, des fêtes quelque peu mondaines et parfois même des bals.

Cependant elles nourrissaient aussi des préoccupations religieuses : en 1779, le Père Gaschon d'Ambert vint à Lavaudieu prêcher une mission dont le souvenir est perpétué par la croix de fer forgé qui fut plantée sur la place. Le couvent disparut à la Révolution. Au nord, entre Lavaudieu et Fontannes, aux confins d'un bois et d'un pré, une voûte de maçonnerie abrite la fontaine Saint Eutrope, dont l'eau guérissait les estropiés. Dans la margelle, une cavité sert de bénitier... »

D’après Traditions, légendes, contes mystérieux...

Octobre 2013



 3 - LA FERME HANTÉE DU GÉVAUDAN : LES BERCEAUX DE LA TERREUR !


foudre.jpg« Jacques Monnier mène une vie calme, douce, dans cette belle Auvergne qu'il a appris à aimer à son retour d'Algérie, où ses parents avaient vécu comme beaucoup de fonctionnaires français. Jacques Monnier, le brocanteur, a connu la guerre, les combats à mains nues, les corps à corps dans la nuit.

C'est un aventurier, un baroudeur, qui a renoncé à la vie d'aventures pour une femme, Elisa, une italienne aux grands yeux sombres qui lui a appris la douceur d'un foyer, le bonheur du silence, la richesse de l'oubli. Ils tiennent ensemble le magasin de brocante, et la saison finie, Elisa part en Italie pendant quelques jours dans sa famille, qui est installée près de Padoue. Jacques profite de ces huit jours de solitude pour visiter les fermes et les villages de la région à la recherche de meubles anciens et d'objets précieux qu'il achète le bon prix aux paysans méfiants. Voilà pourquoi en ce jour de novembre orageux, il se trouve sur une route déserte de la Haute Loire, au volant de sa 2 CV verte qui cahote avec difficulté dans les côtes.

Il faut connaître la région pour savoir qu'il existe des chemins qui ne mènent nulle part, qui s'engouffrent dans les sous-bois et meurent au pied d'un arbre. Les routes qui serpentent à l'horizon montent vers le ciel et le silence, frôlent les ravins, contournent des à-pics et semblent éviter tout village, tout hameau, toute trace de vie. La notion de solitude, d'isolement est si intense que le voyageur étranger en éprouve quelques malaises et retrousse chemin. Jacques Monnier s'apprête à faire de même.

- «Cette route ne conduit nulle part», s'exclame-t-il en sortant de la voiture dont il a soigneusement serré le frein à main. Une rafale de vent le plaque contre l'automobile, un hurlement sinistre siffle à ses oreilles. Les nuages noirs qui courent vers lui sont brusquement déchirés par un éclair, le tonnerre explose et fait trembler la terre, la pluie crépite et se déchaîne. Jacques essaie d'ouvrir sa portière pour se mettre à l'abri, mais inexplicablement, la portière refuse de s'ouvrir, elle est coincée. Jacques tire de toutes ses forces, la pluie l'aveugle et soudain, une flèche de feu tombe à quelques mètres de lui, faisant jaillir des flammes d'un arbre qui s'effondre. La foudre. En courant, Jacques contourne sa voiture, ouvre l'autre portière, celle du côté opposé et se jette dans l'habitacle sec et rassurant de la 2 CV qui tangue sous les rafales du vent furieux. En quelques minutes, les nuages qui s'amoncellent font croire à la nuit. Les ombres noient le paysage magnifique.

A nouveau la foudre secoue le ciel. Les lumières s'éteignent. La pluie devient si violente que la bâche de la voiture semble sur le point d'éclater, des rigoles de pluie s'infiltrent et tombent sur la nuque de Jacques qui frissonne de froid. Il ne distingue plus rien à travers les vitres.

Jacques a peur.

Une peur honorable et bien compréhensible, la peur des éléments naturels déchaînés, contre lesquels on ne peut rien entreprendre, rien tenter. Jacques se glisse au volant. Il veut repartir, quitter ce plateau exposé, se rapprocher d'un village. Il s'aperçoit soudain qu'il n'a plus ses clefs...! Il fouille fébrilement dans ses poches, par terre, sous les sièges. Rien. Il ouvre la portière, tombe à genoux sur l'herbe, griffe la terre de ses doigts, sent des trombes d'eau se déverser sur lui. Ses doigts rencontrent enfin un morceau de métal froid, il s'empare triomphalement de son trousseau de clefs. Il se rue dans la 2 CV, met le contact, démarre. Les essuie-glaces balaient la vitre si lentement qu'ils ne servent à rien. Jacques allume les phares. Une lueur pâle flotte devant lui, il accélère, la voiture monte sur le talus, zigzague ; il suit la route à tâtons, plonge dans une flaque d'eau, contourne un bosquet et se retrouve brutalement dans le calme d'une cour de ferme...!

Il se range devant la longue et basse maison, se précipite dehors et s'arrête, stupéfait. Ferme_hantee.jpgLa pluie a cessé. Jacques avance vers la porte de la ferme, essuie ses cheveux trempés, frotte son pantalon taché de boue, reprend son souffle, attend que les battements de son coeur soient calmés, puis frappe à la porte. Il regarde autour de lui, apprécie la majesté des bâtiments qui datent d'une lointaine époque, les toits pentus recouverts de vieilles tuiles, les pierres vénérables cerclées d'ocre et usées par le vent rageur. Il frappe à nouveau à la porte d'entrée. Machinalement, il se recule. Un filet de fumée sort de la cheminée. Une lumière se voit à travers la vitre de la fenêtre étroite. Il frappe une troisième fois et lance d'une voix forte : « Holà, il y a quelqu'un ? ».

Il éprouve brusquement l'angoissante sensation d'être observé.

Il se retourne.

