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Commencée il y a une quinzaine d’années, cette généalogie réunit plus de 35 000 individus. Plus de 6 000 ascendants directs ont été recensés.

Mes recherches relèvent de la tradition généalogique (documents familiaux, Mairies, Archives Départementales) et se sont complétées au fil du temps par les réseaux  que sont les cousinages, les forums, les membres de Geneanet,  les  échanges fructueux avec d’autres passionnés et de façon non négligeable que sont  les sites  privés ou  détenus par les associations.

A l’instant,  la machine à remonter le temps est placée  au niveau de « Berthe Au Grand Pied » et à Pépin Le Bref  non sans avoir cité  Rollon Ier de Normandie qui nous vient du peuple viking.

Cette généalogie est complétée par des apartés thématiques liés au contenu de ma chronique familiale.

Que soient remerciés, ici, celles et ceux qui m'aident dans la réalisation de cet Arbre Généalogique, ils sont cités dans mes sources.

 Chronique familiale



 BRIOUDE - L’HÔPITAL AUXILIAIRE N°4 (1914-1918) ©




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La création d’un tel établissement dans la sous-préfecture de la Haute-Loire ne s’est pas faite dans la spontanéité des événements qui secouent la France en cette année 1914.

Bien au contraire. Après la bataille de Solférino (1859)1 le suisse Henri Dunant témoin de cette bataille avait lancé l’initiative d’édification d’un organisme international venant en aide aux victimes des conflits guerriers.

C’est ainsi que le Comité international de secours aux militaires blessés voit le jour en 1864 et prend le nom de Comité international de la Croix-Rouge en 1876.

En France, la Croix Rouge est déclarée d’utilité publique le 23 juin 1864. Elle est divisée en trois sections ; la Société de Secours aux Blessés militaires (S.S.B.M), l’Union des Femmes de France et l’Association des Dames Françaises.


1Les soldats altiligériens dans la campagne d’Italie (1859)

Sommaire

 1 - LA SOCIÉTÉ DE SECOURS AUX BLESSÉS MILITAIRES

croix_rouge.gifA cette époque la France est divisée en 20 régions militaires dans lesquelles se trouve un délégué régional.

Clermont-Ferrand siège de la 13e région militaire (13ecorps d’armée) a donc sous sa coupe tous les comités locaux de la S.S.B.M de son territoire et en particulier celui qui va voir le jour à Brioude.

En 1890, sous l’autorité de Monsieur de Douet , de Mademoiselle de Sauvagnat et de Monsieur Mouret, le Comité de Brioude voit le jour.

Cette œuvre reçoit un accueil perplexe du grand public, la guerre ne pouvant survenir que dans un horizon très reculé.

Cependant les fondateurs ne se découragent pas et en 1894 le Comité est fort de 30 membres adhérents dont les revenus sont composés du produit d’un concert suivi d’une quête à domicile. Les fonds disponibles s’élèvent 500 francs ( ~1900€) , ce qui constituent une base financière de départ qui au fil du temps augmente par les cotisations de ses membre. Dix ans plus tard cette somme attient 900 francs (~3460 €).

Chaque année, le comité réalise un approvisionnement d’objets de lingerie et de literie.

Dès 1895, des contacts sont établis avec les autorités militaires pour l’organisation d’un futur hôpital . Un local est proposé et le Colonel Poupon donne son agrément en témoignant sa plus grande satisfaction.

Toutes les mesures à prendre pour l’ouverture et le fonctionnement de l’hôpital sont consignées dans « le journal de mobilisation ».

Le fameux local est l’Ecole Libre de garçons, connue également sous le nom d’ancienne école des frères , se trouve au 18 du boulevard Desaix devenu par la suite boulevard du Docteur Devins.

L’évêque du Puy, Monseigneur Guillois accorde l’autorisation de transformer son école en cas de guerre. Le directeur de l’établissement apporte un précieux concours en mettant à disposition le matériel de literie.

Nous sommes en 1903 et tout est structuré autour du Docteur Devins1, de M. Pierre Vachier pharmacien sous la houlette du commandant en retraite Bosquet qui, avec l’agrément du Service de Santé, dispose de quelques infirmiers du « service auxiliaire ».

