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Celui qui n'espère pas l'inespéré ne le trouvera jamais (Héraclite)

 

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 Recherches sur le prénom Balthasar


A cause de mon ancêtre patrilinéaire à la 10 ème génération, Balthasar Helmlinger (1609-1679), le prénom Balthasar m'a intrigué. D'abord j'ai pu constater qu'il a été donné assez souvent dans les temps anciens, de même que Melchior et Caspar. Et même davantage que les deux autres, il me semble, en scrutant par exemple les registres paroissiaux d'Ingwiller les plus anciens (1570-1613). Les personnes prénommées ainsi semblent être assez bien situées socialement. Peut-être est-ce dû à ce qu'il évoque de prestigieux ? A savoir la sagesse et l'humilité d'un savant astrologue venu de loin pour adorer en Jésus la nouvelle lumière d'une nouvelle connaissance ?

Mais d'où vient d'ailleurs le choix de ce nom attribué au Moyen âge à l'un des mages venus adorer le Christ dès sa naissance ? Si l'on se fie à la courte évocation que fait l'évangile de Matthieu de ces mages (ch. 2, v. 1 à 12), ni leur nombre, ni leur statut royal, ni aucun autre détail n'est mentionné. On est amené tout naturellement à penser que leurs personnes renvoient à des types généraux de savants ou de chefs spirituels qui, pour le judaïsme de l'époque de Jésus, représentait l"intelligentsia" du Monde non juif.

Prenons à présent en main le livre prophétique de Daniel, dont la rédaction est assez récente, même si l'histoire évoquée est pour nous déjà très ancienne (vers 174 avant JC),. Quand on lit ce livre on ne peut qu'être frappé, car le nom Balthasar y est donné à deux personnages très opposés et dans le même livre, avec des orthographes certes légèrement différentes :

L'un a une connotation bénéfique, même si ce nom lui a été imposé par son oppresseur, à savoir Daniel, jeune Juif choisi parmi les plus nobles et les plus prometteurs au sein de son peuple exilé à Babylone après la chute de Jerusalem en 587 environ. En effet, à Daniel, intrônisé assez vite comme chef des magiciens, a été donné "un esprit extraordinaire, la science et la perspicacité, pour interpréter les songes, exposer les énigmes et résoudre les problèmes " (Dn 5, 12).

L'autre a plutôt une connotation maléfique, puisqu'il s'agit en fait du fils de Nabuchodonosor, type littéraire même du souverain païen, dans tout ce qu'il représente de plus haïssable dans l'A.T., et dont le festin et les orgies résonnent dans toutes les mémoires des lecteurs de textes bibliques. En fait la référence historique correspondrait sans doute au fils et corégent de Nabonide, le dernier roi de Babylone. Mais cela ne change pas grand chose.

Quant à l'étymologie du prénom Balthasar il semble, d'après la TOB, qu'il s'agisse de la transcription d'un nom akkadien = Balati-shar-ousour = "Protège la vie du roi !" (p. 1704, note j). Mais quelques pages plus loin la transcription est légèrement différente : Bel-shar-ousour ( p. 1718, note s).

Le Nouveau dictionnaire biblique, éd. Emmaüs, 1961, distingue, quant à lui, les deux noms :- Belschatsar (accadien Bel-shar-usur : que Bel protège le roi) = nom du fils de Nabuchodonosor, transcrit dans le grec des LXX en Balthasar ou Baltasar;- Beltschatsar (S.) ; Belteshatsar (D.) ; Beltsatsar (Sy.) : en babylonien Balatsu-usur, signif. qu'il protège sa vie. Le dictionnaire précise que ce nom est abrégé, le dieu invoqué n'étant pas mentionné. Nom que le chef des eunuques babyloniens donna au prophète Daniel. (Dan. 1.7). Bel, dieu de Nébucadnetsar, était la divinité dont le nom était contenu implicitement dans Balatsu-usur (4, 5). Mais cette donnée qui est effectivement indiquée dans le texte est contredite par la TOB, d'après laquelle "le jeu de mots qui retrouve dans le nom de Beltshassar celui du dieu babylonien Bel n'a aucun appui étymologique" (p. 1715)

D'après le Grand Dictionnaire Encyclopédique Larousse (GDEL), enfin, le Balthazar du livre de Daniel tire son nom de Bel-sharra-outsour, fils de Nabonide, roi de Babylone (556-539 av. JC). Régent durant le séjour de son père à Tema, il fut tué après la prise de Babylone par Goubarou (539 av. JC)

Autre source, trouvée sur internet et tirée de l'Encyclopédie Universalis : Balthasar (hébreu : belsassar ; akkadien : bel-sarra-ussur, c'est-à-dire « Que Bel protège le roi ! ») est mentionné dans le livre de Daniel ainsi que dans Baruch comme le fils de Nabuchodonosor et, selon Daniel, comme le dernier roi de Babylone avant l'entrée en scène de l'Empire perse. En fait, le dernier roi de Babylone fut Nabonide, qui n'était pas apparenté à Nabuchodonosor. Le thème de la folie de Nabuchodonosor, qui est mis en œuvre dans Daniel, incline à penser que le prototype de la figure scripturaire était en réalité Nabonide, et cette hypothèse semble confirmée par la filiation que la Bible suppose à Nabuchodonosor. Balthasar était réellement le fils aîné de Nabonide. Il exerça le pouvoir à la place de son père ou, plus exactement, en corégence avec lui, durant les huit années que Nabonide passa en Arabie, dans l'oasis de Teima, et après le retour du roi dans sa capitale, peu de temps avant la catastrophe où s'abîma l'Empire.Au cours de la conquête de Babylone par les Perses de Cyrus, la nuit du 15 au 16 tishri ~ 539, en pleine fête religieuse et populaire, Balthasar fut surpris et tué dans son palais par deux transfuges : Gobryas, un gouverneur babylonien qui, d'après Xénophon, avait à venger la mort de son fils dont s'était rendu responsable le roi de Babylone, et Gadatas.(...)