Dans l'obscurité d'une grange, il croit apercevoir deux points brillants, rouges, comme des yeux. "Il y a quelqu'un ?" Jacques s'approche de la porte, pose la main sur la poignée et entre. Dans la salle sombre brûle un bon feu de bois. La cheminée est vaste, haute et profonde. Des bancs de bois sont disposés près du feu, de part et d'autre du chaudron noir qui se balance lentement au-dessus des flammes qui le lèchent. Sur la longue table de bois cirée, une miche de pain est posée sur un plat de bois. Un long couteau au manche de corne luit de toute sa lame effilée. Une horloge martèle le temps de son balancier de cuivre et Jacques s'aperçoit avec surprise que les aiguilles manquent au cadran, et que cette horloge ne marque donc aucune heure. Un lit haut et étroit occupe un mur, au fond de la pièce. Et près de ce lit sont alignés trois berceaux.

Jacques s'approche du feu, présente ses mains à la chaleur des flammes et aperçoit une carafe de vin posée sur une table. Il a soif mais n'ose se servir. Les fermiers ont dû être retardés par l'orage pense-t-il, et ne vont pas tardés à rentrer.

Alors calmement Jacques s'assoit et attend.

Il allume une, deux, puis trois cigarettes. Les minutes passent. Personne ne vient.

Brusquement il sursaute. Il s'est endormi. Et pendant son sommeil quelque chose vient de se produire.

-« Il y a quelqu'un ?» Le silence lui répond. Il frotte ses yeux. Sur les dalles luisantes, il aperçoit des traces humides, une traînée mouillée qui va de la porte à la cheminée. Puis de la cheminée au lit. Une sensation s'éveille en lui, qu'il réfrène et veut nier.

Il n'est plus seul dans cette pièce obscure. Il ressent une vie proche de lui, un souffle, un regard. Jacques Monnier a trente-sept ans, il a connu la guerre, les combats à mains nues, les corps à corps dans la nuit, pourtant il a peur. Une peur irraisonnée qui le pousse à partir.

Il reboutonne sa veste et se dirige vers la porte. Mais au moment de sortir, il se sent obligé de regarder en arrière. Et ce qu'il aperçoit le glace d'effroi. Quelque chose de minuscule semble bouger sur le rebord d'un des trois berceaux alignés près du lit. Jacques fronce les sourcils, le coeur battant, s'approche lentement, une brusque sueur recouvre son front, il fait encore un pas et arrive devant les trois berceaux alignés. Et là, il pousse un cri affreux.

Dans chacun des trois berceaux repose le corps d'un bébé. Plus exactement, ce qui remue dans ces trois berceaux à la taille, l'aspect d'un bébé mais ce ne sont pas des bébés. Ce sont des vieux, de très vieux bébés, leur peau est ridée, une barbe blanche entoure leur visage, leurs mains sont osseuses, les doigts déformés. Et dans les visages abîmés par le temps, brillent de petits yeux noirs très vifs, qui le fixent avec moquerie et un sourire hideux, édenté, retrousse les lèvres parcheminées.

Bete_Gevaudan.jpg Les trois vieillards, dans les trois berceaux, lui jettent des regards si perçants que Jacques bondit, traverse la pièce en courant, sort dans la cour et se précipite dans sa voiture. de la grange sombre sort lentement un immense chien noir aux yeux rouges qui le regarde partir sans aboyer.

Le lendemain Jacques est revenu avec un ami médecin. La porte de la ferme était fermée, couverte de poussière et de boue, comme si on ne l'avait pas ouverte depuis longtemps. Les deux hommes décidèrent d'alerter la gendarmerie : ils furent accueillis par des sourires. La ferme était abandonnée depuis fort longtemps, depuis la guerre. Bien sur on la disait hantée, mais de là à voir des bébés vieillards..! Jacques retourna à plusieurs reprises dans cet endroit maudit. Il ne trouva qu'une ferme abandonnée, les portes fermées, les volets à moitié arrachés par le vent.

Ce témoignage a été envoyé à un journal très sérieux. Une enquête a été faite, sans aucune réponse. Le témoin fini par ces mots : « Ce n'est peut-être qu'un hasard, mais cette ferme est située à l'endroit où l'on a vu la dernière fois la bête du Gévaudan »...

Un hasard ? Peut-être pas...! »

D’ après Ailleurs est la vie

Octobre 2013



 4 - LE LOUP QUI S’EST FAIT MOINE


Loup_moine.jpgEn ce temps là, les bêtes parlaient.

Un vieux loup, qui avait porté l’épouvante en plus d’un parc, tomba malade : la rogne lui rongeait la peau.

Plein de douleur et de tristesse, il croyait bien mourir en sa caverne.

Il pria le bon Dieu de guérir son mal et promit, s’il recouvrait la santé, de renoncer, pour le reste de ses jours, à se nourrit de chair et de se faire moine au couvent de Saint Julien de Brioude.

Quel miracle : Le lendemain, il fut guéri !

Ayant fait le vœu, il voulut faire pénitence.

Il s’en alla donc à Brioude.

En chemin, les chiens, qui ne savaient rien du miracle, avaient bien envie de lui déchirer la peau, et les hommes de la lui percer à coups de fourche ; mais il était si contrit que personne ne lui fit de mal. Les gens le prenaient même pour quelque âme en peine et se signaient.

Notre loup arriva au couvent. Le portier lui ouvrit et le présenta à l’abbé.
- Est-ce toi mon frère ? fit celui-ci, que saint julien me faisait voir dans mon rêve cette nuit ? Je t’attendais, sais-tu ? Notre saint, sur l’ordre de Dieu, m’a révélé que tu es un grand pêcheur ; fais pénitence ! frère ! Fais pénitence ! que la grâce d’en haut tombe, comme la rosée sur ton âme !

Et l’abbé était si joyeux, qu’il l’aurait presque embrassé !...

Donc, l’avale-brebis vêtit la robe, on lui donna le nom de Frère Isengrin et il fut le plus pieux des moines. A l’église, il chantait bien un peu fort et d’une voix enrouée, mais personne ne s’n plaignait : au lieu de chanter, les autres moines pouvaient dormir…

Et puis, que voulez-vous ? Il faisait ce qu’il pouvait : un loup n’ a plus de voix à chanter la messe qu’un âne n’a d’adresse à jouer de la chevrette!Sachez, seulement que Frère Isengrin faisait pénitence, gisait sur un lit de sarment, pleurait ses péchés et priait avec ferveur.

Mais il avait beau prier et prier ! De faire maigre si longtemps, ses dents devenaient longues, longues, les acrottes et autres légumes lui donnaient la gingivite ; son pot de soupe le faisait baîller.