Ainsi, tout est prêt pour administrer les ressources et à les augmenter tant en numéraire qu’en matériel avec le fervent optimisme de ne s’en servir que le plus tard possible. L’Hôpital est ainsi désigné officiellement « Hôpital auxiliaire du territoire n°4, 2e série, 20 lits ». Comme nous allons le voir dans les lignes suivantes, les Frères quittent leurs locaux en 1904 et la commune y installe en lieu et place l’Ecole Supérieure de Filles.


1Louis Devins: Maire de Brioude, Député et Sénateur de la Haute-Loire

 2 - L’ÉCOLE DES FRÈRES DE BRIOUDE

Hopital_n_4_Brioude.jpgEn 1838, l’abbé Béringer originaire de Bains décide d’ouvrir une école des Frères pour remplacer un établissement appelé communément « mutuelle ».

Moyennant la coquette somme de 6 871 francs de l’époque , l’abbé Béringer acquiert une parcelle de terrain située dans un enclos du quartier Saint Esprit pour y construire un immeuble .

A la rentrée de 1839, l’école ouvre ses portes avec 250 élèves , nombre qui est porté peu de temps après à 300.

Frère Didyme en est le premier Directeur, Frère Pradier et Frère Hellouin lui succéderont. En 1852, l’école devient communale et se distingue des établissements similaires par ses résultats. Sous la houlette de Frère Gabriel Marie qui dirige l’école pendant 21 ans , elle est réputée pour être « la première école communale de France ».

En 1891, le Conseil Départemental de l’Instruction Publique décide la suppression de l’école communale congréganiste et le 30 octobre de l’année les Frères quittent le boulevard Desaix pour répartir leurs élèves dans deux locaux distincts. : un est situé avenue de la Gare, l’autre sur l’emplacement de l’ancienne église Saint Préjet.

L’école laïque s’installe donc dans les locaux du Boulevard Desaix. Les Frères intentent un procès à la ville pour récupérer leur immeuble.

Le 22 juin 1892, Alexandre Millerand, candidat à la Présidence de La République, fait le voyage jusqu’à Brioude pour plaider la cause communale et le tribunal donne raison à la ville de Brioude .

Les Frères font appel auprès de la Cour de Riom et gagnent le procès. Les Frères reviennent quasi triomphalement dans les locaux d’où ils ont été chassés le 27 juin 1893.

La séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1901, obligent les Frères a quitter les lieux trois ans plus tard. Ils s’installent dans une partie des locaux de l’ancien couvent de Fontevrault . devenus aujourd’hui l’Ecole Saint Julien.

La propriété reprise par la commune devient l’Ecole Supérieure de Filles en 1913.


 3 - LES PRÉPARATIFS

Les fondateurs Monsieur de Douhet et Mademoiselle de Sauvagnat décèdent respectivement en 1901 et 1902. Ils sont remplacés par Monsieur Georges Raynaud et par Madame Boyoud. Le Docteur Devins désigné Médecin-Chef dont la santé s’altère est alors assisté par le docteur Mouret. Ce dernier s’investit dans cette nouvelle tâche pour former infirmiers et infirmières dans l’hypothèse qualifiée d’improbable d’une prochaine mise en activité de l’hôpital.

D’ailleurs en 1903, le Directeur de Santé désigne des hommes du « service auxiliaire » pour participer à la formation médicale. Parmi eux, relevons Jean Delair, Pierre Chapaveyre, Guillaume Pagès, Jean Marchet de Saint Just et Pierre Maillot de Brioude.

Les sœurs Saint-Dominique et Joachim , infirmières diplômées, du couvent de Saint –Dominique sont également des membres à part entière de l’hôpital.

Jusqu’aux événements de l’année 1914, le Comité s’est attaché par le biais des cotisations de ses membres à créer un capital de 5 200 francs (plus de 17 000€) dont une partie est consacrée à l’achat de lingerie et de matériel de toute nature.

Alors que la situation internationale se dégrade, le Comité recrute des infirmières bénévoles dont les candidatures affluent. Rapidement les cours de formation reprennent sous la responsabilité du Docteur Mouret assisté de M. Barande, ancien infirmier miliaire. L’entrain et le volontarisme des élèves permettent à l’hôpital de disposer rapidement de personnel opérationnel.

Produits_dons_et_quetes.JPGCôté financier, face à la charge des dépenses qui s’annoncent, le Comité lance un appel à la générosité publique. De son côté M. Chauvineau Sous-préfet de Brioude intervient très efficacement auprès des municipalités de l’arrondissement.

Aussi bien dans les quartiers de Brioude que dans les communes avoisinantes la solidarité n’est pas un vain mot.

