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Sosa : 244
  • Né vers 1772 - Dijon, 21, France
  • Décédé
  • Inhumé - Talant, 21, France

 Parents

 Union(s) et enfant(s)

 Frères et sœurs

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 Chronologie


 Notes

Notes individuelles

Engagé volontaire le 3 octobre 1792.
Fait les campagnes de l'Armée du Nord comme Lieutenant.
Capitaine en 1803 il s'embarque pour St Domingue.
Fait prisonnier par les Anglais.
Sera libéré en 1804.
Lors des campagnes d'Espagne il se distingue à Taragone puis lors de la campagne de Russie où il prendra du galon et des rhumatismes.
En 1813 perclus en Silésie il fait valoir ses droits à la retraite.

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Source : Sylvie VIOLETTE (http://gw.geneanet.org/sbrunetiviolett?lang=fr;pz=sylvie+berthe;nz=violette;ocz=1;p=francois+vivant;n=carion)

Officier de la Légion d'honneur.

François Carion né à Dijon le 11 juillet 1772, est le fils de Jean-Baptiste Carion, maître menuisier à Dijon, et de Claudine Renard son épouse. Ils demeurent ensemble 15 rue Cazotte. Deux frères aînés, Vivant et Claude l'ont précédé. Au collège des Godrans, ils reçoivent une éducation soignée dans laquelle le latin tient une place importante. A l'école de dessin créee par François Devosge, ils s'initient à l'art graphique si utile pour de futurs artisans. François s'y montre particulièrement brillant, puisqu'il reçoit une médaille d'argent en décembre1788 pour le dessin d'un chapiteau. Vivant se tournera vers le journalisme, et avec son Journal de la Côte d'Or, il deviendra le magnat de la presse locale.

A l'âge de vingt ans, en 1792, alors que « la patrie est en danger », François s'engage dans les armées de la République et prend la tête d'un détachement de volontaires qui se rend à Soissons où ils sont incorporés le 3 août 1792 au IIe bataillon de fédérés nationaux. Le jeune Carion est aussitôt nommé sergent-major. Commence alors une magnifique carrière militaire. Valmy, Jemmapes, Charleroi, Fleurus… il est promu sous-lieutenant le 20 décembre 1792, puis lieutenant le 6 octobre 1797.

Le 21 frimaire an XI (12 décembre 1802), il s'embarque avec son frère Claude pour la campagne de Saint-Domingue à bord du vaisseau L'Indomptable dans la rade de Toulon, et, pour le grand bonheur de ses descendants, il tient de façon détaillée son journal de bord. En voici quelques passages, tels qu'il les a rédigés :

22 décembre 1802: « On découvrit aussi à la pointe du jour le Vaisseau à deux ponts le Chewissour qui était en panne, quand nous fûmes à portée, on se parla avec le porte voix, il était alors neuf heures du matin. On dit au Général Emériau qu'on avait quelque chose à lui communiquer. On mit la chaloupe en mer et notre Général se rendit à bord du Chewissour qui venait de Saint Domingue. A son retour on nous dit que le général Leclerc était mort , embaumé dans la Sainte Barbe de ce Vaisseau. Pendant que ces vaisseaux étaient de part et d'autre en panne, j'aurai pu écrire (mes lettres auraient été portées à bord de ce vaisseau qui allait à Toulon) si je n'eusse pas été aussi malade. La femme du général Leclerc était à bord du Chewissour ». Le chemin de François croise alors celui de Pauline Bonaparte pour la première fois, il la retrouvera une dizaine d'années plus tard…

Le 11 janvier 1803, c'est la cérémonie du baptême du père Tropique : « Plusieurs soldats de la garde du père Tropique et deux tambours ayant d'énormes moustaches en goudron descendirent d'abord de la grande hune, ainsi que le parrain et la marraine et un perruquier. Quelques minutes après un prêtre avec deux acolytes, un diable et plusieurs diablotins descendirent de la hune de misène. Le prêtre jetant souvent de l'eau bénite pour écarter le diable. On vit aussi descendre de la grande hune, la monture du père Tropique, qui était un âne sur lequel arrive ensuite le père Tropique avec sa suite qui outre les personnes que je viens de nommer était en outre composée de deux sapeurs habillés en sauvage et prêts à abattre les mâts dans le cas où le Vaisseau qui passait pour la 1ère fois le tropique se refusa d'être baptisé. Le perruquier et un meunier conduisaient l'âne. Le père Tropique assis dans son fauteuil et chaque personnage à son poste, le grand prêtre commença à administrer le baptême en commençant par les officiers supérieurs puis les officiers de Marine, ceux de Terre, les aspirants, ensuite les passagers. Quand tous ceux portés sur la liste du bonhomme furent baptisés, on vit tomber des hunes une pluie d'eau salée des plus abondantes, la pompe à feu augmenta aussi le déluge. Dans un instant tous les soldats, matelots et autres personnes qui se trouvaient sur le pont ou sur la dunette, furent aussi mouillés que s'ils sortaient de la Mer. C'est ainsi qu'on donne le baptême général aux sous-officiers, soldats et matelots et au Vaisseau. Ensuite se fit la procession qui termina la cérémonie. Les officiers et autres personnes qui se trouvèrent sur la liste pour être baptisés individuellement, payèrent chacun une offrande qui fît le profit des gens du père Tropique. Elle se monta à environs une centaine d'écus. »

Le 7 pluviôse an XII (28 janvier 1803), ils accostent au Cap après 47 jours de traversée, et de là, François part à bord du Montblanc pour Miragoâne où ils doivent chasser les insurgés. Claude, lui, est arrivé à Port-au-Prince, où il décède de la fièvre au bout de 2 mois .