Ah ! qu’il aurait volontiers croquer une brebis !

La langueur le reprit.

Lui qui chantait, auparavant, avec tant d’ardeur, se taisait : à l’église les moines ne pouvaient plus dormir !

Chaque matin, les pâtres de l’abbaye, sortaient les troupeaux : Frère Isengrin, qui oyait les sonnailles dressait les oreilles et humait, de loin, l’odeur de sa proie ; ses yeux étaient des éclairs ; il avait envie de jouer les crocs.

Il lui fallait de la chair, de la chair saignante !

Ah ! pourquoi avait-il quitté la forêt où court le sanglier, où tout ce qui est sauvage s’ébat ? Pourquoi avait-il fuit son antre d’où il sortait, à son gré, pour aller ravir, la nuit, dans la bergerie, les animaux bêlants ?

Une nuit qu’une véhémente envie de chair le torturait, il trouva le moyen de sortir et se dirigea aussitôt vers le bois.

Au clair de lune, par la plaine, il s’avisa qu’une brebis était perdue dans un champ.
- Hé ! bonne nuit, brebis, fit le saute-parc, que fais-tu là, seulette ?- Je me suis séparée du troupeau et je ne sais pas où il se trouve, à cette heure.- Crosi-moi, brebis, tu ne le retrouveras pas !
br>Isengrin fit deux pas pour la saisir au cou. Mais il songea, qu’il avait fait le vœu de ne plus manger de chair de sa vie.
- Bast ! se dit-il, si, je la laisse aller, un autres s’en emparera et s’en régalera. D’ailleurs, j’ai trop faim !
Et le dévore-brebis mit en pièce la pauvre bête.

Les loups sont toujours loups : que les brebis se gardent . »

D’après Henri Gilbert « La Covisada » (en dialecte brivadois), Librairie Badiou-Amant - 1923

Octobre 2013



 5 - LE PUY – MEURTRE RUE GRENOUILLIT



Le_Puy_Porte_et_rue_Saint_Georges.jpg« Du murtre commis sur la personne de Gulhaume Pagès, dict Urbe, mestre cordonnier du Puy.

Ladicte année 1 63 5, et le mardy, à six heures du soir, entre jour et nuict, 1 3e jour du moys de mardz, arriva que tout ledict jour il avoit frequanté avec Anthoine et … Mège, filz à sire Estienne Mège, de la rue de Panessac, avec ledict Gulhaume Pagès et autres, tellement qu'ilz avoient faict la desbauche ensamble.

Donc les Mèges freres heurent disputte contre ledict Pagès en luy demandant quelque rouet d'arquebuze qu'ilz luy avoient cydevant presté, et ledict Pagès leur a respondu qu'il l'avoit dans un armoire de sa maison et duquel il n'avoit poinct la clef.

Alhors lesdictz freres luy auroient donné de coupts de poinctz et autres couptz sur la personne, en la rue de Grenolhet, que sans l'asistance de quelques gens pour lhors l'en heussent homicidé, et à l'istant lesdictz frères seroient allés dans la chambre dudict Pagès, sachant qu'il n'y avoit personne et en auroient enporté de divers linge, chair sallée et autres choszes et iceulx miz (et) enportés dans la maison de leur pere.

Sur ce seroit survenu ledict Pagès; sachant cella, leur auroit dict quelques injures et ausy d'un cousté et d'autre, et un peu après, entre jour et nuict, ledict Pagès se retirant dans sa maison, seroient survenus les dictz Mèges freres que l'auroient murtry, mis à mort de trois couptz de ponniard ou de bayonne dans la bouticque dudict Pages, lequel ne vesquict pas l'espace de demy-cart d'heure, sans pouvoir parler, sinon qu'à la solhicitation de monsieur le curé il dict qu'il pardonnet tout le monde.

Donc le landemain, à vespres, fust enterré au simantière de Sainct-Pierre-la-Tour, et les ditz Mèges s'anfuyrent ladicte nuict hors de ladicte ville. Néanlgmointz les amis et veufve dudict Pagès les poursuivent par justice et font tirer un monitoire. Donc ledict Pagès fust veriffié par les médecins et appoticaires et cirurgien monsieur Nicollas qui l'ouvrirent et luy trouvarent la vaine cave couppée et un bout des poumons, que fust la cause que morut sytot, et les susdictz deux Mèges estant beaux-freres dudict Pagès comme estant freres de la première famme dudict Pagès »

D’après Les Mémoires d'Antoine Jacmon, bourgeois du Puy publiés aux frais de la Société d'agriculture, sciences, arts et commerce du Puy par Augustin Chassaing,...



Octobre 2013



 6 - LA FONTAINE DE BONNEVAL



BONNEVAL_Dolmen.jpg« Une jeune fille célibataire, très pieuse, étant poursuivie par les jeunes gens du pays qui voulaient la séduire, s’enfuit pour échapper à leurs poursuites dans une petite forêt où il y avait une clairière garnie de fougères très hautes.

Cette clairière était au milieu d’une garnasse. S’étant embarrassée dans cette fougère, elle tomba et devint l’objet de lubricité de ses persécuteurs qui, pour ne pas être reconnus, lui coupèrent la tête.

La morte prit sa tête à deux mains et se dirigea vers un petit ruisseau à proximité, où, au pied d’un grand rocher perpendiculaire jaillissait une fontaine. Elle y lava sa tête et la replaça sur ses épaules en disant que la contrée désormais ne produirait pas de fougères. En effet, le pays aujourd’hui en est dépourvu.

Ceci se passait au XIVe siècle. On va maintenant tous les ans aux premiers jours de juillet, du 8 au 11, en pèlerinage à cette fontaine dont on boit l’eau. Ceux qui en emportent dans une bouteille prétendent que même dix ans après l’eau est aussi claire et aussi fraîche qu’au moment où elle a été puisée.

On dit que plus que celui qui est sans péché et par conséquent très vertueux, aperçoit trois gouttes de sang au fond de la fontaine qui est réputée miraculeuse. Cette fontaine est dans un ravin à une demi-heure de Bonneval, au bord du ruisseau qui va se jeter dans la Dore. »

D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947)Lire la biographie de l’auteur

>Septembre 2013


 7 - LA LÉGENDE DU CHATELARD



Diablotin.gif« Il y a longtemps, un immense château était perché sur la presqu’île que forme le Lignon face à l’embouchure de la Dunière. Les châtelains, puissants seigneurs, frappaient monnaie ; leurs forges étaient au lieu proche qui a conservé le nom de Faurie ou Forgerie.