Le nombre d’adhérents au Comité qui est de 37 en juillet 1914 passe à 76 fin août pour atteindre près d’une centaine peu de temps après.

Les dons en argent affluent certes, mais aussi en matériel (literie, draps, matelas …) et en produits de consommation (beurre, œufs, volailles) dont les donateurs promettent d’en assurer le renouvellement.

Le bâtiment où des réparations importantes avaient été réalisées l’année précédente rendent encore plus fonctionnels les différents locaux. Chaque étage bénéficie de l’eau courante , l’installation de lavabos près des dortoirs et une salle de bains complètent un chauffage central de l’ensemble de la maison. Ce confort ne peut être que bénéficiaire à la bonne marche de l’établissement hospitalier.

Au 15 août 1914 soit une dizaine de jours après la déclaration de mobilisation générale, les préparatifs sont terminés.

Les fonds nécessaires réunis, le ravitaillement assuré , les médicaments préparés, le personnel en place permettent au Comité de remettre l’hôpital à son administrateur qui informe le 13e Corps d’Armée que « l’hôpital auxiliaire du territoire no4 » est prête à fonctionner.

Cette ouverture est facilitée par le fait que nous sommes en pleine période de vacances scolaires, le problème de la présence des élèves ne se pose pas. Madame la Directrice conserve son logement personnel et son jardin.


Hopital_Brioude_personnel_et_administrateurs.jpg

Réunis sur le même cliché les administrateurs et les personnels de l'hôpital

 4 - LE FONCTIONNEMENT DE L’HÔPITAL

1914_08_29_L_ABEILLE_BRIVADOISE.JPGAutour de M. Georges Raynaud Président, le Comité est constitué de M. Albert Huguet, Capitaine de Vaisseau à la retraite et Vice-Président, du Docteur Mouret, trésorier, de M. Henri Denier , secrétaire, de M. Monthalan, conseiller, de MM. Le Marquis du Crozet et M. Martial tous deux de Paulhaguet, de MM. Vincent Boyoud et Vacher pharmacien, de MM. Maisonneuve et Mouilhade , négociants et de Madame Boyoud Présidente du Comité des Dames.

Si le Docteur Devins en est toujours le Médecin-Chef et compte-tenu de ses nombreuses charges de maire de Brioude, de sénateur et de médecin de l’hospice civil, il délègue le service médical de l’hôpital au Docteur Mouret.

Celui-ci s’emploie, en payant de sa personne, à mettre en place une stricte organisation des soins : visite tous les matins des tous les patients de 8 heures à 11 heures, et pour les cas les plus délicats contre-visite à 16 heures.

Le Commandant Bousquet a en charge l’administration de l’établissement et s’entoure de M. Denier , banquier de métier et de M. Poujet architecte pour s’occuper de la partie gestion et comptabilité.

Madame Bouyoud a pour un temps la direction du personnel infirmier, mais devant quitter Brioude quelques semaines plus tard, c’est Madame Rosset née Devins qui devient la Surveillante Générael du secteur infirmier. Elle y reste pendant toute la période de fonctionnement de l’hôpital. En 1917, elle est récompensée de ses bons et loyaux service par l’attribution de La Médaille d’Honneur ( échelon Argent ) du Service de Santé (J.O du 14 juin 1917).

Après 25 mois d’activité, dans l’obligation de s’installer à Paris, Madame Rosset est remplacée par Mademoiselle Alix de Lachapelle.

Le service infirmier est scindé en trois activités, les pansements, les gardes de jour et les gardes de nuit.

Les infirmiers bénévoles sont placés sous le commandement de M. Barande qui doit abandonner sa mission en raison de son rappel sous les drapeaux où il sera grièvement blessé le 1er octobre 1918 au combat d’Orfeuil (Ardennes). Monsieur Daumas prend donc la charge , ses talents de photographe aident sans contexte le médecin dans ses travaux de radiographie.

Les pharmaciens de Brioude assurent la fourniture des médications et autres besoins thérapeutiques. Le titulaire M. Vacher empêché est remplacé successivement par MM.Dauzat et Pougheon .

M. Blüm, par ailleurs organiste de l’église Saint-Julien joue le rôle, avec efficacité, du responsable du personnel en recrutant judicieusement les personnels utiles au bon fonctionnement de l’établissement.

