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Leonhard BALDNER
Leonhard BALDNER
  • Baptisé le 9 janvier 1612 - Strasbourg, Bas-Rhin, France
  • Décédé le 1er février 1694 - Strasbourg, Bas-Rhin, France,à l'âge de 82 ans
  • Inhumé le 4 février 1694 - Strasbourg, Bas-Rhin, France
  • Pêcheur, chasseur et naturaliste, assesseur au Grand Conseil de Strasbourg. Une rue porte son nom à Strasbourg-Neudorf, sans qu'il soit tout à fait assuré que c'est à lui qu'elle se réfère.
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Notes individuelles

LEONHARD BALDNER, PREMIER ECOLOGISTE ALSACIEN :

Leonhard Baldner est décrit successivement comme pêcheur (der Fischer, 1637, 1640, 1643), préposé au péage du Rhin et aubergiste à la Robertsau (Wasserzoller und Gastgeber in der Ruprechtsau, 1645, 1650), garde forestier (der Haagmeister, 1654, 1656, 1658, 1664, 1667, 1668, ), garde forestier et préposé des chantiers de bois ( der Haagmeister und Holtzverwalter, 1670, 1673).

Son titre de gloire est la rédaction d’un volumineux manuscrit illustré, Vogel, Fisch und Tierbuch,dans lequel pendant vingt ans de 1646 à 1666, il avait réuni une importante documentation sur le comportement, les caractéristiques et la vie de la faune des eaux et forêts des environs de Strasbourg.

L'apport spécifique de Baldner :

Leonhard Baldner se nomma modestement toute sa vie “Fischer und Haagmeister” (pêcheur et forestier) ; avec patience et minutie, n’admettant que ses observations personnelles et ne citant sans souci d’exhaustivité que ce qu’il voyait, il a décrit le monde animal qui l’entourait. Son oeuvre, en rendant compte à la postérité de ce que nous appellerions de nos jours un éco-système, est un témoignage précieux. Baldner fit preuve d’une étonnante clairvoyance et augura peut-être des incroyables transformations que connaîtrait son environnement et la disparition de nombreuses espèces animales. Pour cela, et en plus du titre de premier naturaliste, Baldner mérite bien celui du premier écologiste alsacien.

Le manuscrit "''Vogel-Fisch und Thierbuch''" :

Si les premières observations naturalistes de Baldner sont probablement antérieures à 1646,c’est à cette date que débute la rédaction du manuscrit du “Vogel-Fisch und Thierbuch” pour ne s’achever qu’en 1666 (1687 si l’on tient compte des annotations ultérieures). Il n’est donc pas trop hasardeux de prétendre que, si elle est en gestation depuis de nombreuses années, la démarche naturaliste de Leonhard Baldner prend véritablement forme dans le cadre de ses fonctions de préposé au péage du passage du Rhin à la Robertsau. Les longues attentes de l’auteur guettant l’approche des bâteaux venant payer leur droit de passage, se prêtant, il estvrai, à ce type d’exercice.

Description du manuscrit :

Le manuscrit se divise en trois parties : - Les oiseaux, - Les poissons et les écrevisses, - Lesquadrupèdes, batraciens, mollusques, annélides et insectes, précédées d’une introduction et porte au total sur 72 oiseaux, 45 poissons et 52 autres animaux. L’introduction commence par un véritable sermon dans lequel Baldner recherche dans la Bible les passages relatifs aux poissons, aux grenouilles, aux oiseaux et aux pêcheurs. Après quoi il présente son terrain d’étude: Strasbourg, ville admirablement située au contact de quatre cours d’eaux poissonneux et giboyeux - Le Rhin, l’Ill, la Bruche et la Kinzig. Baldner fait également part au lecteur de sa passion pour la chasse et la pêche et conclut sa préface par cette maxime : “Lust und Lieb zu einem Ding macht alle Müh und Arbeit gering”.