Aux environs du château existaient des huttes qui abritaient ceux qu’aujourd’hui nous nommons des braconniers. Parmi eux, le père Claudon était une célébrité. Pas une pierre de la montagne ne lui était inconnue, pas une caverne dans le Lignon n’avait résisté à ses fouilles. Chasseur et pêcheur incomparable, buveur intrépide, après avoir venu le gibier et le poisson, fruits de son unique occupation, il allait de ferme en ferme, tant et si bien que, la nuit venue, notre homme regagnait sa chaumière chantant à pleins poumons de vieux airs patois qui faisaient s’envoler des arbres et les oiseaux apeurés. A cette époque, le Lutin faisait des siennes aux braves gens. On voyait parfois un cheval dont la crinière était tressée de telle façon que l’homme ne pouvait la débrouiller, ou bien encore l’avoine du coffre était toute dans la mangeoire de l’animal.

Il arrivait aussi que, sous la forme d’un doux mouton, on le rencontrait sur son chemin et quand on croyait ramener une bête égarée, il disparaissait sous la forme d’un monstre.

Le père Claudon rentrait un soir à Chatelard en chantant des airs de troubadours et gesticulant lorsqu’à une descente de la côte, il se sentit enlevé par une étrange bête qui avait de longues cornes droites. La bête fuyait à la vitesse du vent emportant Claudon sur son dos. Où le menait-elle ?..

Le goût de l’alcool commençait à lui passer et il fermait les yeux croyant finir sa vie dans les enfers, lorsque tout à coup dans une pétarade formidable, l’animal disparut, laissant notre homme ahuri à la lisière d’un bois. Il se frotta les yeux et aperçut en face de lui un arbre faisant croix et qui semblait barrer la route du démon. Claudon comprit alors qu’il n’avait pas une conduite bien régulière. Après s’être ressaisi, il dit simplement : « Sois le diable si tu veux, tu m’as porté une bonne pause . » Mais il rentra chez lui dégoûté à jamais des liqueurs fortes et, prenant sa hache, il fit une croix qu’il alla planter au lieu où s’était trouvé abandonné.

Cette croix a survécu jusqu’à nos jours, mais depuis l’histoire de Claudon, jamais le Lutin n’a plus fait de misères aux braves gens. »

D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947)Lire la biographie de l’auteur

Septembre 2013


 8 - LA PIERRE DE BONNEFONT



SAINT_VICTOR_D_ARLANC.jpg« Dans la commune de Saint Victor d’Arlanc et la section de Bonnefont se trouve un vaste communal appelé la Chaud dans lequel les habitants de Bonnefont mènent paître leurs bêtes depuis un temps immémorial.

Autrefois un habitant de Bonnefont avait à son service une domestique qui gardait ses vaches, et dont il était très satisfait, seulement cette domestique avait un très vilain défaut : elle était coquette. Toute la semaine elle travaillait pour son maître mais le dimanche elle ne manquait pas d’emporter aux champs ses habits qu’elle tournait de cent façons pour paraître plus belle.

On avait beau la prévenir que c’était mal, elle se contentait de rire et n’en travaillait pas moins. Elle devait être bien punie. br>
Non loin du communal, sur une hauteur, en vue du hameau de Fredeville, il existait une énorme pierre.

Or un dimanche la pierre se détacha d’elle-même du rocher et roula doucement et sans bruit jusqu’à la jeune fille qui cousait en gardant ses vaches et l’ensevelit. On n’entendit plus parler d’elle, seulement sur la pierre on trouva gravé un dé, une aiguille, du fil et un carré représentant une pièce d’étoffe.

La pierre s’était incrustée si profondément dans le sol que depuis aucune puissance n’a pu la tourner, mais les marques qui y furent tracées par une main invisible subsistent encore. »

D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947)Lire la biographie de l’auteur

Septembre 2013


 9 - LA CROIX DE SAINT GUIGNEFORT À SAINT-MAURICE-DE-LIGNON



ST_GUIGNEFORT.jpg« Près des Barrys une croix de bois simplement plantée dans le sol est l’objet de pratiques superstitieuses. On la nomme la croix de Saint-Guignefort, et des femmes viennent de tous les environs pour questionner le saint sur son sort de leurs petits enfants malades. L’enfant fait le tour de la croix tandis que la mère dit :

« Saint Guignefort, la vie ou la mort. »
Si l’enfant vient à marcher tout autour de la croix, c’est la vie ; s’il n’en a pas la foorce, c’est la mort.

Cette croix et miraculeuse. Si quelqu’un vient à l’enlever et à la transporter ailleurs, elle revient d’elle-même retrouver sa place. Un ravisseur, à l’époque de la Révolution, l’emporta à la Besse. Chemin faisant, il fut pris de violentes coliques et, le lendemain, on retrouva la croix à son ancienne place.

Le lieu, à peu près inculte, est situé en regard d’une vaste étendue de pays. Des pierres sont tout autour couchées sur le sol ou cachées dans les broussailles. On dirait une enceinte de pierre. »

D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947)Lire la biographie de l’auteur

Septembre 2013


 10 - MIRACLE ARRIVÉ À L’ÉGLISE DU PUY (1634)



Le_Puy.JPG« D'un grand miracle arrivé en l'esglize de Nostre-Dame du Puy la veullze de Noë.

Le 24e décembre, à minuict, audict an 1634, un filz d'un teyserant du faulxbourg Sainct-Jacques du Puy, nommé Biscarrat, dudict Puy, estoit allé antandre la messe de minuict en ladicte esglize Nostre-Dame. Ledictguarson, pour la mieux antandre en reppos à cause de foulle de peuple qui estoit au cœur de ladicte esglize, monta aulx turrubines d'icelle, autrement auttes qui respondent audict cœur d'un cousté et de l'autre audessus du grand benitier, où se mest monsieur l'évesque pour entandre la prédication; où ledict filz s'asit audessus dudict bord où estant il s'andormist, et en entandant chanter les prestres il s'esvelha en sursault, et pansant estre en lieu asuré en son esprit, il se ranversa en arrière, la teste première et tumba de haut en bas audevant dudict benitier, sans se fère aucun mal (Dieu graces et la Vierge Marye!).