Promu capitaine, François raconte ses déplacements, ses combats et nous livre ses réflexions d'enfant de la Révolution : « Forcé d'abandonner Saint Domingue, manquant de tout bloqué dans toute les villes par les indigènes et sur mer par les anglais, dans l'impossibilité absolue de recevoir aucun secours d'Europe nous avons quitté cette colonie sans regret et même avec beaucoup de plaisir, ce beau, ce riche pays ne devrait être habité par aucun européen. Il ne convient ce me semble, qu'à des nègres et à des perroquets. »
Il termine son journal par des réflexions prémonitoires, rédigées sans doute à son retour, réflexions qu'il qualifie de « Nota et réflexions sur St Domingue ». Le Premier Consul en donnant ses instructions à son beau-frère pour l'expédition de Saint-Domingue, lui dit, selon François : « Voilà une belle occasion de vous enrichir, allez et ne me fatiguez plus de vos éternelles demandes d'argent » et il commente avec une lucidité prophétique : « L'amitié que Bonaparte avait pour sa soeur Pauline entrait pour beaucoup dans cette large manière d'enrichir son mari. … Le Premier Consul, qui n'avait pas beaucoup d'inclination pour cette expédition, aurait dû peut-être réfléchir davantage aux difficultés de tenter par la force la soumission de la colonie, il aurait dû considérer que les colonies se séparent tôt ou tard des métropoles et que lorsqu'une cause imprévue amène cet événement, et il faut que cette cause arrive, tous les efforts humains pour la remettre sous le joug sont vains, les lois de la nature le veulent ainsi, mais cet inconcevable empire qu'avait pris sur lui les membres de sa famille dominait toujours. »

En essayant de rentrer en France, il est fait prisonnier par les Anglais. Libéré sur parole, il revient à ses frais, et débarque à Bordeaux en juillet 1804. Son expédition aura duré 19 mois. Le 23 septembre 1804, il est affecté au 7e régiment de ligne et maintenu hors des combats jusqu'en 1808 du fait des conditions mises à sa libération. De 1808 à juin 1813, il est en Espagne, où il s'illustre à la bataille du « Pont du Roi » lequel est défendu par 15 400 hommes. Le capitaine Carion prend l'ennemi par derrière, lui tue beaucoup de monde, il contribue au succès de cette bataille, ce qui lui vaut une citation. Au siège de Tarragone, il commande la colonne de brigadiers et de voltigeurs qui monte à l'assaut du fort Olivia, « après avoir culbuté les troupes qui opposaient une vigoureuse résistance il s'empare d'un drapeau et du gouverneur de la forteresse. » dixit le général Harispe. Pour le récompenser, il est nommé chef de bataillon en juillet 1811, puis chevalier de la Légion d'honneur le 11 janvier 1812 et officier le 14 juin 1813, brevets Numéros 37.006 et 30.382. Entre-temps, il est allé « garder » Pauline Bonaparte à Hyères, c'est le terme utilisé par le sous-préfet de Toulon, qui se propose de lui remettre une épée au nom de Pauline. Précisons qu'ils étaient quatre à la garder et à recevoir une épée.

En 1812, il présente un certificat médical pour demander sa retraite, mais en 1813, il se retrouve dans les rangs de la Grande Armée à Lützen et Bautzen, sous les ordres de Marmont, et il est finalement retraité de l'armée d'Allemagne en août 1813.