Les copies du manuscrit :

Curieusement et bien qu’il connut une notoriété qui dépassait de loin les frontières de la ville de Strasbourg, le manuscrit de Leonard Baldner ne fut jamais ni gravé ni publié de son vivant. Il faudra attendre trois siècles pour voir l’un des plus beaux manuscrits du naturaliste publié en fac-similé par les éditeurs allemands de Stuttgart “Muller und Schindler” en 1973-1974. Si elle ne fut pas publiée de son vivant, l’oeuvre de Baldner n’en fut pas moins copiée en plusieurs exemplaires. Chercheurs et spécialistes ont recensé une dizaine de manuscrits de qualités, de valeurs et d’intérêts inégaux. Tous par exemple ne sont pas complets et illustrés de figures et sur cette dizaine de copies, seule la moitié serait de l’époque de Baldner. Parmi ces exemplaires, le plus beau, le plus complet, de grande réputation puisqu’il s’agissait de l’exemplaire personnel del’auteur, fut légué par testament à la bibliothèque de la ville de Strasbourg par le célèbre facteur d’orgues, mais aussi historien et collectionneur, Johannes Andréas Silbermann en 1783. L'ouvrage inestimable, à l’instar de nombreux autres livres, incunables et manuscrits(dont le célèbre Hortus Deliciarum) flamba dans l’incendie de la bibliothèque de la ville deStrasbourg abritée par le Temple Neuf (ancienne église des Dominicains) lors du bombardement de la ville par les troupes allemandes dans la nuit du 24 août 1870.

Le manuscrit de Kassel :

Le manuscrit que possède la Gesamthochschule Bibliothek de Kassel depuis 1686 passe pour être la copie la plus fidèle, mais malheureusement moins complète, de l’exemplaire personnel de Baldner. C’est en tout cas le plus beau des manuscrits qui nous soit parvenu et c’est cet exemplaire qui fut publié en fac-similé.

EXEMPLES DE NOTICES DE BALDNER :

Ein Wasserab = La double Macreuse : Le 5 février 1665, cet oiseau fut tué près de Schiltigheim. On ne l’avait jamais vu auparavant. En plumes il pesait trois livres. Je ne trouvai dans son estomac que cinq coquillages allongés, dont deux ouverts et trois encore fermés. Il fut délicieux. Le 9 janvier 1670, je reçus de nouveau un de ces oiseaux étrangers. Il avait été pris sur le Rhin, dans un filet à canard, et amenait à sa suite un bien rude hiver. Je le conservai vivant pendant un an sans entendre sa voix. Il ouvre constamment le bec et peut manger une livre par jour.

Ein Mittelgatlung der Seedeuchel oder Seeflutten = Le Grèbe huppé : Oiseau piscivore, qui avale aussi ses propres plumes, car son estomac en est toujours rempli. J’en tuai plusieurs, et j’en reçus aussi qui avaient été pris au filet. Il n’y en a pas beaucoup. Ils crient très haut et plongent sans cesse à la recherche de leur nourriture. Leur chair est d’un goût agréable, mais renferme de gros os analogues à des arêtes de poisson. Le mâle a un gros bouquet de plumes sur la tête. En colère, il le relève comme deux oreilles d’âne.

Ein Scheid = Le Silure : C’est un poisson de mer. Celui représenté fut pris dans l’Ill à Hipsenheim. Il avait alors un pied de long. Un pêcheur de Strasbourg l’acheta et le conserva dans un vivier. Il y vécut pendant 52 ans, de 1569 à 1620, et mourut par une eau très chaude. Sa taille avait atteint cinq pieds. Deux fois pendant la foire on l’avait exhibé au poêle des pêcheurs. Je nourris moi-même un silure depuis 10 ans, au moyen de pain. Personne ne voulut acheter de sa chair, quand je la fis dépecer au marché aux poissons. Elle était comme celle des lottes, dont ce poisson partage d’ailleurs la nourriture.

Ein Rohrdummel = Le grand Butor : La chair de cet oiseau était interdite aux juifs. Au 121e Psaume paraît le butor, solitaire dans le désert, et recherchant les lieux marécageux. Le Nouveau Testament permet sa chair. Le butor n’est pourtant pas bon à manger. Ce qu’il y a de meilleur en lui, ce sont ses ongles, et spécialement celui de derrière, qui peut servir de cure-dents. J’ai trouvé dans son estomac une taupe entière et une perche, ainsi que des grenouilles. Le mâle est un peu plus grand que la femelle et a un gros panache de plumes jaunes et noires sur la tête. La femelle est roussâtre et a un bec plus long, pointu comme une aiguille ; ses pattes sont aussi plus longues et plus minces. Le chant de ces oiseaux s’entend à une demi-lieue. Il a lieu, autant que je sache, à travers les narines, le bec étant fermé et relevé. La femelle le fait entendre plus que le mâle. L’oiseau reste chez nous toute l’année, et a deux ou trois petits.