Madame Denier s’occupe de la cuisine. Elle est entourée de gens compétents dont M. Bros, ancien maître d’hôtel, qui assure les approvisionnements et M. Lucien Doulcier pâtissier et à l’occasion un excellent caviste.

Ces deux derniers ne peuvent assurer leurs tâches jusqu’au bout. M. Bros décède prématurément et M. Doulcier rappelé sous les drapeaux en qualité de 2e classe au 8e
En cuisine, c’est un jeune chef qui officie. Hélas, appelé avec sa classe , il cède le service à M. Jean Tourette.

Dans cet élan de solidarité se joignent un grand nombre de jeunes filles de Brioude qui assurent le service des repas tant dans les réfectoires que dans les salles où les militaires blessés ou malades gardent le lit.

Mademoiselle Coupe, aidée par de personnes dévouées, s’occupe de toute la lingerie . Les opérations de blanchissage sont confiées par roulement aux diverses blanchisseries de Brioude . M. Combes-Tourette met gracieusement à disposition sa buanderie située sur un bras de l’Allier au Pont de Bois.


 5 - L’ARRIVÉE DES PREMIERS BLESSÉS

IMG_3306_1914_08_29_L_ABEILLE_BRIVADOISE.JPGUn million et demi de morts, trois millions de blessés, 600.000 invalides : la guerre de 14-18 est un énorme cataclysme personnel pour les huit millions d'hommes mobilisés.

Dès le début de la guerre, des milliers de soldats blessés sont évacués du front vers l’arrière. Du traitement d’urgence à la convalescence, c’est un véritable « parcours du blessé » qui se met en place. Hiérarchisés dans leurs structures et les soins apportés, les services de santé constituent autant d’étapes dans le déplacement et la prise en charge des victimes.

Arrivent en Auvergne de nombreux blessés, le 22 août 1914 des hôpitaux et des ambulances sont organisés dans les villes d’eaux et les sous- préfectures du Puy de Dôme. Le lendemain, le dimanche 23 un convoi de 45 voitures amène à Clermont environ 450 blessés venant de la frontière lorraine. C’est le premier d’une longue liste, toutes les villes du département et des départements voisins sont sollicitées. Le 26, c’est un train de 180 blessés à Sarrebourg qui sont répartis entre Billom et Royat, le 27 on en dirige d’autres vers l’école supérieure de jeunes filles de Thiers. Puis ce sera vers Arvant, Vic sur Cère et Aurillac….etc.

Agencé pour 49 lits, l’hôpital de Brioude est informé de l’envoi de 80 blessés. Rapidement, on s’adapte pour les recevoir en utilisant trois classes pour les 31 lits manquants.

Le 28 août 1914, Brioude reçoit son premier convoi venant directement de Paris et composé de 76 personnes.

Pour assurer le transport depuis la gare, on mobilise plusieurs automobiles et camions de commerce sur lesquels on dispose assez facilement les brancards.

Le 12 septembre 1914, le Service de Santé annonce l’arrivée d’un convoi de 83 blessés. Cette nouvelle situation dépasse largement les capacités d’accueil de l’hôpital.

Rapidement administrateurs et médecins engagent des mesures pour recevoir dans les meilleures conditions possibles les militaires attendus.

Szumlanski.jpgDes chambres sont mises à disposition au château de Paulhac situé à quelques kilomètres, assurant l’hébergement de vingt soldats. Les frères Bouëry-Veysseyre1propose leur villa de l’avenue de la Gare, tandis que M. Montalban offre deux chambres. Le Docteur Szumlanski, directeur de l’Établissement d’Hydrothérapie assure le logement de 20 à 25 blessés.

Hélas, l’attente est vaine et le convoi ne rejoint jamais Brioude.

L’esprit d’organisation et d’initiative des administrateurs brivadois encourage le Service de Santé à monter en puissance les possibilités d’accueil.

On pense alors à mobiliser les hospices civils de Paulhaguet, Langeac et la grande maison des sœurs de Saint-Georges-d’Aurac, ainsi pouvait-on disposer de 200 lits.

Le Service de Santé décide alors d’utiliser les hospices de Paulhaguet et de Langeac en toute autonomie, tandis que l’Hôpital n°4 est porté à 55 lits d’accueil.

C’est alors que l’Administration militaire décide de créer à Brioude un dépôt pour les mobilisés des 86e et 101e régiments d’Infanterie territoriale.

L’infirmerie rapidement organisée avec une quinzaine de lits devient insuffisante.