Et dès hausitot le peuple y acourut, pansant qu'il se fust tué. L'on le trouva tout droit sans aucun mal, et s'an alla luy-mesme de ses piés en sa maison, chose fort remarcable.

Ce que mesieurs les chanoines de ladicte esglize ont mis en escript et ont mandé quérir ledict guarson pour leur racompter ledict miracle. »

D’après Les Mémoires d'Antoine Jacmon, bourgeois du Puy publiées par la Société d'agriculture, sciences, arts et commerce du Puy par Augustin Chassaing,... (1885)

Septembre 2013


 11 - LE MIRACLE DU PENDU


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« A quelques cinq kilomètres de Brioude, au hameau de Largelier, un pont sur le ruisseau de Vendage porte le nom de « Pont Cervier », et la montée de la route qui lui fait suite en direction d’Arvant a été appelée « la côte des pendus ».

Il faut rappeler que c’est là que jadis on exécutait les condamnés à mort par pendaison ; d’ailleurs le mot « cervier » vient du latin « cervices », cou, nette allusion à ce genre de supplice.

Or, il advint un jour qu’en cet endroit se produisit un fait extraordinaire qui mérite d’être relaté.

L’auteur anonyme de la « Vie de Saint Dalmas » évêque du Rouergue, raconte que ce digne prélat revenant du Concile d’Orléans, au Ve siècle, passa par Brioude, pour y faire ses dévotions au tombeau de Saint Julien.

Comme il arrivait vers la ville, qui était alors un bourg fortifié de la Province d’Auvergne, il rencontra un cortège qui conduisait à la potence du pont Cervier un condamné à mort. Touché de compassion, le saint sollicita la grâce du coupable ; mais le tribun inflexible ordonna de procéder à l’exécution et le condamné fut mené au gibet et pendu à la deuxième heure du jour.

Dalmas invoqua Saint Julien ; un jour et une nuit se passèrent ; lorsque les exécuteurs vinrent chercher le corps du supplicié pour l’ensevelir, quel ne fut pas leur étonnement !..

Le pendu était vivant et en parfaite santé. A la vue de cet extraordinaire événement, le comte Evodius accorda la grâce qu’avait demandée Saint Dalmas…

Et lorsque vous passerez sur la route nationale de Brioude, ne soyez plus effrayé en traversant « la côte des pendus » vers le pont Cervier.»

D’après l’Abbé Julien Lespinasse – « Le miracle du pendu » - Chroniques du Brivadois, un peu d’histoire locale – Edition « Almanach de Brioude » - Imprimerie Watel - 1965

Autre version : Le pendu de la côte


Juin 2013


 12 - BRIOUDE – CLOCHES ET CHAPELLES …


Brioude_Ancien_couvent_de_Fontevrault.jpg« Le Maire de Brioude écrivait le 8 mai 1862 à son curé :

Monsieur le Curé,
J’ai eu l’honneur de vous parler incidemment dans le dernier Conseil de Fabrique des observations qui m’avaient été adressées sur l’abus de la Communauté de Fontevrault fait de la sonnerie qu’elle a récemment installée. Déjà il nous en était revenu quelque chose et assurément vous aviez dû le remarquer vous-même.

Les plaintes se multiplient et deviennent plus générales. Je crois donc devoir vous en entretenir sérieusement afin que votre sage et bienveillante intervention ne dispense de recourir à Monsieur le Préfet et Monseigneur l’Evêque.

Le bruit presque incessant des deux nouvelles cloches de Fontevrault se répand dans toute la ville et trouble le repos des habitants, sans nécessité, sans utilité même pour le culte public. On dirait, non d’une chapelle, mais d’une autre église en concurrence ouverte avec l’église paroissiale. Si les autres communautés de Brioude, ayant un oratoire, se donnaient le même luxe, il serait impossible d’y résister.

La sonnerie de la Visitation et celle de Saint Joseph se composent d’une seule cloche dont les dimensions sont en rapport avec leurs besoins particuliers et la destination de chacun de ces couvents, conformément à une règle de convenance au moins qui échappe, sans doute à Fontevrault.

En dehors de ce qui touche à la police municipale, dans l’abus que je signale, je me permettrai d’appeler votre attention, Monsieur le Curé, sur certaines conséquences de l’extension extérieure donnée par la même communauté, notamment, aux cérémonies religieuses, extension à laquelle l’établissement des deux cloches n’est peut-être pas étranger.

Je n’examine pas, parce que la question me paraît vous regarder seul, s’il convient que les habitants soient distraits en grand nombre et habituellement de la fréquentation de l’église paroissiale, des offices communs, des instructions pastorales. Mais les recettes légitimes de la fabrique en souffrent. Or, elle est pauvre et même endettée ; elle a fait pour une somme considérable et elle a fait encore appel au budget communal. A ce point de vue, j’ai à vous prier de concilier ou de faire concilier les exercices des chapelles dans une juste mesure avec les intérêts qui me sont confiés et dont la lésion peut être fâcheuse pour la Fabrique dans ses rapports financiers avec la commune.

Agréer …Le Maire, GAUBERT »

D’après « Cloches et chapelles: une histoire d'il y a cent ans » , par la Société de l’Almanach de Brioude – Edition de 1959.

Juin 2013


 13 - L’HOMME QUI VENDIT SA FILLE AU DIABLE



Rilhac.jpg« Le théâtre du drame fût le village de Rilhac, situé entre Ouillandre et Lubières, sur la rive gauche de l’Allier, dans la commune actuelle de Vergongheon.

Un jour, le Pierreau de Rilhac se rendait à Brioude pour consulter « les hommes d’affaires » ; la justice venait de saisir ses quelques biens, et il allait demander un délai avant l’échéance fatale.

Au pont Cervier, près de la Côte des Pendus (ainsi appelée parce qu’on y pendait les condamnés)1, il rencontra un bourgeois richement vêtu, qui l’interpella en lui demandant où il dirigeait ses pas. Pierreau expliqua son cas et exposa ses embarras financiers.