Ein Otter = La Loutre : Encore une bête bien aquatique, qui ne se nourrit que de poissons ou de grenouilles. La loutre place ses terriers dans lesberges; ils ont deux ouvertures dans l’eau, et une petite prise d’air. De jour, cet animal reste dans son nid. La nuit il pèche jusqu’à qu’il soit repu. Les loutres prennent-elles un poisson qu’elles ne veulent ou ne peuvent plus dévorer, elles se contentent de lui enlever le fiel et abandonnent le reste, ainsi que je l’ai souvent observé, même sur des anguilles. Parfois elles s’envoient réciproquement des sifflements, et nagent en ne laissant émerger que le haut de la tête. Dès qu’elles aperçoivent l’homme, elles plongent. De nuit elles ont leurs endroits particuliers pour fienter, opération qu’elles accomplissent si fréquemment qu’on peut facilement entendre leurs pets. De là la locution usuelle chez nous : Fienter ou péter comme une loutre. Elles placent d’ordinaire leur nid dans les roseaux, aux lieux où l’homme n’arrive pas facilement, et n’ont pas plus de deux ou trois petits. J’ai eu de ces petits. Pour les élever tout jeune, il faut les soigner patiemment en leur donnant du bon laitage. Elles deviennent alors apprivoisées au point d’aller chercher elles-mêmes leur nourriture dans l’eau et de revenir à la maison.

LA PEINTURE INTITULEE "GAENSELSPIEL" :

Description de la peinture :

On attribue par ailleurs à Baldner une peinture intitulée “Gaenselspiel” (1665), peinture sur toile conservée au musée historique de Strasbourg. La peinture représente plusieurs variantes de joutes nautiques, jeu fort populaire à l’époque, dans le bassin de l’Ill devant le quai des Pêcheurs.La maison achetée par Baldner au batelier Hans Kolb en 1636 serait la bâtisse bourgeoise située à droite de l’arbre le plus haut. Un canard semble du reste pointer de son bec cette maison. Dans la partie inférieure de la toile et au milieu de celle-ci l’on distingue un groupe de trois personnes dont l’une, la plus jeune, peint ou dessine. Le personnage à moustache et barbiche se tenant à la droite du peintre et semblant lui donner des indications n’est autre que Leonhard Baldner tandis que l’homme aux cheveux argentés à gauche du peintre semblant lui aussi prodiguer de précieux conseils est le célèbre peintre strasbourgeois Johan Walter (1604-1677), auteur entre autres chefs-d’oeuvre, d’un florilège peint pour son mécène, le comte Jean de de Nassau-Idstein et d’une somptueuse ornithologie conservée à la Bibliothèque de France. Les deux hommes étaient cousins par alliance.

Le peintre Johann Georg Walter :

Un mot enfin sur le peintre lui-même qui est un des fils de Walter, Johan Georg alors âgé de 21 ans. C’est du reste à ce dernier qu’il faut probablement attribuer la paternité de cette oeuvre signée “Johan Georg Walterus junior pinxit Anno 1665 september”.A ceci vient s’ajouter l’indication “Leonhart Baltner inventor”. Le jeune Walter a-t-il travaillé à partir d’un dessin de Baldner ou ce dernier n’aurait-il qu’inspiré l’idée du tableau au peintre ? Nous n’en savons rien, ce qui est sûr, c’est qu’à cette époque, Johann Georg Walter a déjà beaucoup oeuvré pour et avec Baldner en illustrant son manuscrit. Cette même année verra Leonhard Baldner se marier en troisième noces avec Barbara Gross. De cette union naîtront quatre enfants, dont le benjamin Andréas né en 1673. C’est à ce dernier que Baldner cédera son manuscrit, oeuvre d’une vie à laquelle il aura consacré tous ses loisirs, en 1687, date des ultimes annotations et rajouts.

LIENS INTERESSANTS :

Il subiste une incertitude concernant l'habitation de Baldner, car selon les sources, sa maison était l'ancien n° 15, ou l'ancien n° 20, quai des Pêcheurs, à Strasbourg.