L’Hôpital n°4 affecte une salle à ces soldats malades, mais cette situation en perturbe le fonctionnement. Finalement, les militaires sont transférés à l’hospice civil de Brioude où une salle leur est réservée.

Courant mars 1915, satisfait des services rendus, le Service de Santé sollicite les administrateurs de l’hôpital pour porter augmenter le nombre de lits. Les matériels acquis et agencements réalisés, la capacité d’accueil est portée à 80 lits en mai 1915.

Début 1916, une nouvelle demande des autorités pour augmenter l’accueil de soldats . Pour y satisfaire on aménage deux salles supplémentaires sous le préau du premier étage, sans compter l’achat de lits.

Ainsi le 8 mars 1916, le nombre de lits de l’Hôpital est porté à 110. La charge de travail conséquente est cependant assurée avec toute la bonne volonté des différents intervenants à la grande satisfaction des médecins-inspecteurs du Service de santé. Dans leurs rapports, ils n’hésitaient pas à mettre en valeur le dévouement et les capacités professionnelles des soignants.

Le 9 juillet 1916, le nombre de blessés et malades en traitement atteint les 100 unités sans que cela ne pose des difficultés financières, bien au contraire !.


1Riches héritiers de Jean Veysseyre entrepreneur de travaux publics, les frères Bouëry-Veysseyre prénommés Pierre Jean Marie Joseph René, Marie Gaston Antonin, Léon Jean Marie Julien et Marie François Paul sont installés à Paris.

 6 - LA FERMETURE PRÉMATURÉE

A la surprise et consternation générale, l’administrateur de l’Hôpital reçoit, le 14 septembre 1916, une missive du Ministère de La Guerre :

« Paris, le 13 septembre 1916,

La nécessité de rendre à sa destination normale l’école primaire supérieure de filles de Brioude, m’oblige à prononcer la fermeture de l’Hôpital auxiliaire organisé dans cet établissement.

Je tiens, au moment où cette mesure intervient, à vous exprimer mes vifs remerciements pour les soins que vous avez donnés aux malades et blessés, et pour le concours que vous avez prêté au Service de Santé.

Agréez …

Signé Justin Godard
»


Le moment de stupeur passé, les brivadois lancent une pétition demandant le maintien de l’Hôpital qui recueille en moins de deux jours plus de 2 200 signatures.

Certes, l’école fonctionne avec une légère difficulté dans les locaux de l’ancien presbytère, mais aucun élément ne permet de justifier la décision ministérielle.

Le Conseil Municipal, non consulté, proteste à son tour. Le Docteur Devins, en qualité de Sénateur-Maire, se rend plusieurs fois à Paris pour plaider la cause de l’Hôpital, rien n’y fait. Il reçoit le 5 février 1917 l’ordre formel de faire évacuer l’Hôpital. La précarité de sa santé l’oblige à s’aliter et quatre jours plus tard il décède à son domicile.

Le Docteur Mouret assure alors les derniers mouvements d’évacuation et les derniers blessés quittent Brioude le 28 février 1917.

Pendant toute son ouverture, avec le dévouement que l’on sait, l’Hôpital a soigné 746 soldats et a assuré plus de 34 000 journées d’hospitalisation !


 7 - L’INFIRMERIE DE GARE D’ARVANT

Arvant_infirmerie.jpg


Arvant, localité située à une dizaine de kilomètres de Brioude, est une gare importante de bifurcation entre les réseaux du P.L.M (Paris à Lyon et à la Méditerranée) et du P.O (Paris-Orléans) où les autorités y ont installé une infirmerie de gare.

Placé sous l’autorité de Mademoiselle Caille, cette entité ravitaille les blessés dans les trains et prodigue les soins nécessaires. En outre, elle est chargé d’assurer l’hospitalisation des blessés et malades lorsque leur état s’en fait besoin.

En outre, ce poste de secours porte assistance aux habitants du secteur privés de médecins ainsi qu'aux réfugiés et rapatriés de passage en gare d'Arvant

Cette structure, bien que placée sous la coupe de l’Hôpital Temporaire n°4, va fonctionner jusqu’à la fin de l’année 1918.

Elle travaille en étroite collaboration avec les responsables du « Foyer-Dortoir »1 de la localité , initiative locale issue d’un mouvement de solidarité des habitants des lieux. Les bénévoles du « Foyer-Dortoir » qui a fonctionné jusqu’en février 1919, ont apporté leur aide à plus de 55 000 militaires de passage.