« Je suis le diable, répartit le bourgeois, je te donnerai tout l’argent que tu as besoin, si tu consens à me donner l’être qui en ce moment fait sa toilette derrière la fenêtre de ta maison ! ».

Notre homme, surpris et fortement tenté, hésita un instant puis finalement accepta le marché, supposant après tout qu’il ne s’agissait probablement que du chat qu’il avait effectivement laissé sur la croisée en partant de chez lui.

Le diable lui remit l’argent séance tenante et disparut.

En rentrant au domicile conjugal, le premier geste de Pierreau fût de s’informer sur l’identité de l’être qui faisait sa toilette à l’endroit indiqué par le diable.

« Mais c’est notre fille Phrasie » répondit son épouse étonnée.
« Ah ! malheur de moi » répondit Pierreau. « Qu’ai-je fait ? Malédiction ! j’ ai vendu notre pauvre fille au diable !».
Et de s’expliquer et de gémir sur l’acte qu’il venait de commettre ; mais il était trop tard pour reprendre sa parole et annuler le vilain marché.

Et chaque soir, à la tombée de la nuit, dès que Phrasie paraissait sur le seuil du logis, un énorme chien « labrit » surgissait dans la pénombre et s’apprêtait à la saisir ; le diable venait s’emparer de sa proie, suivant l’infâme convention de son père.

Emus comme l’on pense, les infortunés parents firent appeler Monsieur le Curé, pour le consulter sur l’opportunité de chasser l’indésirable visiteur nocturne ; le prêtre conseilla à la jeune fille de se signer avec de l’eau bénite chaque fois que l’animal se présentait.

Le conseil porta ses fruits et réussit pendant un certain temps ; mais un soir, que la pauvre Phrasie oublia l’eau bénite, le « labrit » se jeta sur elle et l’enleva « en l’air du temps », au grand désespoir de ses parents impuissants à conjurer le malheur.

En passant près de l’Allier, le « labrit » plongea l’infortunée jeune fille dans un « gour » formé dans la « vigerie »1.

Après ce bain forcé, il l’emporta de l’autre côté du fleuve, en direction de Courtille et disparut avec son vivant fardeau dans un bois d’aspect sinistre, que l’on a désigné dpuis sous le nom de « Bois Noir ».

La pauvre Phrasie ne revint plus ; le Pierreau mourut de chagrin pour avoir si imprudemment vendu sa fille au diable. »

1 Même lieu que celui cité dans la légende ci-dessus.
2Nom donné aux arbrisseaux avoisinant la rivière.

D’après l’Abbé Julien Lespinasse « Un conte de veillée » - Chroniques du Brivadois, un peu d’histoire locale –Edition « Almanach de Brioude » - Imprimerie Watel à Brioude - 1965.

Juin 2013


 14 - LA LÉGENDE DES LOUPS DE LIANCADE



Le_Loup_de_Chassignolles.jpg
« Il y avait une fois un homme surnommé « Liancade » ; il habitait les sombres forêts de Chassignolles et passait a vie à dresser les loups ; il en avait constitué une meute qui faisait la terreur du pays. Venait-on à manquer de respect à Liancade, l’irascible dresseur exerçait des représailles et envoyait aussitôt ses loups dévorer les moutons de ceux qui n’accédait pas à ses moindres désirs.

Un jour, le Cadelou de Courtilles revenait du moulin avec son chargement de farine traîné par ses deux vaches, la Blonde et la Violette. Il faisait nuit et il ne sentait pas très rassuré ; passant près du bois, il aperçut une lueur insolite : c’étaient les loups de Liancade rassemblés autour du feu allumé par leur seigneur et maître.

Le Cadelou appela à l’aide ; Liancade accourt et lui propose de le faire accompagner jusqu’à son domicile par deux de ses « bestiunes », en lui recommandant de ne point se retourner et de remettre, dès son arrivée chez lui, une tourte de pain bis partagée entre les deux animaux.

Croyant être escorté par deux chiens, le Cadelou achève tranquillement son voyage ; parvenu sans sa chaumière, il appelle sa femme et lui enjoint de partager la tourte comme il l’avait promis. L’épouse, poussée par une légitime curiosité, s’avance prudemment et s’aperçoit avec terreur que les deux compagnons de son mari sont des loups ; hurlant d’effroi, elle exécute en tremblant la consigne et s’empresse de congédier les deux indésirables, tandis que pauvre Cadelou, moins courageux que son épouse et froussard par nature, ne trouva rien de mieux que de s’évanouir. Toutefois ce souvenir ne dut pas lui paraître cuisant puisqu’on s’assure qu’il mourut à l’âge de 140 ans, et des suites d’un accident, sans quoi il serait peut-être vivant.

Quant à Liancade , il passait pour ce que nous appellerions aujourd’hui un « surhomme » ; quand il tomba en agonie, il était tellement agité qu’on dut lui passer un joug sur la tête pour l’aider à trépasser.

On parle toujours de Liancade et de ses loups dans la région de Chassignolles, qui était d’ailleurs infestée de ces dangereux carnassiers. Les habitants leur faisaient une chasse acharnée, à l’aide de fers et de pièges spéciaux … »

D’après L’Abbé Julien Espinasse « Chroniques du Brivadois – Un peu d’histoire locale » -Edition Almanach de Brioude – Imprimerie Watel à Brioude - 1965

Juin 2013


 15 - LES DÉTENUS NE SONT PAS DES INGRATS



prison.jpg« Quelques citoyens détenus dans un établissement pénitentiaire de la République viennent de faire connaître au gouvernement qu’ils ne sont pas insensibles aux efforts poursuivis par l’Etat afin de leur donner des cellules confortables et d’un aspect riant.

Ce sont les pensionnaires de la maison d’arrêt de Brioude. Leur unique gardien étant tombé brusquement sur le sol, à la suite d’une rupture d’un anévrisme ; ses gémissements éveillèrent l’attention et la sympathie des prisonniers qui, brisant sans efforts leurs barreaux se précipitèrent à son secours et, munis de ses clés, sortirent dans la rue pour demander du secours.