Concernant l'emplacement du n° 15 quai des Pêcheurs, on se rendra pour plus de renseignements sur le site Archi-Strasbourg, grâce à ce lien :

http://www.archi-strasbourg.org/adresse-15_quai_des_p%E3%AAcheurs__krutenau__strasbourg-6618.html?check=1&archiIdAdresse=6618&archiAffichage=adresseDetail&archiIdEvenementGroupeAdresse=16295&debut=

Concernant le n° 20 quai des Pêcheurs, on se rendra pour plus de renseignements sur le site Archi-Strasbourg, grâce à ce lien :

http://www.archi-strasbourg.org/adresse-20_quai_des_p%E3%AAcheurs__krutenau__strasbourg-6598.html?check=1&archiIdAdresse=6598&archiAffichage=adresseDetail&archiIdEvenementGroupeAdresse=16243&debut=

Concernant la maison où Leonhard Baldner était péager et aubergiste, vers 1645 et encore en 1650, lors de son second mariage, il faut savoir qu'elle existe encore, miraculeusement préservée ! Elle était située au n° 14 boulevard Paul Déroulède à Strasbourg. On lira à ce sujet, si l'on est intéressé, la fiche qui est consacrée à cette adresse sur le site Archi-Strasbourg, grâce à ce lien:

http://www.archi-strasbourg.org/adresse-14_boulevard_paul_deroulede__orangerie__strasbourg-6811.html?check=1&archiIdAdresse=6811&archiAffichage=adresseDetail&archiIdEvenementGroupeAdresse=16842&debut=

SOURCES :

1) François Joseph Fuchs, in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne n°2, page 92,

2) Présentation d’une exposition consacrée à Leonhard Baldner en novembre 1995 par la Bibliothèque de la Robertsau.

3) C.H.Steckner, in Almanach des Dernières Nouvelles d'Alsace 1983, pages 87 à 98, document d'où est extrait le portrait de Balner, âgé de 39 ans, et où il est afffirmé, page 88, photographie à l'appui, que La maison de Baldner se situait à la place de l'ancien n° 15, quai des Pêcheurs.

4) Roger Kiehl, in Dernières Nouvelles d'Alsace du 6.8.1980, où il est affirmé que Baldner habitait au n° 20, quai des Pêcheurs.

5) Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, éd. Le Verger, 2002, page 143, où il est affirmé que Leonard Baldner habitait l'ancien n° 20, quai des Pêcheurs, à Strasbourg.

Remarques : nos sources sont parfois citées in extenso, sans mettre les guillemets, pour ne pas embrouiller la lecture. Concernant le baptême il est bien daté du 9 janvier 1612. Certains lisent "11 janvier" par erreur, interprétant mal l'indication qu'il s'agit du deuxième baptême (II) dans la même journée que le baptême précédent (eodem die) qui a bien lieu le 9 janvier. Concernant l'âge au décès, il est remarquable pour l'époque. Le pasteur n'ajoute cependant que 13 jours aux 82 années. Sans doute le passage du calendrier Julien au calendrier grégorien est-il en cause, le pasteur ayant corrigé de lui-même, en supprimant 10 à 11 jours... Dans le registre de décès de Saint-Guillaume signent un fils et un gendre: - Carl Baldner, als Sohn, et Johann Jacob Hirschel, als Tochtermann. Le pasteur est Johannes Huber.

 Sources

  • Baptême: Eglise Saint-Guillaume, B, 1609-1612, page numérisée 119. Jour : jeudi.
  • Union 1: Paroisse protestante Temple Neuf et Cathédrale, Strasbourg, M, 1612-1654, page numérisée 190 / 317
  • Union 2: Paroisse protestante Saint-Pierre-le-Jeune, Strasbourg, M, 1638-1687, page numérisée 55 / 343
  • Union 3: Paroisse protestante Saint-Guillaume, Strasbourg, M, 1643-1687, page numérisée 49 / 126
  • Décès: Revue d'Alsace n° 142 (2016), page 296
  • Inhumation: Eglise Saint-Guillaume, S, 1687-1707, page numérisée 64 / 196. Jour : jeudi. âge : 82 ans et 13 jours (sic). Cimetière Saint-Urbain.

  Photos & documents

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 Aperçu de l'arbre

Jacob BALDNER Catharina HUSS  
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Carl BALDNER 1581-1654 Ursula MOCK 1584-/1641
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portrait
Leonhard BALDNER 1612-1694



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