1Élan de solidarité pour les soldats de la Grande Guerre

 8 - LES SOLDATS HOSPITALISÉS ET DÉCÉDÉS À BRIOUDE


En cliquant sur le nom d'une des victimes, vous accédez à son état civil


  • AOUILLE Auguste Henri :
    • Soldat au 149e R.I, né à Avignon (Vaucluse) ,
    • Domicilié à Villeneuve-Saint-Georges (Val de Marne),
    • Décédé le 29 septembre 1914 à l’âge de 21 ans des suites de ses blessures.
    • Extrait de l’Union Brivadoise du 3 octobre 1914 :
      « Encore une victime du devoir – Mercredi (30 septembre) avait encore lieu le convoi funèbre d’une nouvelle victime, le soldat Aouillé du 149e d’Infanterie mort le mardi. Un nombreuse assistance a assisté au service célébré en l’église Saint-Julien et l’a accompagné à la gare d’où il doit être transporté& à Avignon son pays natal.
      Aouillé faisait partie du premier convoi de blessés reçu par la Croix-Rouge ; quoiqu’il fut gravement atteint, on pouvait espérer son rétablissement mais le terrible tétanos s’est déclaré et l’a enlevé malgré les soins éclairés et assidus dont il était entouré.
      Le deuil était conduit par son père, sa sœur et sa tante, qui depuis plusieurs jours étaient à son chevet. »


  • BAILLEUX Henri :
    • Soldat de 1ere classe au 148e R.I ,
    • Né à Thiant (Nord), marié à Albertine Debune,
    • Décédé le 4 janvier 1915 à l’âge de 31 ans des suites de maladie contractée en service.
    • Extrait de l’Union Brivadoise du 9 octobre 1915 :
      « …Immédiatement après l’office célébré à la mémoire du soldat Jean Mazin en l’église de Saint-Julien de Brioude, a eu lieu l’enterrement du soldat Henri Bailleux du 148e de ligne, décédé à l’hôpital de la Croix-Rouge des suites d’une maladie contractée aux armées.
      Au cimetière, en l’absence du Président, le Vice-Président de la Croix-Rouge a salué en quelques mots cette nouvelle victime du devoir accompli. »



  • CAUMONT Eusèbe :
    • Ouvrier bourrelier au 2e Régiment d’Artillerie Coloniale ,
    • Né à Fontaine-sur-Somme (Somme),
    • Marié à Louise Courtin,
    • Décédé le 6 février 1915 à l’âge de 32 ans des suites de ses blessures.

  • CLAVÉ Jean :
    • Soldat au 418e Régiment d’Infanterie,
    • Né à Geloux (Landes),
    • Décédé le 11 mars 1916 à l’âge de 33 ans des suites de ses blessures.

  • CRUVEILHER Léonard :
    • Soldat au 12e Escadron du Train des Equipages,
    • Né à Vicq-sur-Breuilh (Haute-Vienne),
    • Décédé le 6 juin 1915 à l’âge de 25 ans des suites de maladie contractée en service.

  • DISDIER Jean Joseph :
    • Soldat au 86e R.I,
    • Originaire des Hautes-Alpes,
    • Décédé à l’Hôpital-Hospice le 26 avril 1916 à l’âge de 20 ans.

  • DORIDOT Jean Louis :
    • Soldat au 10e R.I,
    • Né à Arleuf (Nièvre),
    • Décédé le 16 octobre 1915 à l’âge de 27 ans des suites de ses blessures.

  • DUPRAT Eugène Henri :
    • Soldat au 7e R.I,
    • Né à Condom (Gers),
    • Décédé le 9 octobre 1915 à l’âge de 26 ans des suites de maladie contractée en service.
    • Extrait de l’Union Brivadoise du 16 octobre 1915 :
      «Lundi, ont eu lieu en l’église Saint-Julien, les obsèques du soldat Duprat du 17e d’infanterie à notre hôpital.
      Blessé le 7 septembre, au bois de la Gruerie, il avait été évacué à Brioude ; sa blessure était en bonne voie de guérison et si rien ne faisait prévoir une issue funeste. Duprat avait longtemps servi dans l’infanterie coloniale et sa constitution affaiblie par des séjours dans les pays chauds, n’a peut être pas pu résister aux épreuves de la guerre et à ses blessures. »