Un mois plus tard, il épouse Anne Marguerite Julie Badel, la fille du maire de Talant, une riche héritière de 30 ans, il est vrai que lui est âgé de 41 ans. De cette union naîtront quatre enfants, Anaïs, Jules, Eugène (notre ancêtre) et Adolphine, qui tous deviendront d'ardents républicains.
Mais 21 ans passés à guerroyer n'ont pas chassé en lui l'enfant des Lumières comme en témoignent ses notes de lectures réunies sous le titre « Devoirs, qualités et connaissances d'un homme de guerre considéré comme le métier d'honneur », et qui commencent ainsi : « La guerre est de toutes les actions humaines la plus terrible et la moins naturelle. Piller, brûler, saccager, abandonner tout à la fureur des armes, frapper, tuer, égorger des hommes que l'on ne connaît pas, qui ne nous ont jamais fait de mal ; quelle rage ! Quelle horreur ? Mais quoique peu naturelle, quoique horrible, la guerre est souvent un mal nécessaire qu'on ne peut pas toujours éviter ? C'est une ressource dans l'extrémité, cependant il ne faut y avoir recours que dans un cas désespéré, et bien examiner si l'on y est porté par illusion d'orgueil ou par une raison solide et indispensable. » Pendant neuf pages, il décrit « son » militaire idéal. Son recueil se termine par la transcription de ce qu'il juge remarquable dans ses lectures : joyeux mélange de philosophie, sciences naturelles, mathématiques, poésie parfois érotique, jeux de l'esprit…qui en dit long sur la diversité de ses centres d'intérêts. Les citations grecques et latines sont nombreuses, ainsi que les références à la mythologie. Il pille allègrement Gabriel Peignot (1767-1849), bibliothécaire à Vesoul sous le Directoire, devenu en 1813 Inspecteur de la Librairie à Dijon, Recteur et Académicien, considéré par les bibliothécaires comme un de leurs pères et auteur de plusieurs ouvrages dont Amusemens Philologiques : ou variétés en tous genres (1824).
Fidèle à l'empereur, François participe aux Cent Jours, ce qui lui vaut un exil à Nuits. La suite de son engagement politique ne nous est guère connue, et pour cause, il ne faisait pas bon être dans l'opposition sous la Restauration. Il est abonné au journal La Minerve, organe des bonapartistes et républicains, puis au Journal des débats quand celui-ci devient vers les années 1828, de tendance libérale. Seules certitudes, il faisait partie du Cercle dijonnais, et rejoindra la franc-maçonnerie.
Nous connaissons bien sa vie de retraité grâce à son livre de comptes tenu scrupuleusement de 1813 à sa mort, en 1846. En réalité ce livre contient surtout les recettes et dépenses journalières du ménage. N'apparaissent ni les achats ni les ventes immobilières. Au début, il vit de sa pension de militaire, et celle de la Légion d'honneur, soit 1500 F auxquels s'ajoutent, venant de son épouse 750 F de rente du domaine de Bellenoue en Vendée, un bien national acquis par son père et son oncle en 1791, et 200 F de rente sur la dette publique.
Le train de vie est relativement modeste, l'alimentation représente la plus grosse dépense, environ 1000 f par an, les sorties sont assez rares, un banquet deux fois par an, des cartes de bain à 5,30 F la carte de 10, un abonnement au spectacle à 7,20 F, enfin quelques voyages à Saint-Maurice.

Leur situation s'améliore grandement en 1835, quand le sieur Badel renonce à son usufruit sur le domaine situé à Talant et Dijon, «consistant en bâtiments, pressoir, jardins et environ 5 ha 48 ares tant en vignes qu'en prés» .En contrepartie de cette renonciation, les époux Carion doivent verser une rente de 200 F par trimestre à M. Badel, et une rente de 211,15 F par an à sa soeur, Anne Badel, religieuse à Flavigny.

Les études des enfants représentent un budget non négligeable, environ 500 F par an pour la pension, les livres et la musique et parfois des frais inattendus comme en 1834, une somme de 150 F pour « les dettes de café et inconséquences de Jules ». Anaïs est casée à la Légion d'honneur de 1823 à 1829.

Jules et Eugène vont au collège, Eugène est élève à Châtillon de 1832 à 1836, et à la fin de 1836, les deux fils sont envoyés à Paris. Une grosse dépense de 800 F par enfant représente les assurances prises pour éviter leur conscription. Jules sera remplacé par Paul Bréault, qui partira le 11 février 1837 pour le 4ème régiment de la marine à la Guadeloupe, mais Eugène qui a tiré le numéro 82 le 18 mars 1838, évite l'armée.

En 1839, les parents Carion prêtent 11 415 F à Eugène, et remettent à MM. Echalié 10 000 F pour l' « association » d'Eugène avec MM. Salomon, Moyse et Simon du Pauvre Diable.

Les achats se font parfois au sein de la famille : on achète le blé au cousin Raille boulanger, les chaussures au cousin Renard cordonnier, et les hommes s'habillent chez Mouginot, tailleur et futur beau-père des deux garçons. A l'imprimeur Simonot, gendre et successeur de Vivant Carion, on commande les faire-part de deuil de M. Badel en avril 1840. Les fournisseurs sont payés avec retard, ainsi le médecin qui a assisté à la naissance de Jules le 24 novembre 1815 sera payé le 14 octobre 1816.

Reviennent de façon récurrente les achats de pipes, de tabac à fumer et à priser. A la fin de sa vie, c'est pratiquement le seul achat que note François, mais le tabac devient de bonne qualité. « Pour un paquet de tabac à fumer = 1 F 60 » est la dernière dépense inscrite le 20 juin 1846. En bon grand-père, il avait le 2 juin acheté des gâteaux pour les enfants et des sucres d'orge pour 1 F 70.

Il meurt ab intestat en décembre 1846, il repose au cimetière de Talant, où sa tombe relate sa carrière militaire.

  Photos & documents

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 Aperçu de l'arbre

François CARION   Anne BIOT            
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Nicolas CARION   Françoise ?    
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Jean Baptiste CARION   Claudine RENART
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François CARION ca 1772-


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