Wilfred Helmlinger

  Les voies impénétrables de la descendance de Balthasar Helmlinger :

Tout d’abord, il est assuré que pas moins de six enfants de Balthasar Helmlinger et de son épouse ont atteint l’âge adulte, ce qui est déjà remarquable pour l’époque, où la mortalité infantile était encore importante. Il s’agit de trois garçons et trois filles, ce qui est évidemment dû au hasard (ou à la nécessité !), mais il se trouve que c’est exactement la composition de ma propre famille. Disons que cela me permet d’y réfléchir avec plus de réalisme…Comme je l’ai écrit en titre, il est évident que je ne suis en mesure que de donner une ébauche plus ou moins juste de cette descendance. Mais certains points sont bien établis :

1) l’ainée, Susanna, qui s’est marié la première, avec Hans Caspar Metz, de Reipertswiller, est sans aucun doute celle dont la descendance est la plus importante. Cela se vérifie tous les jours sur le site Geneanet, où les internautes qui ont pu remonter jusqu’à elle ne se privent pas de le faire savoir. La fertilité des couples, le jeu du hasard, une forme de consanguinité éloignée fréquente en territoire rural à cette époque (parfois redoublée d'une consanguinité plus proche), etc…ont en effet bien fait les choses et nombreux sont ceux qui, comme c’est le cas de ma propre épouse née à Reipertswiller, en descendent plusieurs fois (ainsi, dans le cas de mon épouse, j’ai pu vérifier qu’elle descend près de 24 fois de Balthasar !). Mais par le fait de l’émigration de l’Alsace vers les Etats-Unis d’Amérique dès le XIXe siècle, nombreux sont les américains du Nord qui descendent de Balthasar via Susanna…

2) La situation est exactement inverse en ce qui concerne la seconde enfant du couple, à savoir Anna Margaretha Helmlinger, qui a épousé Stephan Roth, de Bischwiller. A ce jour, je n’ai pu encore constater aucune attestation de descendance de ce couple jusqu’à nos jours sur Geneanet. Cela ne signifie évidemment pas qu’il n’y ait pas un descendant quelque part qui ne s’est pas encore manifesté, mais cela est troublant et donne quand même à penser que la descendance issue de ce couple est nulle de nos jours. Il faut dire que le fait que Stephan Roth était déjà veuf lors de son mariage avec Anna Margaretha a diminué d’entrée les chances d’une descendance importante pour ce couple.

3) Et il en est de même en ce qui concerne le troisième enfant (Balthasar, fils), premier garçon, à qui les parents donneront, comme c’était habituel à l’époque, le prénom du père. Balthasar fils n’aura sans doute pas bénéficié des mêmes chances que l’aînée Susanna. Et l’absence de descendance jusqu’à nos jours semble d’autant plus attestée que s’il y avait eu une descendance patronymique jusqu’à nos jours, cela se serait su, vu la rareté du patronyme.

4) Johann Georg Helmlinger, le teinturier, qui est mon ancêtre patronymique à la 9ème génération, en se mariant et en s’installant à Ingwiller, renouera au contraire avec le succès de l’aînée Susanna, et de plus, transmettra abondamment non seulement son métier de teinturier, mais aussi son patronyme à sa descendance, à la fois en Alsace, avec dans la période récente plusieurs pasteurs protestants luthériens dans ses rangs, mais aussi aux Etats-Unis d’Amérique, où ils s’avèrent sans doute encore plus nombreux de nos jours qu'en Alsace, porteurs du patronyme Helmlinger ou non….

5) Il en est de même de Hans Philipp Helmlinger, marié et installé à Wimmenau. Lui aussi a transmis son patronyme dans la localité et la proche région jusqu’à nos jours, ainsi qu’aux USA.

6) Enfin, il y a le cas de Maria Sybilla qui a épousé un chasseur et forestier du nom de Elsass, facilement repérable, car au moins aussi rare que le nom Helmlinger. Eh bien, non seulement des descendants de ce couple portant le nom Elsass existent en Alsace de nos jours, mais ils sont sans doute aussi nombreux aux USA que ne le sont les descendants de Balthasar via Susanna, Jean-Georges et Jean Philippe…

En résumé, la descendance de Balthasar Helmlinger jusqu’à nos jours est prouvée via au moins 4 de ses enfants, ce qui est remarquable, et elle est présente au minimum en Alsace et aux USA (principalement dans l'état de l'Ohio). On peut ajouter que la confession de Balthasar Helmlinger était protestante luthérienne et que celle-ci s’est transmise abondamment, au point qu’il est possible d’inférer une probable ascendance jusqu’à lui si on s’appelle de nos jours « Helmlinger » et qu’on est de confession protestante (les trois autres souches de familles Helmlinger qui ont prospéré en Alsace étaient en effet toutes les trois de confession catholique).

Wilfred Helmlinger


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