  • GAULTIER Ernest Adrien :
    • Soldat au 5e R.I ,
    • Né à La Haye Descartes (Indre et Loire),
    • Domicilié à Montluçon,
    • Décédé le 21 septembre 1914 à l’âge de 24 ans, des suites de ses blessures .
    • Extrait de l’Abeille Brivadoise du 26 septembre 1914 :
      « Dimanche est décédé à l’hôpital militaire de notre ville, des suites de blessures reçues sur le champ de bataille, le soldat Ernest Gauthier, âgé de 24 ans, du 5e colonial, originaire de Montluçon .
      Mardi, un service religieux a été célébré à Brioude, en présence d’une foule considérable.
      Après le service religieux, le corps fut transporté à la gare, pour être dirigé sur Montluçon. Avant le départ du train mortuaire, M. le Sous Préfet de Brioude et M. Reynaud, président de la Croix-Rouge adressèrent un dernier adieu au défunt. »


  • HEURTAULT Eugène :
    • Soldat au 31e R.I, né Paris (11e arrondissement),
    • décédé 18 octobre 1914 à l’âge de 30 ans des suites de maladie contractée en service.
    • Extrait de l’Union Brivadoise du 24 octobre 1914 :
      « Mardi, ont eu lieu en l’église de Saint-Julien de Brioude, les obsèques du soldat Heurtault, mort samedi à notre hôpital militaire. En l’absence de sa famille, le deuil était conduit par une délégation de la Croix-Rouge, et une foule émue l’accompagnait au cimetière, où son cercueil a inauguré le champ de repos consacré par la Municipalité aux victimes de la guerre. »


  • HILAIRE Pierre :
    • Soldat au 101e Régiment d’Infanterie Territoriale,
    • Né à Saint-Didier-La-Séauve (Haute-Loire),
    • Décédé le 9 mars 1915 à l’âge de 36 ans des suites de maladie contractée en service.

  • JOUHANNEL Célestin :
    • Soldat au 103e R.I,
    • Mobilisé à l’usine métallurgique d’ Auzon,
    • Né à Auzon (Haute-Loire),
    • Décédé le 5 novembre 1915 à l’âge de 44 ans.

  • MAGNABAL Achille Frédéric :
    • Soldat au 33e Régiment d’Infanterie Coloniale,
    • Né à Le Garric (Tarn),
    • Marié à Jeanne Heuilly,
    • Instituteur à Albi,
    • Décédé le 19 novembre 1914 à l’âge de 30 ans des suites de ses blessures.
    • Extrait du Moniteur de Brioude du 22 novembre 1914 :
      « Hier vendredi, ont eu lieu à Brioude les obsèques du soldat Magnabal, instituteur à Albi.
      Grièvement blessé en Lorraine, au mois d’août, il fut transporté à l’hôpital auxiliaire de Brioude où, malgré les soins les plus éclairés, il est décédé.
      Il laisse une jeune veuve et deux enfants auxquels nous offrons nos sympathiques condoléances.
      Après l’absoute, son corps a été transporté à la gare où M. G. Reynaud, président de la Croix Rouge et M.Maillot, instituteur lui ont adressé un suprême adieu. »


  • MIROUZE Camille :
    • Soldat au 24e Régiment d’Infanterie Coloniale,
    • Né à Saint-Girons (Ariège),
    • Décédé le 17 février 1915 à l’âge de 25 ans des suites de ses blessures.

  • NOUVET Jean Elie :
    • Soldat au 101e Régiment d’Infanterie Terrotoriale,
    • Né au Mazet-Saint-Voy (Haute-loire),
    • Marié à Delphine Barriol,
    • Domicilié à Araules (Haute-Loire),
    • Décédé à l’Hôpital-Hospice le 18 avril 1916 à l’âge 36 ans.