Puis, ils réintégrèrent paisiblement leurs cellules après avoir donné leurs soins au malade qui expirait bientôt. »

D’après le journal « Le Figaro » , édition du 29 septembre 1906.

Juin 2013



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La Maison d’Arrêt livre ses secrets


 16 - LA LÉGENDE DE NOTRE DAME D’ESTOURS



ND_ESTOURS_4.jpg« A une époque bien reculée des enfants gardaient leurs bestiaux dans les pâturages arrosés par la Seuge et en face du rocher que domine Notre Dame des Tours. Cette charmante rivière aux ondes pures et cristallines prend naissance sur les plateaux boisés de la commune de Chanaleilles, baigne les praires de Saugues et vient ensuite, après un parcours de 26 kilomètres, confondre au-dessus de Prades ses eaux avec celle de l’Allier.

Ces enfants furent un jour témoins d’un spectacle étrange. Ils virent une dame vêtue d’une robe blanche et dont les traits beaux et réguliers respiraient la douceur et la force, choisir des pierres au bord de la Seuge et les porter au lieu ou se trouve aujourd’hui la chapelle. Ils crurent reconnaître dans cette dame à la robe flottante une châtelaine du voisinage qu’ils avaient plus d’une fois rencontrée dans les forêts chevauchant sur sa haquenée le faucon au poing, et agenouillée le dimanche sur son prie-dieu de chêne poli dans l’église de la paroisse.

L’apparition réitérée de cette dame aux doux regard et au ravissant visage au milieu d’un désert et dans les gorges profondes, le genre d’occupation auquel elle se livrait les frappa d’étonnement. Ils gardèrent cependant le silence sur ce qui leur semblait une vision céleste. Touchés néanmoins de l’air de bonté empreint sur sa physionomie, ils s’enhardirent, s’approchèrent d’elle et lui demandèrent timidement qui elle était et pourquoi elle se livrait à un travail aussi pénible.« Mes enfants, leur répondit-elle en leur adressant le plus gracieux sourire, je ne suis point une habitante de la terre ; ma demeure est là-haut, et du doigt elle montrait le Ciel. Je suis la Mère de Dieu qui régit les mondes et veille sur les peuples. Mon désir le plus cher est l’édification sur ces roches abruptes où se brise la Seuge, d’une chapelle où je puisse être honorée et invoquée. Protectrice des faibles et des malheureux, j’adoucis les misères du pauvre, je lui donne l’énergie et la force de les supporter en lui faisant entrevoir au-delà de la tombe une autre vie où le bonheur qu’il a vainement cherché ici bas sera son partage. Consolatrice des affligés et des opprimés, je compatis à leurs maux, leur inspire la résignation et fais briller à leurs yeux les clartés rayonnantes de l’espérance. Aux hommes broyés par l’adversité ou courbés sous le poids d’infortunes imméritées, j’enseigne la patience. Pour tous ceux enfin qui, humiliés et repentants, viendront m’adresser des prières et implorer mon appui, je demanderai à mon Fils bien-aimé non pas des biens terrestres et périssables, mais les récompenses éternelles réservées exclusivement aux justes et aux hommes de bien. »

ND_ESTOURS_0.jpgElle dit et soudain une auréole brillante parut autour de son front ; elle salua gracieusement les pâtres et disparut dans l’espace en laissant derrière elle une longue trainée lumineuse.

Les enfants n’eurent garde de taire cette apparition et bientôt la nouvelle s’en répandit dans le pays. Mais soit qu’on n’ajoutât pas foi à leur témoignage, soit indifférence de la part des habitants, on ne prit aucune mesure pour bâtir la chapelle, et déjà le souvenir de ces faits merveilleux commençait à s’effacer lorsqu’un autre événement eut lieu sur le théâtre de l’apparition et vint fixer l’attention publique.

Les pâtres voyaient avec surprise, depuis quelques jours, les animaux confiés à leur garde traverser la Seuge et se grouper en poussant de longs beuglements aux pieds d’une roche escarpée située sur la rive gauche de la rivière. La persistance de ces animaux à se rendre au même lieu, à une heure déterminée, et à faire retentir l’écho de la vallée de leurs beuglements sonores éveilla la curiosité de leurs gardiens. Cet incident joint aux apparitions la curiosité de leurs gardiens. Cet incident joint aux apparitions antérieures, au désir exprimé par la Vierge de posséder un sanctuaire aux bords de la Seuge, fit pénétrer la lumière dans l’esprit des plus incrédules.

ND_ESTOURS_2.jpgLes plus intelligents comprirent que le Ciel réclamait d’eux quelque chose. Munis de pelles et de pioches, ils sondèrent les profondeurs du rocher et découvrirent à une hauteur de deux ou trois mètres au-dessus du sol une statuette en bois représentant la sainte Vierge tenant l’Enfant Jésus sur son sein.

Aussitôt leurs yeux se désillèrent et la vérité leur apparut dans tout son éclat. Leurs doutes sur l’apparition de la Vierge se changèrent en réalité et ils n’eurent dès lors qu’une pensée celle d’élever un sanctuaire sur l’emplacement qu’elle avait désigné. Mais un monument de cette nature ne s’improvise pas. Il fallait du temps, des matériaux, des ressources pécuniaires et des ouvriers habiles.

En attendant la réunion de ces divers éléments on décida que jusqu’à l’achèvement de l’édifice la statue miraculeusement découverte trouverait un asile dans l’église la plus voisine, celle de Cubelles. Ainsi fut fait ; mais le lendemain grande fit la surprise … la Vierge avait quitté l’église de Cubelles pour retourner à la place où elle était restée si longtemps enfouie.

On augura de ce fait que la Mère de Dieu ne voulait pas que son image restât à Cubelles. Transférée tour à tour dans les églises de Monistrol-d’Allier et de Saugues, la statue abandonna successivement ces deux asiles et vint chercher un refuge aux bords de la Seuge.

En présence de faits si extraordinaires toute hésitation cessa. Aidées de tous les moyens en leur pouvoir les populations se mirent à l’ouvrage et bientôt et bientôt surgit comme par enchantement la chapelle de Notre-Dame des Tours. »

D’après Adrien Lascombe « Notre-Dame des Tours, histoire et légende » - Éditions : Freydier (Le Puy) – 1874

Mai 2013


 17 - LA GÉNISSE DE LA VIEILLE



>Saint_Philibert.jpg « La viguerie de Mariac, comme ses voisines de Cayres et de Landos, appartenait aux Montlaur. Vers 875 , sous l'épiscopat de Guy Ier, l'un d'eux eut une aventure assez étrange, où il laissa la vie.