  • ROCHE Antoine Laurent:
    • Soldat au 100e Régiment d’Infanterie Territoriale,
    • Mobilisé à l’usine métallurgique d’Auzon,
    • Né à Auzon (Haute-Loire,
    • Domicilié aux Granges (Commune d’Auzon),
    • Marié à Marie Josency,
    • Décédé le 12 novembre 1915 à l’âge de 43 ans.
    • Extrait de L’Union Brivadoise du 20 novembre 1915
      « Accident mortel – Dans la nuit de mardi à mercredi de la semaine dernière, l’ouvrier Roche Antoine, soldat au 100e territorial, mobilisé à l’usine métallurgique d’Auzon, était monté sur une échelle pour graisser les organes de transmission à cinq ou six mètres de hauteur. Il fut saisi par une courroie de transmission en mouvement et projeté sur le sol où il tomba la tête première.
      Resté sans connaissance, le crane brisé et la figure toute meurtrie, il fut relevé par ses camarades, et un docteur fut appelé aussitôt.
      Le dévoué et sympathique docteur Moutel, de Brioude, se rendit aussitôt sur les lieux de l’accident. Il jugea d’une extrême gravité et après un premier pansement il fit transporter le malheureux Roche à l’hôpital de la Croix-Rouge de Brioude. Malgré les soins éclairés d’éminent docteur , Roche rendait son dernier soupir vendredi soir.
      Roche était âgé de 43 ans, il était marié et père d’une jeune fille qui est malade et garde le lit. Ses obsèques ont eu lieu dimanche au milieu d’une nombreuse assistance. Après l’office funèbre, le cortège s’est dirigé sur Auzon, lieu d’origine de sa veuve Marguerite Josency… »


  • ROCHELLE Joseph Jean Marie Isidore
    • Soldat au 76e régiment d’Infanterie Territoriale,
    • Né au Bastillais , commune de Saint Germain en Coglès (Ille et Villaine),
    • Domicilié à Montours (Ille et Vilaine),
    • Marié à Marie louise Delanoë,
    • Décédé le 2 octobre 1915 des suites de ses blessures à l’âge de 36 ans.
    • Extrait de l’Union Brivadoise du 9 octobre 1915 :
      « Lundi, ont eu lieu en notre église de Saint-Julien, les obsèques du soldat Joseph Rochelle du 76e territorial d’infanterie. Il faisait partie du convoi de blessés qui est arrivé la semaine dernière, et son état était tel que les soins les plus empressés ne pouvaient le sauver. Comme d’habitude, une nombreuse affluence, des délégations de Sociétés brivadoises ont accompagné à sa dernière demeure cette noble victime des derniers combats. »


  • SAVY Jean Baptiste Urbain
    • Soldat, sous-chef ouvrier à la 7e Section des Chemins de Fer en Campagne,
    • Né à Vareilles, commune de Saint -Pierre –Le-Vieux (Lozère),
    • Marié à Marie Gally,
    • Décédé le 15 juin 1915 à l’âge de 37 ans.
    • Extrait de l’Union Brivadoise du 19 juin 1915 :
      « Jeudi à 7 heurs du matin, ont eu lieu, à Brioude, les obsèques du soldat Savy Jean-Baptiste, âgé de 37 ans, décédé à l’hôpital auxiliaire n°4, d’une cruelle maladie contractée sur le font.
      Après la cérémonie religieuse, le cortège s’est rendu à la gare. Le corps a été dirigé vers on pays natal, originaire de la Corrèze.
      Le défunt laisse une veuve et quatre enfants.
      Nous adressons à la famille nos bien sincères condoléances. »



BIBLIOGRAPHIE & SOURCES :

  • Bibliothèque Nationale de France - Gallica :
    • Almanach de Brioude et de son arrondissement (édition de 1924) : La Croix-Rouge – Le Comité de Brioude.
    • Bulletin de la Société de secours aux blessés militaires des armées de terre et de mer - Date d'édition : janvier 1919
  • Archives Départementales de La Haute-Loire :
    • Etat civil des communes d’Auzon, Brioude, Le Mazet-Saint-Voy, Saint-Didier-La-Séauve,
    • Journal « L’Abeille Brivadoise » : éditions de 1914,
    • Journal « L'Union Brivadoise », éditions de 1914, 1915,
    • Journal « Le Moniteur de Brioude », éditions de 1914,
    • L’Almanach de Brioude et de son arrondissement (édition de 1920) : L’Hôpital auxiliaire n°4 par J.Pouget .
  • Chroniques du Brivadois par l’Abbé Julien Espinasse – Edition de l’Almanach de Brioude,
  • Archives Départementales de l’Ille et Vilaine – Etat civil de La Haye-Descartes,
  • Archives Départementales des Landes – Etat civil de Geloux, Registres Militaires,
  • Archives Départementales de La Lozère – Etat civil de Saint-Pierre-Le-Vieux,
  • Archives Départementales de La Nièvre - Etat civil d’Arleuf,
  • Archives Départementales du Nord – Etat civil de Thiant,
  • Archives Départementales de la Somme – Etat civil de Fontaine-sur-Somme.
  • Sites Internet :



Mai 2014


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