Il se trouvait alors dans son castrum de La Fare, et de là, rançonnait quelque peu le pays, comme les siens le firent fréquemment, depuis le Pont de Jonchères jusqu'au péage de Charbonnier. Un jour, il partit en rapine avec ses hommes d'armes, et dit au cuisinier :
« Prépare-nous un bon souper, afin qu'en revenant, ce soir, nous puissions nous remettre des fatigues de la journée.

_ Eh ! Seigneur ! Comment le pourrai-je ? Gémit le maître-queux. Nous n'avons plus rien à manger !

_ Vas à Florac, dans le mandement de Goudet, tu trouveras là une vieille veuve dont la génisse est à point. Prends-la et prépare-nous un repas. »
Le coq se rendit à Florac, prit la génisse et la tua, cependant que la bonne vieille s'en allait pleurant à Goudet pour invoquer Saint Philibert. Elle entra dans l'église, s'agenouilla sur les dalles glacées et resta jusqu'au soir à répéter : « Saint Philibert, rendez-moi ma génisse ! »

Or en même temps, le seigneur de Montlaur, revenu au château et mis en appétit par sa course, se mettait à table avec ses compagnons. La génisse bien cuite exhalait un parfum suave. Affamé plus que de coutume il s'en servit un membre entier, mais le premier morceau qu'il prit l'étouffa sur le coup ; il tomba raide mort au milieu des convives... »

D’après le site Contes & Légendes

Mai 2013


 18 - L’ENFANT JÉSUS DE GRAZAC



Enfant_Jesus_de_Grazac.jpg« Dans le parapet du pont de la Sainte jadis établi sur le Lignon, une statue de l’Enfant Jésus avait été fixée qui était l’objet d’une vénération particulière à la suite de faveurs obtenues et de guérisons sur les adultes, surtout sur les enfants malades apportés en cet endroit.

Désireux d’offrir à la statue un sanctuaire plus luxueux, un curé de Grazac voulut la mettre dans son église et la fit enlever de sa niche. Le lendemain, la statue avait quitté l’église, et le fait se renouvela une seconde fois.

Le curé mis ses ouailles au courant d’un évènement aussi singulier au prône de la messe dominicale. Tout à coup, du milieu de la foule, une voix s’écria :
« Allez chercher en procession le petit Jésus ! »

C’était un enfant de trois ans qui venait de parler ainsi, et il s’exprima à plusieurs reprises en termes identiques.une procession fut organisée, et revint du pont de la Sainte avec la statue. Dès ce moment les faveurs obtenues furent plus nombreuses que par le passé.

L’Enfant Jésus de Grazac, sauvé des flammes allumées au pré du Four pendant la Révolution et dissimulé dans la maison Bollon, au quartier des Outils, est actuellement conservé dans l’ancien château de Verchères transformé en école libre.

D’après Ulysse Rouchon , Contes et Légendes de la Haute-Loire – Crépin-Leblond éditeur à Moulins (1947)Lire la biographie de l’auteur

Mai 2013

 19 - LES HUITRES D’ESPLANTAS (vers 1760)



Huitres_d_eau_douce.gif« On voit quelque chose qui n'est guère moins surprenant sur les frontières de l'Auvergne, du côté de Saugues, dans la haute Auvergne. Près d'un lieu nommé Plantat1 coule un ruisseau dans lequel on trouve des huîtres que les paysans et les bergers ramassent en été pour en faire un mets assez délicieux.

Ils ne vont à cette pêche que lorsque l'eau est fort basse. On découvre dans ces huîtres des perles de la grosseur d'un pois. Toutes donneraient quelque perle, si on ne les ouvrait point avant qu'elles fussent achevées de former.

Si la coquille est ouverte avant que la perle ait commencé à se former, on trouve au milieu une figure ronde toute noire ; si elle a quelque commencement, cette couleur noire devient de la couleur de blanc d'oeuf, et lorsqu'elle est dans sa perfection, elle prend la figure et la couleur des véritables perles.

Un gentilhomme du voisinage, dans la longueur du temps, en avait ramassé un grand nombre dont il fit un collier qui fut estimé cinquante pistoles à Montpellier. »

1 Esplantas, village du canton de Saugues (Haute-Loire), faisait partie, autrefois, comme cette localité, du Gévaudan.

D’après Pierre Audigier (1656-1744) Histoire d'Auvergne - Tome 1 - Éditeur : L. Bellet (Clermont-Ferrand) - Date d'édition : 1899

Mai 2013



 20 - PENDAISON D’UN HOMME DE MONISTROL (1637)



Supplice_d_esclave_Pendaison_a_une_fourche_source_La_Documentation_par_l_image_1952_.jpg« Ce samedy, 3e jour du mois de janvier audict an 1637, fust pandu et estranglé un homme de basse condission pour avoir esté acussé d'avoir tiré un coup d'arquebuze contre une fenestre d'une maison de la ville de Monnistrol en Velley.

Dans la chambre où respondoit ladicte fenestre estoient les officiers dudict Monnistrol que tenoient la court. Donc ilz s'an tiendront offancés et le firent scaisir et icelluy firent conduire en ceste ville du Puy le jour des Innoscens dernier par monsieur le conseglher Pradier et monsieur Martel, prévôt, et Geoffre Pelhissier, commis du greffier dudict prévost, et autres.

Lequel fust jugé et exécutté ledict jour de samedy, 3e janvier, sans que jacmais il heusse faict aulcun mal, ny mesmement d'y s'estre trouvé; mais ce fust à faulte d'avoir d'amis et de moyens pour contester ny pour suivre un appel, comme faisoient les officiers dudict Monistrol qu'ilz le poursuivirent fort vivement jusques à la mort. »


D’après Les Mémoires d'Antoine Jacmon, bourgeois du Puy publiés aux frais de la Société d'agriculture, sciences, arts et commerce du Puy par Augustin Chassaing,...

Mai 2013





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